Une Journée dans la Vie de Mindy
Je m’appelle Mindy. Je ne suis qu’une fille bien ordinaire qui vivait à la campagne. Je me levais le matin et je m’occupais de tout. Ma maison était modeste mais chaleureuse. C’était une demeure rustique, où l’électricité ne servait que pour les appareils électroménagers. Pour le chauffage, je devais allumer le poêle à bois qui trônait dans le salon.
Ce matin-là, comme tous les matins, je descendis dans le froid glacial de l’hiver. Je me dirigeai vers la cave qui servait de chambre froide pour conserver mes légumes et mes bocaux, mais aussi pour entreposer le bois. Je pris quelques bûches et remontai au salon.
Je saisis du papier journal, que je gardais dans un panier non loin, ainsi que quelques morceaux de bois sec et d’écorce stockés à côté du poêle pour rester bien au sec. Une fois le feu bien pris, je sortis d’autres bûches pour les fendre en morceaux plus petits dehors. Je savais manier la hache avec facilité.
Ma routine matinale terminée, je pus me préparer pour la suite. Le petit-déjeuner restait le moment le plus important de ma journée : du bon pain maison, mélangé à la main et pétri avec soin. J’en fis griller deux tranches sur la plaque du poêle à bois bien chaud. L’odeur du pain grillé mêlée à la fumée du poêle me mettait l’eau à la bouche à chaque fois. J’accompagnais le tout d’un bon café préparé dans ma cafetière moderne. C’était le seul luxe que je m’étais offert ; tout le reste n’était que vieux meubles et électroménagers fonctionnels. L’argent m’importait peu, le confort était tout ce que je désirais.
Une fois la maison réchauffée, je fis couler un bon bain chaud, puis je me préparai à partir travailler dans la petite boutique du village — la seule de notre communauté. C’était une bâtisse bien ordinaire, située en plein cœur du village.
Lorsque je sortis, il me restait encore un peu de temps avant l’ouverture, juste assez pour pelleter la neige qui bloquait ma voiture. La veille, les flocons n’avaient cessé de tomber de toute la nuit. Il y en avait beaucoup, mais cela ne me faisait pas peur. Je travaillai d’un pas rythmé et avec acharnement pour dégager l’entrée de ma cour. Il y avait tellement de neige que mes mains finirent gelées et mes joues rouges de froid.
Je montai enfin dans ma voiture pour m’y réchauffer quelques instants avant de prendre la route. On était le vendredi matin, et les femmes du village ne venaient jamais très tôt. Elles avaient beaucoup d’occupations sur les fermes et leurs maris partaient au travail. Cela me laissait le temps d’ouvrir et de tout installer avant de suspendre la pancarte « Ouvert » devant la boutique.
Je travaillais seule. J’étais l’unique employée et j’y passais six jours sur sept. Je ne m’accordais qu’une seule journée de repos par semaine pour relaxer et lire un bon livre à la maison. C’était ma vie. Pas de mari, ni d’enfant qui m’attendaient au retour, juste moi et mon travail.
De temps en temps, Isda me rendait visite. C’était ma seule et unique amie dans ce village. Une petite brune, un peu plus jeune que moi, mais déjà mariée à un jeune homme très gentil prénommé Dash. Ils formaient le couple le plus envié de la région. Isda venait m’aider à plier ou à trier les vêtements pour que je puisse les installer sur les cintres et les étagères.
Pourtant, ce matin-là, ce ne fut pas elle qui poussa la porte du magasin, mais plutôt un homme costaud vêtu d’un bel habit noir. Il se présenta sous le nom d’Ezekiel, un entrepreneur dévoué. Il fit le tour de la boutique. Sur le coup, je crus qu’il cherchait un cadeau pour une amie ou pour lui-même. Mais une fois son observation terminée, il revint vers moi, tenant cette fois un contrat d’achat de propriété.
Par curiosité, j’ouvris le document. Au fond de moi, je savais que je ne voulais pas vendre la seule chose qui avait de la valeur à mes yeux. Ce n’était pas une simple bâtisse de toile, mais une boutique de vêtements qui existait depuis un demi-siècle. J’en avais hérité de mes parents quand ils étaient partis à la retraite, et elle avait été fondée par mes grands-parents aujourd’hui disparus.
Je fixai le contrat, les chiffres dansant devant mes yeux comme des promesses dorées. Un million. Pour cette vieille bâtisse qui croulait sous les souvenirs et la poussière. L’homme en costume souriait avec la confiance de quelqu’un qui sait que son chèque est plus persuasif que n’importe quel argument.
— Et si je refuse de vendre ma propriété ? demandai-je, ma voix plus ferme que je ne le sentais.
Son sourire se figea légèrement.
— Je vous laisse un peu de temps pour réfléchir à l’offre que nous vous avons proposée. Je reviendrai dans deux jours pour savoir si vous acceptez. Mais je préfère vous avertir…
Il baissa la voix, adoptant un ton presque paternel :
— Si vous refusez l’offre, nous reviendrons de façon moins douce.
Il osait me menacer de prendre mon entreprise et mon héritage par la force.








