Besoin de personne

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Summary

Après avoir surpris son petit ami en plein ébat avec une cliente de sa salle de sport. Lilou enfourche sa moto et par aux États-Unis toute seule faire un Road-Trip sur la mythique route soixante-six. Mais tout ne se passe pas comme prévu.

Status
Ongoing
Chapters
38
Rating
4.9 14 reviews
Age Rating
16+

Départ

Lilou

En rentrant à la boite, je me rendis directement dans les vestiaires pour y déposer mon uniforme.

-Hé, Lilou.

-Ça va, mec ?

Mon collègue, assis à côté de la machine à café, consultait le dossier d'un nouveau client.

-Ouais, je commence avec une star hollywoodienne demain, pour huit jours. J’espère que ce ne sera pas une salope.

Je lui souris en accrochant ma veste de costume sur un cintre.

-Elles ne sont pas toutes comme ça.

-Bon, je verrai bien, dit-il en refermant le classeur.

Je posai mon Glock 21 dans le coffre-fort de mon casier, puis finis de me changer. Après avoir salué mon collègue, je me dirigeai vers la sortie.

-Lilou ? M’appelle mon chef.

Je soupirai et revins en arrière pour me diriger vers son bureau.

-Ouais, lui répondis-je en m’appuyant contre le chambranle de la porte.

Il leva les yeux vers moi et sourit.

-Cache ta joie.

-Aller, Julien, pour une fois que j'ai un week-end, lui répondis-je. Crache le morceau.

Il tourna son fauteuil dans ma direction et croisa les bras. Ses yeux parcouraient ma tenue de motard.

-Samara fait un concert à Paris dans six mois. Son impresario nous a téléphoné parce qu’elle a demandé expressément que ce soit toi son garde du corps.

Je levai les yeux au ciel.

-Eh ben, si c’était expressément, allons-y.

Julien se tapa les mains.

-Je le savais, tu es la meilleure.

-Bien sûr. Allez, bon week-end.

-Tu me plais tout en cuir, me dit-il quand je lui tournai le dos.

-Ouais, c'est ça. Va te faire voir.

En sortant, j’enfilai mon casque et montai sur ma Harley sportsters S. J'avais décidé de faire une chose que je ne faisais jamais. Faire une visite surprise à mon mec, au lieu de rentrer directement à la maison comme je le faisais d'habitude. Lucas et moi, nous étions rencontrés dans sa salle de sport. Nous étions ensemble depuis quatre ans, mais nous vivions chacun dans notre appartement. J’aimais bien mon indépendance et ça semblait lui convenir aussi, donc. Avec son conseil, il y a deux ans, j’avais acheté ma propre salle de sport et laissai le personnel de la faire tourner. J'aurais pu arrêter d’être garde du corps, mais j’étais une mordue de mon métier.

C'était mon père qui m'avait élevé. On n'était pas très démonstratif l'un vers l'autre, toutefois nous savions qu'on pouvait compter l'un sur l'autre. Il était, lui aussi, garde du corps et m’avait donné l’amour de ce métier. J’étais vraiment bonne dans ce que je faisais et les personnes que j’avais déjà accompagnées me redemandaient lorsqu'ils avaient besoin d'un garde du corps. Je parlais anglais et chinois. De plus, je pratiquais le May Thaï, que j'aurais pu enseigner, vu le niveau que j’avais acquis. Je pratiquais aussi le self-défense et donnais une fois par mois des cours dans ma salle de sport. Non, je n’avais absolument pas le temps de nettoyer les chaussettes sales d'un homme.

Je slalomais entre les voitures, toujours un peu imprudente à tester mes limites et celles de la machine que je chevauchai. J'allai retrouver un homme dont j'ignorais si j'étais réellement amoureuse. De toute façon, je ne l'avais jamais été, mais bon, nous passions de bons moments ensemble. Je me garai devant la salle de sport et enlevai mon casque. Ne vous imaginez pas que je secouais la tête pour remettre mes beaux cheveux longs en place quand je retirai mon casque, comme on le voit dans les pubs de shampoing à la télé. Les miens étaient vraiment très courts et roux. Mes yeux étaient hazel, tirant plus sur le vert. Je mesurais un mètre soixante-dix et mon corps était fin, mais tonique. On ne pouvait pas dire que mes seins me gênaient pour travailler, cependant je ne m’en plaignais pas.

Quand je rentrai dans la salle, Fred, un des coachs, était au comptoir et écarquilla les yeux lorsqu'il me vit.

-Salut Fred. Lucas est dans son bureau ?

L'air embarrassé, il bégaya.

-Je n'en suis pas sûr. Va voir d’abord dans la salle. Me proposa-t-il.

Il n’avait pas l’air bien. Mon métier m’a appris à lire sur le visage et l'attitude des personnes. Je le regardai en plissant les yeux et me dirigeai vers le bureau.

Là, je m’arrêtai.

-Okaaaay! Je murmurai.

Vu les cris que poussait cette salope, il n’était pas difficile de deviner ce qu’il se passait là-dedans. La main sur la poignée, j’hésitai à ouvrir, je n’avais pas forcément envie de voir mon mec baiser une autre femme. Alors, je tapai à la porte avec mon poing. Il cria.

-Putain ! Ouais, j’arrive ! Rhabille-toi, ma chérie, dit-il plus bas.

Je sentis mon sang bouillir dans mes veines. Il ouvrit la porte et devint blanc comme un linge. Alors, il osa vernir vers moi.

-Lilou, je peux t’expliquer.

Je mis mes mains sur ses deux épaules et lui souris.

-Tout va bien, mon chéri. Ne t’en fais pas.

Puis, il se prit un coup de genoux entre les jambes et un homme à terre.

-C’était bon, chéri ? Lui demandai-je, en me baissant vers lui. Parce que là, tu ne vas plus pouvoir baiser pendant quelques jours.

Alors qu’il pleurait en se tenant l’entre-jambe, j’attrapai sa tignasse et tirai sa tête en arrière pour voir ses yeux.

-Alors, connard, on dirait que j’ai bien fait de garder mon appartement et d’acheter la salle à mon nom.

Je lui assénai un coup de poing.

-Combien, il y en a eu depuis que nous sommes ensemble ?

À présent, tout en continuant à pleurer comme une gonzesse, il était roulé en boule, se tenant les parties d'une main et le nez de l'autre.

C'est là que l'autre fille intervint.

-Attends ! Tu es avec elle ? Tu m’as dit que tu étais célibataire, salop ! Cria la fille, en finissant de se rhabiller.

-Ah ! On dirait que tu perds deux femmes ce soir. Tu sais quoi ?

Je m’accroupis à côté de lui en posant mes bras sur mes jambes et réfléchis en faisant la moue.

-En venant, je me demandai si j'étais amoureuse de toi. Ben, non, finalement. Parce que ce que je viens de découvrir ne me fait pas tellement mal. J’enrage, mais je ne suis pas triste. Tu étais juste une bite, en fait, et même pas si bonne que ça.

Je me tournai vers la fille.

-Il était peut-être meilleur avec vous, mais moi, il ne m’a jamais fait crier comme ça.

-Je simulai, me dit-elle en riant.

Lucas gémit. Alors que j’éclatai de rire.

-Je parie que ses paroles te font aussi mal que mon coup de genou.

En me relevant, je ramassai mon casque.

-Bon, mec. Ciao.

Je remis mon casque et sortis du bureau en passant devant Fred qui recula. Je ris et lui dis.

-Ton patron a besoin de glace pour ses couilles.

Alors, je montai sur ma moto et me dirigeai vers l’autoroute. Là, je mis les gaz et fonçai. J’aperçus à peine la forme des voitures que je dépassai, mais j’avais besoin de me défaire de ma rage. Tout ce temps perdu avec ce salop, combien d'autres filles y en avait-il eu. Encore une preuve que je n'étais vraiment pas digne d'être aimée. Après un peu plus d'une heure, je ralentis et sortis de l’autoroute. Je n'étais plus dans les Alpes-Maritimes, mais dans le Var, sur une route de campagne. Ayant besoin de me détendre, je décidai de m’arrêter dans le premier village avec un bar pour me désaltérer. Finalement, je m'arrêtai à Belgentier, un endroit typique de la région et le bar était ouvert. J'arrêtai ma machine sur la place en face et y entrai avec mon casque sur la tête. Tout le monde se coucha. Alors, j’enlevai mon casque et me mis à rire.

-Quoi, ça vous arrive souvent de vous faire braquer par un motard ?

La femme derrière le comptoir se releva.

-Eh, non, mais vous êtes rentré avec un air si décidé, qu’on s’est dit que cette fois, c'était pour nous.

Je souris et les rassurai.

-Non, ça va. Je veux juste boire.

-Qu’est-ce que vous voulez ?

-Un coca, s’il vous plaît.

Lorsque je me retournai, je vis que tout le monde s'était relevé.

-Oh, putain ! Vous conduisez ça ? S’exclama un homme qui regardait par la fenêtre.

-Oui.

-Ça monte à combien un engin pareil ?

-Je suis venue de Nice à cent soixante-dix.

-Putain ! s'exclama un autre. Pourquoi si vite ?

Ce qui me fit rire.

-J’avais hâte de vous rencontrer.

-Ah, c’est gentil.

-Vé la dame et comme la salade, elle est niçoise, rigola un autre.

-Qué couillon celui-là, dit la patronne du bar.

-On ne s’imagine pas une femme conduisant un de ces bolides.

-Ben maintenant, vous pourrez.

-Avec l’allure que vous avez, vous êtes, au moins, dans l’armée ou dans la police.

-Pas loin, je suis garde du corps.

-Alors, vous, vous me coupez la chique, annonça la patronne. Vous êtes magnifique, et vous trompez votre monde sous vos allures garçonne. En robe, vous devez être une vraie princesse.

Cette déclaration me fit éclater de rire.

-Je ne sais pas, je ne suis pas du genre à porter des robes.

Les clients recommencèrent à jouer aux cartes.

-Quand on voit cette moto, ça me fait penser aux routes américaines, qu’on voit à la télé. Me dit-elle.

Pensive, je me tournai vers ma Harley.

-Ouais, ça doit être une sacrée aventure, dis-je rêveuse.

Je réfléchis un moment et posai ma bouteille de coca sur le comptoir.

-Vous savez quoi ? Vous venez de me donner une idée, je vais le faire. Un road treap sur les routes américaines.

-Tè, à force de raconter des cagades, regarde ce que tu lui as mis dans la tête. S'écria un homme.

-C’est vrai ? Vous allez vraiment le faire ? Me demanda-t-elle.

-Oui, donnez-moi votre adresse et je vous enverrai une carte postale.

Aussitôt dit, aussitôt fait, je pris le papier et le mis dans mon portefeuille. Après des adieux, je retournais sur ma moto, remis mon casque et retournai à Nice. Plus d’une heure après, je me garais devant chez moi. En arrivant devant la porte de mon appartement, je découvris Lucas assis dans les escaliers.

-Qu’est-ce que tu fous là ? Demandais-je en soupirant.

Il se leva en grimaçant.

-Lilou mon cœur, je te demande pardon. J'ignore ce qui m’a pris. Je te jure que ça n’arrivera plus jamais.

En haussant les épaules, j'ouvris la porte.

-Tu fais ce que tu veux, Lucas, mais pour ma part, c’est fini. Il y a deux ou trois bricoles qui t’appartiennent ici, récupère-les aujourd’hui, parce que je vais être absente pendant quelque temps.

-Laisse-moi une chance de me rattraper, je t’en supplie.

Je pris son visage entre mes mains.

-Non, Lucas. C’est fini.

Mon portable en main, j'appelai mon patron.

-Julien, c’est Lilou. Écoute, je dois m’absenter quelque temps… Je ne sais pas, une semaine ou trois mois. Ne t'en fais pas, je serais là pour Samara… Écoute, je te comprends, mec, mais ça fait cinq ans que je travaille pour toi et je n’ai jamais pris de congé, ni même un seul jour de maladie… Oui, je sais, mais je ne suis pas irremplaçable et j’en ai vraiment besoin… Ok, merci, tu es un vrai, je t’adore. Je t’enverrai une carte postale.

Quand je me retournai, Lucas était assis sur mon sofa, les coudes appuyés sur les jambes.

-Tu es toujours là ?

-Où tu vas ? Me demanda-t-il, les sourcils froncés.

-Ça ne te regarde pas, Lucas. Maintenant, je voudrais que tu partes.

Il leva vers moi un regard meurtrier.

-Quoi ? J’ai fait une erreur et tu es incapable de me pardonner. Me cria-t-il dessus.

J’éclatai de rire et m’assis en face de lui.

-Une seule fois, Lucas ? Prends tes couilles et dis-moi la vérité. Lui répondis-je calmement, mettant à profit mon entraînement.

Pendant un moment, il garda la tête baissée.

-Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Pourtant je tiens à toi, les autres ne comptent pas.

En hochant la tête, je fis claquer ma langue.

-Ben, je suis désolée, mais pour moi ça compte.

Peu de temps après, j'entendis ma porte claquer.

Alors, je soupirai et fis la moue en ouvrant mon ordinateur.

-Alors, la route soixante-six. Par où commencer.

Mon père n’était pas très heureux que je parte seule sur cette route mythique et essaya maintes fois de m’en dissuader.

-Tu es complètement folle, me dit-il en buvant un café dans ma cuisine.

Puis, il secoua la tête et soupira.

-Tu as préparé ton circuit ?

-Oui, j’y ai passé la nuit.

-Combien de temps seras-tu parti ?

-J’ai pris trois mois de congé.

Il hocha la tête.

-Ouais, il te les devait. Mais, je voudrais que tu me promettes d’être prudente.

-Je le serai, Papa.

Il soupira encore une fois et se mit à rire.

-J’ai une fille qui a plus de couilles que la plupart des mecs.

Joignant mon rire au sien, j'allai le prendre dans mes bras.

Une semaine après, je sortais de la zone de fret de l'aéroport de Chicago sur ma moto. Je rejoignis immédiatement le début de la route 66 et je mis les gaz. Ma play liste dans les écouteurs, je roulais sur une route assez déserte. Mais je m’y attendais puisque je m’étais quand même bien préparé avant de partir. Je m’arrêtais dans les petites villes où je savais qu’il y avait des chambres d’hôtes ou des petits hôtels. Ce qui me permit de rencontrer pas mal de gens sympas.