DIEU VOUS HAIT TOUS

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Summary

Je vous laisse découvrir. Bonne lecture.

Status
Complete
Chapters
29
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prélude

Dans la Grèce antique, le sophiste Gorgias fut l'un des premiers à développer des thèses qualifiées a posteriori de « nihilistes ». Ces thèses se résument en trois points :


• Rien n'existe.


• Si quelque chose existe, ce quelque chose ne saurait être appréhendé et encore moins connu par l'homme.


• Même s'il l'était, son appréhension ne serait pas communicable à autrui.


Du latin nihil, « rien », le nihilisme est la séparation entre les valeurs et les faits, et proclame l'impossibilité de hiérarchiser les valeurs. Cette position implique l'amoralisme et le scepticisme moral. Le nihilisme est souvent associé au relativisme, il n'en constitue cependant pas une conséquence nécessaire, même si l'un est souvent tiré de l'autre. Le nihilisme repose sur la remise en question des causalités, intentionnalités et normativités de l'existence. Il est une attitude ou doctrine qui nie l’être et l’absolu, et qui donc verse dans le relativisme. Cette notion est applicable à différents domaines : philosophique, religieux, littéraire et politique.


Pour le philosophe Friedrich Nietzsche, la notion de nihilisme recèle un paradoxe intéressant. Il décrit deux formes de nihilisme :


La première est un nihilisme passif : « Nihiliste est l’homme qui juge que le monde tel qu'il est ne devrait pas être, et que le monde tel qu'il devrait être n'existe pas. Ainsi, l’existence (agir, souffrir, vouloir, sentir) n’a aucun sens : de ce fait le pathos du « en vain » est le pathos nihiliste — et une inconséquence du nihiliste ».


La deuxième forme est un nihilisme actif, lorsque les croyances s'effondrent du fait qu'elles sont dépassées. De ce second sens, il est possible d'extraire encore un autre sens, réservé à l'élite des esprits libres : il s'agit du nihilisme de la pensée, la négation absolue de l'être, négation qui devient selon Nietzsche la manière la plus divine de penser. Selon cette pensée, il n'y a pas du tout de vérité ; nos pensées sont alors nécessairement fausses.


Selon Nietzsche, l'état normal du nihilisme, qui est la négation de l'être, est une manière divine de penser, en ce sens qu'elle est un rejet définitif de tout « idéalisme » (idéalisme identifié à du nihilisme au sens des « faibles ») et de ses conséquences (la morale chrétienne entre autres). Influencé par la pensée nietzschéenne, le philosophe et écrivain roumain Emil Cioran inventera le nihilisme « pessimiste », qui ne laisse à l'homme aucune lueur d'espoir : « Contre l'obsession de la mort, les subterfuges de l'espoir comme les arguments de la raison s'avèrent inefficaces. » Par ailleurs et dans une œuvre parfois comparée à celle de Cioran, Albert Caraco, un philosophe franco-uruguayen, voyait la vie comme un non-sens absolu.


Pour Martin Heidegger : « Tout est nul, à tout égard ». Juste comme ça.


Cependant, comme pour chaque doctrine percutante, certains dangers sont associés à celui du nihilisme.


Des écrivains comme Fiodor Dostoïevski — mon préféré de tous — dans Les Démons, notamment à travers le personnage de Kirilov, et Émile Zola dans Germinal, avec celui de Souvarine, montrent et éventuellement dénoncent le danger de l'extrémisme et du nihilisme. Dostoïevski constate la difficulté de concilier l'idée d'un Dieu bon et tout-puissant avec l'existence du mal. Le mal, surtout, le tourmente. D'un autre côté, il constate que l'athéisme occidental ne nie plus seulement Dieu, mais aussi le sens de la « création », la raison d'être du monde et de la vie. Il constate que la justice humaine est incapable de porter remède au mal moral. Elle est elle-même parfois un mécanisme producteur d'inhumanité. Dostoïevski en vient à constater que « si Dieu n'existe pas, tout est permis ». Cette constatation devient ce que certains appelleront plus tard le « Problème du bien ». C'est à cette question que, plus tard, des individus comme Albert Camus tenteront de répondre. Camus, par exemple, pense que le sens de l'absurde n'est pas dans les choses. « L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. » L'absurde est alors maintenu comme certitude et présupposition première. Pour Camus, sa conséquence est le renoncement à toute attribution métaphysique d'un sens transcendant à l'existence.


Bref, d'après le nihilisme et les philosophes soutenant sa doctrine, d'une forme x ou y, aucune existence n'a de justification ou de sens en soi.


Et, personnellement, je suis d'accord avec ça.


Et puis, Dostoïevski avait raison : il est difficile de concilier l'idée d'un Dieu bon et tout-puissant avec l'existence du mal.


Sans doute parce qu'est-ce de là que se tire l'inspiration du titre de ce roman...


Pourtant, afin de conceptualiser ma pensée avec des mots simples, en demeurant dans ce même spectre idéologique, il me paraît impossible de ne pas effleurer la contradiction de la sienne. Dostoïevski soutient que si Dieu existe, tout n'est pas permis. Le problème du mal. Moi, je dirais plutôt que s'Il existe, le choix n'est qu'un mythe.


Que son existence annihile celle du choix.


Car si on l'avait eu dès le départ, aucun de nous n'aurait tout simplement accepté de descendre dans cet enfer rosifié...


En tout cas, pas moi.


À la fin, vous me direz ce que vous en pensez, vous. J'espère juste que Dieu Vous Hait Tous pourra vous captiver assez pour vous donner envie d'en arriver là.


Tout de suite après, commençons d'abord avec la partie 1 de ce roman : LA RENCONTRE DU LIVRE NOIR.


Bonne lecture.