Chronique n° 1 - Entre de bonnes mains


Elle me frustre souvent par message. Un coup, elle m’envoie une photo de sa langue parcourant ses lèvres pulpeuses, parées d’un rouge diabolique. Une autre fois, c’est un bout de chair qu’elle me présente sous l’élastique de son tanga.
Grrr... Je ne tiens plus. Il faut absolument que je la voie. Alors je prends mon courage à deux mains et je l’invite à diner. Elle me répond positivement et m’assure qu’elle pourrait même être mon dessert si je suis sage. Ça a le don de me mettre en appetit.
Cette femme me plait. J’ai l’impression de la connaître. Nous avons passé de longues nuits à échanger. Je connais presque toutes les parties de son anatomie et je ne rêve que d’une chose : y goûter. Elle me rend littéralement dingue.
Cinq jours plus tard.
Enfin, je suis sur son lit, bien étalé. Je suis complètement détendu. Un peu trop même. Je ne me souviens même plus comment j’ai atterri là. Mais si j’y suis c’est probablement parce que l’on s’apprête à faire ce que j’attends depuis des semaines... qu’elle me chauffe.
Je me sens un peu groggy aussi, mais il faut dire qu’on a bu pas mal d’alcool ce soir. Cette femme a un tempérament de feu.
J’ai enfin pu goûter à ses lèvres, mais là, tout de suite, c’est sa peau qui m’attire.
Ça fait dix minutes qu’elle est partie se ” mettre à l’aise “.
Hum... Je suis si bien là, moi, étendu sur son lit, les jambes grandes ouvertes, à attendre qu’elle me suce. Parce que c’est sûr, vu la taille de ma verge elle ne pourra pas résister plus longtemps.
Elle ressort enfin.
Un tablier blanc par-dessus un body en dentelle noire. Elle porte de longs gants, mais dans la pénombre, je ne distingue pas bien leur couleur.
J’aime les mises en scène, les jeux de rôles. Et cette femme qui m’excite depuis des semaines est là, devant moi, habillée en infirmière.
Mes potes n’en reviendraient pas.
Il fait nuit noire et le silence dans sa chambre est presque perturbant. Mais je mets ça sur le compte de la tension qui grimpe entre nous.
Elle monte sur le lit et se met à cheval sur moi.
Pffff... Qu’est-ce qu’elle est délicieuse !
Je tente d’attraper ses hanches pour l’installer sur mon membre turgescent de désir.
Mais bizarrement, je suis retenu par...
Attends.
Je peine pas à bouger mes bras. Ils pèsent une tonne.
Euh... Je n’arrive pas à bouger la tête non plus.
Oh là là... On a vraiment trop bu. Je dois être complètement bourré, là.
Je n’arrive pas à la toucher alors que j’en meurs d’envie.
Je gigote un peu, histoire de me réveiller.
Je sens ma queue toujours très dure, cela dit.
J’ai hâte qu’elle me suce. Vraiment hâte. Avec sa belle bouche bien charnue.
Elle me fixe du regard et me fait signe de ne pas bouger.
C’est alors que je sens une chaleur se diffuser dans tout mon corps. Comme quand je passe une IRM. Ça me fait le même effet. Bizarre... Mais ça doit être l’excitation.
Surtout quand elle commence à me caresser lentement, délicatement. Le torse. La ligne ventrale. Mon nombril.
Dans ma tête, je frissonne.
Mais bizarrement, je ne sens rien. Je ne sens pas ses mains sur moi.
Pourtant, ça me procure énormément de plaisir.
Ses doigts ont l’air si habiles que j’aurais envie de leur crier :
Attrapez ma queue, bon sang !
Elle poursuit son chemin jusqu’à l’aine, puis mon pubis.
Je la vois attraper ma queue avec un sourire carnassier aux lèvres.
Aïe, aïe, aïe...
C’est bon.
Je sens que je vais fondre sous sa langue.
Vas-y, suce-moi, je t’en supplie. C’est une torture.
C’est ce que je lui dis mais aucun son ne sort.
Putain... mais qu’est-ce qui m’arrive ?
J’ai une femme plantureuse, belle à s’en damner, à la bouche appétissante et affamée, à cheval sur moi...
Et je ne peux rien faire ?
Bon.
Là, je panique un peu.
Je bouge mes yeux dans tous les sens, dans le vide.
Ma tête reste figée sur sa gueule d’ange.
Et là... son sourire devient étrange.
Je la vois sortir de son dos une grosse cisaille.
Putain, mais qu’est-ce qu’elle fout avec ça ?
C’est pas pour...
Non.
Non, elle ne ferait pas ça.
Je crie.
Je hurle.
Aucun son.
Je bouge de toutes mes forces pour fuir, mais mes membres ne répondent plus.
J’arrive à virer mes yeux de part et d’autre de mon visage.
J’ai les jambes et les mains attachées, mais inertes.
Je comprends alors que je n’ai pas bu que de l’alcool.
Elle, si.
Car soudain, je la regarde ricaner à gorge déployée, un rire démoniaque qui me glace le sang.
Je suis cuit.
Elle attrape la cisaille. L’actionne plusieurs fois devant mes yeux hagards. Je n’ai pas le temps de paniquer. Je dois bouger et me sortir de là bon sang !
Putain...mauvais jeu de mots. Du sang il va y’en avoir si je dégage pas de là tout de suite.
Alors , lentement, je la vois approcher la cisaille de ma verge. Toujours tendue celle-là ! Mais comment c’est possible ?
D’un geste franc, elle me coupe le gland. Puis plusieurs petits bouts au fur et à mesure en tenant fermement ma queue de son autre main.
Les larmes coulent de mon visage, la violence de l’acte suffit à me remplir d’effroi.
Je vois juste la giclée de sang exploser sur moi et son tablier.
Son tablier... Ce n’est clairement pas une infirmière.
Je crie.
Je hurle de douleur.
Toujours aucun son.
Et, en vérité...
Je ne sens rien non plus.
J’aurais vraiment préféré qu’elle me suce.
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Parce que je ne compte pas m’arrêter là.
Prochaine rencontre : Esteban.
Un rendez-vous.Un homme séduisant.Et qui a peut-être... un peu trop de sang chaud. Le rendez-vous rouge — bientôt.








