Heart Over Mind ( Un prologue de ME)

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Summary

Salut à tous, merci de cliquer sur Heart Over Mind ! Comme souligné dans le titre, ceci est un roman prologue d'un autre roman, ME (More of Everything), et la directive de cette écriture a justement était prise afin de vous faciliter une bonne immersion dans ce vaste univers peuplé d'aventures, d'amour, d'humour, des drames, d'enjeux, des sentiments ravageurs... et surtout des choix vitaux ainsi que leurs conséquences. Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas eu droit à une belle série de romans qui reprend les bases des clichés amusants qui nous font toujours rire et pleurer, saliver et déprimer... mais surtout réfléchir et rêver, alors j'avais profondément envie de pallier à cela - j'espère l'avoir entrepris dans une bonne direction artistique. Ce premier tome de ME sera divisé en trois parties : un roman prologue (celui-ci en l'occurrence), un roman principal (ME) et finalement un roman épilogue. Mais chacun des trois exploite un sujet bien particulier, bien précis, et bien conçu, bien qu'étant tous basés sur la même intrigue, la même histoire de deux cœurs enchaînés l'un à l'autre dans l'embrasement d'un amour qui crépite des sentiments. Je vous souhaite la bienvenue dans ce que j'aime appeler la "MeWorld" et j'espère que vous aimerez.

Status
Complete
Chapters
21
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

William B

Un. Deux. Trois battements de cils.


Faiblement, mes yeux se battirent contre la lumière tamisée de l'aurore jusqu'à s'ouvrir grandement, mais ne tardèrent pas à se plisser dans une grimace endolorie, sous la contrainte de la sensation soudaine de mon cerveau semblant hargneusement assené, fustigé ou martelé à l'intérieur même de son buste.


Tout était flou dans ma tête. On aurait dit que mon cerveau en avait été extirpé pour subir un lavage brusque et indesiré, pour en résulter un trou noir de mémoire qui m'a toujours fait chier à chaque fois que j'essayais de l'éclaircir. Ceci n'était pas la première fois que cela m'arrivait, mais de mon haleine et l'entourage neutre que je pus observer dérisoirement tout autour de moi, je doutai fort d'avoir bu de l'alcool la nuit dernière, ou consommé des conneries illicites. Donc je restai confus.


Il faisait presqu'encore noir, et mes nerfs tambourinaient violemment dans ma tête sur l'effet de la migraine qui ne cessait d'accroître intraitablement. Je soulevai lentement ma main vers l'arrière de mon crâne et palpai doucement la surface tressée pour essayer de localiser l'orifice percé par les mains indésirables qui auraient procédé à ce lavage de cerveau, et ma main revint non seulement sans l'ombre d'une réussite concluante sous mes yeux, mais aussi toute ensanglantée. Dans l'effet de la pantoisité, je glissai mon regard le long de mon bras, ensuite l'autre, puis redescendis lentement pour analyser mes vêtements, et je ne paniquai pas en voyant qu'ils avaient tous la même couleur rouge que mes mains trempées de sang, mais surtout en réalisant que ce sang n'était certainement pas le mien.


Putain, c'est quoi ce bordel ? que je me demandai. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi je suis entièrement baigné de sang ? Il est à qui, tout ce sang ?


Lily ! intervins directement mon subconscient, et lorsque je levai enfin mon regard et le fis vagabonder sur toute l'étendue du gazon humide sur lequel j'étais assis, dans l'espoir de la croiser entrain de se marrer en voyant la tête que sa blague me faisait faire ou qu'elle puisse m'expliquer ce qui se passait, mon regard se figea sur son corps étalé par terre, ensanglanté, immobile, pâle et presque momifié.


Au moment où je secouai ardemment ma tête dans l'espoir qu'elle me montre la vraie image que je devais voir, prenant l'irréalité complète de toute cette scène pour acquise, je regardai concrètement le paysage autour de moi et croisa une foule de gens figés et terrorisés, soit tout le monde qui avait embarqué avec nous dans cette sortie en forêt, et puis sortit Mr Darnell de la foule, le directeur-initiateur même de l'activité. Il se précipita rapidement jusqu'à ma petite amie immobile, et ce ne fut que lorsqu'il toucha, au bout de son index et son majeur liés, la peau sèche du poignet de ma petite amie immobile, comme s'il contribuait à cette comédie en essayant de sentir son pouls, puis posa longuement son oreille gauche sur la ronde poitrine statique de ma Lily, me fusillant du regard depuis l'arbre contre lequel mon dos était appuyé, que je réalisai que je n'avais jamais vécu plus réel que cela.


Les regards accusateurs de tous mes camarades horrifiés et larmoyants, ajoutés à cela la fine larme coulant soudainement d'un œil de Mr Darnell quand il se leva du corps toujours immobile de ma petite amie, les mains sur sa tète tel un piètre acteur jouant un putain de rôle de surprise dans un film tragique face à une situation irrécupérable, j'en arrivai à la conclusion tellement terrible que lorsque je la verbalisai dans ma tête, j'eus l'impression que tous les bruits de sanglots répétés et chuchotements tristes s'assourdirent tout autour de moi.


Elle était morte.


Lily était morte.


Ma petite amie était morte.


Ma petite femme était morte.


La personne que je n'ai jamais aimée était morte.


La jeune star mondiale était morte.


Sans trop savoir pourquoi, je me retrouvai entrain d'énumérer tout ce qu'elle représentait pour moi comme pour le monde entier... ce qui me donna soudainement encore plus l'impression que tout ceci était une blague, et, au contraire de l'expression ostensiblement triste de tout ce monde qui m'encerclait, je souris.


Comment ça aurait pu être réel ? On discutait seulement de nous deux cette nuit de la veille... Nos passés, nos rêves, notre avenir... On croquait dans des pommes noires sauvages très succulentes qu'elle nous avait cueillies dans la forêt, en savourant le froid tiède qui soufflait sur nos visages depuis le petit ruisseau sans nom dans laquelle se reflétait la jolie pleine lune qu'on observait ensemble... Tranquilles, heureux, comblés. Comment aurait-il pu se passer un tel malheur après une si profonde complicité ? Une telle harmonie ? Un tel bonheur ?


Non. Je ne faisais qu'halluciner, que je me dis.


Mon sourire manqua franchement de s'agrandir face à la qualité extrêmement réussite de la blague quand je sentis brusquement une main gantée me relever abruptement sur mes pieds chaussés, et mes poignets se retrouvèrent aussitôt violemment menottés, pendant que je regardai des types en uniformes identiques venir emballer ma petite femme dans un sac mortuaire telle une guitare dont a expiré l'envie de jouer. Endormie, fragile, sans vie... Mon visage s'assombrit directement, et j'eus l'impression de disparaître dans le profond néant de mon esprit quand on me souleva violemment pour me forcer à marcher loin d'elle, loin de là...”







Bousculé devant le policier qui le poussait pour traverser la foule et rejoindre le son de sirène de l'autre côté des pleurs, William B. fit volte-face pour voir le visage de sa petite amie disparaître sous la fermeture éclair du sac mortuaire noir, juste à côté du sac de couchage qu'ils avaient occupés durant toute la nuit. Le policier lui força brutalement à regarder devant lui en lui gueulant impérieusement d'avancer, et William B. revint pleinement dans le réel et se laissa enfin trembler par cette sensation de fin qui l'envahit en lui glaçant le sang. 


Au lieu de les voir prendre part à sa douleur aussi soudaine que violente, il était ou semblait plutôt en état d'arrestation, sans savoir s'il était coupable ou pas de ce dont il était sûr qu'on l'accusait. Mais William B. décida de s'accomoder à l'hypothèse probant dans les regards de tous ces policiers, ambulanciers et camarades universitaires qui étaient tous braqués sur lui jusqu'à ce qu'il soit introduit et placé sur le siège arrière d'une voiture de police. Un moment plus tard, le sac mortuaire de vit être transporté jusque dans l'ambulance garée à côté de la voiture dans laquelle il se trouvait, qui démarra aussitôt en leur précédent sur la route boueuse de ce début d'hiver.


Le bruit des sirènes lui était vraiment insupportable, mais quelque chose lui disait aussi que ce n'était pas son plus gros soucis en me moment-là. William B. essaya tout de même réfléchir à propos de tout celà... Du passé joyeux, du présent incertain, du futur qui l'attendait... et ce ne fut même pas celui-ci sans elle qui le terrifia le plus, mais plutôt et surtout son image à jamais souillé qui l'amena à se demander s'il arriverait encore un jour à se regarder dans un miroir.


Le long de tout le trajet, sa tête resta retombée et son regard fixé sur ses pieds chaussés et ses habits blancs tâchés de rouge en parties, tandis que les appels radios n'en finissaient horriblement pas du talkie-walkie de son chauffeur furieux dont le regard accusateur ne se décollait pas sur William B. depuis le rétroviseur central, jusqu'à ce qu'il le sorte brusquement de la voiture, une fois arrivés au commissariat de police en centre ville.


William B. se retrouva aussitôt jeté dans une cellule déjà fort bien peuplée, et ce policier au visage renfrogné l'insulta grossièrement en lui souhaitant de mourir là-dedans. Malheureusement pour lui comme pour William B., son physique imposant lui porta chance en voyant personne d'assez idiot dans cette pièce sombre pour venir lui chercher des épines dans les orteils, bien qu'il aurait bien préféré ; ça lui aurait peut-être procuré assez de douleur pour solidifier la vue de cette réalité, ou même le transporter auprès de celle qui semblait lui être mystérieusement prise à jamais. Mais pas si mystérieusement que cela, s'il était là-dedans, non ?


Ses colocataires avaient tous l'air de crapules qui avaient quelque chose à se reprocher... Tiens, celui-ci à sa gauche qui avait le visage balafré des cicatrices et le dévisageait comme s'il planifiait de lui arracher ses habits à son départ pour aller les vendre... Sûrement un voleur. Et lui-là, au fond, assis à baver sur sa barbe en lui scannant le visage comme s'il y voyait le plat d'œufs brouillés qu'il n'avait certainement pas pu dégusté pour son petit déj' de ce matin-là... Sûrement un violeur pédophile. Et William B. aurait bien continué ses déductions comme il excellait toujours tant à en faire, mais la réalité vint le frapper en plein visage et le fit se rendre compte que, voleur, violeur, pédophile, voyou, arnaqueur ou ivrogne, aucun d'entre eux n'était accoutré de vêtements blancs maintenant rougis. Rougis de sang. De sang de sa petite amie. De sa petite amie morte. Morte des mains de son copain. De son copain meurtrier.


Aucun d'eux n'avait fait plus grave que lui... Aucun d'eux n'était habillé comme lui... Aucun d'eux n'avait de regard brusquement mouillé de culpabilité comme lui...


Aucun d'eux n'était un meurtrier comme lui.


Cette phrase se mit à repasser en boucle dans sa tête comme l'image du visage de sa petite amie entrain de disparaître dans le sac mortuaire noir, et, soudainement frappé par une vague d'émotions confus, associés aux milliers de questions qui émergaient en rafale dans sa tête et à sa migraine qui ne faisait que s'en amplifier, ça lui fit mettre son cerveau sur stop, sans savoir quand il le redémarrerait.


William B. était à peine présent dans son corps quand il se retrouva soudainement assis au milieu de ces regards aussi accusateurs que d'autres, quoiqu'il lui restait tout de même assez de conscience dans le calme froid de son esprit pour se réaffirmer pour une dernière fois que, même si tout l'accusait irrefutablement et malgré le trou de mémoire mystérieux qui habitait son cerveau, son séjour qui se passa aussi calmement que dans un hôpital psychiatrique détenait au moins une toute petite certitude : le fait qu'il n'aurait jamais pu lever la main sur elle.


Jamais.