Watchers : Livre 2

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Summary

La suite de Watchers : Tome 1 Néa meurt, un soir de Décembre, renversée par un chauffard. Quand son coeur se remet à battre, miraculeusement, et que la vie lui offre une seconde chance, tout le monde s'extasie. Mais la jeune femme est hantée par d'étranges rêves et une mystérieuse ombre ailée, qui semble désormais planer au-dessus d'elle...

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
5.0 1 review
Age Rating
13+

Prologue

Watchers

Livre 2 : Anathème


C’est toujours pour l'amour, qu’on commet l’irréparable.



POV : L’Étoile du Matin

Ils ont écrit que nous étions tombés par luxure, pour les plaisirs de la chair.

C’est faux.

Nous avons déchu par amour.

Parce que tenir l’être aimé dans ses bras, même une seconde, valait toutes les éternités.

Parce que sa peau contre la mienne, ses yeux dans les miens, étaient une béatitude bien supérieure à ce que les Cieux ne nous ont jamais offerts.

Parce que, enfin, nous n’étions plus seuls.

Mais ça, aucune des histoires ne le dit.



Le soleil émerge de derrière la muraille des montagnes himalayennes.

Je chausse mes lunettes. Hélios n’aime pas qu’on lui fasse ombrage.

C’est mon signal de départ.

Les vieilles habitudes ont la vie dure.

Depuis qu’elle est passée de l’autre côté, j’ai repris mon rôle d’héraut de l’astre brillant. Un sourire effleure mes lèvres.

Je reste, en dépit de tout, le Passeur de l’ombre à la lumière.

Les pieds dans le vide, je m’étire paresseusement et contemple l’abîme avec envie, une dernière fois. Mes ailes me manquent.

Un autre jour se lève, mais pour moi, la nuit ne termine jamais.

Je me relève, époussette mon pantalon de costume, et tourne le dos au spectacle de la Terre qui s’éveille.

Deux voix troublent soudain le silence des neiges éternelles, alors que j’enfile mes gants en cuir.

Un appel.

Je fronce les sourcils.

Les voix ont cessé de m’importuner à la minute où je me suis complètement incarné. Ce boucan incessant dans mon crâne était un supplice, un asservissement. Juste une autre façon de nous empêcher d’avoir une pensée, une identité propre. Elles, elles ne m’ont jamais manqué.

Mais les suppliques se font plus fortes, plus pressantes à la périphérie de ma conscience, piquant ma curiosité.

Je dresse une oreille.

De fait, rares sont ceux qui ont encore la capacité de m’invoquer. J’évolue dans un entre-deux-mondes contre nature auquel peu ont accès.

Mes semblables qui n’auraient pas encore fait leur choix, et ceux qui s’attardent dans le Passage.

Mais les deux réunis, voilà quelque chose d’inédit.