Personnaliser la lisibilité
Aa

L Architecture de nos vies

Tous droits réservés ©

Résumé

Comment deux personnes totalement opposés se retrouve par des circontences multiple a contracter un contrat de fausse fiançailles ? Bah c est le cas pour Siana et Alexander , mais un contrat peut il nous faire découvrir le vrai derrière le faux ?

Genre :
Romance
Auteur :
Virginie
Statut :
il y a 11 heures
Chapitres :
2
Rating
n/a
Classification par âge :
18+

Chapter 1 Les mumures de vile

Chapitre 1 : Les murmures de la ville

​(Point de vue de Siana)

​Le grincement aigu de la porte de la cuisine m’a tirée du sommeil bien avant que l’alarme de mon téléphone ne commence à vibrer.

​Six heures du matin.

À Jackson Heights, au cœur du Queens, la journée ne s’éveillait pas dans la douceur : elle s’imposait avec le fracas métallique de la ligne 7 du métro aérien qui faisait trembler les vitres de notre petit appartement de Roosevelt Avenue.

En bruit de fond, il y avait cette odeur caractéristique d’humidité, de pluie froide contre les briques rouges de l’immeuble, et ce parfum rassurant de café chaud mélangé à de la cannelle l’incontournable café de olla que ma mère préparait chaque matin, peu importe la fatigue.

​Je me suis redressée sur mon matelas, glissant mes pieds sur le linoléum glacé de la chambre. En passing devant le miroir fêlé du couloir, j’ai rattaché à la hâte mes longs cheveux sombres en un chignon flou.

​Dans la cuisine exiguë, baignée par la lumière orangée d’une petite lampe et le rythme doux d’une vieille ballade de Vicente Fernández qui s’échappait du poste de radio, ma mère boutonnait son manteau usé.

Ses épaules étaient déjà voûtées. À force de cumuler les ménages tôt le matin et tard le soir dans les tours de verre de Manhattan, ses mains s’étaient abîmées, mais son visage conservait une dignité que rien n’avait pu entamer.

—​Buenos días, mi cielito, m’a-t-elle murmuré en posant une main chaude sur ma joue. Sa voix conservait cet accent mexicain chantant, une douce musicalité du Nord du Mexique qu’elle n’avait jamais perdue, même après toutes ces longues années passées aux États-Unis.

-Tu aurais dû dormir encore un peu. Tes cours vont être longs aujourd’hui.

—​Je voulais te voir avant que tu partes, mamá.

​Je lui ai servi une tasse de café fumant. Dans un coin de la pièce, un petit autel dédié à la Vierge de Guadalupe, entouré de bougies et de photos de famille en couleur sépia, rappelait nos racines. Nous avions quitté le Texas dix ans plus tôt, dans la précipitation et la douleur d’un divorce destructeur.

​Jusqu’à mes dix ans, ma vie ressemblait à un conte de fées bancal.

Mon père, un promoteur immobilier américain issu d une famille texane dont ses ancetres avaient fait fortune dans le pétrole mais qui avait rejeté ma mère à cause de ses origines dites trop simple avaient couper les ponts avec mon père. Il avait contruit sa vie de promoteur avec l aide de ma mère mais quand sa situation fut assez bonne , il nous a offert le luxe d’une grande propriété près de Houston. Mais pour lui, ma mère n’était qu’un trophée exotique qu’il s’était empressé de remplacer dès que ses affaires avaient pris de l’ampleur. Les disputes étaient de plus en plus fréquentes sans parler que ma mère avait découvert les infidèlités de mon père. Il nous avait jetées dehors avec deux valises et quelques chèques d’indemnités vite épuisés. Ma mère avait alors choisi de se rapprocher de sa sœur installée dans le Queens.

​Cet abandon m’avait marquée au fer rouge. J’avais hérité du tempérament de feu de ma mère et d’une méfiance viscérale envers ces hommes riches qui pensent pouvoir tout acheter, manipuler et jeter sans subir la moindre conséquence.

—​Ne te tue pas au travail ce soir au restaurant, mi amor, m’a dit ma mère en ajustant son foulard.

—​Ne t’inquiète pas. Et toi, ne porte pas de charges lourdes pour le ménage, ton dos te fait encore souffrir.

​Après un dernier embrassement, la porte s’est refermée. J’ai jeté un coup d’œil à l’heure. Il fallait que je me dépêche si je voulais passer voir ma cousine avant la fac.

​En bas de l’immeuble, le froid mordant du petit matin new-yorkais m’a fouetté le visage. Les rues du Queens s’éveillaient doucement : les odeurs de tamales chauds vendus à la sauvette au coin de la rue se mêlaient à l’échappement des bus jaunes et au parfum de pain grillé des bodegas.

​Deux blocs plus loin, j’ai poussé la porte de l’appartement de ma tante. Sofia, ma cousine, m’attendait déjà dans le couloir, son téléphone greffé à la main, un gobelet de café glacé à la vanille dans l’autre.

​Sofia et moi avons exactement le même âge, nous avons grandi côte à côte, mais nous sommes le jour et la nuit. Alors que je suis du genre réservée, toujours plongée dans mes plans et mes livres, Sofia est une boule d’énergie extravertie, passionnée de mode, qui ne doute de rien et croque New York à pleines dents.

—​Siana ! t’as une mine de déterrée, ma fille ! a-t-elle lancé en riant, me tendant un bagel au cream cheese. Tu as encore passé la nuit à dessiner des façades d’immeubles ?

—​C’est mon projet de fin de semestre, Sof’. Si je n’ai pas un A+, je perds ma bourse d’excellence. Et sans cette bourse…

—​… tu peux dire adieu à la fac d’archi, je sais, a-t-elle fini à ma place en levant les yeux au ciel, bien que son regard trahisse une profonde affection. Tu te mets trop de pression. Tu es la fille la plus douée de toute cette université de Manhattaniens gâtés. Relax.

—​Je n’ai pas le luxe de relaxer, Sof. Tu le sais très bien.

—​Je sais, chica. Mais n’oublie pas de vivre un peu. Bref, viens, on va rater le train !

​Nous avons grimpé les marches en fer forgé de la station pour attraper la ligne 7. Dans la rame aérienne, le train s’est ébranlé, glissant au-dessus des toits du Queens. À travers les vitres un peu sales, le paysage urbain a commencé à se métamorphoser : les petits immeubles en briques et les enseignes en espagnol ont progressivement laissé place aux structures métalliques du Queensboro Bridge, puis à la silhouette imposante et presque irréelle des gratte-ciels de Manhattan qui découpaient le ciel gris.

​Voir surgir ces monstres de verre et d’acier me faisait toujours le même effet. C’était pour eux que j’étais là. L’architecture était ma passion, mon moyen de prouver que je pouvais bâtir quelque chose de solide, de beau et d’incalculable par moi-même.

​Une fois arrivées sur le campus, Sofia est partie rejoindre ses cours de communication tandis que je m’enfonçais dans le grand hall en pierre de la faculté.

—​Siana ! Enfin !

​Léa et Chloé m’attendaient près des maquettes d’exposition. Léa, fidèle à elle-même, ajustait ses lunettes sur son nez, l’air anxieux, tandis que Chloé, plus posée, feuilletait ses fiches de révision.

—​Le professeur Harrison a encore changé le barème pour le rendu du projet urbain, m’a tout de suite annoncé Léa d’une voix précipitée. Il veut une analyse complète des structures écoresponsables pour vendredi !

—​C’est une blague ? ai-je soufflé, sentant mon cœur se serrer. Les logiciels pour ce type de modélisation coûtent une fortune en licence…

—​J’ai réussi à choper un accès sur les ordinateurs de la bibliothèque pour nous trois ce soir, m’a rassurée Chloé avec un doux sourire. Mais toi… tu travailles ce soir, non ?

​Un silence s’est installé. J’ai baissé les yeux sur mon sac à dos, lourd de matériel de dessin.

—​Oui. Service de dix-neuf heures à minuit au Cristal.

​Léa a grimacé, secouant la tête avec dépit.

—​Je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup, Siana. Les cours la journée, les rendus la nuit, et les caprices de tous ces milliardaires de l’Upper East Side le soir…

—​Je n’ai pas le choix, Léa. Le loyer du Queens ne se paie pas tout seul, et les médicaments pour le dos de ma mère coûtent une blague. Et puis… traîner autour des gens riches me rappelle au moins une chose : je ne veux jamais devenir comme eux.

​Toute la journée, j’ai enchaîné les cours magistraux sur la résistance des matériaux, les ateliers d’urbanisme et les discussions animées dans les couloirs. Chaque minute passée à la fac était un privilège pour lequel je me battais avec fureur, mais l’épuisement commençait à peser sur mes paupières.

​Dix-huit heures quinze.

​Après avoir salué Léa et Chloé, j’ai repris le métro en direction du cœur vibrant de Manhattan. La transition était toujours un choc culturel et psychologique. En quelques stations, je quittais l’ambiance populaire et chaleureuse du Queens pour émerger au milieu des avenues tirées au cordeau, des boutiques de luxe illuminées et du balancement incessant des taxis jaunes de la Cinquième Avenue.

​Devant la façade majestueuse du Cristal, l’un des restaurants gastronomiques les plus sélects et les plus chers de la ville, les voituriers en livrée accueillaient déjà les premières berlines noires aux vitres teintées.

​Je suis passée par la discrète porte de service, située dans la ruelle arrière.

​L’ambiance dans les coulisses était en pleine ébullition. Ça criait en cuisine, le chef aboyait ses ordres en français et en anglais, tandis que les odeurs de truffe, de viandes saisies et de vin rare emplissaient l’air chaud.

​Dans le vestiaire étroit des employés, j’ai troqué mon sweat-shirt ample et mes baskets usées contre l’uniforme strict imposé par la direction : un pantalon noir impeccablement repassé, une chemise blanche ajustée et un tablier noir noué à la taille. J’ai détaché mes cheveux pour les nouer en un chignon strict, sans une seule mèche qui dépasse.

​En me regardant dans le miroir des vestiaires, j’ai effacé toute trace de fatigue de mon visage. Au Cristal, la vulnérabilité n’avait pas sa place. Il fallait être invisible, efficace, et sourire docilement face à une clientèle d’hommes d’affaires arrogants et d’héritiers superficiels qui ne daignaient même pas vous regarder dans les yeux au moment de passer commande.

​Je suis entrée dans la grande salle aux lustres de cristal et aux nappes en lin blanc. Les tables commençaient à se remplir.

​Ce que je ne savais pas encore, en attrapant mon plateau et mon carnet de commandes, c’est que parmi les clients attendus ce soir-là figurait l’un des hommes les plus puissants et les plus médiatisés de New York.

Et que notre rencontre allait réduire en miettes la vie que je m’étais efforcée de bâtir.

Dites à Virginie ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'adore ça

0

J'adore ça

Drôle

0

Drôle

Épicé

0

Épicé

Plein de suspense

0

Plein de suspense

Émouvant

0

Émouvant

Profond

0

Profond

Réconfortant

0

Réconfortant

Choquant

0

Choquant

Bien écrit

0

Bien écrit

Intrigue captivante

0

Intrigue captivante

Super personnage

0

Super personnage

Dialogues forts

0

Dialogues forts

Autres recommandations

Hell's Knights

Fany: L'histoire est super. J'ai adoré les personnages

Lire maintenant
Surprenante

user-tqUT2Qsa53: Au début c'est une histoire qui démarre un peu timidement je pourrais même dire encore une histoire de différence de classe sociale, puis de rebondissements en rebondissements on plonge dans l'intrigue. Histoire de résilience et de reconstruction pour Sarah qui a trouvé l'amour là où elle s'y attend...

Lire maintenant
My Angel

contesse: Tout ma plus sauf le chapitre avec la barbie refaite .Un amour sincère et tout de suite ,il se sont reconnus.bravo

Lire maintenant
A qui sait bien aimer, il n'est rien d'impossible

Ilham: Alors jai beaucoup aimé le livre et la fin est trop mimi j'adore. C'est drôle et touchant. Bien écrit. Bravo et merci à l'auteur et bonne continuation.

Lire maintenant
Beresford Empire - Tome 1 - Un Autre Monde

Selima: J'ai adoré. Bien écrit, à la fois drôle et palpitant. Merci

Lire maintenant
Destin caché

Latifa: Ce qui m'a déplu c'est cette coupure brusque, brutale. Si j'avais su qu'il y aurait cette semi- fin qui défigure cette belle histoire, je ne l'aurais jamais lue.

Lire maintenant
L'Alpha

Sarah: J'aime beaucoup cette histoire qui est assez addictive. Le scénario et les actions sont bien imaginés. Il y a juste un problème au niveau de la conjugaison des verbes : l'auteur n'a pas su choisir entre le passé simple et le présent. Le résultat est assez perturbant. Il y a également pas mal de faut...

Lire maintenant
Provoc' & Séduction

GISELEMAS: C'est le deuxième livre que je lis de cette auteure et encore un fois, j'ai passé un très bon moment ! Les personnages sont cette fois-ci encore très attachants. On se met à leur place et les comprend, ce qui fait que cette histoire nous tient en haleine! Félicitations !

Lire maintenant