L'enfant Sublime

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Summary

L'enfant s'éveille sur une île sombre et mystérieuse, résistant à l'appel des ténèbres. Ce refus le plongera inévitablement dans des aventures fantastiques. Avec l'aide précieuse de son compagnon, l'oiseau, il devra surmonter des épreuves pour accomplir sa quête : retrouver la personne qu'il chérit le plus, sa mère, si toutefois cela soit possible.

Status
Complete
Chapters
11
Rating
n/a
Age Rating
16+

Chapitre 1 L'île

Au premier abord, l’enfant se sentit choqué et bizarre. En ouvrant les yeux, aucune pensée ne lui vint, coincée dans son esprit trouble. C’était comme s’il venait de se réveiller d’un long rêve éprouvant. Emmitouflé dans des couvertures de laine d’un blanc nacré, la lueur blanchâtre des draps rendait extrêmement mystérieux l’aspect sec et gris du brouillard environnant.

L’enfant se trouvait sur une barque de bois terne et rugueux, glissant sans difficulté sur une eau sombre, transparente et peu accueillante. À bord, seul autre passager de la modeste embarcation, posté à l’arrière du bateau, un être humanoïde recouvert d’une sorte de linceul de pierre le parant de toute sa forme.

L’enfant mit un moment avant de comprendre qu’il ne s’agissait que d’une statue de pierre blanche, qui semblait s’effriter au faible contact du vent marin, la rendant triste et solitaire. Elle semblait naviguer sur cet océan infini, enveloppée de cette fameuse brume grisonnante, mélange d’écumes salées et de grêle fine, et à l’aide d’un long bâton doré, elle emmenait l’enfant à travers courants et marées pour achever son voyage, sur une immense île étroite et mystérieuse.

Passant par un portail rocailleux d’un gris blanc, débouchant sur un embarcadère composé du même matériau que la barque qui les avait emmenés, le bateau s’arrêta parfaitement entre deux colonnes semi-immergées. Attendant que son unique passager descende, la barque ne bougeait plus.

L’enfant, effrayé et intrigué, mit un moment avant de décider de sortir du bateau. Posant pied à terre, il sentit le froid et l’humidité du sol, fait de marbre et de pierre, se poser de façon indélicate sur la plante de ses pieds.

Bizarrement, il ne ressentait rien, plus précisément, il sentait le froid glacial du sol, mais pas comme d’habitude. C’était plus comme des sensations de souvenirs lointains et effacés, comme si son être était absent.

La chaleur de son corps avait disparu, le souffle rafraîchissant de sa bouche et de son nez s’était évaporé, de même que le poids de son corps. Il se sentait aussi léger qu’un flocon de neige, comme s’il pouvait s’envoler d’un souffle de vent.

Ayant maintenant pied-à-terre, la barque disparut dans l’immense brouillard de cet océan glacial et infini, pour ne jamais revenir. Avant même un soupir de soulagement, un appel se fit sentir, muet, juste évoqué par un simple hérissement de poils.

Cet appel lui faisait face, caché dans l’obscurité. Les murmures silencieux ne cessaient de l’attirer dans les ténèbres. L’appel venait d’une vieille et robuste forêt de cyprès, ne voyant ni le bout caché dans le brouillard gris, ni dans le début masqué par des fines ténèbres s’échappant de la forêt mystérieuse.

L’enfant sentit la peur parcourir les brides de son esprit, une peur solitaire et froide qui lui fit échapper quelques larmes. Plus il avançait à travers les arbres et feuillages, moins il arrivait à garder le contrôle de son esprit. La peur s’accentuait alors que la présence de l’enfant semblait disparaître.

Ses yeux cherchaient une once de lumière dans cette forêt qui devenait de plus en plus sombre à chaque pas parcouru. L’appel était de plus en plus fort et de plus en plus proche, mais alors que tout semblait fini, que l’enfant allait s’abandonner aux ténèbres, il s’arrêta et commença à reculer.

Utilisant ses dernières forces pour lutter de toute son âme, refusant l’appel grandissant de l’abîme, petit à petit, à chaque pas en arrière, il retrouvait son esprit et sa force. Pour enfin arriver à détourner les yeux des ténèbres et à s’extirper de la forêt de cyprès.

Instantanément après, une douleur insoutenable se fit sentir dans la poitrine de l’enfant, compressant son cœur de souffrance. Il arracha alors de son être quelque chose qui fit stopper net la douleur : un œuf. Émergeant de sa poitrine, un œuf froid et minuscule de la taille d’un pouce, tacheté de blanc et de noir, mystérieusement apparu dans le creux de sa main.