Au bout du chemin

All Rights Reserved ©

Summary

C'est dans les épreuves que l'amour et l'amitié authentiques illuminent notre chemin et révèlent la puissance des liens qui nous unissent. Emma, jeune maman, voit sa vie bouleversée par un diagnostic médical imprévu. Privée de soutien de Lorenzo, son mari, elle le trouve auprès de Marina, son infirmière. Touchée par sa détresse, celle-ci l’a met en contact avec son frère Tristan, un kinésithérapeute charismatique et père célibataire. Bien que ce dernier s’efforce de maintenir une certaine distance avec sa patiente, leur relation évolue en parallèle de l’amitié qui se développe entre Emma et sa Marina. La situation se complique lorsque Lorenzo réapparaît après des mois d’absence. Emma se retrouve alors face à un choix déterminant pour son avenir et celui de sa petite fille.

Status
Complete
Chapters
28
Rating
5.0 3 reviews
Age Rating
16+

Prologue


Dans la salle d’attente bondée, Emma, feuilletait un magazine sans parvenir à fixer son attention sur son contenu, ses pensées focalisées sur l’issue de son entretien. Elle s’efforçait cependant de rester concentrée sur la revue entre ses mains, ne souhaitant pas découvrir ses propres angoisses sur les visages de ses compagnons d’infortune, embarqués, comme elle dans un voyage à la destination incertaine, parfois sans retour.

Emma était terrorisée. Bien davantage que lors de ses précédents rendez-vous. Aujourd’hui tout se jouerait sur un seul mot. Un seul et unique, qu’elle attentait, l’espoir chevillé au corps. Néanmoins la peur lui nouait le ventre. Sa jambe tressautait, signe chez elle d’une angoisse croissante. Une main apaisante se posa sur sa cuisse. Elle en ressentit la chaleur à travers ses jeans. Le tremblement cessa instantanément.

— Tout va bien se passer. Tu es une battante. Tu as gagné ce combat, j’en suis sûr, tenta de la rassurer son voisin lui adressant ce sourire éclatant qui illuminait ses yeux, tant il croyait en ses propos.

— J’aimerais m’en convaincre, m’imaginer au bout du chemin, mais...

Emma voulu éclairer son regard. Le rassurer. Mais elle n’y parvint pas, seule un ombre de sourire marqua ses lèvres.

— Pas de « mais ». Tu l’es, mon cœur. On y est.

La jeune femme se demanda d’où il tirait la force d’y croire, sa capacité à — ou de — voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, malgré ses épreuves personnelles. Elle se réjouissait de sa présence à ses côtés durant cette traversée du désert de cinq longues années.

Sans lui, elle en était persuadée, elle aurait baissé les bras, abandonné la lutte, renoncé malgré Chloé, sa petite fille.

Elle lui devait énormément.

À lui, cet homme mis sur la route par le destin.

À lui tout autant qu’à ses proches, ses fidèles amis. Tous présents pour lui apporter leur aide, dès le jour où sa vie avait basculé en enfer.

Face aux divers combats qu’elle avait dû affronter, le désir de lâcher prise l’avait bien souvent envahie. Dieu seul sait si elle ne se serait pas noyée sous le flot incessant de contingences quotidiennes et de la prise en charge de son traitement sans ses amis mobilisés pour la soutenir, la relever, la porter parfois à bout de bras pour qu’elle ne coule pas, garde la tête hors de l’eau.

Jamais elle n’oubliera.

— Merci. Merci d’avoir été là.

Emma se pencha pour l’embrasser, mais son nom retentissant dans la salle l’en empêcha.

— Madame Emma Dumas Morel.

Son compagnon lui saisit la main, et tous les deux se levèrent en un mouvement synchronisé pour rejoindre le Professeur Bernard. Ce dernier les accueillit chaleureusement, le sourire aux lèvres, comme toujours. Le praticien conservait toujours un visage impassible, mais souriant, quelques soient les nouvelles qu’il devait annoncer à ses patients. Cet homme était d’un tempérament optimiste. En toute circonstance. Mais aujourd’hui, il semblait plus joyeux que de coutume. Tout au moins, Emma voulait le croire.

Alors qu’elle s’installait face à l’oncologue, ce dernier ouvrit le dossier déposé par sa secrétaire sur son bureau. Emma qui n’avait pas lâché la main de l’homme près d’elle, la serrait fortement, sans que ce dernier ne tente de la retirer, malgré la petite grimace qu’elle surprit sur son visage lorsque leurs regards s’ancrèrent l’un à l’autre.

— Alors les enfants, en forme ? les questionna le médecin aux airs de grand-père bienveillant.

Emma déglutit avec difficulté, et de concert le couple acquiesça d’un hochement de tête.

— Bon, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps.

À l’annonce de la nouvelle, Emma blêmit, ses mains devinrent moites, un vague de nausée monta dans sa gorge, son cœur s’emballa, menaçant de sortir de sa cage thoracique. Elle perçut, au loin, le grincement des chaises brusquement reculées, son mari qui l’appelait. Puis le noir l’engloutit.