01.La Nuit au Manoir Mitchel
La Nuit du Manoir Mitchell
SUZANNE
Suzanne, vêtue de noir, et Jeremy, son complice, se tenaient à l’ombre des grands arbres qui entouraient le Manoir Mitchell. Les lumières de la fête du maire illuminaient le ciel nocturne. Suzanne était vêtue de noir, son complice et ami aussi, tous les deux se tenaient à l’ombre des grands arbres qui entouraient le grand manoir.
Suzanne lui chuchota d'une voix décidé :
— On doit être rapides et discrets. On ne veut pas attirer l’attention.
Jeremy me chuchota à l’oreille :
— T’inquiète, Suzanne, on a tout planifié. On entre, on récupère le butin, et on disparaît comme des ombres.
Jeremy, tout en lui faisant face, la rassurait. Ils se séparèrent et Suzanne monta à l’étage à la recherche de bijoux. Bientôt, elle en trouva et remplit un coup ses poches, un coup son sac à dos, essayant d’aller vite.
Ce n’était pas son premier cambriolage avec Jeremy, mais d’habitude, ce n’étaient que des petites villas ou maisons ! Là, ce devait être l’affaire du siècle et ils préparaient ce cambriolage depuis deux mois.
Suzanne avait tout juste 15 ans, elle était en famille d’accueil avec Jeremy qui en avait 17. Bientôt, Jeremy devrait partir à sa majorité, et il lui fallait de l’argent pour partir tous les deux !
Surtout que leur famille d’accueil était plutôt une famille froide, ils faisaient ce travail pour l’argent, rien de plus.
Ce soir-là, les deux compères avaient eu l’autorisation d’aller à la grande fête du village voisin où ils habitaient et ils comptaient bien prendre aux riches pour donner aux pauvres qu’ils étaient ! Ils se dirigèrent silencieusement vers l’entrée principale du manoir. Les deux cambrioleurs exploraient les riches couloirs du manoir, à la recherche de bijoux, d’argent et de tout ce qui pourrait financer leur évasion.
Suzanne était étonnée par tout le luxe qu’elle voyait et ne pouvait s’empêcher de dire à Jeremy :
— C’est incroyable ici. On dirait un musée.
— On est là pour le magot, pas pour une visite guidée. Reste concentrée.
Ils atteignirent la chambre principale, où reposait un coffre-fort imposant.
— C’est là-dedans que se trouve notre ticket pour une nouvelle vie.
Jeremy sortit ses outils et commença à travailler sur le coffre, tandis que Suzanne gardait un œil sur le couloir, mais elle ne s’inquiétait pas plus que ça, la maison était vide.
— Va voir si tu trouves autre chose, on se retrouve à l’arbre où j’ai garé mon scooter. Y a personne, mais si les riches reviennent, on est mal !
Suzanne fit signe que oui de la tête. De toute façon, elle disait toujours oui à Jeremy. Il n’était pas amant, leur relation était plutôt celle de grand frère et petite sœur. Dans le chaos de sa vie, il avait su lui redonner le sourire. Elle monta au deuxième étage sur la pointe des pieds, ne pouvant s’empêcher de s’émerveiller par toutes les richesses qu’elle voyait autour d’elle.
Elle entra dans la première chambre qu’elle vit et commença à fouiller dans un tiroir, mais a priori, c’était une chambre d’ado, ou ça y ressemblait. Elle trouva tout de même une chevalière qu’elle glissa dans sa poche au moment où la lumière s’alluma et qu’elle croisa un regard noisette. Derrière elle se trouvait un homme, il était d’une grande taille, sa silhouette était svelte et agile. Les traits de son visage étaient définis, avec des pommettes légèrement saillantes qui ajoutaient une touche de jeunesse à son apparence. Sa chevelure brune, ébouriffée avec désinvolture, encadrait son visage d’une manière qui suggérait un esprit libre et aventureux.
Il avait un regard menaçant, il paraissait jeune, une vingtaine d’années peut-être, mais son regard lui fit peur. Elle tenta de fuir en courant, mais il se mit entre elle et la porte. Il ne devait pas savoir qu’elle n’était pas seule, tant pis pour elle, Jeremy avait besoin de s’en sortir.
— Une voleuse chez moi ! Une sale petite voleuse !
Sa voix était si froide qu’elle la glaça sur place, mais la maison devait être vide, que faisait ce garçon ici ?
— Je vous rends tout, mais laissez-moi partir, osa-t-elle d’une voix tremblante.
— Tu crois vraiment que ça se passe comme ça, espèce de voleuse ?
— Je…
— Tais-toi, je vais t’expliquer comment ça va se passer pour toi ! Déjà pas de police parce que je sais que tu seras dehors demain pour recommencer ! Non, j’ai une meilleure idée pour te passer l’idée d’aller voler les honnêtes gens ; je vais te faire goûter à ma ceinture !
Paniquée fut un petit mot pour Suzanne, elle regarda l’homme et sa détermination dans les yeux.
Elle regarda partout, autour d’elle comment fuir, il y avait bien la fenêtre, mais elle était au deuxième étage.
Suzanne ne put s’empêcher de pleurer en le voyant enlever sa ceinture.
— S’il vous plaît, ne faites pas ça. Je ne recommencerai jamais, je le jure.
L’homme, visiblement déterminé, la regarda d’un air sévère.
— Les voleuses comme toi méritent une leçon. Allez, obéis, tu vas baisser le bas de tes vêtements et te pencher au-dessus du bureau, tu as joué et tu as perdu ! Et ne me force pas à le faire à ta place parce que tu auras double peine.
— Pitié monsieur !
— Je n’ai pas de pitié pour la vermine, tu verras, je suis sûr que ce sera ton dernier cambriolage, crois-moi, je vais t’aider à retourner dans le droit chemin, petite voleuse, ou tu préfères que je te prenne en photo et que je mette ton visage partout sur les réseaux sociaux !
Suzanne sanglota, il s’approcha d’elle, elle voulut partir, mais il la chopa par le bras et la poussa contre le bureau.
— Dépêche, j’ai des choses à faire !
Suzanne, tremblante, s’exécuta rapidement, retirant le bas de ses vêtements sous le regard menaçant de l’homme. Elle n’avait pas le choix, mais l’humiliation aurait suffi à lui faire jurer qu’elle ne recommencerait plus jamais.
— Vous ne pouvez pas me faire ça. C’est inhumain !
Tenta-t-elle alors qu’il la retournait, se forçant à se pencher au dessus du bureau.
Le jeune homme se mit à rire cyniquement.
— L’inhumanité, c’est de voler les autres. C’est le prix à payer, ma chérie.
Il s’approcha d’elle avec la ceinture à la main. Suzanne, dans un mélange de peur et de honte, se protégea comme elle le pouvait.
Suzanne sanglota.
— S’il vous plaît, trouvons un autre arrangement. Je vous donnerai tout ce que j’ai volé, je vous en supplie.
Il se mit à rire.
— Tu pensais que c’était cadeau. Bien sûr que tu vas me les rendre.
L’homme sembla réfléchir un instant.
— Je vais être gentil ce soir !
Le cœur de Suzanne eut un moment d’espérance, mais il l’attrapa violemment et la tira sur ses genoux alors qu’il se posait sur une chaise.
— Pour cette fois, ce sera ma main, mais gare à toi, voleuse, si je te reprends ici ou ailleurs. Ce sera la ceinture et ton visage exposé a coté de ton cul rouge sur tous les réseaux sociaux !
Il posa une main sur sa fesse.
— Oh, une tache de naissance en forme de cœur, c’est peu banal !
Et il rit en tapant de toutes ses forces, elle se demanda si la ceinture n’aurait pas été moins douloureuse, il tapait sans relâche, sans fléchir, elle serra les dents pour ne pas crier, jamais on ne l’avait frappée de sa vie, même les pires familles d’accueil n’avaient jamais levé la main sur elle. Elle sanglota plus fort, le supplia d’arrêter, jura qu’elle ne recommencerait plus. Mais rien ne le fit fléchir !
Puis il la poussa de ses genoux violemment, elle tomba à terre, mais se releva bien vite pour se réajuster, il la regardait froidement.
— Rends-moi tout ce que tu as pris sinon on passe à la ceinture !
Elle vida son sac à dos en pleurant, sans parler, l’humiliation lui faisait autant mal que la raclée qu’elle venait de se prendre.
— D’accord, je te laisse partir. Mais si je t’attrape encore, tu ne t’en sortiras pas aussi facilement.
Finit-il par dire en se levant de la chaise à son tour.
Suzanne, libérée de cette situation angoissante, s’enfuit de la demeure avec un soulagement mêlé de honte. Elle s’éloigna rapidement, espérant échapper à toute nouvelle confrontation.
Pendant ce temps, Jeremy, qui avait vidé le coffre, l’attendait sous l’arbre, il la vit arriver en pleurant.
— Suzanne ! Tout va bien ?
Elle se jeta dans les bras de Jeremy, lui racontant l’effroyable rencontre avec l’homme.
— Jeremy, c’était horrible. Il m’a attrapée, menacée, frappée, j’ai dû lui donner ce que j’avais volé.
— Calme-toi. Tu es en sécurité maintenant. On s’en sortira, d’accord ? L’enfoiré, il me le payera un jour, ces riches se croient tout permis.
Ils décidèrent de quitter les lieux au plus vite, mettant derrière eux cette nuit éprouvante.
Suzanne et Jeremy, résolus à poursuivre leur rêve d’une vie meilleure, s’éloignèrent du manoir. Quelques kilomètres plus loin, Jeremy glissa sur une flaque d’huile, perdit le contrôle de son scooter.
Le fracas du scooter contre l’arbre déchira le silence de la nuit. Suzanne, son cœur battant la chamade, se releva précipitamment et courut vers l’endroit où Jeremy était tombé. L’obscurité de la route était rompue par la lumière intermittente des phares du scooter endommagé.
Tout son corps lui faisait mal, mais la vue de son ami au sol encore plus.
— Jeremy ! Jeremy ! cria Suzanne, sa voix emplie de panique.
Elle atteignit l’endroit de l’accident et vit Jeremy gisant au sol, immobile. Une angoisse glaciale s’empara d’elle. À côté, le scooter gisait en morceaux.
Suzanne s’agenouilla près de Jeremy et essaya de le réveiller. Son souffle était faible, mais il était conscient. La douleur se lisait sur son visage. Suzanne, les mains tremblantes, tenta de réconforter son ami tout en évaluant l’étendue des dégâts.
— Ça va aller, Jeremy. On va trouver de l’aide. Accroche-toi ! murmura Suzanne, essayant de dissimuler l’inquiétude dans sa voix.
Pendant ce temps, Jeremy, la respiration saccadée, tenta de sourire malgré la douleur. Puis son regard se figea et ses yeux restèrent fixes.
Suzanne hurla, le secoua pour qu’il revienne à lui, mais rien n’y fit.









Triste
S’il vous plaît auteur(e) 🙏🏼 une petite relecture s’impose pour les premières lignes si vous lisez les commentaires.. Rien de méchant juste une réplétion 🤭