Chapitre 1
Depuis quatre heures du matin, je suis là, allongé à tourner dans tous les sens sans retrouver le sommeil. Malgré mes deux heures de repos, la journée s’annonce longue. En seconde année de littérature option patinage artistique, je suis constamment sollicité. Les paroles de ma mère résonnent dans ma tête : “l’université, c’est le début d’une nouvelle vie”, “ce seront tes meilleures années”. Elle aussi avait dit ça pour le collège et le lycée, mais ce n’était pas si simple. Comment lui expliquer que ces années ne sont pas toujours aussi roses qu’elle le prétend ? Et si c’est le cas, que me réserve l’avenir à la fac ? Les parents ont parfois cette tendance à idéaliser le passé. Mais ce n’est pas le moment d’y penser, il est tôt, mais je dois me lever pour me détendre dans un bon bain chaud. Si je n’avais pas le courage de pratiquer mes acrobaties en jouant avec la mort sur la glace, je n’aurais pas le courage de me lever. Alors, je me redresse, donne un coup dans ma couette et me dirige vers la salle de bain.
Ne souhaite pas déranger ma mère endormie, je ferme la porte avec précaution et allume la lumière avant de me diriger vers la baignoire. J’ouvre le robinet, laissant l’eau tiède remplir lentement le bac, en profite pour allumer le radiateur et me débarrasser de mes vêtements, que je jette dans le panier de linge sale. Je prends le temps d’admirer mon corps musclé dans le miroir, en portant une attention particulière à ma cicatrice sur l’omoplate droite. Je la touche du bout des doigts, ressentant un frisson, je ferme les yeux pour chasser les souvenirs douloureux qui remontent à la surface. Quand je les rouvre, je m’avance vers la baignoire pleine, la chaleur de l’eau enveloppant mon corps et mon esprit, apaisant mes tourments.
Je m’allonge progressivement, laissant mes muscles se détendre et mes pensées s’apaiser. Le silence de la maison endormie m’entoure, me donnant un sentiment de paix et de solitude agréable. Je ferme les yeux, laissant mes soucis s’éloigner peu à peu. Je me sens léger, détendu, presque en apesanteur. Les images du passé s’estompent, laissant place à un sentiment de bien-être profond. Finalement, après avoir profité de ce moment de calme, je me décide à sortir de la baignoire. Je m’enveloppe dans une serviette moelleuse, me réchauffant doucement. Je me prépare à retrouver le monde extérieur, avec un sentiment de sérénité. Je quitte la salle de bain, prêt à affronter la journée qui m’attend. Je me dirige vers ma chambre pour me préparer. Je choisis avec soin mes vêtements, optant pour ma nouvelle tenue de patinage confortable, mais élégante afin de me sentir en confiance. Une fois prête, je descends les escaliers et retrouve ma mère dans la cuisine. Je me dirige vers la cafetière, me fait couler un café et m’apprête à me préparer un bon petit-déjeuner, consciente que c’est en prenant soin de moi que je pourrai être pleinement en capacité de réussir sur la glace. Alors que je bois mon café, je prends le temps de méditer sur mes objectifs pour la journée et de visualiser mon futur succès. Je suis sorti de mes pensées par mon frère qui rentre dans la pièce, journal à la main.Il me dépose un bisou sur le front et s’installe pour lire son journal.
“Hello Jack, tu as bien dormi ?, lui demandai-je, en lui faisant un sourire.
- Hello princesse, oui, j’ai très bien dormi, merci. Et toi, prête pour une nouvelle journée ? Répondit-il en me regardant avec fierté.
Je hochai la tête
- Oui, je suis prête à donner le meilleur de moi-même.Mon frère me sourit et me tendit un croissant qu’il avait préparé pour moi.
- Voilà de quoi bien commencer la journée. Je suis fier de toi Amélia.Je le remercie en lui faisant un câlin, touchée par ses encouragements. Après avoir mangé mon croissant, je jette un œil à l’horloge et remarque qu’il est déjà six heures trente. Je prends mon sac et me dirige vers la porte d’entrée. Avant de partir, je me retournai vers mon frère et lui dis :
- Merci pour tout Jack, je t’aime.Il me fit un signe de la main en souriant.
- Je t’aime aussi Amé, bonne journée et donne le meilleur de toi-même. Je suis fier de toi.”
Je sortis de la maison, le cœur léger, j’étais apte à affronter tout ce qui se présenterait à moi. Je savais que mon frère était là pour me soutenir dans tous mes objectifs, et cela me donnait la force et la confiance nécessaires à mon bonheur. Je me dirige vers ma petite fiat 500, pénètre dans l’habitacle et démarre le moteur. Le moteur gronde, j’appuie sur l’accélérateur et me voila en direction de l’université. Ce matin, je commence par un entrainement de patinage, le coach veut que je travaille la double vrille. C’est une figure assez complexe, mais je vais la réussir et le rendre fière de moi. Même si je sais qu’il ne sera jamais fier de qui je suis. Je ne suis qu’un pion qu’il manipule à ses yeux. Tentant de chasser les images de ma tête, je me gare rapidement devant l’établissement et me dirige directement vers la patinoire sur laquelle mes coéquipières m’attendent. J’enfile mes patins, mes gants et replace mon chignon. Une fois sur la piste, le coach leur explique les consignes de la séance et elle commencent à s’échauffer. Encore une fois, le coach me prend à part, loin des filles et me lance son regard sombre. Malgré tout, je m’élance sur la glace, enchaînant les pirouettes et les sauts avec fluidité. Je me sens légère, en osmose avec la musique qui résonne dans la patinoire. Enfin, vient le moment tant redouté de la double vrille. Je me concentre, visualisant chaque mouvement dans ma tête. Je m’élance, prend de l’élan et exécute la figure parfaitement.
Mes coéquipières applaudissent, le coach lui souffle et marmonne dans sa barbe. Je suis fier de moi, j’ai réussi à relever ce défi. Mais tant d’autre m’attendent. Le reste de l’entraînement est encore une fois interrompu par Nate Colins et ses compères hockeyeurs !Je suis bouillonnante de colère en quittant la glace, mes coéquipières me rassurent en me promettant de rattraper le temps perdu lors de notre prochain entraînement. Mais je sais que cela ne suffira pas. Mon coach avait rapidement quitté la glace lorsqu’il a vu l’équipe de Nate débarquer.Pourtant, je ne compte pas le laisser quitter la glace de cette façon. Serte, j’en ai peur, depuis mes 12 ans, il me traumatise, mais je dois le faire pour l’équipe. Je retire mes patins et me rends directement au bureau de l’entraîneur en chef pour exprimer mon mécontentement. Je frappe violemment à sa porte, et entre sans attendre son autorisation. Il est assis à son bureau, en train de consulter ses mails.
“Coach, il faut absolument que nous trouvions une solution pour éviter ces interruptions constantes lors de nos entraînements ! Je lui lance, d’un ton ferme, mais respectueux.
Il me regarde attentivement, puis me répond sèchement en me fusillant du regard :
- Pour qui te prends-tu pour venir ici et me donner des ordres ? rugit-il, se levant si brusquement que sa chaise bascule en arrière. Tu n’es qu’une patineuse parmi tant d’autres, et tu oses me parler sur ce ton ?Je sens la colère monter en moi, mais je me contiens.
- Coach, c’est pour le bien de l’équipe. Ces interruptions nous déconcentrent et nous empêchent de progresser.
Il s’approche de moi, son visage rouge de colère.
- Tu veux parler de progrès ? Tu crois que je ne sais pas ce qui est bon pour l’équipe ?
Il lève la main, menaçant de me frapper.
- Tu n’as aucune idée de ce que ça signifie de diriger une équipe !
Je recule d’un pas, mais je refuse de céder.
- Ce n’est pas en m’intimidant que les choses vont s’arranger. Nous avons besoin d’un environnement sain pour nous entraîner.Il me saisit par le col, me secouant violemment.
- Tu penses que tu peux venir ici et me dicter ma conduite ? Tu es une moins que rien !
La peur me glace les veines, mais je serre les dents.
- Coach, vous ne pouvez pas continuer comme ça. Je ne le supporterai plus.”
Il me lâche brusquement, me poussant en arrière si fort que je trébuche et tombe au sol. La douleur se répand dans mon dos, mais je serre les dents, refusant de lui montrer ma faiblesse.Il s’avance de nouveau vers moi, les yeux flamboyant de colère.
“Tu n’as rien à faire ici si tu ne sais pas obéir, gronde-t-il en me donnant un coup de pied dans les côtes. La douleur est intense, mais je refuse de crier. Je ne lui donnerai pas cette satisfaction.
- Ça suffit, coach ! Vous allez trop loin !, dis-je en me redressant lentement, chaque mouvement me faisant souffrir.
Il me fixe, les poings serrés, prêt à frapper de nouveau.
- Sors d’ici avant que je ne te vire définitivement,” crache-t-il.
Je titube en me levant, la douleur envahissant chaque partie de mon corps. Je jette un dernier regard de défi à mon agresseur avant de sortir de son bureau. Les larmes me montent aux yeux, mais je les retiens.