Chapter 1 Je suis mal.
Depuis mon enfance, j'ai toujours eu une profonde affection pour les histoires, en particulier celles que ma mère me racontait quand j'étais petite-fille. Parmi toutes ces narrations fascinantes, celle qui m’a le plus marqué est celle d’une immense créature flamboyante, un oiseau majestueux de feu. Celui qui avait créé le monde. Ce dernier est si colossal qu’il mesure cinq fois ma taille, à tel point qu'à ses côtés, je ne suis qu'une petite fourmi.
Alors que je suis face à lui, je me sens à la fois émerveillé et effrayé. Mon regard se déplace autour de moi, mais je réalise qu'il n'y a rien, juste un immense espace vide, aussi noir que l’obscurité la plus profonde. Mes jambes tremblent sous le poids de l'appréhension et, malgré l'intensité de la situation, aucun son ne parvient à franchir mes lèvres. J'éprouve une étrange sensation de vulnérabilité, me sentant désarmé face aux prunelles dorées de cette créature légendaire. Ses yeux brillants me fixent intensément, transmettant une sagesse ancienne et un pouvoir que je ne peux même pas commencer à comprendre. C'est comme si, dans ce silence lourd et chargé, toute la magie et l'étrangeté du monde se concentraient en un seul instant. Tout à coup, l'oiseau aux couleurs éclatantes déploie ses ailes majestueuses. En poussant un cri retentissant, il rompt le silence d'une manière spectaculaire. Ce cri, si puissant qu'il pourrait briser n'importe quoi, m'a contraint à me boucher mes oreilles de louve avec mes mains pour éviter qu'il me percer les tympans. Puis l'oiseau prend son envol et disparais dans les cieux. Je m'éveille en sursaut le cœur battant à la chamade. Puis je me redresse dans mon lit. Je me calme en pousse un large soupir de soulagement en réalisant que ce n'était qu'un rêve, bien qu'il ait semblé si réel. Pourquoi ai-je fait ce rêve ? Mon esprit se pose mille et une question. Non non, cela ne sert à rien de se poser des questions inutiles. Ce n'est qu'un rêve.
C'est étrange, ce ne sont pas mes draps. Je n'ai jamais eu de draps d'un bleu profond. Les miens sont à motif floral, coloré et vivant. En scrutant l'environnement autour de moi, je me rends compte que je suis dans une petite chambre, manifestement celle d'un homme. Une armoire est ouverte, laissant apercevoir des chemises masculines soigneusement suspendues à des cintres, témoignant d'un style soigné et ordonné.
La lumière qui filtre à travers les rideaux blancs rend difficile de déterminer l'heure qu'il est, et l'atmosphère de la pièce est imprégnée d'un parfum masculin, à la fois captivant et troublant. Je réalise que je suis complètement nue, sans sous-vêtements, sans rien. À ma droite, se trouve un jeune homme inconnu, lui aussi complètement nu, allongé là, à mes côtés. Cette un jeune homme humain. Il est vraiment charmant, avec ses cheveux bruns coupés court qui mettent en valeur la délicatesse de son visage. Son nez est fin et élégant, ajoutant une touche de douceur. La situation est pour le moins inattendue. Je me sens confus, mon sentiment d'inquiétude. Je suis dans la merde. J'ai couché avec un parfait inconnu. Je n'ai aucune idée de l'endroit où je suis ni de l'heure qu'il est. Je ne sais même pas si je suis loin de chez moi ou non. En plus de cela, je dois allé travailler aujourd'hui, ce qui ne fait qu'ajouter à ma panique. Dans ma tête, c'est le chaos.
Cependant, je tente de me ressaisir. Je commence à me lever lentement pour ramasser mes affaires éparpillées au sol et m'habiller. Pendant ce temps, j'essaie de reconstituer les événements de ma soirée d'hier. Je me rappelle que Farah, ma meilleure amie et colocataire, m'avait convaincue de l'accompagner à une soirée entre célibataires. Bon de base, je ne voulait pas mais elle a fini par m'avoir à l'usure. Cette soirée se déroulait dans un bar du quartier. J'ai passé ma soirée à siroter quelques verres tout en engageant la conversation avec différentes personnes, et de temps à autre, je me laissais emporter par la musique et dansais sur la piste avec ma pote. Autour de moi, il y avait tout un mélange de personnes qui ont tenté de me séduire. Comme des hybrides comme moi, qui suis une femme-louve, mais aussi des humains, des elfes, et même un vampire qui, dans un moment de trop grande ivresse, a fini par se vomir dessus. Malgré tout ça, aucun d'entre eux ne me correspondait. D'ailleurs, pour être tout à fait honnête, je ne suis pas à la recherche de qui que ce soit en ce moment.
Puis, un jeune homme intriguant est venu m'aborder. Nous avons commencé à discuter, à partager un verre ensemble, et tout a pris une tournure que vous la connaissez déjà, mais il m'est impossible de me souvenir de son nom. C'est étrange comme la mémoire peut parfois nous faire défaut dans des moments si intenses. Alors que je me préparais à sortir, j'ai enfilé mon manteau avant de prendre mon sac à main. Je l'ai ouvert avec précipitation, fouillant à l'intérieur à la recherche de mon portable, afin de vérifier l'heure. En jetant un coup d'œil à l'écran, je constate avec une légère angoisse qu'il est déjà 7h30. Mon dieu, il est impératif que j'arrive à l'université à 8h30, et j'ai encore beaucoup de chemin à faire.
Hélas, il n'y a qu'une seule personne parmi nous, qui a une voiture, c'est Farah. La mienne, quant à elle, est chez le garagiste, ce qui ne m'aide pas dans cette situation. De plus, aujourd'hui est un jour particulièrement important : nous allons accueillir un nouveau collègue, et il est donc crucial que je ne sois pas en retard. - Tu pars déjà ? me demande une voix somnolente, à peine réveillée. C'est l'inconnu, dont le nom m'échappe, mais qui semble visiblement intriguée par le fait que je m'apprête à partir si rapidement.
— Oh bonjour lui dit-je d'une voix calme. Je suis désolée, mais je dois vraiment y aller, répondis-je en me dirigeant vers la porte, prête à l'ouvrir pour m'éclipser.
— Tu ne veux pas rester un peu plus longtemps, bébé ? Propose-t-il avec une certaine insistance, ajoutant d'une voix douce et sexy : « Disons pour un dernier câlin. » Ses yeux châtains me scrutent avec une lueur d'espoir.
Son regard est irrésistible, chargé d'une charme qui me prend par surprise. Je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'œil à son corps musclé assis dans son lit. Il faut bien l'avouer, je suis troublée par cette situation.
- Écoute, même si nous avons passé un plus tôt bon moment ensemble hier soir, je dois m'excuser de te dire que la réponse est non. J’ai une vie à moi et d'autres priorités. En plus, tu n’es vraiment pas du tout mon genre, ai-je dit sans même me retourner.
- Ah oui vraiment, pourtant il me semblait que tu avais apprécié, rétorque-t-il. Je ne réponds rien, mais je me retourne vers lui. Il se lève et, comme il est complètement nu, je ne peux m'empêcher de tout voir. Mon regard descend involontairement, et je sens mes joues s'empourprer, car malgré moi, il me fait de l'effet sur moi. Il m'énerve, avec son côté charmeur et sexy. Il croit qu'il peut avoir tout les femmes qu'ils souhaitent. Juste parce qu'il est beau. Moi il ne m'aura pas.
- Tu te prends pour qui ? Tu crois vraiment que tu peux obliger toutes les femmes à rester au lit avec toi juste parce que tu es beau ? Eh bien, désolée pour toi, mais je ne suis pas comme les autres. Alors, adieu, je ne veux plus jamais te revoir, espèce de connard ! lui criai-je en grognant. Avant de partir, je lui fais un doigt d'honneur. Il me lance un regard furieux avant que je ne claque la porte avec force. Enfin, en bas de son immeuble, je me sens libre. Et débarrassée de lui. Bon maintenant, il faut que je trouve où je suis. J'ai donc commencé par chercher le nom d'une rue, ou un endroit où je pouvais trouver des informations. Mais malheureusement dans ce quartier, tout les commerces était fermés. En même temps il est très tôt. En regardant autour de moi, je ne voyais aucun panneau indicatif ni aucun nom. Même l'immeuble devant lequel je me tenais, qui avait l'air vieux et usé par le temps, ne semblait pas afficher son nom. Alors que je m'interrogeais sur ma position, j'ai eu de la chance : une femme âgée est sortie de l'immeuble.
Je l'ai alors interpelée, et elle s'est tournée vers moi avec une expression neutre.
- Bonjour, madame, je suis désolée de vous déranger, mais pourriez-vous m'aider ? Je voudrais savoir où je me trouve, lui ai-je demandé d'une voix douce et respectueuse.
Elle m'a regardée avec bienveillance et a répondu :
- Bien sûr, mademoiselle, vous êtes au 15 rue Saint Jean.
Je l'ai remerciée chaleureusement pour son aide avant de m'éloigner, soulagée d'avoir enfin obtenu l'information dont j'avais besoin. À présent je décidé de sortir mon téléphone. En jetant un coup d'œil, je me suis rendu compte que j'avais manqué cinq appels de la part de Farah. Cela ne m'étonne pas du tout ; elle a vraiment dû s'inquiéter pour moi. C'est tout à fait son caractère. Nous nous connaissons depuis notre enfance, ayant grandi ensemble et fréquenté le même collège. Cependant, nos chemins se sont séparés lorsque nous avons intégré des lycées différents, puis des universités différentes par la suite.
Quelques années plus tard, alors que je venais de décrocher un emploi, j'avais prévu de visiter un appartement. En arrivant sur les lieux, j'ai été surpris de découvrir qu'une femme elfique était déjà présente, en train de faire la visite. Deviner quoi ? C'était Farah mon amis de toujours. Après avoir beaucoup pleurer, nous avons décidée de prendre cette appartement. Aujourd'hui cela fait 3 ans que nous sommes colocataire.
Je compose son numéro de téléphone et, après trois longues minutes d'attente, elle finit par répondre.
- Eh bien, c'est maintenant que tu daignes me répondre ! J'étais vraiment très inquiète pour toi, tu ne m'informes jamais de rien, me dit-elle, sa voix trahissant une frustration palpable. Elle continue, le ton de plus en plus élevé : Tu souhaites passer la nuit chez un gars, et tu pourrais au moins me prévenir !
À ce moment-là, je ne l'écoute plus vraiment. Je connais ses discours de moralité par cœur, et cela commence à me taper sur les nerfs. Un peu agacée par la situation, je décide de l'interrompre.
- Ça va, j’ai compris ! J'ai compris ! lui dis-je, ma patience tirée à bout. Mais là, je n’ai vraiment pas la tête à ça. Dis-moi, est-ce que tu pourrais venir me chercher au 15 rue Saint Jean, s’il te plaît ?
- Bien sûr je m'habille et j'arrive. Elle raccroche. Plus qu'à attendre. Dix minutes plus tard. J'aperçois la voiture bleu basse de mon amie.
Et dire que la journée vient à peine de commencer.