Armenzta - La Légende de Flora Perzta

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Summary

Flora Perzta, dix-sept ans, fille aînée d'un riche Comte, est en âge de se marier. Lorsqu'elle rencontre Marlon Frije, fils d'un médecin et nouvellement arrivé au pays avec toute sa famille, elle développe des sentiments pour lui et accepte d'être sa fiancée. Cependant, lorsque sa famille est frappée par un scandale royale causé par son frère, Louis Perza qui a tenté de tuer le Roi, elle se rappelle de la règle d'or de la famille : toujours rester souder. Pour Flora, rompre ses fiançailles et accepter la demande en mariage d'Armando Battesti, le cousin du Roi, est une évidence. Laver le nom de sa famille et sauver leurs terres devient alors la priorité. Mais lorsqu'Armando est appelé sur le trône, leur vie entière bascule. Flora ne s'est jamais imaginé devenir Reine et sait que son nouveau rôle ne sera pas de tout repos.

Status
Ongoing
Chapters
7
Rating
n/a
Age Rating
18+

.1.

1789

Le Roi Anthéor est mort.

Certains disent qu’il est mort d’un abcès mal soigné. D’autres supposent qu’il aurait attrapé une maladie sexuelle à cause des nombreuses femmes qu’il fréquentait. Il y avait d’autres rumeurs qui circulaient sur sa disparition soudaine comme un empoisonnement. Les gens aiment parler entre eux et divulguer des informations et ce, peu importe si celles-ci demeurent fausses.

Nous sommes dans la crypte royale auxquels seuls les nobles les plus riches avaient un droit d’accès pendant l’enterrement d’un roi. Il était important pour la famille royale de montrer leur puissance dans cet immense sous-terrain sombre, éclairé par des torches, où repose la dynastie de Battesti, en est la preuve.

Cette famille règne depuis plusieurs siècles sur le royaume. Elle est à l’origine de son unification. Certains conquérants avaient réussi à s’emparer du trône, mais ce n’était qu’une histoire de quelques jours. Les Battesti arrivaient toujours à récupérer leur siège doré.

Je n’ai d’ailleurs jamais connu un coup d’état. Il y a longtemps que les piques autour de l’arène royale n’avaient pas été renouvelés. Les têtes des traitres qui étaient accrochées n’étaient plus que des crânes qui finissaient par se fracasser sur le sol avec le temps. J’avais entendu dire que les morceaux d’os étaient donnés aux chiens de chasses.

Mes parents avaient connu une tentative de mutinerie. La famille royale était partie en Hombrie pour fêter le second mariage du futur Dauphin Alério et de sa jeune épouse, Avena. Sa première épouse qui n’était autre que la sœur de cette dernière, avait été exilée un an après, à cause de sa stérilité. Souhaitant maintenir l’alliance entre les deux royaumes, leur père n’avait eu aucun scrupule à lui donner sa deuxième fille.

L’histoire d’Ethan, le voleur de trône, est connue. Si certains nobles la détournaient, j’avais eu la chance d’entendre la version d’une vieille villageoise qui racontait tout dans les moindres détails. Elle était difficile à oublier.

Il n’était qu’un pauvre villageois qui voulait une meilleure vie pour son peuple qui souffrait à cause des impôts et des taxes trop élevés. Les famines et les épidémies à répétition n’attristaient pas le souverain. Il préférait faire la sourde oreille.

Si Ethan ne voulait qu’une révolte, son grand cœur l’avait perdu lorsqu’il avait cru à la générosité des grands seigneurs. Sa naïveté l’avait trahie. Leur promesse de lui prêter une armée était vaine. Le pauvre jeune homme avait été utilisé comme une marionnette pour assouvir la soif de pouvoir de ses faux alliés.

Il avait réussi à prendre le trône, il était fier de lui, de ce qu’il avait accompli, et les seigneurs qui l’accompagnaient, fêtaient la victoire à ses côtés. Ethan allait enfin pouvoir rendre la dignité aux paysans qui peinaient à vivre.

Lorsque la famille royale est revenue, ceux qui se réjouissaient à ses côtés, le trahirent. L’armée qui l’avait aidé n’avait pas bougé le petit doigt pour le défendre. Tous ses alliés lui avaient tourné le dos dans l’unique but d’obtenir les faveurs du roi. Si les seigneurs obtinrent plus de terres, leur pantin avait été condamné pour trahison. Sa jeune sœur fut mariée de force à l’un d’entre eux et sa famille avait été condamnée à l’exile.

A chaque fois que j’écoutais cette histoire ou que j’entendais le prénom de ce villageois, mon sang se glaçait. Il avait appris à ses dépens, qu’il ne fallait faire confiance à personne et certainement pas à des seigneurs qui promettaient la gloire. Il n’avait fait qu’écouter son cœur et son peuple.

J’ignorais ce qu’était devenu sa famille après leur exile. Je n’avais jamais vu sa sœur. Ma mère l’avait vu sortir quelque fois jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte. Et s’était ensuite cloîtrée chez elle jusqu’à son décès plusieurs décennies plus tard.

Autrefois, il y avait de bons rois. Des rois qui traitaient le peuple comme leurs semblables et qui ne les sous-estimaient pas. Ils savaient qu’ils pouvaient renverser un souverain du jour au lendemain. Ils régnaient tous avec respect et se donnaient pour but de rendre le pays encore plus puissant qu’il ne l’était déjà.

Mais depuis qu’Anthéor était monté sur le trône, les choses avaient changé. Son fils, Alério, avait emprunté le même chemin. Il admirait son père comme un dieu. Quant à Arslan, l’héritier du trône, il n’est pas différent de ses prédécesseurs. D’après les dires, il serait même pire.

Tout le pays connaît chacune de ses frasques, des horribles choses qu’il faisait subir aux femmes qui avaient le malheur de partager son lit. Les paysans le détestent car il manipulait leurs filles pour faire d’elles ses objets. Le Roi ne détestait pas son fils pour autant. Au contraire, il le couvait et le protégeait.

Il avait deux fils, mais il préférait Arslan car il lui ressemblait et il était le premier né. Il était hors de question que sa fille, Alaïa, hérite du trône.

J’appréciais beaucoup Alaïa. Nous étions de bonnes amies et j’avais été attristée que son père et ses frères la méprisaient à cause de son sexe. Elle était une femme. La constitution l’autorisait à monter sur le trône et les hommes de sa famille n’aimaient pas cette loi. Ils souhaitaient l’abroger, mais ils n’étaient jamais allés jusqu’au bout.

La Princesse Royale avait été plus maligne qu’eux puisqu’après ses fiançailles forcées avec le vieux roi de Stomani, de trente-quatre ans son aîné, elle avait réussi, lors d’un bal royal, à convaincre un empereur, qui avait vingt ans de plus qu’elle, de l’épouser pour la libérer des griffes de sa famille. Monsieur Carlei d’Espelli cherchait une jeune épouse qui lui permettrait d’avoir une alliance avec un pays puissant comme l’est Armenzta.

Aujourd’hui, Alaïa est l’impératrice d’un grand empire et la rumeur raconte qu’elle n’avait aucunement envie de retourner au pays. Son absence à l’enterrement de son père n’est pas une surprise.

Aucune femme n’était bien traitée en leur présence. Le sexe faible ne méritait pas d’être considéré avec respect. Qu’il soit de sang royal ou non. Excepté pour Adria, la fiancée d’Arslan et Reine d’Armenzta. Son futur époux l’admirait car il avait trouvé son double.

A ses côtés, il pouvait continuer à terroriser son peuple, à imposer des impôts aussi aberrants les uns que les autres et à jouer avec leur vie sans obtenir un jugement de la part de sa bien-aimée puisqu’elle participait également. Elle était à l’origine des dernières taxes pour soi-disant, permettre la grandeur du pays alors que c’était réservé à sa seule et unique personne. Le défunt Roi n’avait émis aucune opposition. Ils se pensaient protéger par la couronne.

Arslan est fou et tout le monde le sait. Les ministres sont parfaitement au courant que ses agissements mèneront à la perte du pays et pourtant, ils ne font rien et préfèrent laisser nos ennemis admirer le spectacle. Je ne serai pas surprise si un jour j’apprends que le roi a été trahi.

Armenzta avait de nombreux ennemis. Le pays est vaste et possède des terres fertiles qui permettent de nourrir leur propre peuple. Sauf le nôtre. Le Roi préférait nourrir les autres royaumes plutôt que le sien. Ses conseillers n’étaient guère mieux que lui. Si Arslan a décidé de choisir les siens, je ne crois pas en leur bonté. Il n’y a que des fous qui acceptent de conseiller un fou.

Ils se servent grassement dans les caisses de l’État et tant que leurs privilèges sont bien gardés, ils ne bougeront pas d’un orteil. Ils sont tous mariés et ont de nombreux enfants, légitimes et illégitimes. Ils passent leurs journées et leurs nuits dans des bordels plutôt que d’effectuer leur travail.

J’avais entendu ma mère dire à ses amies que ces derniers temps, il y avait de plus en plus de foyers pour jeunes filles célibataires et enceintes qui ouvraient dans le pays. Toutes ces filles mettaient au monde les bâtards que les politiciens engendraient sans aucune pitié et sans les reconnaître pour leur assurer un avenir.

Les ouvertures de ces bâtiments continueront de se propager dans tout le pays parce que les hommes se fichent royalement de ce qu’ils leur font subir. Malheureusement, elles continueront de tomber enceinte contre leur gré, parce que c’est ainsi depuis la nuit des temps, mais il devrait y avoir une loi pour les protéger elles et leurs enfants.

Si certains nobles se plaignaient et faisaient part de leur mécontentement sur la situation du pays, ce n’était pas le cas de Géralt, mon père. Il préférait se taire et rester fidèle aux Battesti comme le fit son père et son grand-père avant lui. Il me disait souvent que s’il se révoltait, notre famille ne survivrait pas. Pour lui, c’était la seule manière de nous protéger.

Il est évident que je n’aime pas lorsqu’il renonce à suivre ceux qui veulent relever le pays, ceux qui veulent changer le pays parce qu’il est urgent d’agir. Je pourrai qualifier mon père de lâche, mais je ne veux pas y penser. Je sais qu’il ne fait rien pour nous protéger.

Malgré le fait que la folie de la famille royale n’est plus à prouver, elle n’en reste pas moins puissante. Le défunt roi Alério était un fin stratège. Il avait créé des alliances avec les pays aussi puissants que le nôtre. Il savait que ses agissements pouvaient causer une révolte du peuple alors il s’était arrangé avec ses alliés pour le protéger et pour l’accueillir si cela venait à arriver.

Si ces têtes couronnées du pays se détestaient, ils se protégeaient parce qu’ils avaient tous un point commun : ils craignaient le peuple, ils les craignaient alors qu’ils étaient responsables de leur colère, mais cela ne leur empêche pas de continuer à les maltraiter. Je les déteste tellement. Si seulement j’avais pu refuser à l’enterrement de ce cher roi.

Je regarde autour de moi et constate que Alaric, l’oncle d’Arslan, a refusé de se rendre aux obsèques de son frère, se fichant des règles de bienséance. Cet homme n’a pas échappé à la folie qui frappe la famille royale puisqu’il est à l’origine d’un scandale royal qui a également entraîné la fille du roi d’Atoxa, un pays voisin qui se situe au sud.

La pauvre Géruda n’aurait jamais pensé que croiser la route d’un Duc au sang bleu aurait causé la perte de son honneur et de sa virginité. L’opprobre a été jeté sur elle tandis que lui, n’a rien eu hormis les remontrances de son frère. Ce dernier n’aurait rien dit si la fille en question n’avait un roi comme père parce qu’il est interdit de toucher aux filles royales car cela est susceptible de mettre en péril les alliances internationales. Son neveu est d’ailleurs du même avis.

Géruda est tombé enceinte. Une honte pour une femme non mariée et encore plus pour une princesse et ce, peu importe les circonstances. D’après ses amies qui sont aussi mes amies, sa mère, la reine, surveillait les moindres faits et gestes de ses filles, jusqu’à même s’assurer qu’elles aient leur règle chaque mois. Il est primordial qu’elles soient pures jusqu’au mariage. La grossesse n’a pas pu être cachée bien longtemps et ses fiançailles avec un prince ont dû être annulées.

La colère de son père n’a pas tardé pour arriver aux oreilles d’Alério qui, pour sauver une alliance déjà fragile, a forcé son frère à épouser Géruda afin d’éviter une énième guerre. Le sort de cette femme a continué de s’acharner lorsque sa famille a décidé de la bannir. De cette union malheureuse, un fils prénommé Alban, est né.

Alban porte le surnom de « bâtard royal » depuis plus dix ans maintenant. A l’époque, je n’étais qu’une enfant, mais comme tout le monde je suis au courant. Les secrets de la famille royale ne restent pas des secrets bien longtemps, exceptés ceux qui pourraient provoquer une guerre civile ou mondiale.

Mais comme dans toutes les familles, il y a toujours une exception et cette exception est Armand, le neveu du roi et est Duc de Stix – un duché qui se trouve au sud-est du pays – depuis le décès brutal d’Alvin, son père. Un accident de chasse d’après mes frères. Il n’a jamais connu sa mère, Aïcha, décédée peu de temps après sa naissance. Elle était l’unique amour de son père, qui, puisqu’elle lui avait donné un fils et donc un héritier, avait refusé de se remarier.

Je ne connais pas assez bien Armando pour le décrire. Il est plutôt discret et ne se mélange pas avec sa famille. Je ne suis au courant d’aucune de ses frasques. Il jouit simplement d’une réputation d’homme à femmes, comme tous ceux de son rang. Il plaît beaucoup à la gent féminine. Les jeunes femmes à marier n’ont de cesse de lui tourner autour, mais il semblerait qu’il ne veuille pas se marier, pour l’instant.

Mon regard croise le sien, des yeux verts perçants s’ancrent dans les miens, qui sont de la même couleur. Je rougis malgré moi et quitte notre connexion non voulue. Je ne veux pas qu’il pense que je suis intéressée par lui bien que je l’aie regardé avec insistance. Je ne veux pas qu’il me prenne pour ces femmes avec qui il aime passer du bon temps. Je tiens à garder ma réputation intacte.

Je sursaute en entendant la voix de ma sœur, Josiah, me ramenant au moment présent.

-La Reine a perdu son mari et n’est même pas triste. C’est étrange d’agir ainsi.

-Tu ne dirais si tu savais ce qu’elle a vécu, répond Charles.

Charles est mon frère aîné. A la mort de mon père, il héritera du comté que notre famille possède depuis plusieurs siècles. Il est le premier fils d’une fratrie de cinq enfants dont deux garçons et trois filles. Il y a Charles, Louis, moi, Josiah et Nigina, la petite dernière.

Géralt, alias Monsieur le Comte, désire ardemment un troisième fils car même la relève est assurée, qu’il a deux héritiers mâles, un garçon en plus dans la famille serait une sécurité supplémentaire. Cependant, ce n’est pas de l’avis de Madame la Comtesse, ma mère, qui ne veut plus être enceinte. La cinquième grossesse a bien failli l’emporter et elle ne veut plus risquer sa vie pour avoir un sixième enfant. Elle ne cèderait pas face à l’éternel insatisfait qu’est son mari malgré le fait qu’il excelle dans de nombreux domaines.

Chez les nobles, avoir beaucoup d’enfants est synonyme de richesse et de prospérité. Les fils sont bien entendus plus désirés que les filles, mais les pères sont bien contents de les avoir pour former des alliances. Nous ne sommes pas si inutiles que cela, finalement.

Lidza, notre mère, n’est pas la femme soumise que la société aime tant éduquer et formater. Elle a un contrôle total sur la famille, les gestions du patrimoine ainsi que les comptes. Notre père lui fait entièrement confiance parce qu’elle n’a jamais qu’elle a le don des chiffres et qu’il sait que ses fils, tout comme lui, n’aime pas faire cette tâche longue et ennuyante. Ils trouvent toujours un stratagème pour y échapper.

-Qu’a-t-elle bien pu vivre pour être malheureuse ? Une reine ne peut pas être malheureuse. Je rêve tellement d’être à sa place ! Epouser un roi, être couronnée reine et mettre au monde des petits princes ! s’extasie-t-elle.

Excepté aujourd’hui, Josiah est souvent vêtue de rose ou de bleu et a toujours le sourire aux lèvres. La petite fleur bleue de la famille et rêve de trouver un mari et d’avoir des enfants au plus vite pour remplir son rôle d’épouse, mais notre père souhaite marier ses filles dans l’ordre en commençant par la plus la plus âgée qui n’est autre que moi.

-Josiah, les contes de fées n’existent pas.

-Crois-moi, Josiah, tu n’as pas envie de savoir, dis-je.

-Toi aussi, tu le sais ? Qu’a-t-elle vécu ? Vous devez m’expliquer ! insiste-t-elle.

Géralt lui somme de se taire accompagné d’un regard noir, ce qu’elle fait, sans protester. Ma sœur n’est pas connue pour sa discrétion et son tact. Nos parents s’étaient chargés eux-mêmes de notre éducation. Ils n’avaient rien laissé passer. Le moindre faux pas était corrigé. Ils nous surprotégés également parce que la famille passe avant tout. Il est très important pour eux que nous restions soudés et que nous nous soutenions toujours malgré nos désaccords.

Charles a cru bon me raconter l’histoire de la reine Avena et de sa sœur, Asma. Cette dernière était la première épouse d’Alério, mais elle a été répudiée après un an de mariage, faute de lui donner un héritier. Elle a été renvoyée chez elle et a épousé sa sœur, Avena.

Avena de Hombrie ou plutôt « la Reine Muette ». Elle porte durement ce surnom après la naissance de sa fille, Alaïa. Le roi avait pourtant eu deux fils et avoir une fille n’était pas dans son programme. D’après les dires, il aurait été pris d’un accès de colère et l’aurait violentée. Depuis ce jour, la reine n’a plus jamais prononcé un mot. Comment lui en vouloir de ne pas pleurer son mari ?

Charles connaît cette histoire car il est un très bon ami de Arslan. Je n’ai jamais compris comment il peut être proche d’un homme pareil, mais grâce à cette fâcheuse amitié, il a accès à beaucoup d’informations sur la famille royale. Il aime particulièrement me parler d’Adria de Monzta, la fiancée du nouveau roi et bientôt couronnée reine, qu’il trouve très belle, mais détestable. Il me dit souvent que la haine l’a choisie pour sa beauté et son innocence bien gardée.

Adria est arrivée à Armenzta il y a deux semaines. Son mariage avec Arslan aurait dû être célébré depuis plusieurs jours, ils devraient être en voyage de noces, ils devraient être en train de mettre en route le futur héritier, mais le Roi étant très malade, la date de leur union n’a pas pu être fixée. Et puisque les mariages ne peuvent être célébrés pendant le mois de deuil, ils devront mettre leur mal en patience.

Je peux rejoindre mon frère lorsqu’il dit qu’elle est très belle. Sa beauté monztienne n’est pas une légende. A Monzta, les femmes sont réputées pour leur beauté. Les hommes du monde entier se rendent là-bas pour trouver leurs épouses.

Ses longs cheveux blonds comme le blé sont enroulés dans un chignon complexe, retenue par son chapeau noir de velours. Sa longue robe qui est de la même couleur et de la même matière, épouse parfaitement bien ses formes féminines. Un voile en dentelle cachait ses yeux bleus glaciales qui empêchent quiconque de la défier ou de s’approcher. Elle n’avait que dix-sept ans, mais grâce à sa posture, elle en faisait dix de plus.

Oui, elle est belle, mais la beauté d’une personne ne reflète pas toujours sa bienveillance. Mon frère répète sans cesse qu’elle et Arslan sont fous amoureux et sont très bien assortis. Ils sont tous les deux hautains, méchants et cruels envers les domestiques et le peuple en général. L’héritier du trône a même fait pendre les hommes qui avaient osé s’approcher de sa promise d’un peu trop près.

-Aux Dieux de l’Univers, nous demandons d’accueillir l’âme de notre bien aimé souverain dans votre royaume et d’accepter notre prière, déclare Père Carlos.

Le cercueil est placé au font du tombeau que le roi avait pris soin de faire ériger avant sa mort. Tous les souverains préparent leur sarcophage avant de mourir. Le sien est en marbre noir et le gisant qui le représente et sculpté en relief, est en marbre blanc. Il est soigneusement placé sur le dos avec une couronne sur la tête et ses bras sont croisés sur son torse. Alério avait également pensé à faire ériger un monument en son honneur de la même matière.

Père Carlos installe des bougies blanches autour de la sculpture pour faire une dernière prière avant de mettre fin aux funérailles. Il était temps qu’elles se terminent. J’ai hâte de rentrer à la maison car prier pour un roi qui n’était pas à la hauteur de sa tâche, me provoque quelques nausées.