Louve et Sorcière 3

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Summary

Voici un résumé en six phrases du tome 3 de *Louve et Sorcière* : Théodora, jeune louve-garou, lutte pour se reconstruire après avoir été sauvée de ses ravisseurs. Arsène, partagé entre son amour pour elle et ses devoirs envers sa femme, prend une décision qui bouleverse leur lien. Pendant ce temps, Charles, médecin et Alpha d'une meute, lui offre refuge et protection, mais ses intentions restent ambiguës. La menace d'Angie, sorcière assoiffée de pouvoir, pèse toujours sur elle, forçant Théodora à prendre en main son destin. Alors qu'elle tente d'oublier Arsène et de trouver sa place, elle se retrouve impliquée dans des luttes politiques et des secrets de meute. Entre trahisons, révélations et alliances inattendues, Théodora devra choisir entre son passé et son avenir.

Status
Complete
Chapters
35
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

Chapitre 1

Notre convoi se déplaça lentement sur l’aire d’autoroute de Beaune. Le parking était vaste et anonyme, et j’essayais désespérément de repérer le Range Rover de Charles parmi les voitures stationnées. Chaque véhicule qui s’approchait de moi faisait battre mon cœur plus vite, jusqu’à ce que je réalise que ce n’était pas celui que je cherchais. Un soupir de déception s’échappa de mes lèvres.

Jordan, observant mon agitation, m’invita d’un geste à le suivre vers une petite cafétéria, comme si une simple boisson chaude pouvait apaiser ma nervosité. Il porta un plateau avec deux tasses de chocolat fumant jusqu’à une table de bar, dépourvue de tabourets, pour que nous puissions nous assoir. Tandis qu’il déchirait l’emballage de son sucre avec une concentration distraite, il lança un regard furtif vers les toilettes.

— Même si Arsène quitte la meute, il y a encore beaucoup de gens qui tiennent à toi, murmura Jordan, le ton empreint de sincérité.

Ses paroles, à la fois réconfortantes et inquiétantes, me firent sursauter. Les yeux rivés sur ma tasse, je cherchais les mots pour répondre.

— Et pour aller vivre chez Vincent et Héloïse ? C’est hors de question. Arsène viendrait me rendre visite tout le temps, et je ne veux plus le voir.

Jordan haussa les épaules, son expression trahissant une légère inquiétude. Ses cheveux noirs en bataille, presque indomptés, et sa barbe courte, mais désordonnée donnaient à son visage une allure à la fois désinvolte et chaleureuse. Ses yeux couleur miel brillaient d’une sincérité attendrissante.

— Viens chez moi, alors. Il n’y est jamais venu.

La surprise me fit lever les yeux vers lui. Je scrutais son visage, cherchant dans ses traits le reflet d’un simple acte de gentillesse ou d’une véritable offre de refuge. Ses lèvres pleines se courbèrent en un sourire nerveux.

— Je ne veux pas te déranger…

— Tu ne me dérangeras pas, et puis il y a Amélie. Elle serait heureuse d’avoir une amie à la maison, insista-t-il, avec une touche de chaleur dans la voix.

— C’est gentil, mais j’ai vraiment besoin de prendre du recul.

Varlam nous rejoignit alors, portant un café et un sandwich. Au même instant, mes yeux captèrent la silhouette de Charles franchissant les portes automatiques de la cafétéria. Un sentiment d’espoir et de soulagement m’envahit. Je lui fis de grands signes, ma main se balançant frénétiquement.

— Charles !

Ma voix se perdit dans le brouhaha ambiant.

Mais lui, son regard se posa immédiatement sur moi.

Et à cet instant précis, je sus que tout allait changer.

— Bonjour ! s’exclama-t-il d’une voix tendue, ses traits marqués par une fatigue apparente.

Il nous salua par une poignée de main ferme, échangeant des politesses avec Jordan et Varlam. Il s’excusa pour l’attente, évoquant un empêchement de dernière minute. Son air préoccupé ne fit qu’ajouter à la tension ambiante.

— Ce n’est pas grave, répondit Jordan avec une pointe de soulagement.

— Es-tu prête à partir ? demanda Charles, son impatience perceptible.

Je récupérai ma valise dans la voiture de Varlam, mes mouvements précipités trahissant une impatience à quitter cet endroit devenu trop pesant. Je fis une bise rapide à Varlam et reçus un dernier câlin de Jordan, ses bras apportant un réconfort temporaire.

Je suivis Charles en trottinant jusqu’à sa voiture, mon esprit en ébullition, essayant de repousser les pensées noires et les doutes qui s’entrechoquaient dans ma tête.

— Tu accumules les bêtises aujourd’hui ! Déclara Charles en prenant place derrière le volant, son ton plus dur que jamais.

Je me tournai vers lui, un mélange de fatigue et de honte dans les yeux.

— Que veux-tu dire ?

— Ce matin, tu as quitté tes parents sans leur dire où tu allais, juste pour aller voir Arsène. Cet après-midi, tu t’es enfuie pour rejoindre ma meute sans son accord préalable !

— Arsène m’a rejetée. Alors je fais ce que je veux !

— Non, pas du tout ! Si Arsène et moi n’étions pas amis, cette fuite aurait pu provoquer une guerre entre nos meutes.

Je baissai la tête, les épaules voutées.

— C’est vrai, désolée, dis-je d’une voix à peine audible. Je voulais juste fuir le mal qu’il m’infligeait.

Charles me lança un regard perçant, mêlé de désapprobation et de quelque chose d’autre que je ne pouvais pas définir.

— Il m’a parlé de votre conversation, dit-il. Arsène était prêt à quitter la meute à cause de ton enlèvement, mais il était partagé entre toi et sa femme. Maintenant, il doit choisir sa famille. Ça te blesse, je comprends.

Les mots de Charles m’écrasèrent, et je me laissai aller dans mon siège, les larmes coulant librement. Les signes de son animosité et de son contrôle m’étaient désormais plus clairs. Je n’avais jamais remarqué à quel point il pouvait être manipulateur.

Soudain, le téléphone de Charles sonna. Il décrocha d’un geste brusque, son visage se durcissant instantanément.

— Oui, Frédéric ?

Je tendis l’oreille, essayant de capter des bribes de la conversation. L’urgence dans la voix de Charles se fit rapidement sentir.

— Quoi ? Une hémorragie ? Je me dépêche !

Il raccrocha, son expression passée du calme à une gravité inquiétante. Charles se tourna vers moi avec une intensité que je n’avais jamais vue chez lui.

— Une des femelles enceintes a des complications graves. Frédéric vient de m’avertir que la situation est critique. Nous devons le rejoindre immédiatement.

La nervosité et l’inquiétude se lisaient clairement sur son visage. Charles démarra la voiture avec une rapidité presque brutale, ses mains crispées sur le volant. Mon cœur s’emballa alors que nous quittions l’aire d’autoroute, la tension montant d’un cran.

— On a encore du temps avant d’arriver là-bas ? Demandai-je, anxieuse.

— Pas beaucoup, répondit Charles, les yeux fixés sur la route. Il faut que je sois concentré.

Je sentis une vague de malaise en réalisant que le temps était contre nous, et je comprenais maintenant l’urgence apparente. Charles conduisait avec une détermination que je n’avais jamais vue, comme s’il savait quelque chose que je ne comprenais pas.

— Tu m’as dit que tu voulais prendre du recul avec Arsène. Que feras-tu si la situation se résout ? demanda-t-il d’un ton qui essayait de rester calme, mais qui trahissait une certaine tension.

Je le regardai, l’esprit embrouillé.

— Je ne sais pas. Peut-être que je retournerai vers lui, mais je dois m’assurer que je suis en sécurité d’abord.

Charles me lança un regard intense, son expression mélangeant une préoccupation et une froideur contenues.

— C’est une bonne idée. Il faut prendre ton temps. Tu as vécu trop de bouleversements et de traumatismes récemment.

La voiture roulait rapidement, chaque minute devenant plus critique. Charles semblait plongé dans ses propres pensées, et je ne pouvais échapper à la sensation croissante que quelque chose clochait. Ses comportements étaient maintenant chargés de sous-entendus inquiétants. L’urgence de la situation m’entourait, et je ne pouvais ignorer le malaise croissant.

— Charles, pourquoi est-ce si important pour toi que je quitte sa meute maintenant ? demandai-je, la voix tremblante.

Il me lança un regard dur, puis détourna les yeux vers la route.

— Il y a des choses que tu ne comprends pas encore, Théodora. La situation avec sa femme pourrait l’affecter bien plus que tu ne le crois.

La réalité de ce qu’il voulait vraiment m’échappait encore, mais l’urgence de la situation me laissait de moins en moins de place pour questionner. Charles continua de conduire, une ombre pesante sur son visage, tandis que nous nous rapprochions de notre destination.