L'éminence grise

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Summary

Elle est la loi, il est le chaos. Ils n’auraient jamais due se croiser encore moins se désirer. Dahila nouvellement affectée dans cette ville, est déterminée à démanteler le plus grand reseau de narcotrafic de la region. Son chemin croise celui de Lionel, le bras droit du Mafieux le plus puissant de cette organisation criminelle. Pour elle, il n’est qu’un homme énigmatique, suspect, beau comme un dieu et étrangement captivant, mais, elle déteste tout ce qu’il a l’air de représenter le danger, l’interdit, la noirceur. Pour lui, elle n’est qu’une flic idéaliste naïve, aveugle à la brutalité du vraie monde Mais voilà, la haine a ses failles et l’attraction qui les consume est aussi irresistible que destructrice. Ils devraient se combattre, mais leur regard s’accrochent, ils devraient se fuire mais leur corps se cherchent. Ce qui les unit est interdit, malsain et pourtant… terriblement captivant. que se passera-t-il quand Lionel se révèlera être celui qu’elle traque ?

Status
Ongoing
Chapters
16
Rating
5.0 2 reviews
Age Rating
18+

Nouveau départ

Dahlia


Mon réveil sonne à 5 heures tapantes, me tirant de mon sommeil. Sans même laisser le temps à mon esprit de s'éveiller complètement, je bondis hors de mon lit, j'enfile à la hâte un jogging et un t-shirt de sport, puis je noue mes lacets de running avant de glisser mes écouteurs dans mes oreilles.

En à peine quelques minutes, je suis dehors, respirant l'air frais du matin qui pique légèrement mes narines. Je m'élance aussitôt dans les rues désertes, entamant mon parcours de course. Mes pieds martèlent le sol tandis que la musique emplit mes oreilles, me motivant à repousser mes limites. Au bout d'une heure d’efforts, je rentre chez moi, le souffle court mais l'esprit revigoré. Je me glisse sous la douche, laissant l'eau chaude détendre mes muscles. Après ce rapide rituel de remise en forme, je m'attaque à mon petit-déjeuner, un bol de céréales et un jus de fruit frais. mon petit déjeuné terminé, je me prepare, pantalon jean, haut colle roulé et veston par dessus et aux pieds, des bottines à la fois confortable et élégantes, sac a main contenant certains de mes documents.

Fin prêt, je sors de mon appartement et me rends au poste de police où je viens d'être affecté. C'est mon premier jour dans cette nouvelle ville, au sein de la brigade des stupéfiants, et je ne peux contenir mon impatience. Enfin, je vais pouvoir me consacrer à ma véritable mission : traquer sans relâche ces criminels qui empoisonnent le pays tout entier.

Arrivé au commissariat, l'atmosphère est déjà intense et animée. Des flics affairés en uniformes vont et viennent, échangeant des informations, certains au téléphone, d’autres discutent autour du grand tableau d’affichage central . L'odeur du café et des beignets emplissent les couloirs tandis que des éclats de voix résonnent çà et là. Je sens l'adrénaline monter en moi, car je suis prête à en découdre. Cette fois, les criminels n'ont qu'à bien se tenir - je suis là !

Je traverse le hall d'entrée, évitant les allées et venues frénétiques, pour me diriger vers le comptoir d'accueil. Derrière le guichet, une secrétaire au visage serré me salue avec un bref hochement de tête. je lui dis la raison de ma présence et son visage se détache lorsqu’elle m'indique le chemin du bureau du capitaine.

Sur mon passage, je croise des regards curieux ou méfiants de la part de mes nouveaux collègues. D'autres se retournent à mon passage, Certains me toisent avec un mélange de scepticisme et d'hostilité, tandis que d'autres m'adressent un signe de tête poli mais distant. Arrivé devant la porte du bureau du capitaine, je prends une profonde inspiration pour me redonner contenance.

Après deux coups, je pousse la porte du bureau du capitaine Barray. Les semelles de mes bottines claquent sur le carrelage poli, pendant que je pénètre dans un espace plus calme et feutré, en retrait de l'agitation du hall d'entrée. Les murs sont recouverts de panneaux en liège sur lesquels sont épinglées des fiches, des cartes et des plannings. Une forte odeur de tabac froid flotte dans l'air.

Lorsque j'entre, j'aperçois le capitaine Barray, un homme corpulent aux cheveux grisonnants, debout devant la fenêtre, dos à la porte, les mains croisées dans le dos. Il semble absorbé par ses pensées et sans se retourner, il se met à monologuer.

— Pas facile de prendre la tête d'une brigade comme celle-ci... Des années d'expérience, des méthodes parfois dépassées... Et puis, la pression... La ville ne dort jamais, on ne peut jamais se permettre de relâcher la vigilance...

Je m'approche, mes yeux fixés sur son dos large et ses épaules légèrement voûtées.

— Capitaine Barray ? demande-je, ma voix douce et posée, mais avec une inflexion d'autorité. Une façon pour moi de marquer ma présence.

Il se retourne enfin, un sourire discret éclairant son visage. Ses yeux gris, usés par le temps, semblent scruter mon âme.

— Lieutenant Sebastian, bienvenue ! Je vous attendais. Vous devez être épuisée après votre voyage.

— Pas du tout, Capitaine. J'ai eu le temps de me reposer cette nuit. Et j’ai hâte de commencer.

— Bien, bien... Installez-vous, je vous prie.

Il fait un geste vers un fauteuil en cuir usé, placé devant son imposant bureau en bois sombre.

— Un whisky ? propose-t-il en prenant deux verres dans un coffret en bois. Il ouvre un tiroir avec un léger craquement, révélant des bouteilles aux étiquettes jaunies par le temps.

Sans que je n'aie le temps de répondre, qu’il dépose un verre devant moi. il a vu l’heure ? mon regard passe de lui au verre.

J'observe le liquide ambré qui tournoie dans le verre puis, je l’empoigne, mes doigts caressent la surface du verre, comme si je cherchais à comprendre la complexité du liquide qui s'y trouve.

— Alors, Lieutenant, vous êtes prête à plonger dans le grand bain ? demande-t-il, ses yeux fixés sur moi.

Je lève les yeux vers le Capitaine, un sourire confiant aux lèvres.

— Je suis prête, Capitaine. Je suis prête à tout.

Je dépose mon verre sans en boire une gorgée. Une façon pour moi de lui montrer que je n’accorde pas ma confiance aussi facilement. qu’il soit mon Capitaine, n'exclut pas la méfiance. Ayant remarqué mon geste, il me regarde, un léger sourire se dessinant sur ses lèvres. Il semble apprécier mon assurance.

— Beau réflexe Sebastian, me lance-t-il avec un sourire espiègle.

— Quelle sera ma mission, Capitaine ?

— Vous savez, Lieutenant, commence-t-il en prenant place dans son siège, il y a des nuits où on se demande si tout ça en vaut vraiment la peine, dit-il, en fixant son verre. Des nuits où on se sent seul, face à la noirceur de la ville, face à la violence qui nous entoure.

Je lève les yeux vers lui, surprise par cette confidence inattendue qui n’a rien à voir avec ma préoccupation.

— Vous n'êtes pas seul, Capitaine. dis-je, d’une voix ferme. Nous sommes ici pour ça, pour affronter la noirceur, pour protéger la ville coûte que coûte !

Il me regarde.

— Vous avez raison, Lieutenant. Vous avez raison, fait-il, le sourire aux lèvres.

Puis, il dépose son verre sur le bureau, d’un geste nonchalant et se relève.

— Vous êtes bien enthousiaste et j'aime cette attitude, Lieutenant. Vous êtes jeune, et vous avez du potentiel; j’ai consulté votre profil. Maintenant que je vous ai en face, je peux voir de la détermination en vous, de l'intelligence et surtout, du courage. Cette ville a besoin de policiers comme vous ! Qui ne reculent pas devant le danger, qui sont prêts à se salir les mains pour protéger les innocents.

— Que voulez-vous dire par “se salir les mains” ? demandé-je, sceptique.

— Rassurez-vous, je ne vous demande pas de trahir notre profession mais, vous savez que pour travailler aux stups, il faut souvent arriver à certaines extrêmes qui, malheureusement, nous affectent plus qu’on ne le pense.

il se penche en avant, son regard perçant.

— Vous allez être confrontée à des choses difficiles, à des situations qui vous mettront à l'épreuve. Vous allez voir des choses que vous n'avez jamais imaginées. Mais vous devez vous rappeler pourquoi vous êtes ici. Vous devez vous rappeler que vous êtes là pour faire la différence.

Il se redresse.

— Je ne vous demande pas d'être un héros, Lieutenant. Je vous demande d'être un policier. Un bon policier. Aujourd'hui, Lieutenant, vous allez faire connaissance avec la brigade. Puis, vous vous familiarisez avec les factions en patrouilles. C'est important de connaître votre terrain, de sentir le pouls de la ville.

Il retourne vers son siège et se laisse aller dans le dossier

— Le Sergent Paul vous attend dans la salle de briefing. Il vous présentera les dossiers en cours et vous fera visiter les locaux. Vous aurez également l'occasion de rencontrer les autres membres de votre équipe. N'hésitez pas à poser des questions, je suis là pour vous guider. Mais n'oubliez jamais : dans ce monde, il n'y a pas de place pour la faiblesse. A la Brigade des Stupéfiants, on ne se contente pas de traquer les dealers de rue. On est confronté à des réseaux de trafics internationaux, à des organisations criminelles qui touchent à tous les domaines, de la corruption des politiques au blanchiment d'argent. C'est un combat constant, une course contre la montre. Tout au long de votre service, vous allez rencontrer des informateurs, des trafiquants de tout genre, des victimes et des familles brisées par la dépendance. C'est un monde sombre, Lieutenant, mais il faut y plonger pour trouver la lumière. Il se penche en avant, son regard se fixant sur le mien. Vous allez devoir faire preuve de courage, de détermination et de sang-froid, apprendre à vous adapter, à changer de stratégie, à anticiper les mouvements de l'ennemi. Et surtout, faites confiance à votre instinct. C'est votre instinct qui vous permettra de démêler les fils de ce labyrinthe, de démasquer les criminels et de sauver des vies. Bienvenue dans la Brigade des Stupéfiants, Lieutenant Sebastian.

— Merci capitaine. j’essaierai d'être à la hauteur.

— Bien ! maintenant laissez moi, je vous appellerais au besoin.

— A vos ordres capitaine.

Je sors du bureau du capitaine. Une fois dans le couloir, je prends une profonde inspiration pour me détendre. Mes pas me guident naturellement vers la salle de briefing.

Lorsque j'entre je vois un agent que je suppose être le sergent Paul. Il se lève d'un bond, me saluant d'un geste vif.

— Lieutenant Sebastian, c'est un honneur de vous rencontrer, déclare-t-il d'un ton solennel, le torse bombé.

— Sergent Paul ?

— Oui M’dam !

— Arrêtez avec ces formalités ! baissez la garde. je préfère une approche plus décontractée.

— Très bien, lieutenant. Laissez-moi vous présenter l'équipe et vous montrer votre bureau, dit-il en m'invitant d'un geste à le suivre.

— Commençons par mon bureau, je vous prie.

— Bien lieutenant !

il me guide à travers les espaces, un open space ou s'affairent plusieurs autres policiers chacun assis derrière son bureau, plongé dans les dossiers. nous nous dirigeons vers une porte au fond du couloir révélant un bureau individuel encore marqué par la présence de mon prédécesseur.

Je pénètre dans mon nouveau bureau, tout en observant chaque détail de l'espace. Un bureau au centre, flanqué de deux fauteuils confortables, un ordinateur posé sur le meuble, et quelques étagères pour ranger les dossiers. Un canapé en cuir trône dans un coin, tandis qu'une lampe diffuse une légère lumière sur l'ensemble.

Je contourne lentement le bureau, laissant mes doigts courir sur le dossier du fauteuil.

— Où est mon prédécesseur ? je demande d'une voix posée.

— Affecté ailleurs, lieutenant, me répond le sergent Paul qui se tient debout près de la porte.

— Ok, je vois ! Vous pouvez dire à toute l'équipe de se rassembler en salle de briefing ? mais avant, j’aurai besoin de la fiche de chacun de vous.

— Oui madame ! acquiesce le sergent avant de s'éclipser.

Qu’il est soulant avec ses formalités !

Après son départ, je continue de regarder mon nouveau bureau. Je le retaperais plus tard. Pour le moment, je dois me familiariser, et je dois commencer par me présenter à mon équipe. je dois savoir qui est qui afin de mieux me préparer pour notre collaboration.

Quelques minutes après, la porte s’ouvre et c'est le sergeant Paul avec un dossier en main. Après me l'avoir donner, il s’en va.

Je prends place sur le fauteuil, j'ouvre le dossier que Paul m'a apporté et je le feuillette, mes yeux parcourant les informations sur chaque membre de mon équipe.

L'inspectrice Claire Shawn, 40 ans, vétéran aguerri avec une carrière impressionnante. Le sergent William Polis, 50 ans, proche de la retraite mais l’air très affûté. Sandrine Taylor, 32 ans, l'analyste de l'unité, son visage souriant me regardant depuis la photo. Le sergent Paul Jamie, 28 ans, celui que je viens de rencontrer, son regard est direct et son maintien militaire est impeccable. Et enfin, le sous-lieutenant Wayn Anderson Lee Parker, 31 ans, son expression déterminée me captive l'espace d'un instant. Pendant que je fixe le visage du sous-lieutenant, je suis brusquement interrompue par quelques coups secs frappés à la porte de mon nouveau bureau. Mon cœur s'emballe légèrement alors que la porte s'ouvre, révélant la silhouette élégante du sous-lieutenant Wayn. Il est encore plus séduisant en vrai que sur la photo de son dossier.

— Wayn Anderson ! je suppose, m'exclamé-je avec surprise, ne pouvant m'empêcher de le détailler du regard.

Un sourire en coin flotte sur ses lèvres fines alors qu'il s'avance dans la pièce.

— Bonjour mon Lieutenant, me salue-t-il d'une voix chaude et posée. Je vois que vous vous êtes déjà renseignée sur moi. Je suis venu personnellement vous souhaiter la bienvenue au sein de la brigade.

Je me lève lentement de mon siège, sentant son regard pénétrant me détailler avec une intensité qui me trouble malgré moi. Lorsque nos yeux se croisent, je vois des milliers d'étincelles danser, comme s'il ne cherchait pas à dissimuler son attirance.

— Le sergent Paul ne vous a pas dit que j'avais convoqué une réunion pour marquer mon arrivée ? l'interrogé-je, tentant de garder une voix posée et assurée.

— Il me l'a dit, mais j'ai tenu à venir vous accueillir comme il se doit, réplique-t-il avec un sourire charmeur. Après tout, nous sommes collègues !

Je ne peux retenir un petit rire sec face à son attitude désinvolte.

— Je suis votre supérieur, sous-lieutenant Wayn Anderson Lee Parker ! À moins que je ne vous y autorise, vous faites ce que je vous demande ! lâche-je fermement.

— Oui, M’dame ! acquiesce-t-il rapidement, son regard soudain empli de respect.

— La réunion de présentation se tiendra avec toute l'équipe en salle de briefing. J'y serai dans cinq minutes et j'espère y trouver tout le monde. Quand je dis tout le monde, c'est sans exception ! Vous pouvez disposer maintenant.

— A vos ordres Lieutenant ! lance-t-il avant de se retirer, me laissant seule.

Je soupire doucement, tentant de chasser le trouble qui m'a envahi face à cet homme à la fois séduisant et sûr de lui. Il faut que j'impose mon autorité dès le début, sans me laisser distraire par ses beaux yeux et son charme. Je suis ici pour travailler, pas pour flirter avec mes subalternes. Je prends une grande inspiration pour me calmer après le départ de Wayn.

En tant que femme officier supérieur, je sais que je devrai constamment faire mes preuves face à certains collègues machistes et mysogynes. Mais je dois me prouver à moi et à tous que je suis à la hauteur de ce poste.