Lorsque le temps s'arrête

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Summary

Que feriez vous, si le temps s'arrêtait juste sous vos yeux et que vous soyez le seul à pouvoir bouger? C'est ce qui arrivera à Reylix, jeune adolescent désemparé, qui se retrouvera désorienté. Devrait- il choisir entre la vie et la mort?

Status
Complete
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
13+

Lorsque

Un temps maussade. Des grondements de tonnerres. Une pluie torrentielle. La météo n'en avait fait qu'à sa tête aujourd'hui, car il était prévu d'avoir un magnifique soleil sans aucun nuage aux alentours. Au moins ce temps concordait avec l'humeur du jeune Reylix Atsuki, un adolescent qui venait d'avoir ses quinze ans.


Dommage qu'aujourd'hui, c'était jour d'école. Sinon le jeune rouquin se serait dépêché de se blottir sous la fraîcheur de son lit. Il attrapa son parapluie, enfila ses bottes et sortit sous la pluie. Il n'avait qu'une dizaine de minutes de marche avant d'arriver devant la grille du lycée. Et donc, il ne lui restait plus que quelques minutes de répit.


Reylix, un jeune roux chétif, avait grandi aux États-unis, son pays natal. Mais il avait débarqué au Japon il y a deux ans de cela sous les directives de sa mère, laissant son paternel derrière eux. Si sa mère en avait décidé ainsi, ce serait parce que ses parents étaient en mauvais termes et que sa mère avait besoin de faire une "pause". Peu importe la façon dont elle l'expliquait, notre petit rouquin n'était pas dupe, il savait qu'ils étaient à deux doigts de divorcer.


Depuis qu'il avait emménager dans cette ville qu'est Tokyo, sa vie était devenue un véritable cauchemar. Déjà que sa nature asociale ne l'aidait pas beaucoup quand il était aux États-unis, c'était devenue encore pire en débarquant dans un pays où il ne connaissait pas grand chose. Il ne s'était pas encore fait ne serait-ce qu'un ami, avait du retard dans le programme parce qu'il était apparu en plein milieu d'année, et était devenue la cible numéro un d'un petit groupe de brutes juste pour avoir bousculé sans le faire exprès l'un d'entre eux.


Et biensûr, il ne voulait pas se plaindre à sa mère, qui était déjà assez sur les nerfs. Mère qui ne rentrait que très tard le soir et qui partait tout aussi tôt le matin. Il ne l'avait vu qu'une seule fois depuis le mois dernier, et restait toujours seul dans le petit appartement qu'ils louaient. Qu'est-ce que sa mère faisait comme travail? Une question qui restera peut-être sans réponse.


- Hé, Atsuki!


Hein? Quelqu'un venait de l'appeler? C'est pas tous les jours qu'on pouvait assister à ça.


À peine avait- il pénétré le lycée qu'une tête brune qu'il ne connaissait pas avait fait irruption devant lui, un grand sourire aux lèvres. Il était grand, une tête de plus que lui et dégageait une certaine... pitié empathique?


- Ça va?


- Excuse moi mais... on se connait?


Aïe. Ça fait mal. Si quelqu'un lui disait ça, il saurait pas comment réagir. Mais quand même, c'était plus qu'étrange que ce mec se mette à lui parler aussi familièrement. Il y avait sûrement anguille sous roche.


- Ah... soupira l'autre.


Derrière ce pseudo- inconnu, il y avait un petit groupe de garçons, de cinq plus précisément, qui l'observait en rigolant. Cette bande, il la reconnaîtrait entre mille. C'était ses harceleurs.


Et c'est là que Reylix s'est souvenu. Le gars devant lui, était ami avec ses ennemis. Il traînait parfois avec eux, et même s'il ne participait jamais à leurs petites magouilles, il fallait bien manquer une case pour pouvoir traîner avec ce genre de personnes. Ce qui faisait aussi de lui son ennemi.


- Je dois aller en cours... alors tu veux bien me laisser passer?


- Euh... oui.


Il lui en avait fallu du courage pour prononcer cette phrase. Néanmoins, il ne s'attendait pas à ce qu'il accepte sans broncher.


Le regard fixé sur le sol, c'est tête baissée qu'il entama le chemin du couloir vers sa salle de cours. Et évidemment, en passant devant ses harceleurs, il avait eu droit à quelques petites insultes de rien du tout. De toute façon, il avait fini par s'y habituer. Les mêmes insultes pendant plus de deux ans... franchement ils auraient quand même pu en trouver de nouveaux. Faire preuve d'imagination quoi.


~×××~


La pause de midi. Oh que la matinée s'était passée vite! Au moins il ne pleuvait plus. Même si le temps était toujours maussade et qu'on pouvait encore entendre le bruit du tonnerre.


Notre petit rouquin avait pris place sur une marche de l'escalier du premier étage pour pendre son déjeuner. C'était mieux pour manger tranquille. Il était sur le point d'entamer son sandwich lorqu'une masse s'installa à ses côtés.


- Je me suis pas présenté ce matin. Prononça une voix familière.


- Hein?


À côté de lui, venait de s'asseoir le même garçon que ce matin. Mais qu'est-ce qu'il voulait à la fin? Il n'avait pas compris le message? Message qui ne s'était pas très bien fait passer, apparemment.


- Moi, c'est Shun. Maintenant on se connaît non?


- Pourquoi tu me parles?...


- Parce que je veux devenir ton ami. T'avais pas compris ça?


Ami, hein? Pour Reylix, ce mot était bien trop loin pour pouvoir l'atteindre. Et personnellement, s'il devait choisir un ami, ce serait sûrement pas lui. Pourquoi? Tout simplement parce qu'il appartenait au camp ennemi.


- Pourquoi tu manges ici? Lui demanda Shun.


- J'aime pas manger devant les autres.


C'est surtout parce qu'il évite que ses harceleurs ne lui volent sa nourriture. Les journées qu'il avait passées sans manger, et ça durant tout un mois, lui avait appris qu'il ne fallait jamais déjeuner devant eux.


- C'est pas cool de manger seul.


Non, sans blague? C'est pas comme si il avait le choix.


Le prénommé Shun sortit un bento de son sac. Il avait décidé qu'il mangerait avec son nouvel ami aujourd'hui. Bien qu'il le considérait déjà comme son ami, ce n'était nullement le cas de l'autre. Et ce n'était pas prêt d'être le cas.


~×××~


C'était maintenant la fin des cours. Cette journée était plutôt calme comparé à d'autres. Faut dire qu'aujourd'hui Reylix s'était fait oublié par ses harceleurs. Ou alors ce serait parce que Shun n'avait pas arrêté de lui coller aux basques? Il avait bien remarqué les regards de travers qu'ils lui lançaient à chaque fois qu'il lui parlait.


Le temps avait fini par se calmer. Il faisait à nouveau beau et chaud. Notre petit rouquin s'apprêtait à rentrer chez lui lorsque Shun fit son apparition.


- Hé, Rey! On rentre ensemble?


- Pourquoi tu ne restes pas avec tes amis?


- Toi aussi t'es mon ami, maintenant. Et je préfère rester avec toi.


Reylix ne croyait pas un mot de ce qu'il disait. La toute première fois qu'ils se sont adressés la paroles, c'était ce matin. Et ils n'avait passé qu'une journée ensemble. C'était bien trop tôt pour dire qu'ils étaient amis. Combien de temps cette mascarade allait encore durer?


~×××~


Alors sois il jouait très bien la comédie, ou sois il était vraiment sincère depuis le début. Car cela faisait maintenant presqu'un mois qu'ils se côtoyaient. Ils se rejoignaient tous les matins pour aller au lycée, mangeaient tous les deux ensemble dans les escaliers, et faisaient la route ensemble pour rentrer chez eux. Ils s'étaient même mis à se voir le week-end.


Reylix avait beau le nier, il appréciait la compagnie du brun. Ils avaient appris à se connaître. Et Reylix avait surtout l'impression d'avoir enfin un ami, quelqu'un à qui on pouvait tout dire, à qui on pouvait avoir confiance. En plus de cela, ses harceleurs l'embêtait de moins en moins. Mais est-ce que c'était juste une impression, ou était- ce vraiment réel? Il avait du mal à y croire.


Au moins, tout allait de plus en plus mieux durant ces semaines en compagnie de Shun. Il avait vraiment l'impression que tout allait finir par s'arranger dans sa vie.


Enfin, jusqu'au jour où...