Le voyage
Zoé attendait que son vol décolle. Elle était impatiente. Son premier voyage au Japon. Le rêve pour elle. Elle en avait toujours rêvé sans jamais oser passer le cap. Et aujourd’hui, elle était là, à regarder les avions décoller. Dans moins d’une heure, elle serait à bord de l’un d’eux. Sa valise avait été enregistrée, son billet dans son sac à main.
Elle avait décidé ce voyage quelques jours plus tôt, quand son patron l’avait convoqué dans son bureau pour lui annoncer qu’elle était virée. Elle s’y attendait. Non pas qu’elle ne faisait pas du bon boulot, mais, ses retards fréquents l’avaient poussé vers la sortie. Mais elle s’en moquait. C’était au contraire une bonne nouvelle. Elle allait pouvoir voyager. Le Japon l’avait toujours attiré. Et là, elle avait l’occasion de partir au pays du soleil levant.
Elle jeta un coup d’œil aux autres voyageurs. Juste à côté d’elle, une femme buvait un café en lisant un magazine de mode. Un peu plus loin, un homme sirotant son whisky en lisant son journal. Allaient-ils dans le même avion qu’elle ? Dehors, le soleil brillait. Ce mois de septembre était chaud. Espérons que ce serait de même là-bas. Elle avait prévu de s’arrêter à Tokyo pour commencer. Elle voulait y rester une quinzaine de jours. Elle verrait ensuite où aller.
Un message d’accueil l’informait que l’embarquement pour son vol avait déjà été lancé. L’excitation montait en elle. Elle fut dans les premières à bords de l’appareil. La dame au magazine s’installa juste devant elle. Zoé n’en pouvait plus de cette attente. Et les 15 heures de vol qui l’attendait se promettaient d’être longue. Elle avait réussi a trouvé un vol sans escale. Demain matin, elle serait à Tokyo. Comment ne pas être excité ?
Zoé regardait les autres voyageurs prendre place. Personne ne vint s’installer à côté d’elle. L’avion décolla enfin. Elle n’avait plus qu’à se laisser porter jusqu’à l’atterrissage. Une bouffée de stresse l’envahi soudain. Elle n’était pas très douée en anglais et ne connaissait que quelques mots en japonais. Saurait-elle se faire comprendre ? Peut-être. En-tout-cas, elle n’allait pas se laisser aller. Elle se débrouillerait très bien. Le langage des signes était universel après tout.
Elle regarda les nuages à travers son hublot puis se décida à sortir un livre pour s’occuper. Mais elle rendit vite compte qu’elle n’arrivait pas à comprendre un mot de ce qui était écrit. Elle referma le livre d’un coup sec et se pencha à nouveau vers son hublot. Entre deux nappes de nuage, elle apercevait des villes ou des campagnes.
Une hôtesse vint lui proposer une collation. Zoé n’avait pas vu le temps passé. Elle prit un sandwich jambon beurre et une bouteille d’eau. Tout en mangeant avec appétit, elle repensa à ce que lui avait dit son père au sujet de ce voyage.
- Cela te fera du bien, mais n’oublie pas qu’il n’y a que le travail qui compte. Je financerais ton séjour au Japon à condition que tu ne restes pas plus d’un mois là-bas. Voilà ce qu’il lui avait dit quand elle l’avait appelé pour lui demander de l’argent. Elle l’avait remercié et promis que dès son retour, elle trouverait un job convenable. Elle n’était pas sûre qu’il l’avait cru, mais il devrait s’en contenter.
Elle n’aimait pas se lever tôt pour travailler. Elle avait enchaîné les petits boulots, sans trouver sa voie. Peut-être qu’en rentrant, elle saurait ce qu’elle veut faire. Pour le moment, toutes ses pensées était tourné vers sa destination. Le soleil se couchait à l’horizon. Quel magnifique spectacle. Zoé s’appuya contre son dossier de siège, et respira profondément. Elle espérait ainsi, être gagné par la fatigue. L’hôtesse vint lui proposer un oreiller hyper moelleux. Ce fut à ce moment-là, que le sommeil la gagna. À son réveil, il ne resterait que quelques heures de vol.
À 7 heures, elle se réveilla sans trop savoir ou elle était. Puis elle se rappela qu’elle était dans un avion en route pour Tokyo. Son excitation revint en force. Le petit-déjeuner fut servi, et elle savoura son café au goût de jus de chaussette. Zoé se promit de s’arrêter dans un café digne de ce nom dès son arrivée.
Au bout d’un temps qui lui parut une éternité, le commandant annonça qu’il entamait la phase de descente.
Zoé ne put s’empêcher de regarder la piste se rapprocher. Elle trépignait d’impatience. Enfin, elle était arrivée. Son fabuleux voyage allait pouvoir commencer. Les roues de l’appareil touchèrent le sol avec douceur. Les gens se levaient de leur siège et se dirigeaient vers la passerelle. Zoé se dépêcha de ranger ses affaires et sorti de l’avion rapidement. Elle récupéra sa valise et chercha le voiturier qui devait l’emmener à son hôtel. Elle l’aperçut un peu plus loin. Une grande pancarte indiquait son nom. Elle s’avança vers lui avec un sourire et lui tendit la main. Le chauffeur, un grand homme assez bourru, lui serra. Il l’entraîna vers la sortie.
Le chauffeur installa la valise dans le coffre avant de venir ouvrir la portière à Zoé. Elle apprécia le geste en s’installant confortablement sur la banquette arrière.
- Votre hôtel est bien le Keio Plaza hôtel ? Demanda-t-il une fois installé derrière le volant.
- Oui, c’est bien cela. Si vous pouviez prendre votre temps que je puisse profiter de la vue, cela m’arrangerait.
- Aucun problème. Nous serons arrivés d’ici une demi-heure environ.
Zoé ne répondit rien. Heureusement que sa famille avait de l’argent. Elle pourrait profiter des meilleurs hôtels, et des meilleurs service proposé ici.
Elle ne voulait rien manqué. Tout était si diffèrent ici.
C’est maintenant que mon voyage commence, se dit-elle en souriant. J’ai hâte de tout découvrir. Je veux tout voir. Au fond d’elle, elle ne c’était jamais senti aussi heureuse. Les rues se succédaient. Quand une demi-heure plus tard, la voiture s’immobilisa devant un hôtel somptueux, Zoé ne put s’empêcher de pousser un petit cri. C’était juste magnifique.
Le chauffeur vint lui ouvrir la porte et sorti sa valise du coffre. Il l’accompagna dans le hall d’entrée et prit congé avec un signe de la tête.
- Mme Carver ? Demanda une charmante Japonaise dans un Anglais parfait.
- Oui, c’est bien moi. Est-ce que vous parlé français ? Demanda-t-elle plein d’espoir.
- Désolé, non.
La conversation se passera donc en anglais. Pas de chance, se dit Zoé. Elle n’avait jamais été douée pour les langues étrangères. Heureusement qu’elle avait son fidèle IPhone. Google traduction allait devenir son meilleur ami.
L’hôtesse lui tendit une clé. Un chasseur s’empara de sa valise avant de la précéder. Il la dirigea vers un ascenseur énorme. Zoé admira les lustres de cristal et les colonnes de marbre.
- Votre chambre se situe au 20e étage Melle Carver.
- Très bien, merci.
Elle pénétra dans l’ascenseur en regardant autour d’elle avant que les portes ne se referment.
Le portier ouvrit la porte de sa chambre. Zoé pénétra à son tour dans l’immense chambre luxueuse.
Après avoir déposé sa valise dans un coin de la pièce, le portier prit congé. Zoé lui glissa un billet avant de se retourner et d’admirer la vue. Tokyo s’étendait à ses pieds. Elle avait hâte de sortir et de déambuler dans les rues. Mais avant, il fallait qu’elle range ses habits dans la penderie.
La fatigue lui tomba dessus quand elle eut rangé son dernier pull. Aurait-elle la force de sortir ce soir ? Où devait-elle se contenter de descendre dîner puis de remonter passer une bonne nuit ? Le décalage horaire l’avait assommé.
Elle passa à la douche et se rendit au restaurant de l’hôtel. Un bon dîner lui ferait du bien. Elle déciderait ensuite si elle commençait la visite ce soir ou le lendemain. Son téléphone ne la quittait pas. Sans lui, elle ne saurait pas communiquer. Elle se jeta sur son bol de ramen. Le repas terminé, elle se sentit beaucoup mieux. Sa décision était prise. Elle allait sortir et voir les rues autour de l’hôtel. La nuit promettait d’être magique.