Battle for Drakensis - Tome 1 : Awakening

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Summary

"Vous, les Drakensiens... Vous êtes fascinants." Cette rencontre changea leurs destins à tout jamais. Halyïa, héritière de Drakensis, cité gardienne de la paix d'Elendraal, voit sa vie bouleversée le jour où l'ennemi lui laisse la vie sauve. Ces quelques mots qu'il avait prononcés ne quittèrent jamais ses pensées. Pourquoi l'avoir épargnée ? Les Immortels étaient-ils réellement ces êtres si dangereux dont parlaient les légendes ? Ou celui-là était-il encore différent ? Toutes les croyances qu'elle avait sur son univers allaient bientôt s'écrouler sans qu'elle ne puisse rien y faire, car son avenir, pourtant déjà tracé, prenait un tournant totalement inattendu...

Status
Complete
Chapters
48
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1


—Cette enfant me désespère.

La jeune femme venait de rentrer discrètement dans le château. Elle avait reconnu la voix de son père s’élever de la salle du conseil. Étaient-ils déjà tous au courant qu’elle s’en était allée ? Après tout, elle partait vagabonder tellement souvent que plus personne ne faisait réellement attention à ses absences. Même son père avait dû s’y résoudre. Elle fit signe au garde qui se tenait debout, droit comme un « i », à l’entrée du château, de garder le silence. Ce dernier la regarda, intrigué, mais il s’exécuta. Celui-là avait intégré la garde royale peu de temps auparavant et était toujours un peu surpris des escapades régulières de la jeune femme. Elle passa près de lui, et se rendit furtivement dans la salle du trône, profitant du fait que le roi était occupé. Il était à présent en pleine discussion houleuse avec ses conseillers. Elle n’était pas restée très longtemps au centre de leur conversation. Tant mieux. Le roi avait bien trop l’habitude des escapades régulières de sa fille et ne savait plus quoi faire pour l’en empêcher. Il avait tenté à maintes reprises de la punir en la privant de sortie, mais son esprit rebelle était bien trop aiguisé. Elle avait toujours été une aventurière, et ce, même bien avant la disparition de sa défunte épouse. La jeune femme traversa la salle sans faire un bruit pour se rendre aux grands escaliers de pierres qui menaient à l’étage. En montant sur la première marche, elle remarqua la boue présente sur ses bottes. Elle se retourna.

—Oh non... murmura-t-elle, dépitée.

Que faire ? Aurait-elle le temps d’aller essuyer rapidement les traces de pas qu’elle venait de laisser derrière elle ? Le garde débutant s’était bien gardé de la prévenir. Elle leva les yeux au ciel et attrapa une bannière qui ornait la rampe de l’escalier. Elle se dépêcha d’effacer les preuves de ses méfaits. Une fois qu’elle eut fini, elle s’approcha de la grande fenêtre taillée dans la pierre, et jeta avec force la bannière souillée.

“Ce n’est pas ça qui manque ici” songea-t-elle.

Elle se hâta de traverser de nouveau la salle du trône quand...

—Halyïa ! D’où sors-tu comme ça ?

La jeune femme baissa les yeux, honteuse. Son père, le roi, souffla, l’air désespéré.

—Ne me dis pas que tu es retournée t’entraîner...

—Père... tenta-t-elle en se tournant vers lui.

L’avait-il entendu ? Ou avait-il été prévenu de son arrivée ? Elle n’osa même pas le regarder. Elle savait qu’elle allait encore en prendre pour son grade.

—Combien de fois faudra-t-il que je te le répète ! Tout ceci est bien trop dangereux pour toi !

—Mais... tenta-t-elle tout de même, bien qu’elle sut d’avance que c’était peine perdue.

—Regarde-toi ! Tu es couverte de boue ! Et ces plaies sur ton visage ?! Qui te les as faites ?

—Mais Père... Laissez-moi...

—Ce n’est pas digne d’une princesse Halyïa ! Va te changer !

La princesse n’ajouta rien. Elle fit une rapide révérence et monta finalement ces escaliers de pierre.

—Je ne sais plus quoi faire d’elle, Dalgus, dit le roi en se retournant vers l’homme revêtu d’une armure, derrière lui.

—Eh bien... commença l’homme. Pourquoi ne pas la laisser...

—Pardon ? le coupa le monarque. Mon cher Dalgus, ne me dit pas que tu penses que ma fille devrait devenir une vulgaire combattante... Sans vouloir t’offenser.

—Non, évidemment, mais il faut avouer qu’elle a des capacités hors normes, dit le mercenaire. Pour avoir eu l’occasion de la voir s’entraîner quelques fois, elle est meilleure que beaucoup de nos soldats.

Le roi souffla, levant les yeux au ciel.

—Si seulement sa mère était encore là, soupira-t-il.

La jeune femme se déshabilla devant son miroir. De nouvelles plaies ornaient son visage et ses bras, mais comme les autres, elles disparaîtraient bientôt. Elle avait l’habitude. Elle était toujours en désaccord avec son père, ces derniers temps. Evidemment, elle comprenait ses inquiétudes. Elle était une femme, et il était bien connu qu’elles n’étaient pas aussi “solides” et “combattives” que les hommes. Mais elle ne voulait pas être reléguée au rang de “princesse” surprotégée dans son château doré. Elle avait toujours aimé l’aventure, mais son père, le roi, s’inquiétait bien trop pour elle. Elle soupira.

—Halyïa ?

Quelqu’un toqua à sa porte. Elle enfila son fin peignoir de soie et alla ouvrir.

—Ça va aller ?

Elle baissa les yeux.

—Oui... Juste que... J’aimerais qu’il comprenne...

—Il comprendra un jour, dit le jeune homme qui lui faisait face, mais laisse-lui le temps. Cela ne fait que deux ans que Mère nous a quittés... Il ne veut pas risquer de perdre l’autre femme de sa vie.

Une larme coula sur le visage de la jeune femme sans qu’elle ne puisse la retenir. Elle l’essuya rapidement d’un revers de main, espérant qu’il ne l’ait pas remarqué.

—Allez, débarbouilles-toi, dit le jeune homme qui fit comme si de rien n’était. Et fais plaisir à Père.

Il sourit.

—Troyas ? l’interpella-t-elle alors qu’il tournait les talons.

—Oui ?

—Tu continueras de m’emmener avec toi ?

Il se retourna vers elle.

—Évidemment, dit-il en souriant. Allez, prépare-toi. Père nous attend pour le repas.

Elle ferma la porte et coupa l’eau qui coulait dans son bain. Elle laissa son peignoir glisser sur ses épaules et entra dans la baignoire en bois. Elle frissonna quand elle plongea son corps nu dans l’eau bouillante. Elle adorait cette sensation. L’eau frémissait tellement elle était chaude. Au-dessus d’elle s’était formé un nuage de vapeur. Elle posa sa tête contre le rebord de la baignoire et ferma les yeux, rêvant de conquêtes et de batailles qu’elle remportait. Elle rêvait qu’elle cassait les codes. Qu’elle pourrait enfin devenir une princesse qui se bat pour sa cité, pour les siens. Pas la princesse qui reste assise, attendant d’être sauvée par un prince charmant. Elle aimerait que son père reconnaisse son caractère fougueux et cette hargne qu’elle avait en elle, mais il n’était pas prêt. Troyas avait peut-être raison. La perte de leur mère était encore trop récente, et son père ne voulait pas risquer de perdre sa fille. Elle plongea ses longs cheveux noirs dans l’eau et s’affaira à les débarrasser des impuretés qui s’y étaient logées. Elle se dépêcha de finir sa toilette, et sortit de son bain. Elle se rendit dans sa chambre attenante, et se dirigea vers son armoire. Elle en sortit une longue robe d’un bleu cyan ravissant, qui contrastait avec le vert de ses yeux. Elle était légère et voluptueuse.

“Faire plaisir à Père” songea-t-elle.

Elle soupira et enfila la robe. Puis, elle mit une paire de chaussures assorties et se rendit dans la salle à manger royale. Son père et son frère étaient déjà là, accompagnés de Dalgus, le plus proche conseiller du roi, et Martha, la gouvernante.

—Ah, te voilà enfin ma chérie ! Tu es resplendissante.

—Merci, Père.

Halyïa se dépêcha d’aller rejoindre sa place, près de son grand frère.

—Père... Je suis désolée... commença la jeune femme.

—Oublions tout ceci ! déclara le roi.

Halyïa releva la tête, étonnée. Elle regarda son frère, près d’elle. Il avait l’air aussi abasourdi qu’elle. Elle avait une nouvelle fois désobéi à son père, et il ne lui en voulait pas plus que ça ? C’était étrange.

—Tu auras bientôt vingt-et-un ans, Halyïa, reprit le roi, l’air plus sérieux. Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?

Elle resta bouche bée. Elle avait elle-même oublié que son anniversaire approchait. Depuis le départ de leur mère, elle n’aimait plus tellement les fêter. Ils avaient un goût amer.

—Je ne veux rien, Père, mentit-elle.

Evidemment qu’elle voulait quelque chose. Mais elle savait que son père n’accepterait jamais une telle requête.

—Une épée, dit soudain Troyas.

Elle le regarda, estomaquée. Puis, elle regarda son père, craignant sa réaction. Le roi se tourna vers son bras-droit.

—Dalgus, dit-il. Vous me ferez fabriquer la meilleure arme existante par nos meilleurs forgerons.

Halyïa assista à la scène, ébahie.

—Vous... Vous êtes d’accord pour que j’aie ma propre arme ?

Le roi acquiesça d’un signe de tête. C’était bien trop beau pour être vrai.

—Maintenant Halyïa... J’ai quelque chose à t’annoncer.

Il prit un air grave. Il leva les yeux au ciel, cherchant ses mots, puis, il prit une profonde inspiration. Halyïa craignait le pire.

—Tu auras bientôt vingt-et-un ans, et il sera temps pour toi... de prendre époux...

Halyïa baissa les yeux. Elle s’en doutait. C’était une tradition dans tous les royaumes. C’était une des choses qui lui faisait détester la royauté et toutes les coutumes qui l’accompagnaient.

—Je sais que ce n’est pas ce que tu souhaites...

—Et si je prononçais mes vœux, comme Troyas ? proposa-t-elle soudain, fière de son idée lumineuse.

—Halyïa, voyons !

—Je veux devenir une guerrière ! Je veux me battre pour mon peuple !

Elle en avait toujours rêvé. Si elle prononçait ses vœux, comme son frère, elle pourrait enfin partir à l’aventure, défendre sa cité, et passer sa vie à survoler les cieux, comme elle aimait tant le faire.

—Halyïa, je n’ai aucun autre enfant pouvant offrir des descendants à la cité...

—Pourquoi ne pourrais-je pas être Furie et avoir des enfants ? demanda-t-elle, sérieuse. Ce serait le compromis idéal !

Les Furies étaient les protecteurs du royaume. Ils constituaient la garde royale, protégeant tous les habitants grâce à leurs compétences au combat à dos de Drakens. Halyïa savait très bien que c’était contre les traditions, contre les mœurs, mais elle espérait au fond d’elle pouvoir changer la donne, un jour.

—Tu le sais très bien, Halyïa. Ce sont les coutumes, les règles de notre société... Tu ne peux être princesse et Furie... Et... J’ai déjà fait le choix pour toi, Halyïa.

Le roi baissa les yeux. Furieuse, Halyïa quitta la table, sans ajouter un mot. Elle savait qu’ils dépasseraient ses pensées, et elle ne voulait pas se montrer blessante. Alors que Dalgus s’apprêtait à se lever pour la rattraper, le roi posa sa main sur son bras. L’homme se rassit. Troyas, lui, suivit sa sœur.

—Halyïa, hurla-t-il.

Elle ne l’écoutait pas. Elle jeta ses chaussures à talons au milieu de la salle du trône, sortit du château en courant, et elle arriva finalement dans le sanctuaire des Drakensis, près de cet immense lac. Elle y fut rejointe par une immense créature aux écailles qui brillaient d’un bleu royal. Il replia ses ailes et s’approcha doucement d’elle en lui donnant un petit coup de museau sur l’épaule. Elle se retourna et caressa ce gentil géant. Elle pleurait à chaudes larmes.

—Je suis désolé, Halyïa, dit Troyas en la rejoignant.

—Ces règles sont stupides, cracha-t-elle entre deux sanglots.

Troyas baissa les yeux. Elle s’assit sur l’herbe verte qui ornait l’immense plaine du sanctuaire. Le Drakensis s’allongea à ses côtés. Elle se mit à admirer ce magnifique spectacle qu’elle aimait tant, et dont elle profitait en secret depuis sa plus tendre enfance. Toutes ces créatures volantes, toutes différentes les unes des autres : différentes tailles, différentes couleurs, certains avaient des écailles, d’autres des plumes... Elle aimait cette cité. Sa cité. Drakensis. La cité des Drakensis et des Drakens.