Recueil de One-Shots/Concours

Summary

Ici se trouvera un mélange des divers concours et récits que j'ai écrit durant toutes ces années. De nombreux one-shots font référence à l'univers pokémon, d'autres sont des histoires écrites pour le plaisir et enfin certaines ont été envoyées pour des concours. Certains récit étant assez longs, ils seront découpés en plusieurs morceaux mais seront néanmoins tous postés en même temps. Bonne lecture à vous !

Genre
Other
Author
ShiroiRyu
Status
Ongoing
Chapters
8
Rating
n/a
Age Rating
16+

Un lit peut en cacher un autre

Un lit peut en cacher un autre

— Théodore, si tu n’arrêtes pas maintenant, cela va mal se finir !

— Hahaha, vous ne pouvez pas m’arrêter ! Vous ne m’attraperez pas !

Dans un boucan infernal, telle une ombre qui se déplace à toute allure, un garçon à la tignasse blonde se met à courir dans tous les sens, esquivant avec agilité les bras d’un surveillant qui cherche à le retenir. Autour d’eux, plusieurs autres enfants sont déjà installés dans leurs lits, couchés, en tenue pour s’apprêter à rejoindre le pays des songes. Seul Théodore reste impossible à saisir. Il ne peut quitter le dortoir commun mais cela ne l’empêche pas d’échapper à toute tentative de l’adulte de l’agripper.

— Vous n’êtes pas assez fort, monsieur Dominique !

— Ce n’est plus l’heure de s’amuser mais de dormir, Théodore ! Si tu ne vas pas te coucher dès maintenant, il viendra te dévorer !

— Y a que les idiots qui croient à cette histoire !

Tout en continuant d’éclater de rire, l’enfant à la chevelure blonde termine enfin sa course pour revenir auprès de son lit et enfiler son pyjama. Dans l’orphelinat où ils se trouvent, c’est l’une des rares distractions auxquelles ils ont droit, si on peut appeler ça un loisir. Couché dans le lit comme les autres, Théodore est parfaitement immobile, la couverture remontée jusqu’au cou.

— Un jour, je vais mourir d’épuisement par ta faute. Bon, extinction des feux, dormez tous et demain, on vous réveille à l’aube !

Alors que les lumières s’éteignent, certains enfants sont déjà plongés dans un profond sommeil. Théodore, malgré l’obscurité, reste éveillé, un grand sourire aux lèvres avant que son voisin sur la gauche ne chuchote :

— Théodore, faut vraiment plus faire de bêtises sinon, il va vraiment venir te manger comme Henry !

— Tu dis n’importe quoi, Ed. Henry, il a trouvé une nouvelle famille mais ils nous font peur juste pour être sages. Il ne faut pas croire ce qu’ils disent.

— Ou alors, tu crois qu’il est devenu aventurier ? Il était grand. Presqu’autant que les adultes !

— Ça ne serait pas impossible. Il aimait bien se battre, c’est vrai.

Les deux enfants continuent de discuter pendant plusieurs minutes. Pour des orphelins comme eux, devenir aventurier est l’une des rares échappatoires pour leur permettre de s’extirper de cette vie de misère. Abandonnés par leurs parents ou tout simplement parce que ces derniers sont décédés, il n’y a pas vraiment d’avenir pour eux. Du travail bien moins reluisant sera prévu pour eux dans quelques années, dès qu’ils seront adolescents. Peu à peu, le sommeil finit par atteindre Ed, Théodore étant laissé seul dans l’obscurité de l’immense pièce contenant des dizaines d’enfants. Il n’arrive pas à dormir correctement.

Henry était l’un des garçons les plus âgés de l’orphelinat. Comme Théodore, il causait beaucoup de trouble aux adultes mais il était débrouillard. Il cherchait souvent à se bagarrer avec les adultes dès que les autres enfants se faisaient frapper car ils avaient commis une faute. Théodore l’appréciait beaucoup mais du jour au lendemain, il avait complètement disparu. Il avait été séparé des autres enfants, dormant dans un dortoir spécialisé pour les cas problématiques. Le lendemain, on leur avait dit qu’Henry avait été adopté mais Théodore n’y croyait pas du tout. Une adoption aussi rapide ? Sans même un au revoir ? Henry n’aurait jamais fait ça. Il ne voulait pas croire à cette histoire de monstre qui dévore les enfants pas sages. Trop fatigué, Théodore finit par sombrer dans le sommeil lui aussi.

Le lendemain matin, alors qu’ils ont du temps pour eux, le garçon aux épis dorés est assis sur son lit, un livre sur les genoux. Devant lui, des enfants moins âgés que lui sont dans la même position, à même le sol. Malgré son caractère turbulent, Théodore est capable de lire et écrire, une denrée rare pour un orphelin, lui permettant d’espérer d’aspirer à une meilleure vie. Pour cela, il adore cultiver son imagination et la faire partager avec les autres enfants.

Ses livres préférés parlent de nombreux aventuriers qui partent explorer des donjons, combattre des monstres et trouver des trésors merveilleux. Pas forcément des héros, mais des personnes qui font tout pour survivre et aider autrui, avec des caractères pas toujours faciles à supporter. Alors qu’il se met à conter, l’enfant est observé par les adultes de l’orphelinat, ces derniers discutant entre eux. Soupirant et fatigués, ils se demandent pourquoi l’enfant n’est pas toujours comme ça plutôt que de causer du tort. Néanmoins, s’il aspire tant à voir des aventuriers, il aura son souhait exaucé.

Quelques jours plus tard, les enfants sont regroupés autour de l’entrée de l’orphelinat. Théodore porte des habits robustes, le genre qui ne se déchire pas facilement malgré les chutes. Face à lui, un groupe de quatre personnes discute avec les adultes de l’orphelinat. Une femme à la chevelure blonde et aux oreilles pointues lui fait un petit sourire, se présentant comme Aisha. Elle est l’archère du groupe et sera à ses côtés avec Wolmund, le magicien qui a un air si sévère avec sa tenue noire et le fait qu’on ne voit pas son visage.

— C’est donc toi le petit Théodore ? T’as l’air un peu maigrichon mais bon, comme te l’as sûrement dit Aisha, tu ne bougeras pas de la ligne arrière. Normalement, on va explorer un donjon plutôt tranquille, il ne devrait pas y avoir de mauvaises surprises comme des attaques furtives ou dans le dos.

— Hey hey hey, Raik, si tu commences à lui parler de ça, tu vas plutôt le terroriser le gamin. Ne t’en fait pas, tout va bien se passer. On nous a dit que tu savais lire et écrire. Moi, c’est Helmond, je suis le gaillard dans le groupe qui permet d’éviter que le groupe tombe dans des pièges et autres. Raik, c’est celui qui prend les coups donc il n’a pas la cervelle à tous les étages, hahaha !

L’homme en armure avec un bouclier accroché à son dos pousse un grognement face à une autre personne qui fait plus ou moins la taille de Théodore. Un groupe composé de deux humains, d’une elfe et d’un halfling, c’est équilibré et le jeune garçon à la chevelure épi de maïs s’exclame avec joie :

— Vous êtes comme dans les livres !

— Ah oui ? Hahaha ! Tu en auras des choses à raconter lorsque tu reviendras.

Et le voilà maintenant parti sous le regard envieux des autres enfants de l’orphelinat. Tout en marchant aux côtés de la troupe d’aventuriers, l’enfant porte un petit sac sur le dos, contenant quelques livres et autres objets d’importance secondaires pour le groupe. Le rôle de porteur est très important, malgré les apparences. C’est lui qui permet au reste du groupe de se concentrer sur les combats, pièges et autres dangerosités du donjon.

— Si tu as des questions, tu pourras nous les poser pendant que nous marchons. Pour l’occasion, le donjon que nous allons explorer est des plus simples. Il n’y a pas de créatures trop dangereuses. Quelques rats géants, des gobelins, peut-être des squelettes.

— Wow… C’est vrai ? C’est vraiment génial !

— Les enfants pensent toujours que ça l’est mais la vie d’un aventurier est faite de danger. Il ne faut pas que tu t’imagines que c’est facile de devenir un aventurier, hein ?

— N… Non. Je le sais bien ! C’est juste que c’est la première fois que je vais partir dans un donjon ou que je vais aussi loin, c’est super. D’habitude, on ne peut pas quitter l’orphelinat.

L’enfant perd son sourire, replongeant dans ses souvenirs. Combien d’autres garçons et filles a-t-il vu partir du jour au lendemain ? Il n’en a aucune idée. Simplement qu’il a arrêté de compter à force. Heureusement pour lui, sa joie revient presque aussitôt lorsqu’ils finissent par arriver jusqu’à l’entrée du donjon. Ils ne sont pas les seuls aventuriers et Aisha vient le rassurer en lui disant de rester à ses côtés. Le donjon va très bien se passer.

Très vite, lorsqu’ils pénètrent dans le donjon, les couloirs sont vides, le passage des nombreux groupes empêchant les monstres de se reproduire. Théodore regarde à gauche et à droite, voyant la présence de plusieurs marchands qui achètent et vendent des produits pour l’exploration mais aussi le résultat des dites explorations. Il y a tout un marché et il en est estomaqué. C’est un autre pan des aventuriers, rarement dévoilé dans les livres.

Second étage ou plutôt second sous-sol. Maintenant, il y avait moins d’aventuriers bien que certains se promènent, armes à la main. Des petits rires, des grognements et des cliquetis osseux. Même pour l’enfant, il est impossible d’ignorer que s’il ne fait pas attention, il peut en mourir. Une main se pose sur son cuir chevelu, Aisha lui souriant alors qu’elle tient son arc dans l’autre main.

Là encore, elle a des paroles qui se veulent douces et rassurantes. Elle lui explique que Raik et Helmond passeront devant pour les protéger. Généralement, il y a plusieurs lignes pour combattre. La première ligne est celle chargée de réceptionner les monstres et de les empêcher d’avancer. La seconde, celle dans laquelle Théodore se trouve, est chargée d’envoyer des attaques à distance et d’évaluer la situation.

L’enfant est traversé par deux sentiments contradictoires et opposés : la terreur d’un endroit dont il ne pourrait s’échapper sans l’aide d’autrui mais aussi l’émerveillement de voir que les héros de ses livres existent pour de vrai. Il lui suffit de peu pour le rendre heureux mais c’est amplement suffisant. Subitement, Helmond l’interpelle, lui demandant de se rapprocher.

D’un geste de la main, il lui indique une dalle dont la coloration est légèrement différente de celle des autres. Ensuite, il lui montre un trou circulaire dans un mur avant de lui expliquer qu’il s’agit là d’un piège. Quelques secondes après, l’homme lui demande de se mettre accroupi et d’activer le piège.

Pas vraiment très rassuré, l’enfant s’exécute et presse de ses mains sur la dalle piégée. Quelques instants plus tard, une flèche siffle au-dessus de sa tête, venant se nicher dans le mur en face. Déglutissant, l’enfant se tourne vers les membres du groupe, Aisha se rapprochant de lui pour l’aider à se relever. Les jambes tremblantes Théodore se niche contre le ventre de l’elfe.

Tout chuchotant quelques douces paroles à l’encontre de Théodore, Aisha sermonne Helmond, lui rappelant qu’il s’agit d’un enfant. Elle est d’accord pour lui apprendre quelques petites astuces mais non pas au point de le terroriser. Pourtant, quelques minutes plus tard, Helmond revient à la charge, Aisha se mettant à gronder de colère. Très vite, l’homme fait un geste confus de la main, lui indiquant de regarder ce qu’il désigne. Un unique coffre au sol, isolé du reste.

— D’accord. Cela pourrait lui sauver la vie. Tu es certain que c’est ce que nous pensons tous ?

— À deux cents pour cent. Il suffit de voir la légère flaque au sol. C’est la preuve que nous sommes vraiment dans un donjon pour débutants. Théodore, est-ce que tu connais ce qu’est un mimic ?

— C’est un monstre souvent raconté dans les livres ! Il a des dents, une langue et en fait, c’est un faux trésor. Vous voulez dire que…

— C’est exact. Ce que tu vois devant toi est un mimic. Il ne le montre pas mais si tu observes par la serrure de ce coffre, tu peux voir un léger filet de bave. Des mimics plus expérimentées ne laisseraient pas une telle chose se produire. Leur unique but est de pouvoir piéger les aventuriers trop imprudents.

Les mimics. L’enfant regarde le coffre avec insistance, n’appréciant pas le moins du monde ce qui se trouve en face lui. Il n’aime pas les mimics. Ce sont des créatures mensongères et traîtresses. Oui, il est peut-être quelqu’un qui cause beaucoup d’ennuis mais il déteste mentir. Ses yeux se posent sur le coffre qui ouvre subitement sa bouche remplie de crocs à l’approche de Raik et Helmond. Le premier a déjà son épée plantée dans la gueule du mimic, la créature poussant un hurlement strident avant de redevenir inanimée. À l’intérieur, sa bouche se décompense, tout ce qui était muqueuse et chair disparaissant pour laisser paraître les véritables trésors contenus dans le coffre.

Et pendant que les aventuriers dépècent le mimic, Théodore faisant une mimique de dégoût, l’enfant en apprend plus sur cette espèce unique en son genre. Si les mimics sous forme de coffre sont les plus communes, elles peuvent prendre des apparences bien différentes. Des portes, un tas de pièces d’or mais les plus vicieux sont ceux qui ont une forme commune, passe-partout. Capables de se fondre dans le décor et d’attaquer sans que personne ne le sache. Théodore boit les paroles de tout le monde, posant des questions après avoir demandé l’autorisation.

Il se montre étonnamment poli mais il ne saurait en être autrement quand on s’exprime devant une aussi belle dame qu’Aisha. Les joues un peu rougies, charmé par l’elfe, le jeune garçon est sage comme une image alors que le reste du groupe rigole, ayant parfaitement compris le manège de Théodore. Le reste de l’exploration du donjon se passe sous les meilleures auspices, Théodore ayant même la surprise de voir une petite créature féérique lui tourner autour, Aisha lui disant qu’il semblerait qu’il soit apprécié des esprits de la forêt, l’un d’entre eux qui gravite normalement autour de l’elfe s’étant attaché à lui.

Lorsque la journée se termine, les aventuriers ramènent l’enfant à l’orphelinat, comme convenu. Devant le portail du bâtiment, Théodore vient les remercier une dernière fois avant de partir de rejoindre les autres orphelins. Il en a des histoires à leur raconter ! Pendant ce temps, les adultes discutent entre eux, les aventuriers ayant un bilan à donner de la session dans le donjon.

— Alors ? Qu’est-ce que vous pensez de lui ?

— Il a toute sa tête, ne se plaint pas alors que nous n’avons fait qu’une seule pause et s’interroge sur tout.

— Il a une bonne vision des choses mais n’aura pas l’allure de quelqu’un qui irait droit au combat sans réfléchir à ses actions.

— Peut-être qu’en l’envoyant hors de l’orphelinat, il serait possible d’en faire un jeune érudit.

— Aisha, je ne veux pas dire mais il avait plus de yeux pour tes capacités d’archère que pour mes connaissances en magie.

— Allons, allons, ne vous disputez pas, vous savez très bien que cela coûte de l’argent, argent que l’orphelinat ne possède pas.

— Et si on rajoute à cela que certains de vos enfants disparaissent sans laisser de trace… Oui, tout n’est pas rose pour vous.

— Théodore est un jeune garçon plein de ressources. C’est malheureux que vous n’ayez pas les moyens de pouvoir l’envoyer ailleurs et de l’éduquer.

— Il finira bien par s’assagir, nous en sommes certains. Maintenant qu’il a eu ce qu’il voulait, nous ne pouvons qu’espérer qu’il se calme.

Tout en observant les deux employés de l’orphelinat, Aisha pousse un soupir en étudiant le bâtiment derrière eux. Malgré leurs dires, le bâtiment semble être en bon état, le terrain aussi. En réalité, il est difficile de croire qu’ils n’ont pas les finances. Pourtant, elle ne fait aucune remarque, Wolmund posant une main sur son épaule en faisant un mouvement négatif de la tête. Ce n’est pas à eux de faire une remarque à ce sujet. Les aventuriers finissent par partir, un dernier regard vers l’orphelinat, faisant un geste de la main en direction d’une fenêtre. Dans l’ouverture de cette dernière, l’enfant à la chevelure blonde répond par le même mouvement, grand sourire aux lèvres.

— Ces aventuriers sont un vrai problème. Ils sont de plus en plus nombreux à fouiner. Nous n’aurions jamais dû accepter que Théodore les accompagne.

— Ce qui est fait est fait. Pour ne pas éveiller les soupçons, il fallait bien qu’ils se présentent à nous et qu’on les laisse faire. On ne peut pas se permettre non plus de le faire disparaître… sinon, ils iraient se poser encore plus de questions à ce sujet.

— Qu’est-ce qu’ils sont emmerdants. Bon, ça ne change pas qu’il va falloir en choisir d’autres. Tu as une liste des plus récalcitrants et problématiques ? Ils adorent les dévorer.

Pour toute réponse, le second homme ne fait qu’un petit sourire. Les finances sont au vert grâce au soutien de quelques êtres supérieurs. Tant qu’ils acceptent leurs conditions, ils n’ont pas à s’inquiéter pour leurs survies et peuvent profiter de nombreux bénéfices.

Couché dans son lit, Théodore garde les yeux grands ouverts alors que la nuit est tombée depuis longtemps. Les heures se sont écoulées à une vitesse folle depuis qu’il est revenu. Une sensation étrange l’empêche de dormir correctement. De retour de son expédition, il n’a rien dit mais a bien remarqué qu’il manquait Roland. Roland est un peu plus âgé que lui et a commencé à se comporter comme Henry après la disparition de ce dernier.

Et là ? Les autres enfants ont totalement oublié son existence. Même en leur posant la question, il n’a obtenu que d’autres interrogations. C’est pourquoi il n’arrive pas à dormir et pourtant, il a tellement sommeil. Maintenant qu’il s’interroge, ses oreilles perçoivent peu à peu un bruit saugrenu, étrange. Quelqu’un mastique bruyamment. Comment est-ce que les autres ne peuvent pas l’entendre ? Pourquoi ? Se redressant dans son lit, ses yeux cherchent à s’habituer à l’obscurité. Secouant son camarade couché dans l’autre lit pour le réveiller, ce dernier ne bouge pas d’un poil. Comme statufié et immobilisé, l’enfant respire mais c’est tout. Il est plongé dans une profonde léthargie.

Son appréhension grandissant de seconde en seconde, il quitte le dortoir dans lequel il se trouve pour suivre l’origine du bruit. Avec le plus grand silence possible, ses pas l’emmènent devant une porte. C’est derrière celle-ci que les enfants les plus turbulents dorment. Maintenant qu’il y repense, chaque enfant disparu est emmené dans ce dortoir. Un jour, il avait réussi aller visiter l’intérieur mais il n’avait rien trouvé de différent par rapport au dortoir dans lequel il dort d’habitude.

Lentement, il ouvre la porte, la mastication se faisant de plus en plus forte. Une lumière rouge est présente au-dessus des lits, la majorité d’entre eux étant couverts par des draps tachés de sang. Dans la bouche de Théodore, un hurlement tente de quitter sa gorge, sans pourtant y arriver. Sur l’un des lits, il ne peut apercevoir que les restes de ce qui semble avoir été un enfant auparavant. Un enfant que le garçon aux cheveux blonds arrive à peine à reconnaître en vue de la scène d’horreur. Roland ! Le bruit s’est interrompu, gêné par l’intrusion de Théodore dans la pièce.

Le lit aux draps souillés par l’hémoglobine est soudainement pris de tremblements, le milieu du meuble s’ouvrant pour laisser paraître bouche sur toute sa surface, au nombre de crocs incalculables. Une langue devant faire la taille d’un enfant humain en sort, bavant un liquide rougeâtre alors que ossements à moitié broyés tombent à côté du lit devenu une créature de cauchemar.

— Qu’est-ce que tu fais là, toi ? Pourquoi est-ce que le sort n’a pas fonctionné ? Ce n’est pas normal. Pas grave. C’est quoi cette chose qui te tourne autour ?! Tsss !

Théodore a juste le temps de se retourner avant d’être soulevé par l’un des adultes de l’orphelinat. Apercevant une petite fée ailée qui esquive la main de l’homme pour s’enfuir, l’enfant ressent le sommeil et la fatigue l’envahir avant qu’il n’entende quelques cris provenant du couloir pour finir par sombrer dans l’inconscience. Jamais, il ne saura ce qui se produit autour de lui à cet instant même.

Quelques heures plus tard, lorsqu’il rouvre les yeux, la première chose qu’il aperçoit est un mur d’un blanc sans aucune trace de salissure. Très vite, dans sa tête, il comprend qu’il n’est pas à l’orphelinat mais où ?

— Tu es réveillé, Théodore ? Quel soulagement. Je vais prévenir les autres. Nous sommes arrivés juste à temps.

L’enfant tourne le visage pour apercevoir le dos d’une personne à la chevelure blonde et aux oreilles pointues : Aisha. Dans un grand sourire, l’elfe lui dit de patienter avant de quitter la chambre. Couchée à côté de lui, il remarque la demoiselle ailée miniature qui lui fait un grand sourire. Aisha revient quelques minutes plus tard avec le reste des aventuriers et d’autres personnes qu’il ne connait pas. Qu’est-ce qui s’est passé ? Il n’en n’a aucune idée.

On lui explique tout ce qu’il avait à savoir. Cet orphelinat est l’un des nombreux cheptels de chair fraîche, utilisés pour offrir des sacrifices d’enfants et adolescents à des entités démoniaques contre des richesses et autres pouvoirs. Pour arriver à ce résultat, des mimics avaient été installés, remplaçant les lits et dressés pour ne pas agir sans autorisation.

Les mimics servaient de réceptacles, eux-mêmes utilisés comme offrandes pour satisfaire des instances diaboliques. Mais cela ne concernait plus l’enfant qui s’était mis assis sur son lit. Le groupe d’Aisha enquêtait sur cet orphelinat et avec la capture des employés ainsi que la destruction des mimics, le bâtiment a mis un terme à son activité. Et comment est-ce qu’ils ont été au courant ? La petite fée qui s’est attachée à lui a décidé de le suivre dans l’orphelinat, discrètement, et restait en contact avec Aisha. C’est grâce à ce lien qu’ils ont pu réagir au plus vite. Et maintenant ? Qu’est-ce qui allait se passer ?

Les enfants seront logés dans un autre orphelinat, dirigé par des personnes de foi. Là-bas, ils seront tous en sécurité et qui sait, trouveront peut-être une famille qui voudra d’eux ? Encore sonné par ces dernières nouvelles, Théodore est songeur. Il a encore du mal à croire à ce qui vient de se passer. Les mimics peuvent prendre n’importe quelle apparence. En une journée, il a failli mourir et bien plus vite qu’il ne le pensait.

— Quant à toi, indirectement, tu es celui qui nous a permis de mettre un terme à tout ceci. On en a discuté entre nous et on voulait te faire une proposition.

Une proposition ? L’enfant écoute attentivement ce qui est dit par l’elfe. Un rôle de porteur mais pas seulement. Il rejoindrait le groupe, apprendrait aux côtés de chaque membre du groupe et deviendrait alors un futur aventurier. Malgré les apparences, ils sont un groupe reconnu ! Théodore a un grand sourire aux lèvres en voyant qu’Aisha est un peu confuse. Une nouvelle vie, aux côtés de ces sauveurs, hors d’un orphelinat. C’est la chance d’une vie. Il ne peut pas la refuser. Dorénavant, il va apprendre des meilleurs et qui sait, peut-être lui aussi sauver des orphelins dans le futur ? Devenir une source d’inspiration pour être conté dans des livres d’aventure.