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30 ans, 30 défis et un abruti

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Résumé

À presque trente ans, Lou fait le bilan de sa vie : pas de mari, pas de maison, pas d'enfant… et même son cactus a préféré mourir. Pour éviter la crise existentielle, elle se lance un défi : accomplir trente choses avant son anniversaire. Le problème ? Son meilleur ami confie sa liste à Hugo, son frère beaucoup trop séduisant et expert dans l'art de lui taper sur les nerfs. Entre défis absurdes, baisers imprévus et rapprochements dangereux, Lou risque de découvrir que le plus grand bouleversement de sa vie ne figurait pas sur sa liste. Elle avait trente défis à relever. Tomber amoureuse de cet abruti n'en faisait pas partie.

Genre :
Romance
Auteur :
Lara Dry
Statut :
il y a 3 heures
Chapitres :
1
Rating
n/a
Classification par âge :
13+

Chapitre 1

Lou

Je viens d’apprendre que mon ancienne camarade de lycée attend son troisième enfant, et je crois que c’est officiellement le moment de remettre toute mon existence en question. Pas parce que je rêve d’avoir trois enfants, loin de là. J’ai déjà du mal à gérer mes lessives, mes factures et mes rendez-vous chez le dentiste, alors trois êtres humains dépendants de mes capacités d’organisation représenteraient une responsabilité légèrement excessive. Non, ce qui me dérange, c’est que cette fille, qui mangeait de la colle en cours de technologie, possède aujourd’hui une maison avec jardin, un mari qui semble savoir monter des meubles et suffisamment d’argent pour partir deux fois par an en vacances.

Moi, j’ai vingt-neuf ans, un découvert bancaire qui revient plus régulièrement que mes règles et un cactus mort sur le rebord de ma fenêtre. Un véritable cactus, cette plante réputée capable de survivre dans le désert avec trois gouttes d’eau et beaucoup de mauvaise volonté. J’ai réussi à tuer l’équivalent végétal d’un survivant de l’apocalypse, ce qui devrait probablement me disqualifier de toute responsabilité impliquant un être vivant.

Je contemple la photographie affichée sur mon téléphone avec une fascination proche du masochisme. Chloé Dubois, désormais Chloé Dubois-Martin, pose devant une maison magnifique, une main sur son ventre arrondi et l’autre autour de la taille de son mari. Leur fille aînée tient une échographie pendant que leur fils sourit à l’objectif. Derrière eux, un golden retriever parfaitement brossé semble avoir compris le concept du bonheur mieux que moi.

La légende annonce que leur plus belle aventure continue et que bébé numéro trois arrivera en avril. Je parcours les commentaires remplis de félicitations, de cœurs et de déclarations sur cette famille merveilleuse avant de verrouiller mon téléphone. Je suis sincèrement heureuse pour Chloé, mais je commence à développer une réaction allergique aux gens qui réussissent leur existence avant trente ans.

Mon appartement, quant à lui, ressemble à une scène de crime dont la victime serait ma motivation. Une paire de chaussures traîne devant le canapé, trois tasses attendent d’être lavées et mon panier de linge déborde depuis suffisamment longtemps pour envisager de déclarer son indépendance. Je suis assise en pyjama, un bol de céréales entre les mains, alors qu’il est presque vingt heures. Des céréales premier prix, évidemment, dont le goût rappelle celui d’un carton ayant traversé une période difficile.

Mon téléphone vibre sur la table basse. Paul me demande ce que je fais et je lui réponds que je réfléchis à l’intérêt de mon existence. Il me rappelle que ma dernière crise existentielle concernait une brioche carbonisée par mon grille-pain, ce qui démontre une absence totale de respect envers les victimes d’accidents domestiques. Avant que je puisse défendre mon honneur, il annonce qu’il arrive dans vingt minutes et m’ordonne de prendre une douche.

Je renifle discrètement mon tee-shirt avant de grimacer. Cet homme possède malheureusement une capacité inquiétante à identifier mes problèmes à distance, et je commence à soupçonner que notre amitié de quatorze ans lui a donné des pouvoirs auxquels je n’ai jamais consenti.

En traversant le salon, mon regard s’arrête sur le cactus. Il est marron, ratatiné et penche dangereusement vers la gauche, comme s’il avait tenté de fuir son pot avant de succomber à ses blessures. Je m’approche pour toucher une épine, qui se détache immédiatement et tombe sur le rebord de la fenêtre.

— Formidable, je marmonne en observant le cadavre végétal. Même toi, tu as décidé de m’abandonner.

Je devrais probablement le jeter, mais cela reviendrait à reconnaître officiellement ma défaite face au règne végétal. Je préfère donc le laisser à sa place, où il pourra continuer de me juger pendant que je tente de sauver ce qui reste de ma dignité.

Vingt-cinq minutes plus tard, Paul entre dans mon appartement avec deux pizzas, une bouteille de soda et cette expression satisfaite qu’il arbore lorsqu’il estime avoir sauvé ma journée. Il possède un double de mes clés depuis notre emménagement dans cette ville, trois ans plus tôt, une décision que je regrette environ quatre fois par semaine.

— Tu as pris une douche ! s’exclame-t-il en me découvrant dans le salon. Je suis tellement fier de toi.

— Je peux encore te mettre dehors, tu sais.

— Tu ne ferais jamais ça à quelqu’un qui apporte une quatre fromages, réplique-t-il en déposant les cartons sur la table basse.

Je remarque immédiatement qu’il a demandé un supplément mozzarella et lui adresse un regard reconnaissant. Paul est grand, brun, toujours bien habillé et doté d’une capacité exaspérante à traverser l’existence sans sembler rencontrer le moindre obstacle. Nous nous sommes rencontrés au lycée lorsqu’il m’a prêté sa calculatrice pendant un contrôle de mathématiques. J’ai obtenu huit sur vingt, il a obtenu dix-neuf, et nous avons décidé que cette différence de compétences constituait une excellente base pour une amitié durable.

Il s’installe à côté de moi, ouvre une boîte et me tend une part avant de me demander ce qui justifie cette nouvelle catastrophe émotionnelle.

— Chloé Dubois est enceinte de son troisième enfant, je lui annonce en récupérant ma pizza.

— Félicitations à elle. Je suis censé connaître cette personne ?

— Paul, elle a une maison, un mari, bientôt trois enfants et un chien ! m’exclamé-je en lui montrant la photographie.

Il examine l’écran avec une concentration qui me donne brièvement l’espoir d’être comprise, puis hausse les épaules.

— Techniquement, elle n’a pas encore trois enfants. Et je trouve son chien plutôt mignon.

— Ce n’est absolument pas le sujet, je proteste en récupérant mon téléphone.

— Le sujet, c’est que tu compares encore ta vie à celles que les gens publient sur Internet. Tu sais qu’ils ne photographient généralement pas leurs disputes à propos du lave-vaisselle ?

Je lui lance un regard noir avant de mordre dans ma pizza. Il n’a pas complètement tort, ce qui constitue probablement son défaut le plus agaçant. Paul possède cette habitude détestable de formuler des remarques pertinentes précisément lorsque je préférerais qu’il m’encourage à dramatiser.

— Je vais avoir trente ans dans quatre semaines, je lui rappelle en reposant ma part.

— Je sais. J’ai même prévu de venir à ton anniversaire, si tu acceptes toujours les gens de ton âge.

— À dix-huit ans, je pensais qu’à trente ans, je serais mariée, propriétaire et maman, je poursuis en ignorant sa remarque. J’étais persuadée que tout serait réglé.

Son sourire s’efface légèrement. Il repose sa pizza, puis se tourne vers moi avec une expression beaucoup plus attentive.

— Et tu crois que tu as raté ta vie parce que tu n’as pas encore tout ça ?

— Je ne sais pas, je réponds en baissant les yeux.

C’est un mensonge, et Paul le sait probablement aussi bien que moi. Depuis plusieurs mois, cette impression désagréable me suit partout. Lorsque mes collègues annoncent leurs fiançailles, lorsque mes amies parlent de leurs crédits immobiliers ou lorsque je reçois une invitation à un baptême, j’ai l’impression d’assister à une course dont tout le monde connaît les règles sauf moi. Je suis heureuse pour eux, mais une petite voix me demande toujours pourquoi je n’en suis pas au même endroit.

— Tu as un travail, un appartement, des amis et une vie que beaucoup de gens aimeraient avoir, me rappelle Paul. Tu pourrais peut-être commencer par reconnaître ce que tu as déjà construit.

— J’ai aussi une assurance habitation et un abonnement Netflix. Quelle réussite extraordinaire !

— Tu sais que tu as le droit de ne pas avoir exactement la vie que tu imaginais à dix-huit ans ? ajoute-t-il en me donnant un petit coup d’épaule.

Je voudrais lui répondre avec une plaisanterie, mais quelque chose dans sa remarque me serre la gorge. À dix-huit ans, je pensais que les adultes possédaient toutes les réponses. À vingt-neuf ans, je découvre qu’ils improvisent surtout avec des factures à payer et des douleurs lombaires inexpliquées.

Nous terminons notre pizza devant une émission de téléréalité dont les participants semblent avoir été sélectionnés pour leur incapacité à entretenir une conversation normale. Paul réussit à me faire rire plusieurs fois, notamment lorsqu’il affirme qu’un candidat devrait être interdit de reproduction après avoir confondu l’Australie et l’Autriche.

Vers vingt-deux heures, il récupère sa veste et m’observe avec cette expression que je connais trop bien.

— Tu vas arrêter de te comparer aux autres ? me demande-t-il en s’approchant de la porte.

— Absolument. Je suis désormais une femme épanouie, équilibrée et parfaitement satisfaite de son existence.

— Lou, insiste-t-il en levant un sourcil.

— Je vais essayer, je corrige avec un soupir.

Il sourit avant de déposer un baiser sur le sommet de mon crâne, puis me conseille d’éviter les photographies de mariage avant de dormir. Je lui rappelle qu’il n’est pas mon père, ce à quoi il répond qu’il en est heureux, car il aurait honte de mon cactus. Je lui adresse un doigt d’honneur parfaitement mérité pendant qu’il disparaît dans le couloir.

Une fois seule, je décide de ranger mon appartement. Puisque ma vie sentimentale et mon avenir financier semblent déterminés à m’échapper, autant reprendre le contrôle de quelque chose. Je commence par le placard de l’entrée, une décision que je regrette lorsque plusieurs chaussures, deux sacs et une boîte à documents s’effondrent sur moi. Après avoir survécu à cette tentative d’assassinat domestique, je découvre un carton recouvert d’autocollants derrière une pile de vieux magazines.

Je reconnais immédiatement ma boîte à souvenirs du lycée. À l’intérieur, je retrouve des photographies, des bracelets, des billets de cinéma et un vieux carnet rose couvert de petits cœurs. Je m’assieds sur le tapis pour le feuilleter, amusée par mon écriture beaucoup plus ronde et mes préoccupations de l’époque. Une liste de garçons séduisants me fait grimacer lorsque je découvre que j’avais classé mon professeur de sport en troisième position. Certaines informations devraient définitivement rester enterrées.

Quelques pages plus loin, je tombe sur un titre écrit au feutre violet, entouré d’étoiles et de fleurs maladroitement dessinées.

MA VIE PARFAITE À TRENTE ANS !

Je parcours les dix objectifs soigneusement numérotés. Être mariée à l’homme de ma vie, avoir un enfant, posséder une maison avec jardin, exercer un métier passionnant, gagner suffisamment d’argent pour ne jamais m’inquiéter, visiter dix pays, adopter un chien, devenir une femme indépendante et sûre d’elle, conserver mes meilleurs amis et, enfin, être heureuse.

Je récupère un stylo et commence à examiner chaque objectif avec une rigueur qui ferait pâlir un contrôleur fiscal. Le mariage, les enfants et la maison peuvent immédiatement rejoindre la catégorie des échecs. Mon travail dans une agence de communication me plaît, sauf lorsque les clients exigent un logo « plus dynamique » sans pouvoir expliquer ce qu’ils entendent par là. Quant à ma situation financière, mon application bancaire vient de m’envoyer une notification pour me rappeler qu’un prélèvement approche dangereusement.

J’ai visité quatre pays, si je compte Monaco. Je n’ai pas de chien et, compte tenu du sort réservé à mon cactus, c’est probablement préférable. Concernant ma confiance en moi, j’ai présenté mes excuses à une porte automatique la semaine dernière parce qu’elle ne s’était pas ouverte assez vite. En revanche, je possède toujours mes meilleurs amis, et je coche cette case avec une satisfaction disproportionnée.

Il reste le bonheur. Je contemple cette dernière ligne pendant plusieurs secondes, incapable de décider si elle mérite une croix ou une coche. Je ne déteste pas ma vie. J’ai de bonnes journées, des soirées où je ris jusqu’à en avoir mal au ventre et un meilleur ami qui connaît mes pires défauts tout en continuant de venir chez moi avec des pizzas. Pourtant, j’ai souvent l’impression d’attendre quelque chose, comme si mon existence devait véritablement commencer lorsque j’aurais obtenu tout ce que j’avais prévu.

Je tourne une page et découvre une seconde liste, rédigée avec un enthousiasme qui me donne presque envie d’étrangler mon ancienne version.

LES CHOSES FOLLES QUE JE VEUX FAIRE UN JOUR !

Embrasser un inconnu, dormir sous les étoiles, partir quelque part sans rien organiser, chanter devant des gens, apprendre à danser et dire enfin la vérité à quelqu’un figurent parmi les premières propositions. Je souris en poursuivant ma lecture. La Lou de dix-huit ans possédait manifestement davantage de courage que celle d’aujourd’hui, ou beaucoup moins de bon sens, ce qui reste une hypothèse parfaitement crédible.

Une idée commence à prendre forme dans mon esprit. Elle est absurde, probablement irréaliste et potentiellement dangereuse compte tenu de mes capacités à transformer les activités les plus simples en catastrophes. Pourtant, lorsque je regarde la date sur mon téléphone, je réalise qu’il me reste exactement vingt-huit jours avant mon trentième anniversaire.

Je récupère un carnet vierge dans le tiroir de mon bureau et m’installe à la table du salon. Sur la première page, j’écris en grosses lettres : 30 DÉFIS AVANT MES 30 ANS. Je souligne le titre deux fois avant de commencer à recopier mes anciennes idées et à en inventer de nouvelles. Certaines sont simples, d’autres me donnent déjà envie de changer d’identité et de partir vivre au Canada, mais je continue jusqu’à atteindre le nombre fatidique.

Pour la première fois depuis longtemps, je ressens autre chose que cette angoisse permanente de ne pas avancer suffisamment vite. J’ai envie de tenter des choses, de me tromper, de vivre des expériences qui ne serviront peut-être à rien d’autre qu’à me faire rire dans dix ans. Je ne deviendrai probablement pas propriétaire en vingt-huit jours, mais je peux au moins essayer de devenir une femme qui ose commander autre chose que son plat habituel au restaurant.

Je photographie ma liste et l’envoie à Paul avec un message annonçant que j’ai décidé de changer ma vie. Sa première réaction consiste à me demander si j’ai enfin jeté mon cactus, ce qui confirme que cet homme ne mérite absolument pas ma confiance. Je lui explique mon projet, puis attends sa réponse avec l’enthousiasme d’une enfant présentant son plus beau dessin.

Paul : Trente défis en vingt-huit jours ? Ça ressemble au début d’un reportage sur les accidents domestiques.

Moi : Merci pour ton soutien. Je suis profondément touchée.

Paul : Pourquoi il y a « embrasser un inconnu » en numéro cinq ?

Moi : Parce que c’est un défi, Sherlock.

Paul : Et « passer une nuit dehors » ? Tu comptes devenir sans-abri volontaire ?

Moi : Sous les étoiles, Paul. C’est romantique.

Paul : Tu trouves déjà les moustiques romantiques ?

Je ricane en parcourant notre conversation. Il continue d’examiner ma liste et s’inquiète notamment du défi qui consiste à faire quelque chose qui me terrifie. Je lui rappelle que l’objectif est précisément de sortir de ma zone de confort, ce à quoi il répond que j’ai peur de téléphoner pour commander une pizza. Je décide de ne pas relever cette attaque personnelle et lui souhaite bonne nuit.

Sa réponse arrive quelques secondes plus tard. Il affirme connaître quelqu’un qui pourrait m’aider, et je fronce immédiatement les sourcils. Paul possède un cercle social suffisamment étendu pour que cette proposition puisse désigner un coach sportif, un ancien militaire ou un individu recherché par Interpol.

Moi : Qui ?

Paul : Hugo.

Je fixe son prénom avec une sensation désagréable dans l’estomac. Hugo est le grand frère de Paul, l’homme qui a passé les quinze dernières années à me rappeler chacune de mes humiliations publiques, à voler les dernières frites dans mon assiette et à considérer mon agacement comme son divertissement personnel. Pour mon dernier anniversaire, il m’a offert un agenda accompagné d’un mot précisant que je pourrais enfin planifier mes crises de nerfs.

Moi : PLUTÔT MOURIR.

Paul : Trop tard, répond-il avec un émoji mort de rire.

Moi : Comment ça, trop tard ?

Paul : Je lui ai envoyé ta liste. Bonne nuit, future aventurière ❤️

Je me redresse sur le canapé avant de l’appeler. Il refuse la communication, puis recommence lorsque je tente une seconde fois. Je m’apprête à lui envoyer une série de messages qui pourraient constituer des preuves à charge dans un futur procès lorsqu’une nouvelle notification apparaît.

Hugo : Alors comme ça, princesse, tu veux embrasser des inconnus et dormir dans les bois ?

Moi : Ne commence pas. Cette liste ne te concerne absolument pas.

Hugo : Je l’ai lue. On va bien s’amuser.

Moi : Il n’y a pas de « on », Hugo. Il n’y aura jamais de « on ».

Hugo : Demain, 9 h. Prépare des baskets.

Moi : Je n’ai rien accepté !

Hugo : Exactement. Premier défi : arrêter de vouloir tout contrôler.

Je laisse tomber mon téléphone sur le canapé et contemple le plafond en me demandant quelle succession de décisions désastreuses m’a conduite jusqu’ici. Mon projet devait me permettre de reprendre confiance en moi, pas de confier mon avenir à un homme qui considère mes contrariétés comme une activité récréative.

Je récupère finalement mon stylo et ajoute une note sous le titre de mon carnet : Objectif supplémentaire : ne pas assassiner le frère de Paul avant mon anniversaire. Je souligne cette phrase deux fois, car contrairement aux trente autres défis, celui-ci risque véritablement de mettre ma patience à l’épreuve.

Mon téléphone vibre une dernière fois. Je voudrais l’ignorer, mais ma curiosité remporte une nouvelle victoire sur mon instinct de survie.

Hugo : Et Lou ? Essaie d’être à l’heure. Je sais que c’est beaucoup te demander.

Je serre mon stylo entre mes doigts avant de lui répondre que je préférerais encore passer mon anniversaire enfermée dans un ascenseur avec ma tante et ses conseils sur ma fertilité. Il m’envoie simplement un émoji souriant, accompagné d’un dernier message qui me donne immédiatement envie de jeter mon téléphone par la fenêtre.

Hugo : Bonne nuit, princesse. Profite de ta dernière soirée tranquille.

Je regarde mon carnet, puis le cactus mort qui trône toujours sur le rebord de la fenêtre. À bien y réfléchir, je commence à comprendre pourquoi cette pauvre plante a préféré abandonner.

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