La face cachée du miroir

All Rights Reserved ©

Summary

"Après avoir passé un temps fou hospitalisé et été dans le comas après pendant un certain temps me voilà maintenant une lycéenne de 24 ans."

Status
Ongoing
Chapters
2
Rating
1.0 1 review
Age Rating
18+

Chapter 1

Très peu de personnes se sont réellement interrogées sur ce que pourrait révéler le revers d’un miroir. Vous vous demandez si ce que vous percevez dans le miroir n'est que ce que vous choisissez de voir et de montrer aux autres. Vous vous arrêtez à la surface, à l’image familière, sans jamais explorer ce qu'il y a derrière.


En ne regardant le monde que d’un seul côté, vous vous privez d’une partie essentielle de la réalité. Cette vérité se cache derrière la façade lisse et réfléchissante. Derrière cette apparence, il existe un autre univers, une autre vérité que vous ne percevez pas tant que vous vous en tenez à cette vision rassurante. Cette vérité est parfois inconfortable ; elle défie vos certitudes, met en lumière des aspects de vous-même que vous préférez ignorer. Pourtant, c’est dans cette part cachée, inaccessible du monde, que réside l’authenticité.


Quant à ceux qui recouvrent le miroir, ils choisissent délibérément de vivre dans l’illusion. Ils préfèrent un mensonge confortable à la dure réalité. En se cachant de ce que le miroir pourrait révéler, ils se refusent à affronter la vérité, à voir au-delà de leur propre reflet. Ils s'enferment dans une cage de fausses perceptions, évitant à tout prix le face-à-face avec eux-mêmes, avec ce que la vie pourrait réellement leur montrer s’ils osaient retirer ce voile protecteur.


Et vous, où vous situez-vous ? Êtes-vous prêt à regarder au-delà, à explorer ce que vous n’avez jamais voulu voir, ou choisirez-vous de rester dans l’ombre de votre propre miroir, confortablement aveugle à la réalité qui vous entoure ? Le miroir n’est qu’une porte, une invitation à aller plus loin. À vous de décider si vous voulez franchir cette porte, si vous avez le courage de découvrir ce qui se cache de l’autre côté, ou si vous préférez vivre dans un monde de reflets, là où tout semble simple, mais où la vérité reste inaccessible.


— Salut tout le monde, je suis Darcy Akira Kimura. J'ai 24 ans, mais n'y prêtez pas attention, et j'espère sincèrement que nous nous entendrons très bien. Je souhaite passer avec vous une dernière année très agréable.


— Des questions ? demande le directeur à la classe.


— Pourquoi est-elle au lycée ? Elle a 24 ans, après tout. Actuellement, elle devrait être soit à l'université, soit en train de travailler et de gagner sa vie.


Je ne suis pas très étonnée par la question, je m'y attendais déjà, mais l'entendre, c'est autre chose. Je ne pensais pas que cela me secouerait autant.


— J'espère que je n’entendrai plus ce genre de commentaire. Mais pour répondre à ta question, Darcy est une élève très intelligente. Si elle est ici aujourd’hui, c’est parce qu’elle n’a pas pu aller à l’école en raison d’une maladie. Elle a été hospitalisée et dans le coma. Ça a été assez long, comme vous pouvez l’imaginer. D’autres questions ? Bon ! Darcy, assieds-toi où tu veux, ces chaises sont vides. Dit le directeur en désignant plusieurs sièges.


Me voilà donc dans une classe où tout le monde est indéniablement plus jeune que moi. Qu’est-ce que je fais ici ? Franchement, je n’ai pas du tout envie de me faire remarquer. Ah, cette chaise au fond de la classe est parfaite. Pas de prise de tête. J’ai une vue imprenable sur le tableau et sur l’extérieur, avec une fenêtre rien que pour moi. Personne pour me déranger. Je doute qu’il puisse y avoir une meilleure place que celle-ci.


Cela fait maintenant une demi-journée que je suis là. L’heure de la pause est passée, et me voilà de retour pour un nouveau cours…


Et merde, je viens de réaliser à quel point l’école peut être terriblement ennuyeuse. Ce n’est pas étonnant que je me sois sentie tellement déprimée les années précédentes, au point de finir à l’hôpital. À cet instant précis, je ressens un profond besoin de bien-être, une envie intense de me sentir vivante, pleinement. J’ai besoin que quelqu’un me prenne dans ses bras, que je puisse sentir la chaleur de sa peau contre la mienne. Juste cette connexion simple et humaine, qui semble si lointaine.


Je me sens vraiment pathétique. Toutes les personnes avec qui j’étais à l’école avant sont maintenant en train de suivre de grandes études, de bâtir de belles carrières. Ils avancent, prospèrent, presque tous en couple, certains sont même déjà mariés. Ils vivent des vies que j’imagine remplies de succès, de projets ambitieux, d’aventures enrichissantes.


Je vois leurs photos sur les réseaux sociaux : des diplômes en main, des promotions qui leur ouvrent des portes, des voyages exotiques, des soirées entourées d’amis. Ils ont construit des réseaux, tissé des liens professionnels, et leurs noms apparaissent dans des contextes qui respirent la réussite et le bonheur.


En comparaison, je suis ici, assise seule, les années qui se sont écoulées en moi laissant un espace vacillant. Les choix que j'ai faits, les obstacles que j'ai rencontrés, me laissent avec le sentiment d’avoir stagné dans un monde qui continue de tourner sans moi. Chaque mise à jour de leur vie semble me rappeler un peu plus ma propre stagnation, la distance grandissante entre leurs réussites et mon isolement.


Les années d'école passées à l'hôpital se dessinent comme un intervalle dans le grand récit de ma vie, une parenthèse où tout a continué sans moi. Je vois les sourires radieux des autres, les engagements réels et les aspirations concrètes, et je me demande si, pendant tout ce temps, je n’ai pas juste observé la vie plutôt que de la vivre pleinement.


Cette comparaison incessante me laisse avec un sentiment de regret, une sorte de nostalgie pour ce que j’aurais pu être. En voyant mes anciens camarades réaliser leurs rêves, je me demande si j’ai manqué quelque chose d’essentiel, un moment décisif qui aurait pu changer le cours de ma vie. Et cette question me hante, alimentant un sentiment d’inadéquation qui devient de plus en plus difficile à ignorer.