Un livre de noël

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Summary

Sibylle pensait renter tranquillement chez ses parents pour les vacances de noël, profiter de bon chocolat chaud sous un plaid à bouquiner ou de soirées jeux en famille, malheureusement pour elle le repos va devoir attendre, car son éditrice à d'autres plans pour elle. Adieux téléfilms, chocolat et autres douceurs et bonjour nuits blanches, prise de tête et ordinateur. Mais heureusement pour elle elle va trouver un compagnon de galère qui va transformer ça en aventure. TW - mention de racisme - sexisme

Status
Complete
Chapters
25
Rating
5.0 1 review
Age Rating
16+

Chapitre 1

Mercredi premier Décembre

Sibylle leva les yeux au ciel en voyant le post instagram que l’influenceuse la plus suivit du hashtag bookstagram venait de poster. En ce premier décembre deux mille vingt-et-un, elle faisait une liste qui regroupait les sorties de cette année dans la catégorie livre de noël, et évidement son nom n’y apparaissait pas, ni aucun autre livre venant de sa maison d’édition. Elle verrouilla son écran de téléphone en râlant. Elle revoyait son éditrice lui dire, avec le sourire, que cette année ils ne publieraient pas d’autre histoire de noël que le super, le merveilleux et l’innovant conte qu’une autre auteure avait écrit, car le nom de cette histoire allait être sur toutes les bouches, sur tous les réseaux et surtout sous tous les sapins de noël, alors ils n’allaient pas s’encombrer d’une seconde histoire à éditer, peu importe qu’elle en sorte une chaque année depuis cinq ans.

Elle n’avait pas pu lire ce qui allait être la meilleure vente de sa maison d’édition d’après les analystes de marché, le manuscrit était trop précieux pour que la plèbe puisse le voir en avance. D’ailleurs même si elle en avait eu l’occasion elle ne lui aurait même pas jeté un regard en biais. Elle ne savait pas ce que cette histoire avait de si exceptionnelle pour que toute sa maison d’édition s’extasie dessus, mais elle l’avait mauvaise, certes aucun de ses livres n’étaient un best-seller, mais ses romans fantastiques étaient tout de même traduit dans cinq langes différentes. Et les histoires de noël c’était son dada à elle !

Une secousse du bus lui fit reposer les yeux sur la campagne autour d’elle, ça faisait déjà plus d’une heure qu’elle était partie et elle avait bien vite quitté les bâtiments de Clermont-Ferrand pour retrouver les volcans enneigés de son enfance. Depuis qu’elle avait quitté le cocon familiale pour ses études, elle n’était jamais revenue pour une si grande période. D’habitude le début du mois de décembre était réservé à la promotion de son livre, mais cette année les plans étaient différents, elle n’allait pas faire le tour des marchés de noël avec ces chalets qui proposent tous de petites choses mignonnes à des prix exorbitants. Quand sa mère avait eut vent de la nouvelle, elle s’était retrouvée invitée d’office pour tout le mois, il était temps pour le plus grand des bébés de la famille de venir mettre les pieds sous la table et de se laisser bercer au rythme de la vie au grand air. Elle n’avait pas hésité une seconde, la frustration de cet été quand elle avait apprit la mauvaise nouvelle en pleine promotion de son nouveau roman en Espagne, lui avait fait accepter l’offre. A vingt-six ans, elle allait passer un mois entier à retrouver sa vie d’adolescente, lire toute la nuit et se battre avec son frère. Elle avait rempli sa valise avec les livres qu’elle n’avait pas eu le temps de lire cette année, prit son doudou et direction la maison familiale pour faire son Tanguy.

Un sourire se dessina sur ses lèvres quand elle vit l’arrêt de la gare de Mont Dore. Elle décida d’oublier toute sa frustration, ces vacances allaient être un bon mélange entre lâcher prise et moments en famille. Elle attrapa son sac à main en voyant son père sur le petit parking.

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Sibylle posa sa valise en bas de l’escalier et se dirigea vers la cuisine où le reste de sa famille s’affairaient avec la soupe au potiron. Elle se laissa choir dans les bras de sa mère qui l’accueillait en souriant pendant que son frère continuait son imitation de Maïté en ajoutant un cube de bouillon dans l’eau des pâtes. Elle était à la maison et ça faisait du bien.

Ça à été le trajet ? Sa mère posa ses mains sur ses joues avant de venir les embrasser.

Personne n’a vomi cette fois. Elle leva les bras au ciel en se reculant.

Moi j’aime pas vomir ! Idris délaissa sa casserole et vint se jeter contre elle. Tu vas venir me voir à … à mon travail ? Il releva la tête vers elle en souriant. J’ai une cravate et j’ai plein d’argent. Mais je la vois pas car elle est sur mon com … compte en banque. Il remonta ses lunettes.

Je passerai peut-être. Elle lui sourit. Sauf si tu manges tous les gâteaux de mamie. Elle lui tira la langue.

C’est même pas vrai ! Il pointa la spatule vers elle.

Et voilà même pas deux minutes que vous êtes dans la même pièce et c’est déjà la bagarre. Son père s’installa à table et remplis les verres d’eau.

C’est pas la vraie bagarre ça ! Idris lança son pied vers elle.

Tu me cherches là petit gars. Sibylle ferma ses deux points devant elle.

Je suis pas petit ! Il relança son pied vers elle. Et … et je suis indépendant ! Il lui tira la langue.

Idris laves toi les mains et installes toi à table pour manger ta soupe. Sa mère éteignit le feu sous la casserole. Et toi aussi Sibylle. Elle rempli leur bol. Ça ne va pas être comme ça pendant un mois quand même.

Bien sûr que non. Elle s’assit en face de son frère. Pendant que monsieur sera au travail moi je lirai tranquillement en pyjama.

Mais n’importe quoi. Idris posa ses mains sur son front en secouant la tête. Madame va lire à la maison et pas venir à la bibli … bibliothèque qui est fait pour ça.

Tu veux que je vienne te voir travailler ? Elle se pencha vers lui en posant sa serviette sur ses genoux.

Oui. Il hocha la tête.

Et bah non parce que t’es trop moche. Elle lui tira la langue encore une fois.

Et toi t’es adopté ! Il apporta sa cuillère à sa bouche.

Bah toi aussi. Elle commença à manger aussi.

Vous êtes tous les deux adoptés, alors vous allez pas recommencer. Sa mère s’assit avec eux alors qu’ils faisaient semblant d’être choqué. Bon appétit.

Tu as prévu quoi pendant tes vacances ? Son père se tourna vers elle.

Lire et c’est tout. Elle bu une nouvelle gorgée.

Ça serait bien que tu passes à la bibliothèque. Brigitte nous parle souvent de la lecture de ton premier roman que tu avais fait là bas. Sa mère attrapa le sel.

Et que tu vois tes copains aussi. Son père lui sourit.

Vous savez je ne connais plus grand monde ici. Elle fronça les sourcils en voyant sa mère faire un signe de tête tout sauf discret à son père, ils préparaient un truc, comme à chaque fois qu’elle venait, elle verrait ça plus tard, elle ne voulait pas de tension pour cette première soirée avec eux. Mais j’essaierai de passer à la bibliothèque.

Demain c’est ouvert de quatorze heure à seize heure. Idris finit son bol de soupe.

Demain je dors, alors je ne veux pas un bruit quand tu iras travailler.

Je viendrai te réveiller ... exprès. Il rigola. Je viendrai renifler dans tes oreilles.

Même pas en rêve. Je mettrai des pièges pour que tu ne rentres pas.

Elle rigola pendant qu’il expliquait comment il allait venir la réveiller. Ça ne faisait pas si longtemps que ça qu’elle était revenu, même pas deux semaines, mais la perspective de passer plus d’un week-end avec eux lui fit chaud au cœur.

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Sibylle regarda son téléphone sans vraiment savoir si la conversation à laquelle elle venait de participer était réelle. Participer ou assister ? Elle ne savait même pas. Elle n’avait pas dit grand chose. En même temps qu’est-ce qu’elle aurait bien pu dire ? Le plan était déjà tout fait, ils voulaient sauver les meubles et l’avaient donc inclus dans ce plan désespéré sans lui demander son avis. Parce qu’elle ne l’avait pas appelé pour lui demander si elle avait quelque chose en stock ou si elle voulait bien faire quelque chose, elle lui avait dit qu’il lui fallait quelque chose et fissa. Sibylle se dit qu’elle aurait dû se douter de quelque chose, quatorze appels manqués de son éditrice à vingt heure trente ça puait, trois messages vocaux qui lui disaient de rappeler au plus vite et à tout heure ça aurait dû l’inquiéter. Mais elle ne s’attendait pas à ça, vraiment pas. En même temps qui peut s’attendre à recevoir ce genre d’information ? Même pas d’information, car elle lui avait donné le contexte que pour qu’elle puisse s’imaginer leur désespoir. C’était plutôt un ordre ? Elle ne savait pas, le seul truc dont elle était sûr c’est qu’elle était elle aussi dans la merde maintenant. Surtout que le contexte aurait pu la faire sourire dans d’autres conditions, c’était un peu une revanche du destin, ils l’avaient mit sur la touche et maintenant c’est eux qui le sont, mais la partie où c’était à elle de sauver les meubles elle ne s’y attendait pas.

Elle s’assit sur son lit pour essayer de remettre les choses dans l’ordre. L’auteure qui devait leur fournir leur seul livre de noël, celui qui est censé faire parler tous le monde, venait de se barrer dans une autre maison d’édition à quinze jours de la publication de son roman. Cette autre maison lui proposait de la payer plus et de faire adapter son conte en dessin animé pour le noël suivant, et surtout de prendre à leur frais le prix que le procès leur coûterait. Sa maison se retrouvait donc sans histoire de noël, sans les millions qui étaient censé rentrer dans les caisses et surtout avec la honte de se retrouver sans rien et de s’être fait flouser. Les livres imprimés et prêt à être envoyé devenaient une perte, mais ça ce n’était pas le plus important, ce n’était qu’un grain de sable dans l’océan de merde, et elle reprenait les mots de son éditrice, qui leur tombait dessus. Et elle là dedans, elle se retrouvait noyé avec eux sans rien avoir demandé. Enfin si, elle leur avait demandé jusque fin septembre si elle ne pouvait pas publier une histoire aussi. Mais elle ne s’attendait pas à ce qu’ils l’appellent en catastrophe, le premier décembre, pour qu’elle écrive une histoire de noël dans un temps égale au record du cent mètre d’Usain Bolt aux jeux olympique de Pekin en deux mille huit. Elle avait peu de temps pour écrire une histoire qui soit mémorable, enfin une histoire qui puisse concurrencer le missile qui venait de changer de camp, pour qu’elle soit sur toute les plateformes de lecture numérique d’ici le quinze décembre, relecture et correction comprises. Elle était foutu.