Opération coup de foudre : sous les palmiers

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Summary

Préparez-vous à prendre un coup de chaud sous le soleil de Los Angeles !! Cassiopée est le parfait cliché de la petite bourgeoise. Méprisante envers les gens qui ne font pas partie de son rang social, imbue de sa personne et partisane du moindre effort. Ses parents décident de l'envoyer passer l'été chez sa grand-mère pour l'aider à gérer l'hôtel familial à Los Angeles dans l'espoir de lui inculquer le respect et le sens du travail. Mason lui, vient d'un milieu modeste. Il est le jardinier et homme à tout faire de la famille depuis des années. Il fait avec passion ce pour quoi on l'engage, même s'il aspire à un avenir tout autre. Habitant dans la maison indépendante qui se trouve au bout de la piscine, il est sur place à tout instant. Charmeur, joueur et ne se laissant pas marcher sur les pieds, Mason a du répondant et il en aura besoin face à la tornade Cassiopée qui va tout envoyer valser sur son passage. Un choc de différence sociale se prépare entre la brune méprisante et le châtain qui aime la simplicité et les gens francs. Entre sournoiseries, sentiments et défis. Cet été sera différent des autres. Une mine d'or ne se trouve pas à la surface, il faut creuser pour en découvrir sa beauté.

Status
Complete
Chapters
43
Rating
5.0 12 reviews
Age Rating
16+

Intro


— Vous avez obtenu une majorité d’étoiles, cela signifie que vous voyez les choses en grand. Peut-être trop. Il faut revoir vos exigences à la baisse, la prétention et l’exigence font de vous une personne mise à l’écart par les autres, car aucun de vos semblables ne souhaite être traité comme un moins que rien. Un conseil pour ne pas finir votre vie seul(e) ? Reprenez-vous en main, tout n’est pas perdu, m’offusqué-je, les yeux presque sortis de leurs orbites. Mais qu’est-ce que c’est que cette connerie ?

Le magazine people fait un aller direct dans la piscine alors que je me redresse sur mon transat en réajustant mes lunettes de soleil Louis Vuitton sur mon nez. Ça m’apprendra à vouloir faire passer le temps en offrant ma contribution à ce genre de questionnaires ridicules dans mon magazine féminin. Sincèrement, qui pond ce genre de trucs ? Un frustré de la vie ? Je ne vois pas d’autre explication.

Un rire amer sort de ma gorge soudain sèche. Non, mais franchement, moi, une personne trop exigeante et prétentieuse ? C’est d’un culot pas possible autant de mauvaise foi ! Quel mal est-ce qu’il y a, d’être exigeant ? Je trouve ça très bien moi. L’exigence permet de faire les choses bien et c’est tout à fait louable. Pourquoi est-ce que ça serait à moi de changer d’abord ? Les autres n’ont qu’à le faire eux ! C’est un scandale de lire pareille insulte à mon intelligence dans ce genre de torchon que je me promets de ne plus acheter.

L’idée de faire un procès à celui qui a pondu ce questionnaire sans queue ni tête me trotte vachement dans le ciboulot, mais pour l’instant j’ai surtout besoin de me rafraîchir pour me remettre de mes émotions. Je lève la main, agite un doigt pour faire comprendre à l’une des domestiques de venir à ma rencontre.

— J’ai soif, une citronnade fera l’affaire.

Il fait déjà très chaud alors que nous ne sommes que le matin et cette greluche ne déguerpit pas alors qu’il me semble avoir été relativement clair sur ma demande. Un soupir d’exaspération sort de ma bouche quand, enfin, elle comprend et s’active jusqu’à revenir vers moi avec un verre rempli du précieux nectar jaune transparent sur un plateau.

Je m’empare du verre et trempe à peine mes lèvres dedans, qu’une grimace les déforme et je recrache tout sur le sol en carrelage de l’extérieur.

— Mais c’est quoi ce truc immonde ? pesté-je en m’essuyant la bouche d’un revers de la main. Je vous ai demandé une citronnade, pas ce truc dont je ne saurais nommer le goût et qui n’est clairement pas à base de citron.

— J’ai pressé les citrons moi-même, Mademoiselle Rosemont. Toutes mes excuses si cela n’est pas à votre goût. Voulez-vous que je vous prépare autre chose ?

— Non c’est bon, ça ira, vu que vous êtes capable de rater un truc aussi simple qu’une citronnade, je préfère m’abstenir de la suite.

— Cassiopée, j’aimerais m’entretenir avec toi dans mon bureau, de ce pas, intervient une voix bien trop familière.

Mon père. L’homme de ma vie. Celui qui se plie aux moindres de mes caprices depuis que ma mère m’a expulsée de son vagin comme une vulgaire crotte. Il a la fameuse voix des mauvais jours, celle qu’il utilise pour annoncer une mauvaise nouvelle et le fait qu’il veuille me parler en l’utilisant, ça ne me plaît vraiment pas.

Sourcils froncés, je me lève de mon transat, enfile un peignoir en soie pour camoufler mon charmant maillot de bain une pièce noir à bordure Greca, dernière création de chez Versace.

Je suis l’homme qui fait de moi une princesse chaque jour qui passe, nous rejoignons son bureau dans notre villa. Que dis-je, dans notre MODESTE villa qui ne fait que 500 mètres carrés. Qui ne comporte que douze chambres et autant de salles de bain adjacentes. Une salle de cinéma privée, une salle de jeux, une salle de réception, un cours de tennis particulier ainsi qu’une piste de bowling. Je ne parle même pas de la piscine qui est un véritable labyrinthe d’eau parmi les palmiers, poufs, transats et compagnie où on peut aussi se prélasser dans les jacuzzis.

Ai-je fait référence à l’espace détente de la villa ? Oh nous n’avons que dix employés à notre service pour les massages et tout ce qui relève de la beauté, d’ailleurs à ce sujet, il faut que j’en cause deux mots à mon père, car ce n’est pas suffisant lorsque j’invite des amies. Il faut plus de domestiques !

Il entre le premier dans son espace de travail qui se trouve dans l’aile est du domaine et va s’asseoir sur son fauteuil derrière son majestueux bureau en bois. Je m’installe en face de lui en croisant élégamment mes jambes, mes mains venant y trouver leur place tout en patientant face à celui qui a décidé de jouer au roi du silence. Il me regarde comme s’il attendait que je parle en premier alors que c’est lui qui m’a convoqué.

Je comprends mieux cette attente quand ma mère rentre dans la pièce vêtue d’une magnifique robe de cocktail bleue de chez Ralph Lauren. Une vraie bombe atomique ! Pas vraiment étonnant que je sois une telle réussite quand on voit à quoi ressemblent mes parents. Mon père n’a rien à envier à Georges Clooney, il est d’une beauté supérieure à la sienne. Quant à ma mère, Eva Mendes doit être verte de jalousie en la croisant sur les tapis rouges.

Celle-ci rejoint mon père qui prend sa main pour déposer un baiser dessus, l’élégance à la française, j’adore. Elle s’assied sur l’accoudoir de son fauteuil et tourne à son tour son regard sur ma personne. Ils commencent à être légèrement anxiogènes ces deux-là. Je n’ai pas que ça à faire moi, je suis débordée. Ce bronzage parfait ne va pas se faire tout seul.

— Que comptes-tu faire de ta vie, Cassiopée ? attaque en premier mon père.

Un gloussement m’échappe.

— C’est une vraie question, papa ?

— C’en est une, m’affirme-t-il avec sérieux.

— Je compte faire de ma vie, ce que j’en fais déjà. N’est-ce déjà pas beaucoup ?

— Chérie, tu passes tes journées à faire du shopping, à traîner dans la villa avec tes amies ou bien à te prélasser auprès de la piscine, l’enjoint ma mère.

— Wow wow wow, il se passe quoi là ? C’est mon procès et j’ai raté le passage avocat obligatoire, je crois bien.

— Écoute ma puce, tu sais bien que ta mère et moi t’aimons plus que tout au monde. Tu es notre princesse et on fera toujours tout pour toi, mais nous avons remarqué depuis quelque temps que tu te montres de plus en plus irrespectueuse envers les employés de maison et nous ne tolérons pas ça, ce n’est pas ainsi que nous t’avons éduquée, poursuit mon père, posément. Ce n’est pas parce qu’ils sont à notre service que tu peux te permettre de leur parler avec un tel manque de respect.

— C’est pour cette raison, complète ma mère, que nous avons décidé de t’envoyer chez ta grand-mère Agnès afin que tu changes ton comportement et que tu apportes ton aide au nouvel hôtel qui va ouvrir prochainement ses portes.

— Quoi ? C’est une blague que vous me faites ? Sous prétexte que je suis irrespectueuse, selon vous, envers les domestiques qui ne font pas correctement leur travail, soit dit en passant, vous m’envoyez faire des corvées à Los Angeles pour me punir ? Mais c’est injuste !protesté-je en bondissant de ma chaise. Je n’irai pas.

— Ce n’est pas une punition, Cassiopée, souffle celle qui m’a donné la vie. Nous pensons juste que partir loin de tes habitudes, ça pourrait t’aider à changer ton attitude et puis Agnès a besoin d’aide pour les derniers préparatifs. Ça serait l’occasion pour vous de passer du temps ensemble, c’est génial.

— Génial ? Mais bon sang c’est aux domestiques incompétents d’être punis, pas moi ! me défends-je en tapant du plat de la main sur le bureau.

— Ça suffit, Cassiopée ! gronde mon père en se levant à son tour. Nous avons pris notre décision et tu vas t’y tenir, sinon nous te coupons les vivres.

Les bras m’en tombent et ma mâchoire aussi. C’est une blague. C’est forcément une blague. Pourquoi est-ce qu’ils auraient pris cette décision tout à coup sans même me consulter avant ? J’ai 20 ans, merde. Je ne suis pas une gamine.

— Je suis majeure et vaccinée, vous ne pouvez plus me dire ce que je dois faire comme quand j’avais 5 ans.

— C’est ce que tu souhaites, avoir ton libre arbitre ? Très bien, alors je vais te demander de me remettre tes cartes de crédit.

— Mais papa !

— Non, il n’y a pas de papa qui tienne. Il est temps que tes pieds retouchent le sol, ma fille et que tu apprennes à te comporter d’égal à égal avec les autres. Ton avion décolle à 17h, va faire ta valise ou alors tu devras te débrouiller pour vivre.

Nom d’un castor astigmate ! Où est la caméra cachée ?