Chapitre 1
Dimanche premier décembre
Juline regarda par la fenêtre, contre laquelle elle était appuyée, la montagne tout autour d’elle. Quand la voix mécanique de son train annonça l’arrivée imminente au terminus, elle se redressa pour attraper ses affaires, deux valises qui pesaient plus de vingt kilos chacune, un sac à dos et son sac à main. Elle remit en place le duvet qui pendouillait de son sac à dos en souriant. Elle avait réussit à revendre tous ses meubles avant que son état des lieux arrive, alors elle avait finit par camper dans son appartement pendant sa dernière semaine de travail. Quitter Lyon qu’elle habitait depuis le début de ses études lui avait fait un pincement au cœur. C’est dans cette ville qu’elle avait apprit à se débrouiller seule, d’abord en allant à l’interna au lycée, puis en ayant un appartement pour ses études. C’est là bas qu’elle avait ses ami.e.s, rencontré.e.s à l’école, au fil des soirées, de ses stages ou encore du travail. C’est aussi dans cette ville que son cœur s’était emballé plus d’une fois et qu’il s’était brisé à de nombreuses reprises aussi. C’est là bas qu’elle s’était épanouit, qu’elle avait prit confiance et qu’elle était devenu fière de qui elle est.
Une fois le sac chargé sur son dos, elle attrapa les deux poignées des valises, les pieds ancrés dans le sol pour ne pas tomber alors que le train ralentissait. Le panneaux Saint-Gervais-Les-Bains la fit sourire. Elle était de retour au bercail. Une nouvelle aventure s’offrait à elle. Même si elle revenait tous les dimanches déjeuner en famille, sa ville natale lui manquait. Certain.e.s de ses ami.e.s pensaient que l’agitation de la grande ville allait lui manquer et elle désespérait de leur faire comprendre qu’ici aussi il y avait de quoi s’occuper et s’amuser, surtout qu’elle était revenu pour apporter un peu plus de convivialité au centre ville bien dynamique. En sortant du train, elle huma l’air et sourit quand le froid la saisie. Tranquillement elle avança sur le quai pour se diriger vers les escaliers. Déménager le reste de ses affaires en train n’était pas une super idée, mais elle ne se voyait pas conduire dans Lyon et sa famille avait une affaire bien plus urgente à traiter. Elle avait hâte de les rejoindre alors elle remercia le monsieur qui lui proposait de l’aider avec une de ses valises, attrapa la deuxième et descendit les quelques marches qui la séparait encore des siens.
Son sourire s’agrandit quand elle vit un homme arriver en courant vers elle. Elle lâcha sa valise et prit Vincent dans ses bras alors qu’il lui présentait ses excuses pour ne pas être arrivé plus tôt et l’attendre sur le quai. Elle embrassa les joues de son grand frère et récupéra la valise que le sympathique passager avait descendu pour elle. Iels se mirent en route, elle savait qu’il était fort occupé ces derniers jours alors elle ne lui en voulait absolument pas, il était tout excusé. Après avoir monté l’escalier qui menait sur le parvis de la gare, iels prirent la direction du centre ville en marchant.
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Juline se mit derrière son frère le temps de laisser passer la femme sur le trottoir. Elle se replaça à côté de lui alors qu’il lui racontait les anecdotes de leurs parents à propos du van qu’iels venaient d’acheter pour profiter de leur toute jeune retraite. Peu importe que l’hiver soit là, iels dormaient une nuit sur deux dans le garage pour essayer de voir ce qui pourrait leur manquer. Alain et Mirella Seare campaient chez eux avant de prendre la route au printemps. Il rigola en lui disant qu’iels lui faisaient un compte-rendu à chaque fois qu’iels modifiaient leurs itinéraire, soit tous les jours. Iels avaient fermé leur restaurant à la fin de la saison estival, après que les derniers vacancier.e.s soient reparti et depuis iels se consacraient au tour d’Europe qu’iels avaient prévu. Juline et Vincent avaient tout.e deux été étonné.e.s quand iels leur avaient annoncé au début d’année. Leur père travaillait au restaurant depuis qu’il était en âge de le faire, au début pendant les vacances, puis il avait reprit la cuisine après ses études. Leur mère était passée en salle dès qu’iels s’étaient rencontré.e.s et n’avait jamais fait un autre travail en métropole. Elleux aussi avait fait leur début ici, leurs vacances et week-end se passaient au restaurant. Son frère passait encore pas mal de temps ici, lui qui était aide soignant se transformait en livreur pour ses patient.e.s incapables de se déplacer. C’est pour ça qu’il n’avait pas pu se résoudre à fermer le business familiale. La cuisine ne l’inintéressant pas, il avait trouvé une autre idée pour que le bâtiment ne soit pas vendu. En parallèle de son travail il avait reprit une formation de gestionnaire pour ouvrir un salon de thé. Grâce à la station thermal, il y avait toujours des curistes en ville et surtout il comptait en faire un lieu de vie, comme un café à l’ancienne, un endroit où les gens se regroupaient pour passer du bon temps.
Juline sourit en arrivant dans la rue. Quand son frère lui avait parlé de son idée, elle l’avait trouvé super intéressante. Il y avait peu de commerce dans le coin, donc la concurrence n’était pas trop ardue et Vincent était tellement passionné quand il lui en parlait, qu’elle ne voyait pas d’autre possibilité que son fonctionnement. Elle savait que l’ouverture d’un commerce demandait du temps et que pour le rendre pérenne il fallait s’investir. Alors elle avait proposé à son frère de venir l’aider à ses débuts. Dès le mois de juin elle avait posé ses congés sur les deux premières semaines de décembre. Puis, au fil des réflexions, de l’avancement des démarches administratives et des changements dans sa vie sur Lyon, elle avait décidé de donner sa démission pour travailler avec lui à plein temps. Bien que beaucoup aient du mal, elle n’avait aucun problème à travailler en famille. Et sa vision d’un endroit chaleureux et plein de vie concordait avec celle de son frère. Elle comptait profiter de son expérience dans la communication pour développer la boutique, que ses cinq ans d’études et deux dans une grande boite leurs soient bénéfique. Alors, elle avait aussi donné son préavis de départ pour son appartement, vendu ses meubles, fait ses valises et était de retour à Saint-Gervais-Les-Bains, advienne que pourra, elle allait se lancer à cent pour cent dans cette aventure.
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Juline n’essaya pas de cacher son sourire quand elle arriva au salon de thé. Son frère avait fait un travail de fou pour transformer le restaurant tout en gardant son identité qui faisait sa renommé depuis quatre générations. Des canapés molletonnés couvert de plaide étaient installés les uns à côté des autres en « L » le long du mur en face du grand bar et contre celui en face de la baie vitré, devant de petites tables en bois dans l’esprit chalet, qui donnaient l’impression d’une grande tablée de ferme et en face de grands fauteuils en vieux cuir marron. Les client.e.s seraient super bien installé.e.s. L’agencement donnait l’impression que tout le monde pouvait discuter avec tous.tes les autres, comme à un comptoir de bar. Un jeu de palais en bois contre la baie vitrée invitait à se lancer dans une partie. Sur les murs il y avait les vieux tableaux de leur arrière-grand père exposant les massifs environnant. Quelques cartes représentaient la région aussi, ainsi que des reproductions de photos de la construction des voies ferroviaires. Le bar qui servait pour encaisser et préparer les boissons du temps du restaurant avait été allongé et redescendu pour que des vitrines réfrigérées soient installées au dessus pour permettre aux client.e.s de choisir quelle douceur accompagnerait leur boisson. Derrière le bar, plusieurs machines étaient les unes à côté des autres. Des cafetières qui moudraient directement les grains, des mousseuses à lait, des mixeurs à fruit, ainsi qu’un nombre incalculable de théières sur le mur.
Son frère avait su garder l’âme du restaurant, tout en se l’appropriant, en le façonnant pour que ça devienne ce petit bijou. Il sourit timidement quand elle lui dit, mais elle le pensait sincèrement. Elle avait envie de s’installer dans un fauteuil, avec un chocolat chaud et une tartelette pour refaire le monde avec ses voisin.e.s de tablée ou jouer aux cartes. Elle avait hâte que ça ouvre. Mais avant l’ouverture officielle le lendemain, elle avait du boulot. Ça faisait déjà un mois qu’elle avait ouvert des pages au nom du salon sur les réseaux sociaux, qu’elle alimentait avec les photos que son frère lui envoyait. Il avait déjà pas mal de follower, mais depuis le décompte des jours avant l’ouverture, ça avait encore augmenté. Iels avaient prévu un concours pour ces premiers jours, pour attirer un maximum de client.e. Travaillant en partenariat avec la boulangerie au bout de la rue qui les fournissait en pâtisserie, elle leur avait demandé une création originale. Le sapin en chocolat attendait déjà dans la vitrine principal, le but du concours était simple, les client.e.s devaient deviner le poids de la création. Il y aurait un tirage au sort entre les bons résultats et un passage au comptoir donnait une occasion de participer. Alors il était temps pour elle de dévoiler le sapin aux internautes et de faire durer l’engouement jusqu’à noël. Son frère avait fait de cet endroit un lieu de rencontre conviviale, à elle maintenant de le faire découvrir aux plus nombreux.ses.