Mens moi jusqu'à la vérité

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Summary

"Entre passions et mensonges, la frontière est floue ..." Dahlila cherche à reconstruire sa vie après une période de doutes et de déceptions. Lorsqu'elle rencontre en ligne un homme qui semble parfait à tous point de vue, elle se surprend à retomber dans l'excitation et l'espoir d'un nouvel amour. Mais ce qu'elle ignore, c'est que derrière cet homme se cache bien plus qu'elle ne l'imagine ...

Status
Complete
Chapters
22
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Chapitre 1

Le flou total. Je sais où je suis : l’odeur est familière, l’ambiance aussi… mais tout reste incertain.

Ma vue s’éclaircit doucement, mes sens reviennent peu à peu. Je sens le poids de mon corps sur un lit, le froissement des draps, et la lumière diffuse qui traverse les stores fermés. Tout semble étrangement oppressant, pesant, mais aussi familier.

Un frisson me parcourt lorsque ma peau effleure celle de quelqu’un. Je n’arrive pas, ou peut-être ne veux-je pas, me retourner pour regarder. Mon cœur bat fort, comme si une partie de moi savait déjà ce que je vais voir.

Son odeur flotte dans l’air : un mélange d’alcool, de bois et de vanille. Son whisky préféré. J’ai ce goût amer encore sur la langue, et un haut-le-cœur monte doucement. La pièce est saturée de chaleur et de transpiration, les échos d’une soirée agitée. Le malaise s’installe, grandit. Je dois me retourner, affronter ce que je redoute.

Quand je tourne enfin la tête, ma nuque est raide, engourdie. Mon regard glisse sur une silhouette paisible.

Il est là, allongé, sa respiration profonde et régulière. C’est bien lui. Le visage endormi, détendu, comme si de rien n’était. Mais pour moi, c’est un retour brutal à quelque chose que j’avais fui. Léo.

Je me réveille en sursaut, haletante. Tout mon corps est tendu. L’espace d’un instant, je me dis que ce n’était qu’un rêve. Mais non. Je suis bien là, dans son appartement. Je reconnais les détails que je croyais avoir oubliés : les murs gris un peu ternes, la lumière tamisée qui filtre à travers les rideaux lourds, et cette odeur de whisky mélangée à celle du bois ciré de ses meubles. Je suis chez Léo, et mon esprit s’embrouille. Pourquoi ? Comment ai-je pu… ?

Je tente de rassembler mes pensées, mais tout est flou. Des images de la veille me reviennent par vagues et s’emmêlent : des rires, des regards prolongés, un baiser volé et cette passion incontrôlable que je croyais éteinte. Je me redresse avec difficulté, le cœur serré. Mon téléphone vibre sur la table de chevet. L’écran s’illumine :

• Léa, 09h16 : « Dahlila, t’es où ? Je ne peux pas faire cette présentation sans toi ! »

Merde.

• Malik, 09h05 : « Si tu ne réponds pas, je vais appeler ta mère. Sérieux. »

• Awa, 09h02 : « Coucou Didi, tout va bien ? Réponds à Malik, il panique. »

• Camille, 08h53 : « Salut ma belle, on va toujours se boire ce café après le boulot ? Hâte de te voir ! »

Je regarde autour de moi, cherchant mes vêtements. La pièce est en désordre, témoin de la confusion de la nuit précédente. Je trouve enfin ma chemise froissée, mon jean roulé en boule près du canapé. J’essaie de ne pas faire de bruit en m’habillant. Léo est toujours endormi, la respiration paisible, et une partie de moi est tentée de le réveiller, de lui demander pourquoi j’ai laissé tout ça arriver. Mais non. Je me retiens. Je me sens prise au piège, submergée par une étrange combinaison de honte, de confusion et de frustration.

Une fois prête, je jette un dernier regard à la pièce. Une bouteille de whisky à moitié vide trône sur la table basse, accompagnée de deux verres vides. Tout semble témoigner de l’évidence que je veux nier. J’attrape mon sac, ouvre doucement la porte, et m’échappe dans les rues de Montmartre.

L’air frais de la matinée me frappe au visage. Je prends une profonde inspiration, mais le malaise persiste. Mon téléphone vibre à nouveau dans ma poche. C’est Léa. Je regarde son message avec un léger sourire nerveux. C’est comme si j’avais perdu le contrôle de ma propre vie. Je ferme les yeux un instant, prend une profonde inspiration. Il me reste 10% de batterie sur mon téléphone, juste assez pour me commander un taxi et prévenir Léa. Cette présentation est importante, ce projet est important, je dois retrouver mon calme et me concentrer sur ce qui est vraiment important.

Le chemin se fait dans un brouillard d’émotions. Une partie de moi veut oublier cette nuit, la gommer. Une autre me murmure qu’il est temps de comprendre pourquoi je suis toujours attirée par ce qui me fait mal.

Dans le taxi, je tente d’observer mon reflet via le mode selfie de mon portable, j’ai à peine le temps d’apercevoir mes cernes gonflés et mes cheveux emmêlés qui ne forment quasiment qu’une seule unique mèche que mon téléphone m’abandonne lâchement et s’éteint. Je pousse un soupir de désespoir. Je trouve un vieil élastique détendu au fond de la poche de mon blazer et essaie tant bien que mal de coiffer mes cheveux en un chignon bas, espérant faire illusion. Mon chauffeur, par empathie ou parce qu’il n’est est certainement pas à sa première cliente en plein « walk of shame », me propose gentiment une petite bouteille d’eau minérale et des bonbons à la menthe. Je ne suis d’habitude pas vraiment fan de l’utilisation des bouteilles en plastique mais j’accepte et vide la bouteille d’un trait. On repassera plus tard pour mes valeurs écologiques.

J’arrive enfin au pied du ministère, vingt minutes plus tard. Sans perdre de temps, je passe les portiques de sécurité, évitant soigneusement les regards interrogateurs des agents. Une fois à l’intérieur, je m’engouffre dans les toilettes publiques, où je prends quelques secondes pour rafraîchir mon visage et lisser mes vêtements froissés, témoins silencieux de la veille. Inutile de me regarder dans le miroir — je sais déjà que ça ne ferait qu’ajouter à mon stress. Je redresse les épaules, prends une grande inspiration et me dirige, tête haute, vers la salle de réunion.

Léa est déjà là. Debout devant un petit auditoire d’une dizaine de personnes, elle projette une assurance qui me fascine toujours autant. Elle est impeccablement habillée — un pantalon en lin évasé et une chemise blanche à col mao retroussée sur ses avant-bras. Ses cheveux noirs de jais sont coiffés avec une précision sans faille dans son carré court, et son maquillage léger rehausse subtilement ses traits. Je suis probablement la seule à savoir à quel point elle doute parfois d’elle-même. Devant cet auditoire, pourtant, elle dégage une prestance naturelle que j’envie secrètement.

Sur la table, juste devant l’écran où défile un PowerPoint intitulé « Ensemble, la Culture », nos noms sont inscrits en lettres capitales sur des chevalets. Devant le mien, je remarque une bouteille d’eau, un petit thermos de café fumant et une barre de céréales. Un geste attentionné, typiquement Léa. Je sens un pincement au cœur en pensant à la situation dans laquelle je l’ai mise ce matin.

Léa ajuste ses petites lunettes rondes et poursuit d’un ton calme :

— Voilà pour ce qui est de la conception des visuels. Maintenant, pour la gestion des événements, nous avions pensé…

Sa voix s’interrompt légèrement lorsque j’entre dans la salle, presque à contretemps. Nos regards se croisent. Je lui adresse un sourire gêné ; elle me répond par un haussement de sourcils, subtil mais chargé de reproches. Je sais qu’elle ne m’en tiendra pas rigueur. Léa n’est pas du genre à faire des vagues, mais elle exigera des explications dès que nous serons seules.

— Justement, Madame Dahlila Richard, qui vient de nous rejoindre, a préparé une présentation à ce sujet, conclut-elle avec un calme apparent.

Mon cœur fait un bond. Forcée de réagir, j’esquisse un large sourire à l’assemblée, pose mon sac sur la table, et me lance. Pendant deux heures, je me concentre entièrement sur notre projet. Les mots coulent avec une facilité qui m’étonne presque. Léa a tout prévu : entre deux phrases, je bois de l’eau ou sirote le café qu’elle m’a laissé.

Quand la réunion se termine enfin, je ressens une double fatigue, physique et mentale. Il est plus de midi, et mon estomac gargouille bruyamment. Avant même que je puisse dire un mot, Léa attrape son cartable vintage en cuir et m’attrape par le bras :

— On va déjeuner. Et non, ce n’est pas une question, ajoute-t-elle avec un sourire malicieux. Vu que tu portes la même tenue qu’hier, tu as des choses à me raconter. Et comme je t’aime bien, je vais passer l’éponge pour ce matin.

Je n’ai pas d’autre choix que de la suivre.

Nous trouvons une table en terrasse dans la brasserie en face du ministère, notre refuge habituel pour discuter à l’abri des oreilles curieuses de nos collègues. Léa reste silencieuse jusqu’à ce que nous passions commande. Elle attend que la serveuse s’éloigne avant de me scruter intensément.

— Laisse-moi deviner, commence-t-elle avec un sourire en coin. Vu ta tête de coupable et ta tenue, tu étais chez un homme hier soir. Vous avez bu, fait des choses regrettables… Et cet homme, c’était ton ex, n’est-ce pas ? Celui avec qui tu avais juré qu’on ne t’y reprendrait plus ?

Je soupire, mi-agacée, mi-amusée. Léa a vu juste, bien sûr. Tout en picorant ma salade César hors de prix et sirotant mon Perrier citron, je lui raconte tout ce dont je me souviens. Elle m’écoute sans m’interrompre, sans me juger.

Léa et moi travaillons ensemble depuis un an. Elle s’occupe de la création de contenu et des médias sociaux, tandis que je gère la stratégie numérique. Nos approches sont souvent opposées, mais c’est ce qui fait la force de notre collaboration. Au fil des mois, elle est devenue plus qu’une collègue. Son humour pince-sans-rire m’a tout de suite séduite, mais c’est sa loyauté et ses conseils avisés qui ont scellé notre amitié.

De retour au bureau, je m’installe à mon bureau préféré, près de la grande fenêtre côté sud. En ce mois de juin, la lumière est douce, et je profite du soleil pour me recharger en vitamine D. Je branche et allume mon téléphone, resté éteint toute la matinée, et réponds enfin aux messages de mes proches.

Je laisse un message à Camille :

• Hello, réunion débriefing d’urgence au Canal Saint-Martin à 19 h avec Malik et Awa. Je dois repasser chez moi avant. On se programme un café la semaine prochaine si tu n’es pas dispo.

Sa réponse arrive moins d’une minute plus tard :

• Pas de souci, on se rejoint à 19 h. J’aime bien Malik et Awa !

Je souris tristement. J’aimerais lui répondre la réciproque, mais je sais déjà que Malik va râler quand il apprendra qu’elle sera là.

Je passe l’après-midi à enchaîner les cafés et les tâches sur mon ordinateur. Les conversations avec mes collègues restent légères. Si quelqu’un remarque mon état, il est bien trop poli pour le signaler. À 17 h, je ferme mon ultraportable, épuisée. Inutile de forcer. Après tout, nous sommes vendredi, autant rentrer chez moi pour me préparer à l’assaut de questions et de remarques que je sais déjà inévitables ce soir.

Je salue mes collègues, Léa, qui m’adresse un petit sourire compatissant et sors. L’air de la rue, doux et léger, me fait du bien. Je prends la direction de l’arrêt de bus, laissant mes pensées vagabonder vers la soirée qui m’attend.

Je descendis du bus à République, les écouteurs vissés dans les oreilles, cherchant une playlist qui pourrait me mettre de bonne humeur pour la soirée. La journée au ministère avait été longue, et l’idée de retrouver mes amis au Canal Saint-Martin me donnait un peu d’énergie malgré l’appréhension. Mais d’abord, une douche bien méritée.

De retour chez moi, j’ôte mes chaussures dès que je passe la porte. Le parquet tiède sous mes pieds nus m’apporte un confort instantané, je me sentis immédiatement apaisée. Mon petit deux-pièces était resté comme je l’avais quitté, modeste mais chaleureux, avec ses murs blanchis, ses affiches encadrées d’expositions passées. Un plaid jeté négligemment sur le canapé, une pile de livres sur la table basse. Mes plantes, à moitié délaissées mais toujours vivantes, m’accueillent en silence. Le parquet craque sous mes pas alors que je pose mon sac sur la chaise près de la table, un geste devenu rituel depuis quatre mois que j’avais emménagé.

Sans perdre de temps, je me dirige vers la salle de bain. Mon reflet dans le miroir me dévisage avec une brutalité que je n’apprécie pas. Mes cheveux bouclés retenus par mon élastique trop lâche en chignon bas avaient fini par s’échapper par mèches et encadraient mon visage fatigué. Je passe une main fatiguée sur mon visage, remarquant les cernes sous mes yeux noisette. Ma peau dorée, porte encore les traces de la veille : une rougeur diffuse sur mes joues, et une fine éraflure sur mon avant-bras, souvenir d’un coin de table heurté trop vite.

Je me déshabille lentement, dévoilant un corps fin et élancé, sans beaucoup de formes. Mon dos est constellé de grains de beauté, comme un ciel étoilé qui descend le long de ma colonne. Une cicatrice discrète, vestige d’une chute de vélo à huit ans, marque mon genou gauche. Je rentre sous la douche, laissant l’eau chaude ruisseler sur ma peau, effaçant la fatigue, le désordre, les regrets.

Mes pensées vagabondent vers le travail. Le projet « Ensemble, la Culture » me tient à cœur. Avec Léa, nous avons imaginé une campagne pour rapprocher les jeunes des banlieues parisiennes de l’offre culturelle, souvent perçue comme élitiste et inaccessible. Nous voulons démocratiser l’accès aux musées, aux concerts, aux expositions. Léa se concentre sur la création de contenu : des visuels modernes, des interviews vidéo de jeunes artistes locaux. Moi, je gère la partie numérique : la conception d’une application interactive et la stratégie pour engager les communautés sur les réseaux sociaux.

Sous l’eau, je repense à la réunion. Mes mots ont coulé naturellement, mais une petite voix me rappelle que je dois tout à Léa et sa préparation impeccable. Mon esprit dérive à nouveau vers la veille, vers Léo. Ce matin, je m’étais promis d’aller de l’avant. Ce soir, je voulais juste penser à autre chose.

Un soupir m’échappe. J’éteins l’eau, comme pour chasser l’ombre de ces pensées.

En sortant de la douche, je m’enveloppe dans une grande serviette moelleuse. Je me sens un peu plus humaine, un peu moins fragmentée. Je m’habille rapidement, enfile un jean taille haute confortable, un body dos nu, et rassemble mes affaires. Ce soir, il faudra affronter les regards et les questions, mais pour l’instant, je m’accorde une pause, bercée par le silence de mon appartement.

Je rejoignis mes amis au Canal Saint-Martin après avoir marché un moment pour profiter de l’air frais. Le calme du quartier contrastait avec l’agitation de ma journée, et je sentis un peu de stress me quitter à mesure que j’approchais du pont. Camille et Malik étaient déjà là, assis sur les marches au bord du canal.

— Enfin, t’es là ! lança Camille avec son habituel mélange de reproche et d’enthousiasme.

Je souris timidement et posai mon tote bag à côté de moi. Malik, lui, se contenta d’un “Salut” à peine audible, le nez dans son téléphone. Je connaissais son aversion pour Camille, et ça me fatiguait parfois de jouer les médiatrices entre eux.

Camille était toujours impeccable, comme si elle sortait tout droit d’une campagne de pub. Ses cheveux châtain clair étaient attachés en une queue de cheval plaquée, son maquillage précis, sa tenue chic et décontractée… Tout en elle respirait la confiance. Malik, avec son t-shirt noir oversize et son air renfrogné, était son opposé. Il avait cette attitude un peu désinvolte, mais je savais qu’il était bien plus profond qu’il n’y paraissait.

— Et Awa ? demandai-je en regardant autour de moi.

— Elle est encore en retard, répondit Malik en haussant les épaules.

Je m’apprêtais à répondre quand une voix familière m’interpella.

— Je suis là ! Désolée pour le retard, cria Awa en descendant les marches en courant.

Son grand sourire effaça immédiatement la tension entre Camille et Malik. Awa avait ce don pour apaiser les situations. Avec ses box braids relevées en chignon et sa petite robe multicolore qu’elle avait sûrement déniché dans une friperie vintage, elle apportait une touche de chaleur partout où elle allait.

— Alors, Dahlila ? demanda Camille après quelques minutes. Qu’est-ce qui s’est passé hier soir ? On t’a envoyé plein de messages.

Les regards de mes amis se posèrent sur moi. J’hésitai un instant, cherchant mes mots.

— J’étais… chez Léo.

Le silence qui suivit était presque palpable. Camille fronça les sourcils, Malik lâcha un soupir agacé, et Awa me lança un regard compatissant.

— Chez Léo ? s’exclama Camille. Mais pourquoi ?

Je leur racontai la soirée, évitant les détails trop personnels. Je leur expliquai que j’avais bien conscience que c’était une erreur, que je ne savais même pas pourquoi j’avais fait ça.

— Franchement, Dahlila, dit Malik avec un ton sec. Tu sais très bien que ce mec est mauvais pour toi. Tu as besoin de quoi de plus ?

— Malik, c’est bon, coupa Awa en posant une main sur mon bras. C’est pas si simple.

— Pas si simple ? Sérieusement ? Ce type, c’est un red flag ambulant.

Je baissai les yeux, sentant la honte monter. Camille, elle, restait silencieuse, pour une fois.

— Écoute, Dahlila, reprit Awa avec un sourire doux. Peut-être que tu devrais essayer autre chose. Un petit flirt, rien de sérieux. Juste pour te changer les idées.

— Une relation pansement ? se réveilla enfin Camille.

— Appelle ça comme tu veux, mais ça pourrait l’aider, insista Awa. Un peu de légèreté comme un amour de vacances ne peut pas faire de mal et ça t’aidera peut-être à passer à autre chose.

Je levai les yeux vers elle. L’idée semblait à la fois absurde et séduisante. Peut-être que c’était ce dont j’avais besoin mais c’est l’envie qui manquait.

La soirée continua autour de quelques bières chaudes achetées à la superette du coin en souvenir de notre période étudiante, mais la discussion s’éteignit doucement. Alors que je m’apprêtais à partir, Awa me murmura :

— Réfléchis-y, d’accord ?

Je hochai la tête, sans trop savoir quoi répondre. En marchant vers chez moi, les rues de Paris semblaient étrangement calmes. Mais dans ma tête, c’était tout sauf le cas.