𝕸𝖆𝖑𝖋𝖗𝖆𝖙. 💔

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Summary

Ousmane, jeune prometteur informaticien de 24ans, ayant l'objectif de se marier religieusement le plus vite possible, voit ses ambitions s'effondrer. Jouant contre-la-montre face à une dette qui le fera passer du côté obscur, les problèmes fusent lorsqu'il se trouve en possession d'une clé USB recherchée par toute la ville, créant une chasse à l'homme. Pour y mettre fin, il utilisera ses connaissances malveillantes à profit qui le détruiront à petit feu.

Status
Ongoing
Chapters
3
Rating
n/a
Age Rating
18+

1.


Dans ce bas monde pour lequel chacun de nous a un avenir prédéfini, c'est bien moi aujourd'hui qui fait les causes pour que tout se passe à merveille. Tante Nawa disait que pour accomplir la moitié de sa religion, il fallait épouser sa moitié pieuse. C'est une étape de ma vie qui ferait de moi quelqu'un de responsable. À seulement 24 ans. L'amour n'a pas d'âge, le mariage aussi. Certains me disaient profite de ta vie. À ceux-là, je leur réponds que mon temps n'est pas infini. Alors me voilà sur la voie du mariage, est-ce la bonne ? الله seul sait, je l'aime tant.

♠️


Pas un seul morceau ne passe ma bouche ce matin, malgré la table remplie de nourriture. D'habitude, je mange sans fin. Je m'attardais plutôt sur comment j'allais enfiler mon bazin violet à douze pièces.

Mes jambes tremblent tellement qu'Aymen glisse sa main sur mon genou pour me rassurer. La chaleur de la pièce et l'attente interminable n'aident pas.


À peine franchi le seuil de la porte avec nos cadeaux, je la voiyais au loin. On dirait que son visage brille d'une lumière divine. Bien que nous ne soyons pas de la même origine, sa famille semble l'accepter. Après les présentations, son frère prend la parole :

— On vous remercie pour les cadeaux et tout le reste, l'époux comme l'épouse ont des droits, si Ousmane Bamba est étudiant à l'heure actuelle, sans situation qui ne permet pas de payer un loyer, il ne remplit pas ses droits d'époux, ma sœur reste ici.


Sur le point de l'interrompre, Aymen me pince le genou discrètement.


— Si c'est votre seule condition, Ousmane remplira ses droits comme il se doit très prochainement, merci à vous, répond Aymen en se levant.


Et c'est tout ? Repousser un mariage pour ça? Les temps sont durs! On ne peut pas partir comme ça, non !


Dans sa voiture, Aymen me récapitule la situation pendant que je tire nerveusement sur une cigarette.


Aymen est plus qu'un frère. Il me soutient dans chaque projet. Sans lui, j'aurais fait des rues de la ville mon passe-temps. Mon but professionnel est de suivre ses pas, devenir informaticien. Le chemin est long, mais je ne dois pas me relâcher. Il était l'acolyte de mon grand frère décédé, aujourd'hui, je le considère comme tel.


J'habite avec ma famille le 10ᵉ arrondissement de Paris, quartier La Grange aux Belles. Là où j'ai grandi, là où les mentalités ne changent pas.


Après m'avoir fait son discours d'ancien, Aymen s'en va. Une haine incommensurable que j'ai, qu'une envie, rentré au plus vite et changer ce bazin qui m'a coûté un rein.

Alors comme ça, je dois avoir des revenus, hein ? Quitte à avoir une rentrée d'argent par heure ou par mois. Mes regrets penchent directement sur le fait qu'on m'ait viré définitivement un mois après la rentrée. La vie est si compliquée.


Poursuivant le chemin avec Papis et Salim, mon meilleur ami. Outre le fait que ces deux imbéciles filment ma tenue du jour avant que je leur annonce la nouvelle, un mauvais pressentiment s'installe en moi. Mon esprit s'échappe totalement.


En une fraction de seconde, le bruit d'une détonation se fait entendre et nous crispent, un bruit tellement inhabituel que j'en tremble, et vois dans leurs regards l'angoisse. Le pressentiment que j'avais n'était pas trompeur et le plus stressant, c'est que ça ne peut provenir que de chez-moi... On s'empresse immédiatement de courir vers le coup de feu, une embrouille de quartier, un fou furieux, ça peut être n'importe quoi.


Arrivé sur les lieux, nous tombons sur Benamou, un petit du quartier, arme en main, sourire narquois. Il se fait prendre son arme par-derrière et frapper à la nuque par son « grand » nommé Nadir :


— T'es con ou quoi ? Pourquoi t'as tiré ?! cri Nadir en rangeant l'arme sur lui.

— Y'a un vieux, il voulait pas se laisser faire quand on le volait, du coup, j'ai tiré en l'air pour le faire peur, dit-il d'un ton confiant.


— La génération 05 06, vous êtes tous cons ou quoi ? Faut qu'on se casse d'ici, j'ai déjà un sursis et si l'autre gros porc, il se pointe, on est mort.


Il a raison, on ne va pas se mettre dans la merde pour cette histoire de vieux con.

En reprenant tous nos chemins rapidement, je tombe sur mon petit frère Issa, muni d'une sacoche assez rempli. Il trace sa route en faisant semblant de ne pas m'avoir vu. C'est particulièrement à cause de lui que je m'inquiétais, sa présence est toujours dans des endroits insolites.


Inconsciemment, je lui arrache la sacoche pour savoir ce qu'il y a à l'intérieur, il essaye tout de même de la reprendre, mais Salim et Papis l'en empêche. Les esprits s'échauffent, à quatre sur une petite sacoche qui se craque, puis des billets et des pochetons contenant de la drogue tombe à terre. J'en reste bouche bée...


Ni une ni deux une voiture de police vient s'arrêter brusquement face à nous. Dans la peur, on se met à reculons, cherchant une issue, mais savons que ça ne sert à rien. Les trois policiers sortent de la voiture, une seule personne prend la parole, cette personne, nous la connaissons tous très bien au quartier :


— Habituellement, quand il y a un coup de feu, on cherche à fuir et c'est normal, mais vous, vous êtes sur place ? Coïncidence ?


Ce policier que nous connaissons si bien, c'est Yasser, ancien résidant du quartier. Il a été entre autres « banni » d'ici après avoir donné plusieurs noms et par la suite fait enfermer certains de nos amis. Même Nadir y est passé, mais pas moi, on le sait tous. Se faire choper par ce gros lardon de Yasser, c'est la honte, pas besoin de cardio. Depuis ça, il s'est converti en tant que policier national et son but est de tous nous enfermer.


— Ah oui ça ne sert à rien de courir, tout le quartier est bouclé, on ne partira pas tant qu'on n'aura pas l'arme ou le tireur, donc tous contre le mur bandes de salopes, mains en évidence, jambes écartés et vous laissez 1 mètre entre vous, dit Yasser en allumant sa clope.


Sortir de chez soi à 8h dans le but d'aller demander la main de celle pour qui j'éprouve tout l'amour du monde. Pour que cela se termine en contrôle de police, je n'aurais jamais imaginé ce scénario.


Comment va-t-on s'en sortir ?

@unpeusolitaire