La vie devant moi

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Summary

Mia est une jeune étudiante en médecine. Timide et réservée, elle cache en réalité de nombreux secrets. Sa vie est un enfer, et elle ne rêve que d'une chose, s'éloigner de sa famille et prendre son indépendance. Malheureusement, la vie n'est pas tendre avec elle et Mia va enchaîner les difficultés. Comment faire pour se relever lorsque la vie vous empêche d'avancer ? Malgré tout, Mia va se battre pour reprendre confiance en elle et être la femme qu'elle a toujours voulu être. Et sa rencontre avec Nathanaël pourrait changer bien des choses...

Status
Ongoing
Chapters
6
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapter 1

Maison de Mia et ses parents,

Rue Beaulieu, Cannes,

7h12,

13 octobre.


J'ouvre doucement les yeux et regarde l'heure.


J'ai encore un peu de temps avant que mon réveil ne sonne. Je prends le temps de m'étirer et de bien me réveiller avant de me lever. J'ouvre mes volets et parcours mon petit dressing.

J'opte pour un jeans noir et un pull blanc.

Je brosse ensuite rapidment mes cheveux blonds vénitiens avant les relever en queue de cheval. Comme il est encore tôt, je prends le temps de me maquiller et souligne mes yeux verts d'un trait de crayon noir. Je m'éloigne rapidement du miroir.

Quand je vois mes cheveux abîmés, mes tâches de rousseurs aux niveaux de mes fossettes et mes formes, je ne peux m'empêcher de me rabaisser intérieurement. Les seuls moment où je me regarde, c'est pour me maquiller.


Je finis par descendre les escaliers la boule au ventre. Je ne sais jamais vraiment comment ça se passe lorsque je descends.


Comment il sera.


Je vais dans la cuisine, prépare mon petit-déjeuner et m'assieds sur la chaise de l'îlot central. Il n'y a personne pour l'instant. Je croque dans ma tartine de confiture et ma mère arrive à ce moment là. Elle a l'air très fatiguée, comme souvent. De grande cernes sont visibles sous ses yeux marrons.


- Ça va maman ?


- Ça a l'air d'aller ? J'ai encore perdue des cheveux hier.


- C'est à cause de la chimio maman, c'est normal.


- Je suis au courant, réplique t-elle sèchement. Je n'ai presque plus rien sur la tête, je vais les raser. Dépêche toi, tu vas être en retard en cours.


Elle se sert un verre d'eau et retourne dans le salon. Elle se lève de moins en moins souvent ces derniers temps, ça la fatigue trop.


Cela fait 4 mois que ma mère a découvert qu'elle a un cancer du sein. Depuis, elle est tout le temoz fatiguée. Elle ne s'occupe plus de rien, passe ses journées en pyjama dans le canapé. J'essaie de l'aider autant que possible dans les tâches de la maison.

Quand à mon père, il n'a jamais rien fait de toute façon.

Dès que ma mère sera guérie, j'espère pouvoir partir le plus vite d'ici.


Je ne termine pas ma tartine, trois bouchées me suffisent. J'ai de moins en moins d'appétit ces temps ci. Je passe tellement de temps avec l'estomac noué à cause du stresse, que j'ai l'impression de ne rien pouvoir avaler ni digérer.

Je range la table rapidement puis je m'en vais vers la faculté.


Je suis en première année de médecine. Je suis vraiment passionnée même si ce n'est pas toujours facile. Les cours ont commencés depuis deux mois maintenant, mais je ne me suis toujours pas fais d'amis. Je ne vais pas vers les autres et reste dans mon coin : je suis beaucoup mieux seule de toute façon. Les cours sont très difficiles à suivre, même si j'ai fais un an de prépa l'année dernière, et je n'ai pas énormément de temps chez moi pour étudier. Alors je me concentre un maximum durant les cours, et j'utilise mes heures de trous et mes pauses déjeuner pour étudier.


Après les cours d'aujourd'hui, je rejoins ma meilleure amie dans un café. Elle est en deuxième année de droit, mais nous essayons de nous voir de temps en temps.


Elle est en retard comme d'habitude, alors je commande pour elle.

Je la vois arriver presque en courant quelques minutes plus tard, ses longs cheveux blonds flottant derrière elle.


- Salut, dit elle en s'asseyant. Désolée pour le retard.


- Salut ! C'est pas grave. J'ai l'habitude, je poursuis en rigolant. J'ai commandé deux chocolats chauds, comme d'habitude.


- Tu gères, merci ma belle, répond Louane avant de s'asseoir.


Elle me raconte ses cours, me parle de ses nouveaux amis, de ses professeurs. J'écoute en souriant et en acquiesçant de temps en temps tout en dégustant mon chocolat chaud.

Après une heure, je commence à enfiler ma veste, et indique à Louane que je vais devoir y aller. Ma mère est sûrement rentrée de sa chimiothérapie et mon père de son travail. Je dois me dépêcher de faire à manger et ranger la maison. Mais ce n'est pas tout à fait la version que je donne à mon amie.


- Désolée, les cours de médecine sont tellement difficiles, je dois vraiment étudier.


- T'inquiète pas, je comprends tout à fait. Moi aussi j'ai pas mal de boulot. On s'appelle vite ma chérie !


Je lui fais la bise, monte dans ma voiture et rentre.


Je suis encore en train de faire à manger quand ma mère sors de sa chambre et me rejoins en bas. Elle me lance à peine un regard et s'en va vers le salon. Je soupire discrètement et termine de préparer le repas.

Ensuite, je range un peu la cuisine puis apporte un bol de soupe à ma mère.


- Tient maman. Attention, c'est brûlant.


Elle lève les yeux sur moi et, sans faire attention, fait un grand mouvement ce qui renverse le bol de soupe. Je me reçois tout le contenu sur le ventre.

Je hurle et me précipite dans la salle de bain.

Je retire mes vêtements et me glisse sous la douche.

Je pleure en silence. Ma peau est rouge en bas de mon ventre. J'ai horriblement mal. Je laisse le jet d'eau froide couler sur ma peau endoloris. Ça m'apaise légèrement. Quelques secondes plus tard, j'entends mon père rentrer. J'éteins l'eau, et instantanément, la douleur reprend. Je suis bien brûlée, mais tant pis, je ne peux pas traîner une seconde de plus. Je m'habille en vitesse et le rejoins en bas.


- Bonjour papa.


- Tu as fais à manger ta pauvre mère ?


- J'ai fais à manger, mais elle m'a renversée le bol de soupe dessus.


- Cesse de te plaindre ! Tu devrais être ravie d'avoir un toit, et d'avoir des parents qui te paie tes études ! Dépêche toi de nous apporter le repas.


Il s'en va voir ma mère.

Avec elle, il est aux petits soins. Enfin, disons qu'il faut des efforts. Il lui parle gentiment, l'embrasse et me hurle d'exécuter ses désirs. Lui, une fois installé dans le canapé, ne se lèverais pas pour elle. La seule chose qui le ferait se déplacer, c'est sa bouteille de Whisky. Et encore, en général, il m'appelle pour lui apporter, même lorsque je suis dans ma chambre en pleines révisions.

 

Je remplis deux bols de soupe et leurs apporte.


- Tu ne manges pas ce soir. Tu es déjà assez grosse comme ça, me dit mon père. 


- Mais papa...


- Tu me contredis, Mia ?


C'est le mot de trop. Il se lève et me colle une gifle.

Avec lui, tous les prétextes sont bons pour être violent. Même quand je ne fais rien. Il est stressé à cause du cancer de ma mère, de son travail, de la maison. Alors c'est moi qui prend tout.


Je me regarde dans le miroir de ma chambre. Ma joue est rouge. Mes larmes ont faites couler mon maquillage et je fais peine à voir.

Je me démaquille, mets une crème sur ma joue, enfile mon pyjama et me glisse sous mes draps.


Ma vie, la voilà. Je subis les coups de mon père, sans rien dire. J'espère toujours qu'en exécutant tous ses désirs, il me laisse un peu tranquille. Mais malheureusement pour moi, c'est rarement le cas. Malgré tout, je continue, pour ma mère. Et parce qu'au fond, je me dis que je le mérite probablement.


J'accompagne ma mère dans sa maladie, je lui apporte ses repas, je m'occupe de la maison, j'essaie de la soutenir et d'être là pour elle quand elle en a besoin. Les rares fois où elle exprime son mal être, j'essaie d'être aussi attentive et compréhensive que possible.


Et tout ça, je ne l'ai jamais dis à personne. Je garde tout pour moi, toujours. Je me renferme dans ma peine et ma souffrance, je fais ce qu'on me demande même si je sais qu'en retour, je ne reçois aucune reconnaissance.


Je ne veux pas qu'on ai pitié de moi. Je ne veux pas qu'on passe son temps à me demander si je vais bien. Non, je ne vais pas bien.


Mais c'est ainsi. C'est ma vie.