Prologue
Hello les gens ! Merci d'avoir choisi L'enlèvement parmi tous les livres qui vous sont offerts ici ! N'hésitez jamais à commenter ou à donner vos réactions, j'adore vous lire pour pouvoir m'améliorer !
Bonne lecture !
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─ Lady Victoria et Lady Jeanne, filles du Comte de Melviche ! annonça le présentateur.
─ Maintenant, nous devons descendre l’escalier lentement, en parcourant la salle du regard, expliquai-je à mi-voix. N’aie pas l’air si anxieuse et tout ira bien. Nous allons te présenter à quelques personnes et tu devras subir le supplice de la danse, puis nous pourrons partir.
─ Danser n’est pas un supplice, chère sœur, dit-elle calmement. C’est simplement toi qui est anormale.
─ Lorsque tu seras obligée de danser avec un homme de soixante ans, tu m’en reparleras.
─ Cela t’est déjà arrivé ? questionna-t-elle avec une certaine peur.
─ Le but des bals est de trouver un mari, ne l’oublie pas. On te présentera à beaucoup de ducs et de comtes, dont certains qui auront huit fois ton âge. Et n’oublie pas de leur parler en disant lord, sinon, ça risque de mal tourner pour toi, je parle d’expérience.
─ Tu m’effraies, Vicky.
─ Calme-toi, nous arrivons.
Nous finîmes enfin de descendre l’interminable escalier de la demeure des Rochechouart et nous arrivâmes dans la salle de bal.
─ Si tu veux te faire tout de suite une mauvaise réputation pour empêcher les hommes de t’approcher, viens tout de suite à la table de victuailles sans saluer personne, chuchotai-je à son oreille. C’est comme ça que j’ai fait pour que tout le monde me déteste dès ma première journée.
─ Non, merci. Je préfère ne pas faire honte à Père comme tu l’as fait.
Ah, mais quelle langue de vipère avait-elle ! Je restai surprise quelques secondes puis je repris contenance.
─ Alors, désires-tu venir voir mes amis avec moi ? Certains sont célibataires, et au moins, ils n’ont pas cinquante ans.
─ Très bien, accepta-t-elle.
Je traversai la salle en cherchant les personnes les moins pires qu’il y avait ici. J’aperçus le duc de Rochechouart, l’hôte de la soirée.
─ Jeanne, l’homme qui s’en vient vers nous est le duc de Rochechouart, fais attention à lui, c’est un fourbe, et un menteur.
─ J’en jugerai moi-même, dit-elle.
─ Lady Victoria de Melviche, c’est un plaisir de vous voir ici en cette merveilleuse soirée ! dit-il d’une voix mielleuse.
─ Lord de Rochechouart, quelle surprise ! N’êtes-vous pas occupé à recevoir certains invités plus importants que nous ? Je crois bien avoir vu le marquis de Barancourt !
─ Le marquis de Barancourt ? Je croyais qu’il était en voyage diplomatique…
J’avais espéré m’en débarrasser, c’était raté.
─ Je me suis probablement méprise, j’en suis désolée, my lord.
─ Ne vous excusez pas, ne vous excusez pas ! s’exclama-t-il. L’erreur est humaine !
Il secoua la tête et aperçut ma sœur, qui n’avait pas dit un mot.
─ Quelle est cette ravissante jeune fille ?
─ Ah, mais quelle étourdie je fais ! m’exclamai-je. Je vous présente Lady Jeanne de Melviche, ma chère petite sœur. C’est son premier bal, je crois qu’elle est un peu impressionnée, et je la comprends !
Et voilà, la flatterie, la meilleure amie des nobles.
─ Une jouvencelle ! Je vous souhaite la bienvenue, lady, dit-il avec une convoitise mal dissimulée.
─ Je vous remercie, my lord. Ma chère sœur a raison, cette salle est magnifique.
─ Je vous prie de m’excuser de vous le demander si tôt, mais m’accorderiez-vous la première danse, lady Jeanne ?
Je me dépêchai de répondre avant ma sœur.
─ Je crois qu’il vaut mieux attendre qu’elle s’habitue à la présence d’autant de noblesse et de magnificence avant d’aller danser, elle risque d’être toute dépaysée !
Le duc rit de bon cœur.
─ Oui, je crois bien que vous avez raison, lady Victoria. Eh bien, à la prochaine, ladies !
Nous lui sourîmes une dernière fois tandis qu’il nous dépassait pour aller saluer d’autres invités.
─ Pourquoi m’as-tu empêchée de danser avec lui ? demanda Jeanne à voix basse.
─ Il aurait essayé de te toucher, il fait toujours ça. Tu n’as que douze ans, beaucoup risquent de faire des gestes déplacés. J’ai déjà eu ton âge, et crois-moi, tu as de la chance que je sois là.
─ Très bien, je vais te croire. Merci, Victoria.
─ Ce sera toujours un plaisir de te sauver des griffes des grands méchants loups, plaisantai-je.
Elle rit doucement et nous reprîmes notre route pour trouver mes amis. Nous dûmes nous arrêter face à plusieurs nobles qui me connaissaient malheureusement, puis Jeanne trouva enfin un de mes amis.
─ N’est-ce pas Harry, là-bas ? demanda-t-elle en pointant un grand garçon aux cheveux d’un brun luxurieux.
Je pris la main de ma sœur et la conduisit rapidement à mon ami.
─ Lord Harry de Montgomery, est-ce bien vous ? demandai-je moqueusement.
─ Lady Victoria de Melviche, vous m’avez trouvé. Malheureusement, je ne puis vous garder pour moi, je me dois de vous présenter mon cousin, lord Médérick, qui vient de la Normandie.
Ledit Médérick se retourna vers nous, ses yeux d’un bleu profond se posèrent sur moi. Il fit un mouvement de tête pour repousser ses cheveux bruns et brillants. Il eut une sorte de demi-sourire, exposant une ravissante fossette, en me regardant. Il tendit la main et je fis de même pour la serrer, mais il décida de se pencher pour la baiser doucement. Je rougis soudainement, même si ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait.
Je restai éblouie pendant quelques secondes avant de remarquer les regards interrogatifs lancés sur ma sœur.
─ Oh, et pour ma part, je me dois de vous présenter lady Jeanne, ma sœur.
Harry la salua d’un coup de tête poli, mais le lord Médérick se pencha une fois de plus pour lui baiser la main.
─ C’est tout un plaisir pour moi de vous rencontrer, mesdemoiselles.
─ Et nous de même, dis-je à l’unisson avec Jeanne. Je suis surtout heureuse de voir qu’il n’y a pas que des hommes de cinquante ans, ici.
Lord Médérick rit doucement, tout comme Harry.
─ Pour ma part, renchérit Médérick, je suis heureux de voir qu’il n’y pas que des jeunes filles hautaines qui se pensent magnifiques sans l’être !
Il me fit un clin d’œil et j’éclatai de rire.
─ As-tu vu Arabella, Harry ? Je la cherchais, tout à l’heure.
─ Je crois qu’elle n’est pas encore arrivée.
─ Je pensais aller faire un tour au buffet, dit Jeanne. Pourrais-tu m’accompagner, Harry ? Vicky a tendance à se montrer un peu surprotectrice.
─ Je t’ai sauvée du duc de Rochechouart, du baron de Caronire et du comte de Dallia ! Tous les trois font des femmes des moins que rien !
─ Je suis d’accord avec ta sœur, pour une fois, m’appuya Harry. Viens, je serai moi aussi un chevalier servant !
Jeanne éclata de rire et suivit mon ami avec plaisir. Je réalisai trois secondes plus tard qu’elle m’avait laissée seule avec lord Médérick…
─ Je suis étonné de voir qu’il n’y a pas une centaine d’hommes qui tournent autour d’une beauté pareille, dit celui-ci.
─ Merci beaucoup, et je vous retourne le compliment.
─ Je suis un étranger, cela doit expliquer plusieurs choses.
─ Au contraire, je dirais que cela vous rend encore plus désirable que vous ne l’êtes déjà. Cela vous rend… comment dire ? hésitai-je. Mystérieux, peut-être.
─ Alors ceux-ci vous connaissent depuis trop longtemps ? Vous ne paraissez pas si vieille que cela, pourtant.
─ Et je ne le suis pas. Mon problème n’est pas mon apparence, mais plutôt mon comportement.
─ Je n’ai rien à y dire, pourtant ! Vous semblez intelligente, cultivée…
─ Casse-pied, malpolie, difficile, opiniâtre…
─ Très jolie dans cette magnifique robe verte, gentille, souriante…
─ Mal élevée, bagarreuse…
─ De bonne humeur, drôle…
─ Mais arrêtez, vous allez me faire rougir ! m’exclamai-je enfin. Tout ce que je dis est vrai. La première fois que je suis venue à un bal, j’étais toute gentille et bien élevée. Mais comme les hommes en général sont des… cochons, j’ai beaucoup changé ensuite. Je ne saluais personne, je passais la soirée à me goinfrer, je ne me coiffais pas, je ne respectais pas les bonnes manières, et si après tout ça quelqu’un voulait encore danser avec moi, je lui marchais sur les pieds.
À ma grande surprise, Médérick éclata de rire.
─ Ça y est, je comprends tout ! s’exclama-t-il. C’est en effet un comportement détestable, mais cela doit tout de même éloigner même les bons partis, n’est-ce pas ?
─ Les bons partis qui ont quarante ans de plus que moi ? ronchonnai-je. Je ne suis point intéressée, je dois l’admettre.
─ Êtes-vous véritablement une si mauvaise danseuse, ou bien c’était seulement pour éloigner les… comment avez-vous dit ? Les cochons ?
J’éclatai de rire à mon tour.
─ Je n’en sais rien, je n’ai jamais vraiment fait d’efforts, dis-je en riant.
─ Eh bien, je propose que vous veniez me montrer ce que vous savez faire, lady Victoria.
Je fus tellement étonnée, que je ne pus que balbutier d’une voix faible en rougissant.
─ Vicky, s’il vous plaît. Mes proches m’appellent Vicky.
─ Alors je suis maintenant un de vos proches ? sourit-il.
Je rougis encore plus avant de saisir sa main. Ça devait faire quatre ans que je n’avais pas dansé ! Médérick me tira tout de même sur la piste de danse, où quelques rares couples nous regardèrent avec des yeux ronds, avant de détourner le regard par politesse. Eux, ils le savaient, que cela faisait des années entières que je n’avais pas dansé !
Lord Médérick me salua toutefois de la tête, et j’y répondis par une révérence, moyennement bien faite. Il ne s’en soucia pourtant guère et me sourit en me prenant la main et la taille. Sous le rythme de la musique, il fit un pas de côté et je tentai de le suivre sans lui marcher sur les pieds.
Petit à petit, je me détendis et je commençai à m’amuser un peu plus. Une fois, alors que Médérick me faisait tourner, je vis Jeanne et Harry à côté du buffet, en train de nous regarder en riant. J’étais soulagée qu’ils restent ensemble et qu’ils s’entendent bien, mais je ne pus m’empêcher de me sentir un peu… épiée.
J’oubliai toutefois vite ce sentiment lorsque Médérick me tira encore plus proche de lui, enserrant sa prise sur ma taille. Surprise, je me figeai, et il dut le ressentir car il me relâcha en marmonnant.
─ Désolé, je me suis légèrement emporté.
─ Et je ne m’en suis pas plainte, j’ai seulement été déconcertée. Pardonnez-moi cette réaction, je vous en prie.
─ Mais c’est déjà pardonné, Lady !
Je ris doucement.
─ Eh bien, je vous en remercie !
La danse se termina trop vite à mon goût, puis Médérick et moi nous inclinâmes à nouveau. Nous rejoignîmes Jeanne et Harry au buffet et je reconnus Arabella dans une robe rouge qui lui seyait à merveille. Avec grand plaisir, j’allai la serrer dans mes bras. Harry lui présenta Médérick, qui lui fit un baisemain à elle aussi. Nous passâmes le reste de la soirée tous les cinq ensemble et nous eûmes une quantité raisonnable de plaisir, étant donné que nous étions dans un bal de nobles. Même Jeanne, qui avait environ six ans de moins que nous, s’amusa tout de même beaucoup. Elle dansa avec Harry et Médérick, et je fus très contente de voir qu’ils étaient tous les deux très respectueux envers elle.
Vers minuit, nous sortîmes de la salle de bal pour enfin retourner chez nous. Je pris grand plaisir à enlever mes escarpins inconfortables, maintenant que je n’avais plus à suivre les règles strictes de la salle de bal. Je marchai nus pieds sur l’allée qui menait à la demeure des Rochechouart, respirant à grands poumons le délicieux air frais de fin de soirée.
J’entendis un martèlement de lourds pas derrière moi. Je me retournai et vis trois hommes habillés tout en noir nous foncer dessus. Instinctivement, je me plaquai au sol en tirant les deux personnes les plus proches de moi. Je levai la tête suffisamment pour voir que les hommes avaient des plumes violettes sur leur chapeau.
Je refermai les yeux en me mettant en position foetale en espérant qu’ils n’auraient pas assez de poigne sur moi, ce qui était tout de même improbable. Toutefois, lorsque j’entendis une voix enfantine hurler mon prénom, je relevai la tête. En voyant ma petite sœur empoignée par la taille par un des hommes, je me levai sans réfléchir, laissant tomber mes souliers, et je commençai à courir vers les malfaiteurs qui s’enfuyaient avec leur précieux paquet.
Mais je ne faisais pas le poids. J’étais beaucoup plus petite qu’eux et beaucoup moins rapide. Je vis Harry et Médérick me dépasser à toute allure, mais je n’arrêtai pas de courir. Même après que les truands aient monté sur des chevaux et que mon ami et son cousin se furent arrêtés, je courus en espérant rattraper ma soeur.
Des bras puissants enserrèrent ma taille et je crus me faire enlever moi aussi, alors je rouai de coups mon assaillant.








