Chapitre 1 : Un beau jour d'été
Il y a fort longtemps en des temps reculés, dans un pays oublié de nos mémoires, se trouvait au bord du monde un village. Un village à la vie tranquille et calme, construit en milieu de forêt, entouré par de larges collines verdoyantes et traversé par un fleuve à l’eau claire couleur azur. L’air y était pur et la vie paisible.
On y habitait en famille, heureux, et on partageait de bons moments joyeux de rires entre amis. Les jeunes prenaient soin des anciens et les anciens transmettaient leurs savoirs à la jeunesse.
On se nourrissait de cultures et de ce que la terre nous offrait. On y vivait libres et on s’aimait avec passion. Mais toute bonne chose a une fin et c’est lors d’un beau jour d’été, alors que le soleil était haut dans le ciel, qu’un jeune garçon, aux cheveux noir de jais et à l’iris pigmenté d’émeraude, s’en était allé pêcher aux abords de la rivière qui se trouvait assez éloignée du village.
C’était comme une tradition, une habitude, il y allait tous les jours à la même heure. Mais bizarrement ce jour-là, il sentait que quelque chose n’allait pas, les arbres sifflaient bruyamment au passage du vent, les oiseaux sur les branches s’étaient tus, les poissons étaient absents des cours d’eau, les insectes fuyaient les lieux pour se réfugier en forêt et, par dessus tout, la terre grondait.
Le jeune garçon savait que quelque chose se tramait, au loin, il vit un nuage de poussière s’élever du sol, mais malgré sa peur, il décida de retourner au plus vite chez lui. Par prudence, il prit le vieux chemin qui traversait la forêt pour pouvoir ainsi rester caché en cas d’éventuelles menaces.
Tout en courant, il entrevit à travers les branches et les feuillages, un groupe d’hommes menaçants et lourdement armés, se déplaçant vers le village ; ils portaient des tuniques jaune et noir arborant comme emblème un dragon doré. Le jeune garçon courut aussi vite qu’il le pouvait, donnant de toute sa force pour arriver à temps, mais il était encore petit et trop faible.
En arrivant, il découvrit avec horreur son village saccagé et incendié. Les pires atrocités humaines se déroulaient sous ses yeux, cela était trop pour un enfant, trop même pour n’importe qui. Le jeune garçon restait immobile, tétanisé par la barbarie exercée de façon si professionnelle par la troupe de guerriers, il pensa alors à sa famille et ses jambes se remirent à marcher.
Il devait la retrouver avant qu’il ne soit trop tard. Il traversa le village embrasé par la rage et la haine, esquivant les malheurs qui se déroulaient sous ses yeux, les gémissements, les pleurs, les corps et les ruines, mais il ne put fuir devant la fatalité. Sa maison était en proie aux flammes et le crépitement du bois masquait difficilement les cris de ses proches.
Il ne pouvait plus rien faire, il n’avait plus rien, il ne restait plus que lui, alors il continua sa course folle pour fuir, fuir en traversant la forêt et les collines, fuir pour ne plus voir le village, fuir la furie et le désespoir, fuir la vie.