Léria - Le pouvoir originel

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Summary

Être humaine parmi les loups, Léria s'en accommode. Elle est aimée de tous, enfin, la plupart du temps. Si seulement son futur Alpha voulait bien cesser d'être toujours si en colère contre elle ! Le jour de ses 18 ans, Léria trouve son compagnon. celui-ci la rejette aussitôt. Ce n'est pas une surprise, mais ça fait quand même mal. Bien plus qu'elle ne veut l'admettre. Elle décide alors de partir, acceptant une offre d'emploi dans une meute voisine et alliée. Mais peut-elle vraiment fuir son destin?

Status
Ongoing
Chapters
49
Rating
4.8 39 reviews
Age Rating
18+

1 ✔

Aujourd’hui est un jour de fête, alors je me réveille tôt. Capucine va certainement protester, mais elle a promis de m’aider. D’autant que j’espère vraiment que mon initiative sera appréciée par le roi de la fête, qui n’est autre que son grand frère chéri : Parker Collins, notre futur Alpha et mon ami. Bien que notre relation ait toujours été très étrange…

Parker, Capucine et moi avons grandi ensemble, avec nos meilleurs amis : Zack et Oliver. Les garçons ont deux ans de plus que nous, mais grâce au complexe scolaire de la meute, nous avons toujours été proches. Capucine ayant une très bonne relation avec son frère, ses amis à lui nous ont très vite acceptés et sont devenus les nôtres. Tout ce petit monde est rapidement devenu ma famille. Grâce à eux, je n’ai jamais souffert d’être fille unique.

Mes parents auraient adoré me donner des frères et sœurs, mais les complications que ma mère a subies lors de ma naissance ont anéanti tout espoir d’avoir d’autres enfants.

Si ma relation avec Parker est bizarre, eh bien, c’est parce que je suis humaine. Pourquoi ? Ça, on ne le sait pas, et rien n’indique que nous le découvrirons un jour.

Ma naissance a marqué l’histoire, car on n’avait jamais vu, avant ce jour, un couple de loups donner naissance en ce monde à une humaine.

Il y a des enfants dont le loup ne s’éveille pas, ce qui les empêche de se transformer, mais ils ont toutes les autres capacités, même si elles sont plus ou moins développées. Contrairement à moi. Et c’est en partie ce qui énerve Parker, car en étant humaine, je suis plus petite, plus fragile et moins forte.

Je sais bien que je suis trop gentille avec lui, je devrais lui renvoyer la balle avec tous ses sarcasmes, ses humiliations et son dénigrement constant, mais je connais aussi ses bons côtés et c’est quelqu’un de formidable. Il fera un très bon Alpha, et sa Luna aura vraiment beaucoup de chance de l’avoir comme partenaire. D’ailleurs, c’est aujourd’hui qu’il obtient la capacité de détecter le lien de compagnon. Toutes les louves non accouplées de la meute sont en ébullition depuis plusieurs jours.

Bref.

—Aller ma grosse, remue tes fesses ! réveillé-je Capucine en lui tirant sur le bras après avoir jeté sa couette au loin.

—Rappelle-moi pourquoi j’ai accepté de t’aider, maugrée-t-elle dans son oreiller.

—Parce que Parker a dix-huit ans aujourd’hui et que ça ne peut pas être un anniversaire comme les autres ! Et encore moins un jour comme les autres, donc… On va faire en sorte de le mettre de bonne humeur, expliqué-je, essoufflée, après l’avoir tiré par les pieds jusqu’au bord du lit sans aucun effort de sa part pour m’aider.

La louve vautrée sur le matelas doit faire environ quinze centimètres de plus que moi pour environ dix kilos – de muscles – en plus. Je viens donc d’épuiser ma force de coccinelle.

—OK, c’est bon, tu m’as convaincue, soupire-t-elle.

—Parfait ! Rejoins-moi dans la cuisine !

Je la laisse se réveiller et descends dans la pièce maîtresse de la maison. La cuisine des Collins est gigantesque. Heureusement, car bien que l’Alpha et la Luna n’aient que deux enfants, il n’est, cependant, pas rare que la maison soit pleine de gens.

Pour commencer, il y a moi, qui vis chez eux à quatre-vingt pourcents du temps. Si bien que personne ne pourrait deviner que la chambre d’amis que j’occupe n’est que ″provisoire″, même quand je ne suis pas là, mes affaires traînent absolument partout. C’est ainsi depuis mes douze ans. Ça facilite les choses que la Luna soit la meilleure amie de ma mère et ma marraine – même si j’ai souvent tendance à l’oublier parce que je respecte bien plus son statut de mère de la meute.

Ensuite, il y a Oliver et Zack, qui passent leurs journées avec nous – un peu moins souvent maintenant qu’ils sont en formation Bêta à la caserne.

Puis il y a les visiteurs, de passage pour diverses raisons, qui sont plutôt nombreux, et donc, il faut bien nourrir et coucher tout ce petit monde.

Pendant que Capucine retrouve l’usage de ses jambes pour pouvoir me rejoindre – j’espère avant qu’il ne soit trop tard – je presse le jus de trois oranges et le verse dans le verre préféré de Parker : un verre en forme de casque de son personnage de fiction favori que je lui ai ramené de mon voyage au parc d’attractions de la franchise, l’an dernier, parce qu’il n’avait pas pu nous accompagner, occupé à accomplir une mission pour son paternel. Je le réserve au frais en attendant qu’il se lève et entame la préparation de la pâte à gaufres qu’il aime tant.

—Je suis opé, cheffe, marmonne Capucine. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ?

—Monte les blancs en neige pendant que je te prépare un café, tu me fais de la peine, ris-je.

Elle grogne.

—Je ne comprendrai jamais pourquoi tu es aussi adorable avec mon frère alors que c’est un vrai trou du cul avec toi.

—Je ne perds pas espoir qu’un jour il me voit comme vous me voyez, et ce n’est pas en étant méchante que son opinion de moi s’améliorera. Nos parents nous ont appris à ne pas faire aux autres ce que nous ne voulons pas qu’ils nous fassent, lui rappelé-je.

—Ça ne le gêne pas, lui.

—L’arrogance Alpha, résonne la voix de Oliver derrière nous.

Il embrasse une de nos joues à chacune et dépose des fraises sur le comptoir.

—Bonjour ravissantes demoiselles, claironne-t-il. Ma mère apporte sa contribution avec des fraises de notre jardin, annonce-t-il en commençant à les préparer. J’espère que son altesse appréciera.

—Bien sûr qu’il appréciera, tu sais qu’il les adore. Je suis même étonnée que ta mère ait réussi à en ramasser autant, la dernière fois il a presque tout mangé ! m’exclamé-je.

Le bruit de la porte d’entrée retentit et quelques secondes plus tard, deux bras m’enlacent pendant que leur propriétaire prend une bouffée d’air dans mon cou, puis il me fait un gros bisou sur la joue.

—Bonjour petit chat, chuchote Zack pour moi. Salut Cap, Oli.

Il leur fait respectivement une bise et un check.

—Fais gaffe quand il se lèvera, lui dit Oliver. On ne sait jamais, elle pourrait être sa compagne…

—J’espère pour toi qu’il n’a pas entendu ça, dis-je à Oliver. Si tu mets Sa Majesté en rogne au saut du lit alors que je me plie en quatre pour que ça n’arrive pas, je t’étripe.

Zack me fait un autre bisou avant de me lâcher.

—Je t’ai apporté les fleurs que tu m’as demandées, m’informe Zack. Que veux-tu en faire ?

—Super ! Arrange-toi pour que ça rentre là-dedans et que ce soit joli, dis-je en lui tendant un petit vase.

—Qu’est-ce que j’ai en échange ? me taquine-t-il.

—Un bisou, si tu fais bien ton boulot, souris-je.

—Où ça ? demande-t-il avec des étoiles plein les yeux.

—Tu verras.

Chacun s’active sérieusement à préparer le meilleur petit-déjeuner de tous les temps à Parker, et nous présentons le tout harmonieusement sur la table avec ses cadeaux.

—Attention, il arrive, souffle Zack.

On se met tous en position et au moment où Parker franchit la porte de la cuisine, Oliver et Zack font péter les bombes de confettis, tandis que nous crions :

—JOYEUX ANNIVERSAIRE !

Malheureusement, ça n’a pas l’effet escompté. Il se crispe, serre les poings et me fusille d’un regard si noir, que pour la première fois, je voudrais me cacher dans un trou de souris.

—On t’a préparé un petit-déjeuner spécial, regarde ! lance joyeusement Capucine, ignorant la réaction de son frère.

—Mec, détends-toi, c’est elle qui s’est démenée pour qu’on te fasse cette surprise, alors apprécie pour une fois, le réprimande Oliver en constatant la colère de Parker envers moi.

—Laisse tomber, Oli, ce n’est pas grave. Je vais juste… débarrasser le plancher, dis-je en quittant les lieux par l’autre porte.

—Attends petit chat, me rattrape Zack.

Il me prend dans ses bras.

—C’est génial ce que t’as fait, j’aurais pu être jaloux si mon propre cadeau n’avait pas été si extraordinaire, murmure-t-il.

Il réussit à me faire rire. Je n’ai rien fait de sensationnel pour l’anniversaire de Zack qui a eu lieu deux semaines plus tôt, mais pour lui, c’était le monde que je lui offrais. Je lui avais ramené un café et un muffin – son préféré bien sûr – de la boulangerie et je lui avais porté dans sa chambre, puis je m’étais glissée sous sa couette pour lui faire un câlin. Il n’a pas voulu me lâcher pendant plus de deux heures.

—Je ne regrette pas ce que j’ai fait, je ne lui demande même pas une reconnaissance. Je voulais juste que ça lui fasse plaisir, pour bien commencer la journée ! Pourquoi me déteste-t-il autant ? lâché-je émotionnellement fatiguée.

—Je n’en sais rien petit chat, mais on s’en fiche, parce que Oli, Cap et moi, on t’aime, OK ?

J’acquiesce et le serre fort.

—Tu me dois un bisou, au fait…

Je ris à nouveau et me hisse jusqu’au creux de son cou pour y déposer un baiser.

—Putain, souffle-t-il en frissonnant. Cette journée est presque parfaite.

—Que faudrait-il pour qu’elle le soit ?

—Embrasse-moi, murmure-t-il.

—Non, il n’y a pas moyen. Un jour, tu rencontreras ta compagne, peut-être même ce soir, et tu me laisseras comme un vieux mouchoir. Hors de question, dis-je en m’éloignant pour rejoindre ma chambre.