La maison abandonnée
Nous étions enfin arrivés devant cette maison que tout le monde craignait. Perdue au milieu d’une forêt immense, où la nature semblait reprendre ses droits, faite de vieilles pierres imprégnées de mousse, elle témoignait des années d’abandon. Mais surtout, ce qui m’inquiétait le plus, c’était son toit en tuiles, en partie effondré, laissant apparaître un intérieur sombre et inquiétant.
Et encore, jusqu’à ce moment, tout allait bien, mais la voix de mon amie résonna plusieurs fois dans ma tête.
Alexia : “Il n’y a plus de réseaux !”
Elle était tellement naïve de croire qu’elle pourrait tranquillement appeler sa famille au milieu de cette dense forêt.
Tristan,d’une voix tremblante et hésitante: “Débile, tu croyais pouvoir traîner sur TikTok en visitant la maison, peut-être ?”
Lucas,d’une voix énervée: “Bon, commencez pas à vous embrouiller comme d’habitude, bande de gamins.”
En réalité, c’était devenu une habitude de les voir se disputer, mais une chose était sûre, notre capacité, à nous dire les choses était extraordinaire, faisant de notre amitié une amitié plus que sincère.
Moi (Damien),bougeant dans tous les sens, de ma voix excitée: “Allez, on y rentre !”
Alexia et Tristan se regardaient tous les deux, leurs yeux frémissants montrant que la crainte les habitait à ce moment-là.
Lucas,avançant d’un pas vers la maison: “Alors, on ne va pas renoncer maintenant, les deux amoureux ? Suivez-moi !”
C’était sans perdre une seule seconde que nous avancions doucement, arrivant à la porte d’entrée en bois, habitée par les toiles d’araignées, et surtout lourdement abîmée.
Je pris la décision d’allumer ma lampe torche, d’entrouvrir la porte et d’éclairer l’intérieur de la bâtisse. Je ne vis rien d’anormal, hormis un sol très sale ainsi que des meubles, tout étant fait de vieux bois.
Lucas me poussa et ouvrit la porte en grand, pénétrant dans la demeure à petits, pas faisant grincer le bois.
Tristan, Alexia et moi-même avançons pour être de nouveau derrière Lucas, et je vis au total deux portes, toutes aussi obscures les unes que les autres.
Un grand escalier était situé devant nous et semblait mener à un étage que l’on ne pouvait pas voir au vu de sa grande obscurité. C’est pour cela que je décidai de diriger ma lampe vers l’étage. Cependant, une ombre passa et fut aperçue par nous tous.
Moi,hurlant d’une voix tremblante: “Euh, vous avez vu ?”
Lucas,reculant jusqu’à être collé à nous: “C’est quoi cette merde ?”
Tristan,se collant à Alexia: “Arrêtez la blague, vous n’êtes pas drôles !”
Quant à Alexia, la peur semblait avoir pris le dessus sur elle, elle ne bougeait plus du tout, fixée sur le haut des escaliers, pétrifiée.
Le silence était à son comble, silence qui fut interrompu au bout de quelques secondes par nos quatre voix, hurlant, pétrifiées par la peur : “On se barre d’ici !”
Quand soudain, la porte derrière nous se referma en claquant si fort que l’on fit un bond de peur. Nos cœurs se mirent à battre à tout rompre, et nos yeux s’écarquillèrent d’effroi dans l’obscurité oppressante.
C’est en nous retournant que l’on entendit un bruit de serrure. Sans perdre de temps, j’essayai d’ouvrir la porte, malheureusement en vain.
Les mains virevoltantes, je sentais des tremblements agiter mes doigts. L’urgence de partir d’ici nous étreignait, mais Tristan, manifestement apeuré, tenta de faire céder la porte en lui assenant un coup de pied violent, sans réussite.Aussitôt, les escaliers se mirent à grincer, le bruit se rapprochait de plus en plus vite de nous, et nos lampes se mirent à clignoter. Il fallait faire quelque chose, personne ne savait ce qui nous arriverait si on ne bougeait pas d’ici, peut-être que ce serait la mort qui nous attendait ?
Moi, d’une voix pleine d’entrain : “Suivez-moi !”
Je me mis à courir dans la pièce de gauche, suivi de mes amis, puis, je pris une vieille horloge remplie de toiles d’araignées sur l’armoire et la jetai à l’opposé de nous, espérant faire du bruit pour diriger cette ombre ailleurs.
Moi,chuchotant: “Ne bougez plus.”
Plus personne ne bougeait, regardant tous en direction de l’horloge, les mains, les pieds et le corps entier tremblant. C’est seulement quelques secondes plus tard que l’ombre disparut et que nos lampes se remirent à fonctionner normalement.
Nous étions rassurés de voir qu’il avait disparu, mais dorénavant, il fallait continuer de chercher une sortie...
Lucas,murmurant: “Une fenêtre !”
C’est suite à ses paroles que nous en cherchâmes une. Je me mis donc à éclairer la pièce, qui semblait être une ancienne cuisine, désormais totalement délabrée. Au bout de quelques secondes, je vis plusieurs fenêtres, mais malheureusement, elles étaient barricadées avec du bois paraissant robuste et étant surtout composées de nombreux clous.
Un hurlement pu être entendu par nos quatre personnages.
Alexia, Tristan, Lucas, moi,regardant tous autour de soi: “C’était quoi ça ?
Alexia,d’une voix fragile, et pointant du doigt vers le sol: “Regardez”
Je regardai sur le sol, et je vis un journal, je m’avançai craintivement vers celui-ci et pu lire en chuchotant, de nombreuses indications : “Journal de 1989, un jeune adulte, décède des coups de sa compagne, dans une maison en pleine forêt.”
Moi,intrigué par ce que je venais d’apprendre: “Vous pensez que ça a un rapport avec ce qu’on a vu ?
Lucas,avançant vers la porte d’entrée: “J’en ai rien à faire de savoir si ça à un rapport, j’ai pas envie de creuver ici ! Suivez-moi bordel !
Nous avançâmes tous derrière Lucas, mais, étant désormais de nouveau sur le palier de la porte, deux choix s’offrent à nous : aller dans la pièce de droite ou prendre l’escalier.
Alexia, Tristan,d’une voix déterminée: “Allons à droite !”
Moi : “Réfléchissez bordel, les fenêtres sont sans doute barricadées, puis, l’ombre y est peut-être. Faites ce que vous voulez, mais moi, je prends l’escalier.”
Je ne perdis pas de temps à monter doucement l’escalier, faisant grincer celui-ci, les autres étaient derrière moi, visiblement, ils avaient fait le choix de me suivre.
Des bruits de pas reprirent dans la pièce de droite, nos lampes clignotèrent à nouveau, c’est donc sans perdre de temps que nous nous mîmes à courir pour arriver en haut des escaliers.
L’escalier semblait mener dans deux pièces, reliées par un petit couloir. Cependant, la lampe clignotait de plus en plus vite et les pas étaient encore plus proches de nous, mais surtout plus intenses, je tournai la tête dans ma course, et je ne vis plus une ombre, mais une silhouette humaine, visiblement, il s’agissait d’un homme, assez jeune.
Moi,hurlant: “Bordel ! Plus vite !”
Une fois en haut des escaliers, je découvrai un placard dissimulé dans un coin sombre du couloir. Ses portes en bois finement sculpté s’ouvraient avec précaution, émettant un léger grincement qui me fit retenir mon souffle. En l’ouvrant, je réalisai que c’était l’endroit parfait pour se cacher.
Je fis donc signe à tout le monde de se cacher à l’intérieur, puis le referma derrière nous.
Les battements de mon cœur résonnaient dans mes oreilles alors que je retenais ma respiration, puis, cette silhouette humaine passa devant le placard, courant partout à l’étage à notre recherche, et redescendant après avoir remarqué que nous n’étions pas là.
J’ouvris à nouveau la porte du placard, je sentis que l’ambiance de la maison était totalement différente, des lumières très faibles avaient été allumés, nous permettant de mieux voir, et je vis en effet quelque chose de terrifiant, il y avait, sur le mur, un os humain...
Moi,pétrifiée, le regard fuyant, les cernes sombres: “Oh bordel...”
Tout le monde regarda à l’endroit que j’étais en train de regarder, et eux semblaient avoir peur, mais également, ils semblaient avoir vu une lueur d’espoir, que je pus voir dans leurs yeux brillants.
Tristan,d’une voix pleine d’espoir: “Une fenêtre !”
Je regardai plus précisément, et, en effet, il y en avait une, celle-ci semblait solide, et on ne pouvait pas la casser avec notre poing. Il fallait trouver quelque chose.
Moi,chuchotant: “Il faut quelque chose pour la casser, alors vous savez ce qu’on va faire ?”
Ils firent non de la tête
Moi,chuchotant toujours: “On va fouiller l’étage pour trouver quelque chose, et on va se séparer en deux pour fouiller les deux pièces qu’il y a. Lucas, tu viens avec moi.”
Je m’avançai doucement, suivi de Lucas, ouvrai la porte doucement, afin de réduire le bruit de celle-ci, puis je vis une salle de bain énormément délabrée, des tuyaux percées, des petits caissons de rangements noirs de saletés.
Lucas,chuchotant: “Fouille la salle de bain, je fais les caissons.”
Je ne perdis pas de temps à chercher, je trouvai de nombreux objets en bois, mais, malencontreusement, pas suffisant pour casser cette fenêtre.
Moi,chuchotant: “Tu as quelque chose ?”
La simple réponse que j’eus était un hochement de tête négatif de la part de mon ami Lucas.
Nous étions sortis de la pièce et avions retrouvé nos amis, qui semblaient également ne rien avoir trouvés. Il fallait trouver une solution et vite, avant de tous finir par mourir dans cette horrible maison.
Moi,d’une voix un peu plus forte que d’habitude: “On doit fouiller la pièce de droite, mais si cette chose étrange est à l’intérieur, ça va être compliqué...”
Lucas : “On doit l’attirer ici, je vais m’en occuper, allez vous cacher dans l’armoire !”
Quand tout à coup, un bruit assourdissant de verre se fit entendre du rez-de-chaussée, je fus pris de peur, avec des sursauts, des battements, des frissons, un silence oppressant, mon cœur battant la chamade. Nous ne savions plus quoi faire, mais... Un regard suffit pour reprendre nos esprits et se diriger avec mes amis Alexia et Tristan vers ce placard qui nous servirait une nouvelle fois de cachette.
Une fois que nous étions cachés, Lucas, qui se tenait dans l’obscurité, un sourire malicieux sur son visage intrépide, se mit à courir dans tout l’étage. Mais, pris par surprise par la montée rapide de l’entité, il se réfugia dans la pièce qu’avaient fouillé Alexia et Tristan auparavant.
Je ne savais pas quoi faire, aller aider mon meilleur pote au risque de mettre en danger tout le groupe ou continuer ce que nous devions faire.
J’avais une solution, elle était risquée, mais je ne pouvais pas laisser Lucas tout seul avec cette chose.
Moi,chuchotant: “Passez doucement avant, je m’occupe de le sauver ! Dépêchez-vous !”
Ils se mirent aussitôt à descendre les escaliers. Quelques secondes plus tard, je pris la décision de simuler un bruit de douleur, et de courir jusqu’en bas. Ma lampe clignota, cela signifiait que cette chose me suivait. J’espérais avoir sauvé Lucas, mais une chose était certaine, c’est qu’il fallait vite trouver quelque chose pour nous sauver à notre tour.
Une fois arrivé dans la pièce visée, je pris la première chose venant à mes mains. Il s’agissait d’un vieil appareil photo que j’ai à nouveau jeté, cette fois-ci, dans la pièce opposée à tout à l’heure. Puis, je fermai mes yeux terrifiés et me remémorai les instants passés avec mes parents, mes amis, pensant que la fin était venue, la chose se rapprochant de plus en plus de notre corps.
***
Nous n’étions pas morts, qu’est ce qui s’était passé ? L’entité avait-elle dévié. Il suffit de tourner la tête pour voir l’ombre de celle-ci dans la pièce située à côté de la nôtre.
Tristan,chuchotant: “J’ai trouvé quelque chose en ferraille.”
Tristan me tendant une barre métallique
La petite barre de fer semblait robuste et résistante, cela devrait faire l’affaire pour casser la fenêtre d’un coup sec. Je la pris et me mis à courir vers l’escalier, faisant un signe à mes amis de me suivre.
L’entité ayant compris la nouvelle supercherie, se mit de nouveau à notre poursuite, mais cette fois-ci, sa vitesse était plus rapide. Elle paraissait plus enragée.
Arrivés en haut, Tristan fit tomber l’armoire pour espérer ralentir l’entité.
Moi,hurlant de toutes mes forces: “Lucas !”
Lucas,répondant d’une forte voix: “Je suis ici, j’arrive !”
J’avais entendu sa voix, il n’était pas mort. Maintenant, c’était le moment ou jamais de partir d’ici, alors, je pris la décision de prendre la barre à toute main et d’infliger un si grand coup dans la vitre que j’aurais pu blesser n’importe qui.
Heureusement, la vitre céda sans aucune résistance. Afin de ne pas bloquer mes amis, je mis rapidement mes mains sur les rebords, appuyant ainsi de toutes mes forces dans le but de me propulser expressément en dehors de cette maison qu’était devenu un cauchemar pour nous tous.
À l’atterrissage, la douleur fut si vive que je sentis mes os craquer. Mais ça n’était pas un problème, il fallait que mes amis arrivent à tous sortir d’ici.
Encore choqué de tout ce qui venait d’arriver et n’arrivant pas à sortir un seul mot de ma petite bouche.
Mes amis sautèrent chacun leur tour, jusqu’à ce que ce soit le tour de Lucas. Il mit de même les mains sur le rebord, puis sembla s’élancer. Cependant, au dernier moment, son bras se fit tirer du côté opposé, l’empêchant de sauter en dehors de la maison.
Une seconde plus tard, nous n’avions plus aucune visibilité sur lui. Nous ne pouvions plus lui venir en aide pour la simple et bonne raison que si l’on rentre à nouveau, c’était la mort assurée pour tout le monde.
Ce n’est que quelques instants après qu’un cri d’agonie résonnait dans toute la maison, un son déchirant qui glaçait le cœur. Il fallait à tout prix fuir, chercher un endroit où le réseau de notre téléphone permettrait d’appeler la police.
Sans aucun mot, je me mis à courir le plus rapidement possible malgré ma jambe boiteuse jusqu’à arriver en quelques minutes à une grande route.
Mes amis m’avaient suivi, tous boitant dus au saut précédent. Je pris mon téléphone, composant le numéro de la police.
Moi,d’une voix paniquée: “Venez vite à la Maison Obscure dans la forêt de Lickson, mon ami va mourir dépêchez-vous ! Je vous en supplie !”
Opérateur : “J’ai déployé trois unités vers vous, ainsi que deux ambulances. Je vais vous garder au téléphone. Mais surtout, restez à l’abri !”
Environ 5 minutes plus tard et après avoir expliqué la situation à l’officier de police au téléphone, j’entendis des sirènes hurlantes au loin. C’étaient nos sauveurs, la police, la fin de notre calvaire.
Un agent et des ambulanciers nous prirent en charge, pendant que d’autres agents et ambulanciers se rendirent à l’intérieur de cette maison hantée.
***
Le temps passait lentement. Quand tout à coup, les officiers arrivèrent vers nous, baissant la tête, les yeux vers le sol, les sourcils froncés, le teint pâle. Nous annonçant la mort de notre ami Lucas.
Mes yeux se remplirent de larmes, mon cœur se serrant douloureusement. Le monde autour de moi sembla s’effondrer. Mes jambes faiblissaient, incapables de supporter le poids écrasant de cette perte.
Mon corps s’effondra sur le sol, mes genoux touchant le sol froid et dur. Les sanglots éclatèrent, secouant tout mon être alors que je repensais à tous les moments heureux que j’avais partagés avec Lucas.
Je restai ainsi, assis, replongé dans les souvenirs de mon ami cher, cherchant un réconfort dans les souvenirs des moments passés ensemble. Je savais que ces souvenirs seraient à jamais gravés dans mon cœur, une lueur éternelle dans l’obscurité de la perte. Et, dans ce moment de douleur, je trouvai une force pour honorer la mémoire de Lucas, me promettant de garder son esprit vivant à travers les souvenirs et les histoires partagées avec ceux qui l’aimaient.
FIN
****
Merci d’avoir lu la première histoire du recueil ! N’hésitez pas à mettre vos avis en commentaire,
je répondrais à tout le monde et posterais également en story Instagram et TikTok !
Si vous souhaitez, vous pouvez également me contacter en message privé sur Instagram pour discuter plus précisément de votre avis par rapport à l’histoire.
Vous pouvez également voter l’histoire si vous le souhaitez dans le cas où vous avez apprécié l’histoire afin de me soutenir !
Prochaine histoire prévue lors du mois d’août, si tout se passe bien.(Soyez notifié sur mon instagram, pour avoir des nouvelles de celle-ci)
****