chaleur familiale
Dimanche, 20 heures
Dans un bureau plongé dans la pénombre, éclairé seulement par la faible lueur d’une veilleuse, une scène captivante s’y déroule. Sur une table, un échiquier est posé, retenant l’attention des deux personnes présentes. Les regards se croisent avec intensité, empreints d’une détermination sans faille. Une bataille silencieuse commence à se jouer, chacun cherchant à influencer l’autre. La tension est palpable, c’est une partie d’échecs acharnée où aucun des deux joueurs ne veut céder à l’influence de son adversaire. Quand subitement, on allume la lumière, brisant ainsi l’ambiance de ce duel chaud bouillant.
— Mais maman! Râla Daniel.
— On peut savoir ce que vous faites dans cette semi obscurité ? Demanda Julie en s’approchant de la table.
— Chérie, tu viens de briser un moment fatidique ! Dany était sur le point de prendre sa raclé comme d’habitude. Dit Raphaël en déplaçant un pion vers Daniel.
— Papa ! C’est toi qui allais te prendre une raclée. Répliqua Daniel, l’air déterminé en bouffant le pion cavalier de Raphaël.
— Wow! Quelle audace! Tu prends les risques fiston. Mais des risques inutiles. Regarde. Ce que tu dois savoir avec les échecs et aussi dans la vie, c’est de savoir anticiper les mouvements de ton adversaire et planifier tes propres coups en conséquence. Échec et mat. Dit Raphaël en capturant le roi de Daniel.
— Noooon ! Cria Daniel d’un air faussement en colère ! Je prendrai ma revanche ! Dit-il, déterminé.
— Il y’en a encore du chemin, gamin. Mais je te félicite tu apprends vite. Continue ainsi !
Julie observait attentivement la scène, les yeux emplis d’émotion. Son fils, qui grandissait à une vitesse vertigineuse, jouant déjà aux échecs avec son père. Elle était touchée par la complicité qui régnait entre eux, une relation fusionnelle où ils partageaient tant de choses. Raphaël était un père incroyable et un mari merveilleux, prenant soin de sa petite famille avec une habileté remarquable. Le temps avait filé à une vitesse folle, sept années emplies de tranquillité, d’amour, de réussites et d’abondance.
— Mon chéri, as-tu préparé ton sac pour demain ? Demanda Julie à l’attention de Daniel en prenant place près de lui.
— Oui maman. Mes devoirs sont faits également.
— Oh ! Je vois que tu fais preuve de beaucoup de prévoyance ! C’est à féliciter.
— On peut jouer une autre partie, papa? Demanda-t-il tout excité.
— Je vois que tu aimes la fessée !
— Non! J’apprends ta stratégie et je l’utiliserai contre toi.
— Waouh! C’est malin ça ! Mais tu sais ce qui n’est pas malin? Le fait Que tu me dévoile ta stratégie. Je pourrais très bien l’utiliser contre toi.
— Non, c’est pas juste!
— Oui je sais. Maintenant vas au lit. Ta revanche, tu la prendras une autre fois.
— Très bien papa! Il se lève du canapé.
— N’oublie pas de te brosser les dents. Dit Julie.
— Je n’oublie jamais de me brosser les dents, maman.
— C’est bien!
— Bonne nuit maman. Il donne un bisou à Julie et un autre à Raphaël. Bonne nuit papa.
— Bonne nuit fiston. Et surtout réfléchis bien à ta nouvelle stratégie !
— Ok ça marche. Ils se font un check avant que Daniel ne sorte du bureau.
Daniel parti, Julie s’approcha de Raphaël.
— Je trouve que tu es trop dure avec lui. Tu devrais le laisser gagner de temps à autre.
Raphaël l’attira contre lui et l’embrassa tendrement.
— Non mon amour. Il devrait apprendre à gagner de lui-même. Mériter ses succès ! C’est comme ça que naissent les leaders.
— Il n’a que sept ans !
— Oui, raison de plus mon amour. C’est généralement à cet âge que les enfants développent leur personnalité. En gagnant par lui-même, il développe sa persévérance et sa créativité, sa confiance en lui et sa capacité à faire face aux défis futurs.
— Tu as raison. Je trouve qu’il est tout de même futé ! Jouer aux échecs à cet âge, c’est quand même à féliciter, non?
— Oui je confirme. Il a tout pris de moi. Dit Raphaël d’un ton suffisant.
— Julie sourit. Tu ne vas donc jamais cesser d’être aussi prétentieux ? Demanda-t-elle en lui mordant l’oreille.
— Non jamais ! Répondit-il d’une voix grave et sensuelle ! Tant que ça te fera craquer, je continuerai.
— Non ça ne me fait pas craquer. Pas le moins du monde!
— Menteuse ! Dit-il en lui embrassant le cou. Ce n’est pas ce que dit ton corps. Chuchota-t-il à son oreille. Julie frissonna et se mordit la lèvre inférieure.
— Que dit mon corps selon toi? Demanda-t-elle en passant les doigts dans les cheveux de Raphaël, lui arrachant un léger grognement.
— Ton corps me veut à l’intérieur de toi, tout entier.
— Ce n’est pas plutôt toi, par hasard, qui te veux à l’intérieur de moi ? Demanda-t-elle d’un ton aguicheur.
— Ouais ! ça se pourrait bien.
Julie se leva et enjamba Raphaël, s’assit sur lui, et lui caressa les cheveux. Il passa la main dans son dos et le caressa furtivement puis, rapprocha son visage du sien et captura les lèvres de Julie et ils s’embrassèrent passionnément.
— Et si on allait continuer tout ça dans la chambre ? Demanda Julie entre deux baisers.
— Non ! Répondit Raphaël la voix chargée de désirs. Je veux te prendre ici ! Dit-il en déboutonnant la chemise de nuit de Julie.
— Le petit pourrait nous surprendre.
— Aucune chance. Il dort. Dit-il en plaquant le dos de Julie sur le canapé par un retourné rapide et en l’embrassant de toute part.
Elle répondait à ses baisers avec affairement quand subitement la porte du bureau s’ouvrit doucement. Ils se redressèrent en toute hâte. Julie eut le temps de se couvrir avant que Daniel n’entre.
— Maman…
— Qu’y a-t-il mon chéri ? Demanda Julie en arrangeant nerveusement ses cheveux.
Raphaël alla s’asseoir dans le fauteuil du bureau.
— Je n’arrive pas à dormir. Dit-il d’un air triste.
— Viens là. Elle tendit ses mains vers lui et il y alla se réfugier. Tu veux que je te lise ton histoire ?
— Non maman. Je ne suis plus un bébé !
— Tu sais ce qu’on va faire ? Demanda Raphaël en s’approchant d’eux. Je vais te raconter une histoire, mais pas pour les bébés. Allé viens là ! Il prit Daniel sur son épaule et se dirigea vers la sortie du bureau.
— Et on m’abandonne ici ? J’aimerais bien savoir de quelle histoire il s’agit.
— Non, c’est entre hommes ! Dit Raphaël d’un ton plaisantin.
— C’est pas pour les filles ! Renchérit Daniel, depuis l’épaule de Raphaël, en riant.
— Oh je n’y crois pas ! Dit Julie d’un air faussement choquée. Trahi par son propre fils ! Vous êtes deux contre un. Ce n’est pas juste ! Macho, vas !
— Ça veut dire quoi macho ?
— Demande à ton père ! Dit Julie en sortant du bureau.
Quelques heures plus tard, Raphaël rejoint Julie dans leur chambre. Elle appliquait de la crème sur ses jambes nues lorsque Raphaël s’arrêta un instant et l’admira pendant un long moment. Puis, il s’approcha doucement et posa un tendre baiser sur son cou.
— Toujours aussi désirable. Chuchota-t-il.
Julie retourna la tête d’un geste feutré vers Raphaël, capturant ses lèvres avec douceur et passion, tandis qu’il glissa sa main le long de sa cuisse, remontant délicatement jusqu’à son dos.
— Il s’est endormi ?
— Oui. Un vrai chantier.
— Et si on reprenait où on s’était arrêté ? Lâcha-t-elle d’une voix suave.
— Viens par-là, toi… L'entraînant dans le lit.
Le lendemain matin, Julie se réveilla un peu plus tard que d’habitude, Raphaël n’était plus au lit. Elle s’habilla, descendit dans la cuisine et trouva ses deux hommes en train de faire le petit déjeuné.
— Bonjour… Salua-t-elle en les rejoignant.
— Bonjour mon amour. Dit Raphaël en lui faisant un baiser.
— Bonjour maman… Salua Daniel en recevant un bisou de Julie.
— Vous faites quoi ?
— Papa nous fait des pancakes pour le petit déjeuné! J’adore quand c’est lui qui les fait.
— Je croyais que tu aimais mes pancakes !
— Maman, ne sois pas jalouse ! J’aime tes pancakes, mais je préfère ceux de papa ! Ils sont meilleurs.
— Ok je vois ! Dit-elle en s’asseyant.
Elle prit un pancake et le manga.
— Humm ! c’est délicieux !
— Je sais ! Répondit Raphaël d’un ton hautain.
— Oh le frimeur ! S’exclama Daniel.
Des rires collectifs remplirent l’air d’une énergie contagieuse.
Quelques minutes plus tard.
— Bois ton lait, jeune homme ! Et on y va, je te dépose à l’école.
— D’accord m'man.
— C’est quoi ton programme pour aujourd’hui, chérie ? Demanda Raphaël en buvant son café.
— Rien de spécial. Je dépose Dany et je reviens me préparer pour le Dream’s. Et toi ?
— C’est le train-train quotidien, chérie. Je vais rentrer un peu tard ce soir. Autant te prévenir.
— Ah oui ? Pourquoi ?
— Une assemblée avec le Conseil d’Administration en fin de journée.
— Aucun souci, j’espère.
— Rien d’inquiétant, ne t’en fais pas. Il fut interrompu par le retentissement de la sonnerie de son téléphone. Excuse-moi un moment, chérie s’il te plait. Il s’éloigna pour décrocher.
Une demie heure plus tard, Julie sortit de la maison et se dirigea vers le garage pour monter dans son véhicule. Après avoir démarré, elle pressa plusieurs fois le klaxon pour attirer l'attention de Daniel et le faire sortir de la maison. Quelques minutes après, il émergea et la rejoignit dans le véhicule qui les conduisit jusqu'à l'école. Après avoir déposé Daniel à l'école, Julie fit demi-tour et retourna chez elle. Raphaël était déjà parti. Elle se prépara à son tour et se rendit au Dream's.