Chapitre 1
Lizzy se réveilla ce matin-là, comme tous les autres jours de sa vie monotone avec son rituel matinal : se brosser les dents, une queue de cheval banal mais pratique, un peu de mascara, un petit déjeuner fugace, et direction le travail. Lizzy aime beaucoup son travail, elle est infirmière à l'hôpital, service gériatrie où elle s'occupe des personnes âgées, qui ont besoin dattention, qu'elle leur donne du mieux qu'elle peut, de tendresse, celle qu'elle ne reçoit pas elle-même, et de l'attention que personne ne lui offre. Car malgré l'amour de son travail et le dévouement auprès de ces patients, Lizzy se sent très seule. Ces collègues de travail délestent la plupart du temps leur part de travail sur elle et se moque régulièrement de ces rondeurs, de son apparence sans éclat et de sa gentillesse, régulièrement tournée en dérision. Quand plusieurs personnes se moquent impunément d'une autre, c'est qu'il y a un chef de bande. La nemesis de Lizzy se nomme Cynthia. Cynthia, malgré sa malveillance, est tout ce que Lizzy rêve d'être : belle, élancée, des cheveux dorés comme le soleil, et tellement mince que sa blouse cintrée autour de sa taille a fait tourné la tête de beaucoup d'hommes. Lizzy se disait que la vie devait être tellement plus simple quand on est belle et populaire. Elle avait déjà fait cette expérience au Lycée. Être le bouc émissaire, jamais elle n'aurait pensé être de nouveau sur cette pente glissante en vieillisant. C'est aussi pour cela qu'elle préférait la compagnie des aînés, ils avaient tout vu, tout vécu et se fichaient pas mal de l'apparence de la personne qui s'occupait si bien d'eux. Mais ce n'était pas facile tous les jours de voir les médecins se pavanaient devant cette sirène sortie des eaux de la beauté. Lizzy ne recevais jamais de compliment, et trouvait cela tellement injuste. Tout le monde n'avait d'yeux que pour cette femme qui rayonnait où qu'elle aille, qui charmait tous les hommes sans aucun effort, et obtenait tout ce qu'elle voulait en un battement de cils. Elle aimerait tellement être comme elle. Mais ce n'était pas le cas. Lizzy se trouvait pire que banale, elle n'était pas jolie, et elle avait accepté cela depuis longtemps, abandonnant l'idée d'être un jour aimée. À quoi bon faire des efforts, face à une déesse. Un chardon face à une rose ne pouvait nullement rivaliser. Lizzy avait laissé de côté sa vie sentimentale, car il était impossible pour elle, d'être envisagée par un homme, quand on ne s'aime pas soi-même.