A LA CROISE DES LIGNES

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Summary

April Curtis, ancienne journaliste politique au chômage, déteste le sport et les abrutis qui vont avec. Pourtant, quand son journal local ferme, elle se retrouve propulsée dans la section sportive du Quotidien Urbain, un monde qu’elle méprise. Sa première mission : interviewer Samuel Bardan, capitaine des Gladiateurs de Québec, un hockeyeur aussi talentueux qu’arrogant – du moins, c’est ce qu’elle croit. Leur rencontre, improbable, naît d’un sauvetage maladroit à la piscine municipale. Entre un café amer et des piques bien senties, une alchimie inattendue s’installe, mêlant attirance et défis.

Genre
Romance
Author
CAROLE73
Status
Complete
Chapters
5
Rating
4.8 5 reviews
Age Rating
18+

Chapitre 1 APRIL

Ce bouquin est en ligne pour un concours sur Inkitt, mais attention, en version anglaise seulement !

👌 Si cette petite histoire vous plait , filez mettre un “like” sur la version en anglais, ça me ferait super plaisir. Parce que, soyons honnêtes, liker la version française, c’est comme mettre du ketchup sur un gâteau au chocolat : ça compte pas !🤣😂



APRIL

Je m’appelle April, et j’étais journaliste dans le domaine politique. Cependant, mon journal local a fermé, et j’ai dû me réorienter vers un autre domaine : le sport.

Ce matin, j’ai ma première réunion d’équipe avec le grand chef, Nicolas. Lors de mon entretien d’embauche, je l’avais trouvé un peu sur les nerfs, un peu rentre-dedans avec moi, mais j’avais fait celle qui ne voyait rien.

Nicolas doit avoir la quarantaine et semble toujours sur les nerfs. Il a cette façon de se tenir droit, comme si le monde était constamment en train de lui en vouloir.

Je suis assise autour de la grande table de conférence, mes collègues me regardent avec une curiosité palpable. J’essaie de ne pas les observer, mais je sens leurs regards sur moi, leur jugement peut-être, ou simplement leur attente de savoir ce que je vais apporter à cette nouvelle équipe.

Le grand chef entre enfin dans la pièce. Il sourit brièvement à tout le monde, un sourire rapide, presque mécanique, avant de s’installer et de lancer la réunion.

— Je vous présente une nouvelle parmi nous, April Curtis, notre nouvelle journaliste pour la section sportive. Elle remplacera Andy, qui est parti pour New York.

Un silence lourd plane, et je me sens immédiatement mal à l’aise. Puis, l’une des personnes, un homme d’une trentaine d’années avec une barbe épaisse, applaudit d’un air presque sarcastique.

— Lamentable, une femme pour une section sportive... T’avais pas mieux, Nick ? dit-il avec un sourire narquois.

Je sens mon cœur accélérer, mais je garde mon calme. Nicolas, comme s’il avait anticipé cette remarque, se tourne brusquement vers lui.

— Tais-toi, Baltazar. Elle est très compétente. J’ai lu son CV, il est parfait. Il me regarde ensuite et me demande :

— Tu étais dans quoi déjà ?

Je déglutis, mais d’un ton ferme et fier, je réponds :

— La politique.

Baltazar éclate de rire, un rire bruyant et dédaigneux. Mais Nicolas ne le laisse pas faire.

— Oui, la politique ou le sport, c’est pareil : toujours un gagnant et un perdant, commente-t-il avec un sourire en coin, comme pour tourner la remarque à son avantage.

Tout le monde se force à rire, sauf moi et Baltazar. C’est bon, lui, je ne l’aime pas. Rien ne changera. Je suis plutôt du genre à tenir rancune.

Il y a deux choses que je déteste dans cette vie : les abrutis et le sport.

Alors, quand j’ai accepté de devenir “la journaliste sportive” du journal, j’ai un peu fait la tête. Mais comme on dit, faut bien manger et payer les factures, et c’est le premier boulot que j’ai trouvé rapidement. Et pour les abrutis, j’en ai déjà un sous mes yeux, et je pense que dans le domaine du sport, je vais en rencontrer d’autres. Comme on dit : “tout dans les muscles, rien dans la tête”.

Nicolas retire sa cravate et ouvre le haut de sa chemise, comme s’il avait soudainement chaud. Pendant ce temps-là, une cafetière passe de main en main, et lorsqu’elle arrive à moi, je me sers un grand mug. Ça ne me fera pas de mal, surtout que j’ai mal dormi cette nuit en sachant que c’était mon premier jour.

Je respire profondément et je goûte. Le café est infect... bref. Soudain, je vois que tout le monde me regarde.

J’ai loupé un truc. Je n’ai pas écouté, trop absorbée par mon café.

— Alors ? me dit Nicolas.

— Alors quoi ?

— Je te demandais si tu savais quel était le grand événement sportif à venir dans la ville.

— Le foot.

Je dis ça un peu au hasard. Je n’en sais rien, je ne suis pas vraiment une passionnée. Il soupire, et c’est l’abruti, Baltazar, qui répond.

-le hockey ! nous sommes dans la ville du hockey !

— Le hockey ! Et tu vas aller de suite prendre rendez-vous avec le joueur de l’équipe numéro un, Samuel Bardan.

Je note son nom et souris bêtement.

— Tu connais au moins ?

— Oui, bien sûr.

Je mens avec une telle facilité que j’en suis moi-même choquée. Bon, je chercherai après sur internet.

— Le but, une interview et un numéro spécial sur toute l’équipe, me dit Nicolas.

Je hoche la tête, tout en me disant que ça va être plus compliqué que prévu.

Je prends une profonde inspiration et me force à rester calme, même si une boule d’angoisse se forme dans mon estomac. L’interview avec Samuel Bardan… C’est une tâche que je n’avais pas du tout anticipée. Et maintenant, je dois vraiment me plonger dans ce monde que je ne connais pas du tout.

Nicolas me fixe un instant, puis se penche en avant, les mains jointes sur la table.

— Tu connais le hockey, April, mais c’est pas simplement une question de savoir qui marque des buts. C’est un univers tout entier. T’as vu des matchs en entier ? Sais-tu pourquoi les gens se battent autant pour ces jouers avec des crosses et des patins ?

Je me sens prise en étau par ses questions. Je cherche mes mots, hésite un instant avant de répondre.

— Je connais les bases, mais je ne vais pas te mentir, Nicolas. Je n’ai jamais suivi ce sport avec attention.

Un silence. Nicolas me fixe, puis fait un signe de tête, comme s’il réfléchissait.

— C’est ce que je veux entendre. La vérité. Mais ça veut dire que tu vas devoir plonger dedans, April. Va sur le terrain. Mets les mains dans la boue. Ce Samuel Bardan, c’est pas juste un joueur, c’est l’image de l’équipe. Son interview doit être impeccable. Pas de place pour l’improvisation.

Je hoche la tête, bien qu’un peu perdue. C’est une pression énorme. Pas le droit à l’erreur.

— Tu vas lui poser des questions sur sa carrière, évidemment, mais aussi sur son rôle dans l’équipe. Pourquoi il est si important. T’as intérêt à comprendre pourquoi tout le monde le suit, pourquoi tout repose sur ses épaules. Il faut que tu le pousses à parler de ses défis personnels, de ses relations avec les autres joueurs. T’es là pour creuser, pas pour faire une séance de compliments.

Je suis en train de digérer cette information quand il continue.

— Fais attention à ses réponses, April. Ne laisse rien glisser. Ça pourrait être un moment clé. Si tu réussis à l’amener sur un terrain plus personnel, c’est jackpot.

Il s’arrête, me jauge un instant, puis se redresse dans son siège.

— Après, il faut que tu te lances sur un article plus large. Pas juste Samuel. L’équipe entière. Ce qui les unit, ce qui les sépare. Pourquoi ils performent ou non. Quelque chose qui captive, tu comprends ?

Je me sens de plus en plus perdue, mais je n’ai pas le choix.

— Oui, bien sûr.

Il me regarde un instant, ses yeux froids et pénétrants, avant de prendre une inspiration.

— Ce n’est pas juste une interview, April. C’est une enquête. Une mission. T’as un mois pour la réaliser et la publier. Un mois. Et tu n’as pas le luxe de te planter.

Je me sens comme si chaque mot pesait une tonne. Un mois. J’ai un mois pour comprendre tout un sport, une équipe, un joueur. C’est effrayant. Mais je ne peux pas échouer.

Il se lève alors, m’adresse un dernier regard, et parle d’un ton plus sec :

— Prépare-toi. Et surtout, n’oublie pas : tu fais partie de l’équipe maintenant. Pas question de lâcher le morceau.

Avant que je puisse dire quelque chose, il se dirige vers la porte et quitte la pièce. Je reste là, figée, à digérer tout ce qu’il m’a dit. Cette interview, cette mission… je ne sais même pas par où commencer.

Je regarde le fameux Baltazar qui me rit presque au nez, tournant la tête de droite à gauche. Quand je dis que c’est un abruti, c’est un abruti. À côté de moi, une femme me regarde et me sourit.

– Salut, je suis Sheila, section mode et beauté.

– Moi, c’est April...

– Section sportive, dit-elle en se moquant presque de moi. Elle regarde ma tasse de café.

– Il est dégueu, c’est du premier prix, on a un patron très, très radin mais très, très exigeant. Et je ne voudrais surtout pas te mettre la pression, mais il serait capable de te virer si il trouve que tu fais de la merde.)

– Je ne compte pas faire de la merde.

– Bah, tant mieux alors, parce que tu n’as pas l’air très motivée.

– Je le suis pourtant.

– Vraiment ?

Elle se lève et quitte la pièce, lançant un petit sourire à Baltazar qui m’agace. Je bois le café d’une traite. Vu son amertume, je pense qu’il doit bien réveiller. Puis, je retourne à mon bureau. Enfin, un bureau… un placard à balais transformé. Mais l’important, c’est que je suis seule, et personne pour me déconcentrer.

J’ouvre mon ordinateur et tape dessus : Samuel Bardan. Je vais déjà prendre un maximum d’informations sur lui, et ensuite je tenterai de le joindre pour ce putain d’entretien.

J’ai l’impression de plonger dans l’inconnu, mais je n’ai pas vraiment le choix.

Je continue à taper sur le clavier, cherchant désespérément des informations sur Samuel Bardan. Après quelques minutes de recherche sur internet, je tombe enfin sur une page qui lui est dédiée. Son profil d’athlète, ses statistiques, les performances de son équipe, tout y est. Mais c’est une autre section qui capte immédiatement mon attention : la galerie de photos.

Je clique sur la première image, et un sourire involontaire s’esquisse sur mes lèvres. Il est bien plus beau que ce que j’aurais imaginé. Ses yeux, d’un bleu perçant, me fixent directement depuis l’écran, et ses traits sont nettes, presque sculptés. Ses cheveux, courts et légèrement décoiffés, ajoutent un côté décontracté à son allure de sportif. Il dégage une certaine confiance, mais ce n’est pas ce qui m’intrigue le plus. C’est son sourire, un sourire qui paraît naturel, sincère, et qui contraste avec l’image du dur à cuire que j’avais en tête.

– Bien, je suis plutôt bien tombée, je murmure en moi-même.

Je ne peux m’empêcher de sourire en le fixant un peu plus longtemps. Bon, il va sûrement être arrogant, mais… il a quand même son charme. Une partie de moi commence à se demander si je vais être capable de le confronter sans devenir gênée.

Je secoue la tête pour me reprendre. Non, April, ce n’est pas le moment de penser à ça. Tu as un travail à faire. Mais son regard continue de me hanter un peu, comme une distraction agréable que je pourrais bien garder pour moi, pour un instant.

Je fais défiler la page, notant les points intéressants sur sa carrière et ses récentes performances. Quand j’aurai enfin l’opportunité de le rencontrer, j’espère ne pas trop bégayer.