La robe mystérieuse
Assise devant la coiffeuse, j’observais mon reflet, tandis que je brossais délicatement mes boucles brunes. Mes iris bleutés sondaient les miens dans le miroir, une myriade de questions tourbillonnant dans mon esprit.
Pourquoi m’avoir demandé à participer à cette fête ?
Je faisais, d’ordinaire, tout pour éviter ce genre d’événement. Mais ce soir, je n’avais pas le choix.
Mon regard dériva sur mon lit derrière moi, où une longue robe bleu nuit était disposée. Ses broderies de fils d’or et d’argent, scintillant sous l’effet de la lumière tamisée, me faisaient penser à une nuit étoilée. Elle était à la fois mystérieuse et... déconcertante.
Je l’avais trouvée ce matin, déposée sur le pas de ma porte, soigneusement rangée dans une boîte de velours noir. Aucun nom. Aucune explication. Seul un message énigmatique :
Vous êtes attendue ce soir, au bal organisé dans la grande salle. Aucun refus ne sera toléré.
Les courbes délicates des lettres me semblaient étrangement familières, comme si je les connaissais par cœur. Mais alors que je cherchais à plonger dans mes souvenirs, un voile de confusion sembla frapper mon esprit, comme si un flux magique tentait de m’éloigner de la vérité.
À peine avais-je sorti la robe de son écrin que le mystère qui l’entourait me maintint sur le qui-vive pendant des heures, espérant la réception d’un nouvel indice. Mais, à ma plus grande déception, rien ne vint. Et chaque fois que je posais mon regard sur celle-ci, c’était comme si elle était enveloppée d’un sort qui me poussait à la mettre sans attendre.
J’échappai un soupir de frustration, tandis que je reportais mon attention sur le miroir pour ajuster mes boucles rebelles dans mon chignon, formant un entrelacs de mèches. Afin de les maintenir en place, j’y plongeai de nombreuses épingles argentées, façonnées en petites fleurs incrustées de diamants. La lumière faible des bougies les faisait scintiller telles des constellations. Quelques boucles tombaient volontairement autour de mon visage, adoucissant mes traits.
J’inspirai profondément en me levant de ma chaise pour rejoindre mon lit. Je fixai quelques instants la robe, sur laquelle je laissai enfin mes doigts glisser sur la soie, parcourant les broderies délicates. À mesure que les secondes défilaient, une étrange angoisse nouait mon estomac, comme si cette robe contenait bien plus de secrets qu’elle ne le laissait paraître.
— Qui pouvait bien être le mystérieux expéditeur d’une telle beauté ? Et surtout, quelle pouvait bien être la raison ? murmurais-je pour moi-même.








