Aifos : Sous le voile du soleil rouge

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Summary

Osez entrer dans l'arène de l'apocalypse. Osez découvrir la vérité. Aifos, la Veilleuse solitaire, parcourt les ruines d'une Terre ravagée, où l'humanité se terre dans des cités-bulles autarciques. Armée de son sniper et guidée par une volonté de fer, elle confronte des créatures mutantes et des mystères enfouis, tout en étant hantée par les fantômes de son passé. Mais au-delà de la survie, c'est la vérité qu'elle chasse – une vérité sur les origines de ce monde effondré et sur elle-même. Dans un désert où les échos de l'ancien monde murmurent des secrets, chaque indice peut être le dernier. Et dans cette course contre le temps et les ennemis, Aifos doit décider jusqu'où elle peut aller pour révéler le sombre secret de l'UAP, l'Union Armée pour la Paix, et ce qu'elle est prête à sacrifier pour la paix.

Genre
Scifi/Action
Author
Phie
Status
Complete
Chapters
8
Rating
4.0 1 review
Age Rating
16+

Chapitre 1 : Cendres

Les cendres qui tombent du ciel, échappées des flammes du soleil lui-même, semblent pleurer sur un monde en déclin. Chacune de ces cendres raconte une histoire de chute.


Sous ce disque céleste, teinté d'un rouge sanguin, 99% de l'humanité s'est éteinte. L'astre solaire témoigne de la furie avec laquelle notre planète brûle. Mais même face à l'effondrement, la quête de la paix reste un rêve insolent.


Les vestiges d'anciennes civilisations émergent parfois du sable, témoignant d'une époque révolue où l'humanité croyait en un avenir radieux. Ces ruines, maintenant des totems de notre hubris, servent de rappel constant de notre chute.


Les survivants, réfugiés dans des cités-bulles auto-suffisantes, regardent avec mélancolie et effroi ces territoires abandonnés, craignant ce qui pourrait s'y cacher, ou se demandant : comment cela a-t-il pu arriver ?


Entre les cendres, une Veilleuse, Aifos, allongée à plat ventre, sniper en main, seule :

"Nous avons façonné notre propre apocalypse..." pense-t-elle, témoin de ses ancêtres. Un constat amer pour celle qui n'a connu que les ruines de la civilisation d'après l'effondrement.


Puis, dans l'instant où le silence est brisé par un fracas, une vie s'éteint sous son œil froid. Le choc du tir résonne tandis que l'âme de Nein, un Veilleur également, s'échappe, libérée par la précision mortelle de son sniper. Elle recharge, plus par habitude que par nécessité, le désert étant son seul témoin.


Ici, les dangers sont d'une nature plus sauvage ; scorpions géants, aux airs de primates, lion-chimpanzés, agiles et affamés, guettent dans l'ombre.


Alors qu'Aifos range son arme, une onde psychique l'assaille - un écho émotionnel d'un cœur brisé, découvrant le corps qu'elle vient de faucher.


Elle saute sur sa mécha-bécane, le moteur gronde à la vie, et elle s'éloigne, fuyant les répercussions de son acte. Provenant d'autrui, des vagues de tristesse et de colère l'envahissent, soulevant des questions sans réponse.


Soudain, une silhouette émerge des vapeurs de chaleur :


"Qu'as-tu fait ?! Pourquoi ? Nein n'avait rien fait !"


La confrontation est inévitable.


"Il me poursuivait. Ce n'est pas ton affaire. Écarte-toi."


"Aifos, je t'en prie, reviens à la raison, rentre à la maison !"


"Jamais, Miranda. J'ai choisi l'extrême inverse"


" S'il te plaît, ne le fais pas pour les Veilleurs, ni pour l'UAP... Fais-le pour moi. "


"Je t'ai tant aimé Miranda... mais je ne pourrais jamais pardonner à l'UAP."


"Et tu nous condamnes tous ?"


"Seulement ceux qui me traquent."


"Mais notre essence même est en jeu ! Pense à ce que dirait Erèp !"


"Nos choix sont faits. Pars ou meurs."


"Je choisirai la mort."


"Adieu, alors, Miranda. Merci d'avoir été là."


"Tais-toi et tire... rappelle-toi juste que, moi aussi, je t'ai aimée."


Le crépuscule se fond dans une froide obscurité métallique, où chaque étoile semble une larme gelée sur le visage du ciel.


Sous le voile nocturne, Aifos s'échappe, essence et acier mêlés, dans un souffle froid qui effleure et ne guérit pas.


La mécha-bécane gronde, paysages flous sous l'étreinte de la nuit, pensées en tumulte, combat silencieux entre être et devoir être.


Au crépuscule, le ciel se mue en une mosaïque mouvante, mélange dense de pourpre et d'or. Aifos arpente l'arène aride, où chaque grain de sable susurre les souvenirs d'un siècle submergé, sombré sous le sceau du temps et de l'abandon.


La brise, berceuse du soir, charrie le chuchotis charnel de la solitude, s'entrelaçant aux senteurs séchées de la terre et tissant un tapis de tendres touffes tenaces.


Silence solennel du désert, seulement scandé par le son soutenu de ses semelles sur le sable et le cri criant d'une créature cachée.


Autour, des apparitions architecturales, vestiges de vies volatilisées, veillent en vain, vénérables sentinelles du vaniteux voyage de l'humanité vers sa chute.


Cette contrée cruelle, couronnée par le couchant, capte une quiétude quasi-quantique, quand les ombres s'étirent, étreignant la terre dans une éclipse éphémère entre lumière et obscurité.


La nuit tombée, la chaleur ardente redescend, mais, plus aucune lumière pour éclairer ces contrées de danger. Elle décide de camper, d'avoir un peu de paix. Elle repense à sa journée, à son passé.


Dialogue avec Miranda, écho douloureux, cœur brisé, fantôme de ce qui était. Route solitaire, choix tranchés, fuite dans l'inconnu où tout se dissout sous le regard des étoiles.


Elle s'endort, oubliant ce désastre, bercée par le port des astres et du sable d'or. Quelques cauchemars sur la mort l'emporte sur son sommeil, la réveille, elle regarde le ciel, se rendort sans ne savoir plus bien ce qui est réel.


Puis, au tôt matin, une troupe de lion-chimpanzés s'agglutine autour de Aifos, réveillée par les cris. Elle essaie de leur faire comprendre qu'elle n'est pas bonne à manger.


Ils lui demandent : "Pourquoi ? Nous ne comprenons pas."


La brise matinale souffle, apportant le chant d'anciennes mers, elle se lève, ferme les yeux, et puis, en plein désarroi, leur crie : "Je suis de fer et de feu, pas de chair, ni de sève. Goûtez à ma colère, vous sentirez la grêle."


Les lion-chimpanzés, intrigués, se rassemblent, murmurent, dans un ballet d'ombres et de lumières. "Mais qu'est-ce que c'est, cette créature qui parle comme le vent, qui menace comme l'orage ?" se demandent-ils en chœur.


Un brave s'approche d'elle, elle sort son fusil, il ne recule pas, elle tire dans ses pieds, il s'enfuit en boitant, certains des autres le suivant en paniquant.


Un autre pas en avant, audacieux, mais prudent, s'aventure, "Montre-nous, créature, que tu es bien de métal, que ton sang est de feu."


Aifos, avec un geste lent, dévoile son bras, la lumière danse sur sa peau, révélant des veines de lumière pulsant d'un rouge profond. Les yeux des lion-chimpanzés s'écarquillent, un mélange de peur et de fascination.


"Veilleuse, je suis. Mon sang luminescent me démarque des autres humains."


Les lion-chimpanzés se consultent, un silence pesant s'installe, seulement brisé par le murmure du sable que le vent caresse. Enfin, le plus vieux, le pelage grisonnant, fait un signe de tête. "Nous te laissons partir, étrangère. Tu n'es pas de notre chasse. Mais attention, le désert est vaste, ne sois pas trop enthousiaste, bien que nous te souhaitons un voyage faste."


Aifos hoche la tête, son fusil laser maintenant abaissé : "Je comprends. Et je vous remercie pour votre clémence."


Elle se retourne, marchant vers l'horizon, où le soleil commence à peindre le ciel de couleurs flamboyantes. Derrière elle, les lion-chimpanzés s'éloignent, retournant à leur vie sauvage, laissant Aifos à son voyage, l'errance de son existence la hantant doucement.


Plus loin sur son chemin, elle s'exclame :

"Le soleil infernal commence à se lever... j'aurais peut-être dû avancer pendant la nuit et dormir la journée..."


Elle grimpe, gravit les pentes abruptes, jusqu'à ce que la montagne lui montre un modeste mais mystique sanctuaire, sanctifié par le silence. Ici, avec une hésitation habitée, elle honore la mémoire de Miranda, déposant délicatement l'anneau arraché aux dures nécessités de l'aventure.


"J'aimais sacrément bien tes repas...

Tu me manqueras...

... Mais... Ce n'est pas moi qui ait tout gâché. "


Seule dans le silence sacré, elle s'immerge dans une prière profonde, plongeant dans les profondeurs de sa propre âme. Elle sent soudain une singulière sensation de présence, une puissance palpable, pas puisée du paysage parcheminé par le désert, mais émanant d'elle-même, essence éthérée éveillée en elle.


"Guide moi..."

"Va vers la loi."


En méditant avec une intensité élevée, elle pouvait, grâce à son lien psychique, repérer et localiser ses autres cibles, les Veilleurs encore en vie, dont elle faisait partie.


Elle savait désormais quel serait son prochain trajet. Chez Pléthore. Le Tribunal pour la Paix.


Aifos enjambe sa mécha-bécane, le moteur ronronnant tel un chat affectueux, vibrant d'une promesse d'un lendemain. L'accélérateur enclenché, l'engin sort de son sommeil et gronde comme le tonnerre à l'horizon prêt à déchirer le voile de la nuit.


Le désert s'étend et se tend et s'entend devant elle, un océan céans de sable envoûtant et d'horizons sans maisons. L'immense danse dense devant elle jusqu'à l'accoutumance.


La vitesse devient chez elle ivresse et prouesse et elle prie que ce qui l'attend, même si cela la blesse, la laisse sans laisse.


Les vibrations de sa mécha-bécane, les formations rocheuses défilent, l'air fouette le visage, l'existence fragile ne veut pas se faire dompter.


Soudain, sous elle, Aifos, le sol tremble, gronde profondément, monte des entrailles terrestres jusqu'au ciel, pas le temps de ralentir, ça sort, sans avertir, un gigantesque ver des sables, barrant sa route.


Le titan des dunes levant sa monumentale tête vers le ciel, à deux doigts d'engloutir le soleil, tire pourtant son regard vers la minuscule fourmie humaine.


Elle voit dans son immense regard, une intelligence et une curiosité qui dépasse la simple faim, qui témoigne même d'une grande sagesse.


Avec une lenteur calculée, elle descend de sa mécha-bécane, son regard jamais détourné de celui de la créature.


"Je ne suis pas ton ennemie," murmure-t-elle, sachant bien que les mots ne suffisent pas, mais espérant que l'intention, l'émotion, puissent traverser l'abîme entre leurs mondes.


Le ver des sables cligne, sifflement d'un signe, les vibrations dans l'air semblent porter son murmure à la conscience de la créature. Aifos avance une main, paume ouverte, dans un geste universel de paix.


Cela est peut-être stupide et trop anthropocentré. Mais l'immense tête s'abaisse, les yeux du ver scrutant Aifos avec une intensité qui frôle le surnaturel. Un lien fragile d'entente se tisse entre eux.


Le ver de sable recule lentement, provoquant tout de même des tremblements rugissants, et lui laisse la place.


Elle remonte sur sa mécha-bécane, jetant un dernier regard à la créature. "Merci," souffle-t-elle, un merci pour l'écoute, pour la compréhension, un merci qui transcende les mots.


Sous l'œil impassible des étoiles, elle s'avançait, seule contre l'infini, une Veilleuse éteignant les ombres du passé avec la lumière crue de ses vérités.