Florebo Quocumque Ferar - Tome 1

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Summary

Fraîchement arrivée sur une île tropicale idyllique avec sa famille, Lydia savoure ce qu'elle pense être un nouveau départ sous le soleil. Mais son destin prend un tournant inattendu lorsqu'elle croise la route d'Icare, un jeune homme énigmatique, aussi solitaire que séduisant. Fascinée par son allure et ses mystères, Lydia ne tarde pas à découvrir un secret qu'elle n'était pas prête à affronter : Icare est un vampire, membre d'un monde surnaturel dont elle ignorait totalement l'existence. Alors que l'attirance entre eux grandit, Lydia se retrouve déchirée entre son amour pour lui et la dangerosité de ses instincts. Dans ce paradis paradisiaque devenu dangereux, Lydia devra choisir entre la lumière de sa vie passée et l'obscurité peut-être pas si sombre et séduisante de ce nouvel univers.

Status
Complete
Chapters
64
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
16+

Chapitre 1

Il était sept heures du matin lorsque j'entendis ma mère monter le grand escalier en bois qui menait à ma chambre. Étrangement, les lueurs du soleil arrivaient déjà a percer si tôt dans le ciel. J'allais devoir m'habituer à tout ça...


- Debout, Lydia ! Il est déjà tard, si tu ne te lèves pas maintenant, tu...


Elle se tût quand elle se rendit compte que j'étais réveillée et habillée


Je la regardait d'un air lasse en ajoutant :


- Je suis déjà debout, par contre le petit monstre ne l'est toujours pas, vas la réveiller elle!


- Lydia! Soupira-t-elle de mécontentement. Très bien, mais descend au moins prendre ton petit-déjeuner.


Ma mère n'aimait pas que je traite ma petite sœur, Avery, de monstre. Elle disait souvent que la famille était plus forte que tout. Depuis petite elle me raconte qu'elle était très proche de sa famille, jusqu'au décès de ses parents... Où oncles, tantes, cousins et cousines finisse par se perdre de vue et mener leurs propre vies... Elle voulait peut-être que je profite de tout ça avec ma petite soeur tant qu'il en était encore temps. Dans le fond, j'étais entièrement d'accord avec elle, cependant Avery pouvait vraiment agir comme une petite peste parfois. Ma petite sœur aimait vraiment me pousser à bout.


Comme, par exemple, la fois où elle subtilisa mon baladeur mp3 et le cassa en s'amusant à le lancer chez les voisins, pour que nôtres vieux chien, Rex, aille jouer à « vas chercher la balle ». Elle me faisait souvent sortir de mes gonds, mais elle restait ma sœur.  Elle n'avait que huit ans je ne pouvais pas lui en vouloir trop longtemps. Je l'aimais bien plus que je ne le laissais paraître.


Une fois mes longs cheveux blonds bouclé coiffer, je descendis dans la salle à manger, là où ma mère avait préparée le petit-déjeuner pour la famille.


Mon père était là, lui aussi.

Tiens, je trouvais ça étrange. Je ne comprenais pas ce qu'il pouvait encore faire ici. Il aurait déjà dû être au travail. Ses horaires aléatoires avaient toujours soulever une part de curiosité en moi.


- Tu n'es pas encore à ton bureau, papa?


Il me regarda avec un sourire et ses grands yeux bleus. J'étais très fière d'avoir héritée des mêmes yeux. Mon père m'avait une fois raconté qu'il avait des origines hollandaises. Ce qui expliquait pourquoi toute sa famille était blonds aux yeux bleu. Et cela était valable pour moi aussi. Ma mère quant à elle était originaire de cette île. Les boucles de mes cheveux ne peuvent venir que d'elle.


- Non pas encore, j'ai rendez-vous ce matin à huit heures trente pour discuter de mon prochain reportage qui doit se dérouler en Asie, me répondit-il en buvant une gorgée de son café.


Mon père était journaliste, ou plus précisément envoyé spécial. Vous savez, le genre de personne que l'on apercevait à la télévision quand il se passait une galère ou un fait divers quelque part dans le monde. Il était donc souvent absent à cause de son travail, ce qui ne nous empêchait pas d'être une famille unie ! Il arrivait même parfois à ma mère de l'accompagner durant ses missions qui duraient normalement une à deux semaines. Dans ces cas-là, ils faisaient appel à une nounou qui nous gardait, moi et ma petite sœur, et ce même si j'estimai être assez âgée pour surveiller Avery toute seule. J'allais fêter mes 16 ans cette année après tout.


- Ah! Super, ça sera pour combien de temps, cette fois?


J'étais assez curieuse de nature, et je voulais savoir si ma mère allait partir avec lui.


- Normalement deux semaines, mais je dois en discuter au boulot, je vous en parlerais quand vous rentrerez de cours toi et ta sœur, en attendant dépêche-toi de manger ou tu vas rater ton bus, m'avertit-il en fronçant les sourcils.


- D'accord, Chef!


Je m'exécutai, buvant mon bol de lait d'une seule traite tout en rangeant ma pomme dans mon sac. Une fois le petit-déjeuner pris, je montai à la salle de bain me brosser les dents, je croisai ma sœur dans les escaliers qui me fit une petite grimace à mon passage.


Il était maintenant sept heures trente, j'étais à l'arrêt de bus quand le fameux transport arriva. Heureusement que mon lycée n'était pas très loin de chez moi. Le trottoir humide suffit à me blaser pour la journée, malgré l'odeur agréableet presque réconfortante de la pluie. Il avait du pleuvoir un bon paquet cette nuit...


Montant à bord, je remarquai que quelques personnes y étaient déjà assises.


Je choisie une place avant de m'affaler sur le siège et de coller ma tête contre la vitre, armée bien évidemment de mes écouteurs. La musique avait un sacré don de m'apaiser lorsque j'étais nerveuse, et je devais l'avouer, cette rentrée me terrorisait au plus haut point.


Je ne connaissais absolument personne. Aillant emménagée sur cette île de l'océan indien depuis trois semaines maintenant à cause du travail de mon père, il n'était pas évident de débarquer comme ça, le jour de la rentrée dans un lycée dont je n'avais même pas retenu le nom ! Bon... Ma mère vient d'ici, elle déborde de joie depuis que nous sommes arrivés sur son île natale. Du plus loin que je m'en souvienne elle me bassinait avec ses origines, elle en était très fière, me promettant de m'apprendre le "créole", la langue locale, me cuisiner des bons petits plats locaux et nous faire visiter des tas d'endroits sublimes. Bref... Vous l'aurez compris elle s'emballe peut-être un peu trop dans le délire "Retour aux racines".  Mais ma mère était comme ça. C'était une femme.... Intense. Oui... C'est le moins que je puisse dire.


Au fur et à mesure que le bus avançait, je regardais à l'extérieur pour admirer le paysage et tenter de ne plus trop penser à ma famille


Bon, il c'est vrai que je ne connaissais personne ici, mais vivre sur une île tropicale, il y avait pire je l'avouai sans grande difficulté. Les paysages étaient tellement beaux et variés, quant au climat, je n'aurais pas demandée mieux. Du soleil quasiment toute l'année ! Je trouvais que les nuages gris, le vent, tout ce qui concernait le mauvais temps, n'était pas très réconfortant. Voir même angoissant...


Je ne voulais pas l'admettre mais... C'est possible que ma curiosité naturelle me pousse à me laisser prendre au jeux qui enthousiasme tant ma mère. Après tout, c'était en partie mon île également.


Le brusque arrêt du bus me fit sortir de mes pensées. Je n'avais même pas remarquée que nous étions arrivés juste devant l'immense bâtisse qui allait devenir mon nouveau lycée. Je pris une grande inspiration avant de descendre du bus comme pour m'apaiser, bien que ce fut inutile.


Le parking était... Très grand. Un peu trop à mon goût. Je dus sauter par dessus de nombreuses flaques tant l'état du bitume était déplorable.


-Je me demande à quoi sert l'argent qu'ils récoltent s'ils sont pas foutue de...


La vue dégagée sur les lieux me coupa toute parole. C'était un lycée sacrément grand, assez design et s'intégrant parfaitement à l'environnement. L'allée centrale menait au bâtiment principal, qui était lui-même entouré de plusieurs sortes de plantes exotiques. Sur la façade, juste au-dessus de l'entrée, se trouvaient les inscriptions: Jules Ferry.


C'était donc le nom que j'avais oublié.


Mais ce qui retint plus particulièrement mon attention, ce furent ces deux grands arbres plantés à l'entrée du bâtiment.


Ils étaient tout bonnement magnifiques, je n'avais jamais rien vu de tel. Je décidai de m'en approcher afin de les contempler de plus près.


Je restai donc là, sous la cime de ces deux arbres majestueux, admirative devant le travail que la nature pouvait offrir. Les troncs étaient comme marqués par d'étranges cicatrices qu'avait dû façonner la courbure du bois, montrant l'ancienneté des spécimens. Leurs troncs se ramifiaient pour faire apparaître des branches chargées de feuilles d'un vert éclatant qui rappelait celle d'un palmier et de longues fleurs, dotée de plusieurs pétales, formant une couronne d'un rouge sang écarlate d'où sortaient de multiples pistils. C'était remarquable. Ils étaient abondamment fleuris.


- Ce sont des Flamboyants, c'est très commun ici, à la Réunion.


Une petite voix me surpris. Je mis plusieurs secondes à comprendre qu'elle venait de derrière moi. En me retournant, je me retrouvai face à une jeune fille qui devait avoir le même âge que moi.


Une pression s'installa en moi. Que devais-je faire? Répondre ? Fuire ? Ne rien dire et passer pour une idiote ? Je n'allais pas laisser ça arriver.


Je tentai de garder mon calme et pris une petite inspiration avant de lui répondre.


- Ah! Eh bien, merci, ils sont très beaux, lâchais-je finalement avec un petit sourire pour lui montrer que je n'étais pas une personne hostile.


Elle sourit également avant de me répondre avec entrain.


- Avec plaisir, je m'appelle Katy et toi? Elle semblait vraiment s'intéresser à moi.


- Lydia, répondis-je, un peu intimidée, il est vrai que la socialisation n'était pas mon fort.


- Contente de te connaître, Lydia, j'imagine que tu n'es pas originaire d'ici ...?


- C'est... Plus ou moins ça. Ma mère viens d'ici en revanche, mais... Comment tu sais que je... ?


Elle me fixa et réfléchit quelque peu avant de me répondre d'un air étonné.


- Oh ! Une zoréole ! Ta mère est réunionnaise donc ? Ce doit être une "Yabe" alors vue la couleur pâle de ta peau... Mais ce qui confirmait mes soupçons, c'est de te voir émerveillée par les flamboyants, arbres qui je te le rappel, poussent un peu partout dans cette région.


Zorekwa ? Yabe ? J'étais perdue. J'allais demander de sérieuses infos sur ce language étrange à ma mère lorsque je rentrerais. C'était la première fois que je voyais Katy et je ne voulais pas passer pour l'imbécile de service... Hey... Mais... Ne venait-elle pas de faire allusion à ma couleur de peau? Il était vrai que j'étais blanche, voir même très blanche, mais quand même... Katy sembla deviner ce à quoi je réfléchissais.


- Ah Ah! Ne le prends pas mal tu verras ici, blanc, noir, vert, on ne te traitera pas différemment.


- Si tu le dit...


Je n'avais pas remarquée que tous les élèves autour de nous était soit noirs, soit mats de peau... Bon, certains étaient blanc également, mais avec des cheveux frisés ou comportant d'autres caractéristiques issues du fort métissage présent dans l'île. Sa remarque sur la couleur de ma peau prenait tout son sens à présent. J'avais beaucoup à apprendre sur cette cultures différentes l'hexagone.


- Dis-moi, Katy, ça ne te dérangerait pas de m'aider à trouver ma classe? J'ai assez peur de me perdre dans tout cet espace et avec toute cette foule.


Elle ne parut même pas hésiter, me prit par le bras et m'entraîna dans les couloirs du lycée, à la recherche de la classe où était affiché les noms des élèves entrant en première. J'étais assez surprise par sa vivacité. Sur le chemin, j'en profitai pour en apprendre un peu plus sur Katy. Je savais maintenant qu'elle avait un grand-frère appeler Éric, qui faisait son entrée en Terminal cette année, et aussi un chat nommé Gribouille qu'elle semblait chérir plus particulièrement.


Katy était une fille que je qualifierais d'extravertie, rien ne semblais l'atteindre. Sa façon de parler, de coiffer ses cheveux frisé en crinière de lionne, de sourire à tout bout de champs, de presque hurler lorsqu'elle parlait, se fichant pertinemment du regard des autres. Tout cela me portait à croire qu'elle était le genre de personne sûre d'elle.


Par le plus grand des hasards, Katy se trouva inscrite sur la même fiche que moi. Résultat ; nous allions passer cette année entière ensemble! Ça me rassura, l'idée que la seule personne daignant m'accorder un peu de son temps ne soit plus avec moi ne me plaisait pas tant que ça.


Plusieurs noms étaient affichés, Katy et moi décidâmes de pénétrer dans la salle. Il n'y avait encore personne, seule était au tableau une jeune femme, vêtu d'un tailleur gris et d'une jupette noire lui arrivant aux genoux. Ses cheveux, qui n'étaient pas très longs, étaient ramenés vers le côté droit, soulignant son regard à travers ses petites lunettes à peine remarquables. Elle devait sûrement être notre professeur principal pour cette année.


Après l'avoir saluée, nous nous installions côte à côte au deuxième rang. Étant myope, je ne pouvais me permettre d'aller au fond de la classe. Les élèves arrivèrent peu à peu; en quelques minutes, la salle était pleine. Tous les bureaux étaient occupés. Enfin, presque tous. Celui qui était juste derrière moi, restait vacant.


La sonnerie retentit. C'est à ce moment que la professeure se décida à prendre la parole et que je sorti mes lunettes pour la vue de leur étui.


- Bien, je vous souhaite à tous une bonne rentrée scolaire. Et bienvenue aux nouveaux ! Je me présente, je serai votre professeur principal et je me nomme mademoiselle Hélène. Avec moi, vous étudierez principalement l'histoire et la géographie.


Elle finit par arborer un sourire radieux. Son visage resplendissait, elle devait être très impatiente de nous rencontrer. Elle écrivit son nom au tableau et enchaîna son discours.


- Maintenant que je me suis présentée, c'est à vous! Vous allez tous vous lever un par un et vous présenter au reste de la classe. Nous commencerons par le fond!


Oh non... Moi qui adorait me fondre dans la masse et ne pas briller, j'allais être servi.

Ressaisie-toi Lydia, ce n'est qu'une présentation orale, pas un défilé en maillot de bain ! Cette pensée m'embarrassa de plus belle. Je sentais des flammes irradier mes joues.


Toute la classe se présenta petit à petit. Je n'étais pas la seule arrivant de métropole apparemment. Une autre fille, Emily me semblait-il, arrivait de Paris, ainsi que Gareth et Victor, des jumeaux arrivés depuis plusieurs mois venant d'Australie, mais parlant très bien le français. Tous deux étaient similaires, de vrai jumeaux parfaitement identiques, bien que je remarquai que Victor avait une tache de naissance dans le creux de son cou. Mis à part ça, impossible de savoir qui était qui.


Mademoiselle Hélène sembla amusée par la présence des jumeaux, elle leurs posèrent quelques questions auxquelles ils répondirent sans difficulté.


- Super, merci les garçons, je sens que cette année va être pleine de surprise! Ajouta-t-elle, enthousiaste.


Sur le moment je ne compris pas à quel point ce qu'elle venait de dire allait être véridique.


- À qui le tour? Hum... Toi, là! S'exclama-t-elle en désignant ma partenaire du doigt.


Katy se leva sans grande gêne et se présenta devant tout le monde, comme les autres l'avaient fait avant elle, insistant bien sur le fait que son grand-frère était dans ce lycée également, comme pour avertir certains rigolos qu'il ne valait mieux pas la chercher.


-Très bien, Katy, je vais à présent demander à ta....


Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que quelqu'un frappa à la porte de la classe.


- Excusez-moi, dit-elle en nous regardant.


Elle tourna la tête en direction de la porte, avant de parler un peu plus fort pour que la personne derrière puisse l'entendre.


- Oui ?


La porte s'ouvrit et un jeune homme apparut.