Tatiana & Tim
3 h 30 du matin, Toulouse.
Tatiana
La soirée au Rex s'achève. Le groupe de potes n'a pas lésiné sur l'alcool et les substances, oscillant désormais entre hallucinations et réalité altérée. Clean malgré la musique hartek qui faisait trembler les caissons et le sol, je suis la seule en état de conduire. Mon rôle : ramener la troupe à bon port à bord de ma vieille Golf 4 anthracite, sur le bitume luisant de la nuit toulousaine.
À côté de moi, l'un d'eux pousse le son à fond. Du Vladimir Cauchemar à en faire saigner les tympans. Les mains agrippées au volant, je me laisse porter par la basse quand, au détour d'un virage, un barrage se dessine. Je baisse le volume d'un coup sec, déclenchant aussitôt les protestations dans l'habitacle.
— T’abuses, Nana, je suis en pleine montée ! me surnomme l’un des junkies.
Dans la pénombre, le faisceau d'une lampe balaye mon pare-brise. Un agent en uniforme bleu me fait signe de me ranger sur le bas-côté, sous une pluie fine et cinglante. Je m'arrête et baisse la vitre. L'homme se penche, la torche braquée droit dans mes yeux. Je tourne la tête pour éviter l'éblouissement.
— Vous avez consommé de l'alcool ou des stupéfiants, madame ?
— Mademoiselle, rectifié-je, en fixant son regard par-dessus la lumière. Non, je joue les Sam ce soir.
Ses yeux dérivent vers la banquette arrière, où la bande débite des incohérences à moitié défoncée.
— Veuillez descendre du véhicule.
— Quoi ? Sous cette pluie ?
— Descendez, madame.
— Mademoiselle !
Je fronce les sourcils, mais j'exécute. Face à lui et aux autres agents postés en retrait, le rapport de force est inutile. Il m'entraîne derrière le fourgon pour le contrôle.
— Veuillez souffler là-dedans.
— Vous perdez votre temps. Je n'ai pas touché une goutte.
— Plus vite ce sera fait, plus vite vous repartirez, rouspète le vieux flic.
J'obéis malgré ma sainte horreur des ordres. Je souffle, le fond sonore ponctué par les plaintes des potes qui viennent de réaugmenter le son dans la voiture.
L'appareil bécote et affiche le résultat.
Positif.
Il me tend le boîtier avec un sourire satisfait.
— Impossible ! Il bugue, votre machin. Je veux recommencer tout de suite !
— Vous n'êtes pas en position d'exiger quoi que ce soit, madame. Immobilisation du véhicule et direction la brigade.
— Mademoiselle !!! Si vous m'écoutiez au lieu d'affirmer vos certitudes, vous comprendriez que votre appareil déconne. Je ne mens pas !
— C'est cela, oui. Et moi, je suis une star du hip-hop, sourit-il en posant la machine sur une valise.
— Vous vous foutez de moi ?!
Mes protestations glissent sur eux. Entourée par le groupe d'agents, je suis escortée sans ménagement vers le véhicule de patrouille, pendant qu'une autre équipe se charge de la voiture et de mes potes.
Direction la brigade.
…
4 h 10 du matin.
L'injustice me chauffe le sang. Bien installée dans mon rôle de rebelle, je hausse le ton dans la salle d'accueil, exigeant un responsable.
— C'est inadmissible ! JE VOUS RÉPÈTE QUE JE SUIS CLEAN ! PLUS CLEAN QUE VOTRE MÈRE !
— Eh ! C'est quoi ce foutoir ?
La voix claque.
L'homme qui surgit en impose : le gilet pare-balles moulant un torse massif, un tee-shirt bleu ciel laissant apparaître des tatouages tribaux grimpant le long de ses bras puissants jusqu'à la naissance des mains. Des cheveux sombres bien coupés, des yeux couleur noisette au regard dur, le pas lourd et ancré de ses rangers sur le carrelage.
L'agent qui m'a ramenée lui résume la situation, en remettant un « madame » de trop au milieu.
— C'est MADEMOISELLE ! Il faut vous le chanter en quelle langue ?!
— On se calme, tranche le colosse. Je prends le relais. Retourner patrouiller.
— Bien, chef.
Chef ?
Aussi jeune ? Il a la moitié de l'âge du type qui vient de me verbaliser.
— Suivez-moi, qu'on s'explique.
— Je vous suis. Mais je vous préviens : si vous êtes aussi borné que votre collègue qui sent les chips, je me casse.
Il me jette un coup d'œil, une ombre d'amusement traversant son visage sévère.
— Je suis là pour tirer ça au clair, pas pour vous chercher des noises. Même si ce ton insolent pourrait me donner des idées.
Ma peau se réchauffe malgré moi.
Sa poigne ferme et rassurante sur mon épaule m'incite à avancer. Son parfum, une note boisée et virile, m'arrive de plein fouet.
Son bureau est tiré au cordeau : murs blancs, dossiers alignés, surfaces nettes. Une discipline qui déteint sur son attitude.
— Vous permettez ? dit-il en s'approchant pour retirer mon manteau en daim, trempé par l'averse.
Je me laisse faire. La veste glisse lentement le long de mes bras. Un frisson me parcours l'échine. Son souffle frôle mon oreille, imperceptiblement accéléré.
Sous le manteau, ma tenue de nuit apparaît : chemisier en soie rouge marquant ma taille, jupe courte en cuir noir, bas résille et talons vert fluo.
Tim
L'odeur florale et sucrée de son parfum envahit l'espace.
La fille ne manque pas d'assurance, le visage à peine maquillé mettant en valeur des yeux d'un bleu perçant.
Son manteau détrempé conserve son empreinte olfactive. Sans quitter mon sang-froid, je décroche ma veste de motard en cuir noir bordée de rouge pour la poser sur ses épaules.
— Vous serez plus au chaud. Mademoiselle… ?
— Tatiana.
Je m'impose en tant que :
— Adjudant-chef Barn Tim.
Je lui tends la main. Elle la serre, des rougeurs gagnant ses joues alors que ma veste recouvre sa silhouette. Ses yeux clairs retiennent mon regard.
Je lui indique le siège en face du bureau, mon coup d'œil sur sa ligne restant purement professionnel en apparence.
Je m'assois à mon tour et détache mon arme de service pour la poser sur le plateau en bois.
— Je vous écoute.
— Non, gardez ça.
— Pardon ?
— Gardez votre arme à la ceinture. Elle y est très bien, lance-t-elle sans fléchir, le regard fixé sur l'étui.
J'obtempère sans relever, canalisant la tension qui monte.
— Combien de verres ce soir ?
— Zéro. Le calcul est vite fait. Je peux repartir ? Pendant que vous perdez votre temps ici, des vrais mecs bourrés envahissent la ville.
— Et pourquoi mon collègue vous aurait-il ramenée sans raison ? Vous le traitez de menteur ?
— Évidemment. C'est moi, la victime dans l'histoire, mais ça vous arracherait la gueule d'admettre qu'il a merdé, répond-elle en croisant les jambes.
Tatiana
Ses yeux balayent ma tenue sans la moindre retenue.
Il écoute mes arguments ou il évalue la résistance des menottes fanquée à sa taille ?
L'attitude autoritaire et les bras sculptés ne me laissent pas totalement indifférente.
— Vous énerver ne servira qu'à renforcer les soupçons, reprend-il.
— Moi ? Coupable ?
Je me lève d'un bond, me rapproche de son côté du bureau et me penche vers lui, mon souffle effleurant son visage.
— Est-ce que mon haleine sent la fille qui vient de se torcher au whisky ?
Tim
Pas la moindre trace d'alcool.
Les yeux sont clairs, le teint frais, l'haleine mentholée, la posture parfaitement stable malgré ses talons.
Elle n'a rien bu.
Mais son attitude de défi commence à entamer ma patience.
Je me dresse à mon tour. D'un mouvement calme, je décroche les menottes de ma ceinture, la fais pivoter d'une main posée sur sa taille et la colle dos à moi.
— Tu me sembles particulièrement ingérable, ma mignonne. Un petit séjour en cellule va te rafraîchir les idées, lui susurré-je à l'oreille.
— Vous n'avez pas le droit. Je connais la procédure !
— Tu es dans mon service. La procédure, c'est moi qui la fixe. Et ton assurance ne te sauvera pas.
Les anneaux métalliques se referment sur ses poignets, ajustés sans trop serrer. Je la guide par les bras le long du couloir sombre. Les néons s'allument à notre passage jusqu'à la porte en métal gris.
Par la lucarne, on distingue le lit de camp sommaire.
— Hors de question. Je ne rentre pas là-dedans.
— Tu ne sortiras pas d'ici sans m'avoir présenté tes excuses.
— Avec un « chef » à la fin, j'imagine ?
— Exactement.
Elle lâche un rire sec.
— Vous êtes sérieux ?
Je croise les bras, adossé contre le montant de la porte.
— Tout ce qu'il y a de plus sérieux.
— Sans vouloir vous vexer, Tim…
— Barn.
— … Tim, allez vous faire foutre. Retirez-moi ça. Tout de suite.
Ma main vient se poser sur sa gorge, sans serrer, juste assez pour maintenir sa tête en arrière et sceller mes lèvres aux siennes.
L'insolente ne se démonte pas et répond à l'assaut, sa langue cherchant la mienne jusqu'à mordre légèrement.
J'ouvre la cellule d'un coup de pied, la pousse à l'intérieur et la plaque contre le mur poisseux en veillant à ses poignets entravés. Ma seconde main glisse sur sa taille, maintenant la pression tandis que le baiser s'intensifie.
Tatiana
L'autorité du type est brute, sans détour. Sa prise sur ma taille ne me laisse aucune marge de manœuvre. Sa main glisse le long de ma jupe, déchire sans sommation la dentelle de mon string et cherche le contact direct. La frustration de la nuit se transforme en urgence viscérale.
Ses doigts prennent le relais entre mes cuisses, s'enfonçant avec une fermeté brutale dans mon vagin brûlant et déjà trempé. Ma tête bascule en arrière, j'expulse un râle rauque vers le plafond pendant qu'il plante ses dents dans mon cou pour y imprimer sa marque.
Le rythme devient frénétique, impitoyable, ses doigts me martèlent de l'intérieur jusqu'à me faire perdre la raison. Mes genoux lâchent sous la violence de la décharge ; seule sa poigne de fer sur ma taille m'empêche de m'effondrer sur le béton.
Tension nerveuse et adrénaline font le reste.
Je prends appui contre son torse, utilisant tout mon poids pour le faire reculer jusqu'à ce que ses mollets heurtent le métal de la couchette.
— Assieds-toi. Chef.
Un sourire carnassier aux lèvres, il s'exécute.
Toujours enchaînée dans le dos, je chevauche ses cuisses, guidant le jeu convulsif de mes hanches. Le cuir de sa veste glisse de mes épaules pour s'écraser au sol.
Dans l'air lourd de la cellule, l'odeur du sexe et du cuir devient étouffante.
Ses grandes mains tatouées s'agrippent à mes fesses sous ma jupe, jusqu'à ce que ces doigts viennent s'inviter à nouveau dans mon trou brûlant. Sauvage pour pousser l'affrontement jusqu'au bout.
Tim
Elle explose une seconde fois, son corps secoué de spasmes violents contre le mien, sa chatte m'inonde les cuisses.
Je me redresse sans la laisser descendre, la gardant empalée contre mon bassin alors que ma trique menace d'exploser sous le tissu de mon pantalon.
— Tu veux goûter à quel point tu es délicieuse ?
Pour toute réponse, elle plante ses dents dans ma chair au niveau du cou, avant de monter baiser sauvagement mes lèvres, je lui impose en même temps mes doigts qui on le goût de son propre nectar.
— J'ai envie de m'occuper de vous, adjudant-chef.
— Et tu comptes t'y prendre comment ?
Elle glisse le long de mon corps et se laisse tomber à genoux entre mes jambes, ses yeux clairs injectés de désir et de malice.
Toujours les poignets entravés.
Sans perdre une seconde, je fais sauter la boucle de mon treillis, libérant ma queue gonflée à bloc, prête à lui faire subir le pire.
Ses lèvres brûlantes englobent mon gland, sa langue râpe ma longueur avec une gourmandise et une précision redoutables. Le regard ancré dans le mien, elle impose un va-et-vient effréné, faisant grimper la pression à un point de rupture imminent.
Je suis à deux doigts de lui défoncer le fond de la gorge et de m'y décharger sans sommation ce sperme bien épais qu'elle réclame de toute urgence.
Tatiana
À genoux sur le béton glacé, le contraste entre l'impeccabilité de son uniforme et ma position d'obéissance me rend totalement marteau.
Sa tête bascule en arrière, un grognement animal jaillissant de sa cage thoracique.
De mon côté, je cale la structure rigide de mon talon contre mon clitoris pour accentuer la friction, me faisant jouir à vide au rythme de mes coups de langue sur sa chair brûlante.
Je me retire d'un coup sec au moment où son bassin s'avance dans un coup de boutoir frustré.
Sa main s'enfonce dans mes cheveux pour me ramener de force sur sa verge, mais je dévie, léchant sa veine pulsante de bas en haut avant de planter mes yeux dans les siens.
— Prends-moi comme tu veux, chef.
— Tes désirs sont des ordres.
Il me redresse d'une seule main, me saisissant par la gorge sans me faire mal mais avec une fermeté absolue.
Sans transition, il me fait pivoter et me plaque en levrette contre le mur. Mon visage s'écrase contre la peinture écaillée.
D'un coup de rein sauvage, il s'enfonce d'un trait, me fendant en deux et me remplissant jusqu'à la garde.
D'une main, il verrouille mes poignets enchaînés dans mon dos ; de l'autre, il m'imprime des estocades lourdes, profondes, scandées par le claquement sourd de nos chairs et le frottement du tissu rude de son treillis contre mes fesses mises à nu.
— Tu aimes ça, hein ? Qu'on te prenne comme la salope que tu es ?
Sa queue monstrueuse me ramone l'intérieur, m'arrachant des hurlements étouffés que la pierre absorbe.
D'un geste d'une brutalité maîtrisée, il me fait tourner face à lui, fait sauter les menottes qui tintent lourdement sur le sol et me soulève à bout de bras.
Mes jambes s'enroulent instinctivement autour de sa taille, mes bras engourdis s'agrippant à son cou.
Il me cloue à nouveau contre la paroi, relançant ses coups de reins avec une rage décuplée.
Ses mains s'enfoncent dans la chair de mes cuisses pour me maintenir ancrée sur son membre. Mes cris de jouissance résonnent enfin sans filtre dans la pièce aveugle contre ses lèvres charnues.
Une vague déferlante m'assomme, mes parois intimes se contractant frénétiquement autour de sa bite dans un spasme sans fin.
Dans un rugissement guttural, il resserre sa prise à m'en briser les côtes, sa tête enfouie dans mon cou où ses dents s'enfoncent, et gicle à grands jets brûlants, inondant mon utérus de sa semence.
Le silence retombe brutalement dans la cellule, ne laissant place qu'au bruit lourd et saccadé de nos poitrines qui se soulèvent dans la pénombre.
~ Anaïs J.P ~








