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L'appel du destin entre Bêta et Luna

Summary

Lyndra Davison, une jeune Bêta ambitieuse de la meute d'Arkadia, rêve d'explorer le monde au-delà des frontières de sa meute et de jouer un rôle clé dans l'unification des clans. Désireuse de devenir émissaire pour la Coalition, elle entreprend un voyage qui débute à National City. Lors de la Cérémonie de la Lune, elle fait la rencontre de Lena Kieran, une Luna énigmatique qui partage son désir de comprendre et de renforcer les liens entre les meutes. Ensemble, elles s'engagent dans une quête à travers le pays, explorant les coutumes et traditions des différentes meutes. Leur périple est marqué par des découvertes fascinantes et des rencontres uniques, mais aussi par des défis inattendus. Elles sont accompagnées de deux gardes : Octavia Blake, la meilleure amie et apprentie protectrice de Lyndra, et Gustus, un mentor aguerri chargé de superviser leur sécurité. Cependant, une menace insidieuse plane sur leur voyage. Alors que les clans les accueillent avec méfiance ou bienveillance, une force obscure commence à se révéler. Peu à peu, des tensions surgissent, et leur quête pour la paix pourrait bien se transformer en une lutte pour leur survie et celle de la Coalition.

Status
Ongoing
Chapters
40
Rating
n/a
Age Rating
18+

Les annonces

Courir. Cela m’a toujours fait du bien. Sentir l’herbe et la terre sous mes pattes. Sentir le vent dans ma fourrure. Sentir l’odeur de la nature.


Je laissai l’eau de la cascade me rafraîchir, les paupières fermées, appréciant la simplicité du moment. Je poussai un soupir de contentement en entendant le calme de la forêt qui m’entourait.

Je m’ébrouai légèrement, envoyant des gouttelettes scintillantes tout autour de moi. L’air était frais, imprégné de l’odeur des pins et de la mousse humide. J’ouvris les yeux et observai les environs. Les rayons du soleil, filtrant à travers les branches des arbres, formaient des taches dorées sur le sol des bois. Tout semblait paisible, comme si le temps s’était figé dans ce coin de paradis.

Après ma petite douche, je repris ma marche tranquille. Les oiseaux chantaient au-dessus de moi, leurs mélodies se mêlant aux murmures de l’air. Soudain, un bruissement dans les buissons attira mon attention. Je m’arrêtai, tendant l’oreille. Je m’abaissai derrière un buisson, humant les effluves d’un délicieux parfum.

Une silhouette émergea, caché dans l’ombres des sous-bois. D’abord indistincte, puis de plus en plus nette, j’aperçus un cerf majestueux qui broutait sans se douter du danger que je représentai. Je restai donc invisible à ses yeux, chacun de mes muscles tendus, mon instinct de chasseur s’éveillant doucement.

Je m’avançai lentement, un pas après l’autre, calculant chaque mouvement avec précision. Le vent était en ma faveur, portant mon odeur loin de ma proie. Il releva soudain la tête, ses oreilles frémissant légèrement, comme s’il sentait quelque chose d’étrange. Je m’immobilisai instantanément, retenant mon souffle. Le temps semblait s’étirer, chaque seconde marquée par le battement de mon cœur.

Mais au lieu de fuir, il se remit à manger l’herbe, rassuré par le calme apparent des lieux. C’était ma chance. Je pliai mes pattes arrière, prête à bondir. J’attendis encore quelques instants avant de... m’élancer en avant, sortant de ma cachette, les griffes sorties et les crocs brillants à la lumière des rayons du soleil. Il redressa la tête vivement avant de se mettre à courir droit devant lui. Je le poursuivis donc à toute allure, mes pattes frappant le sol avec une force et une détermination nouvelles. La bête bondissait entre les arbres, esquivant branches et racines avec une agilité impressionnante, mais je ne laissais pas la distance entre nous se creuser. Mon souffle était régulier, synchronisé avec le rythme de mes foulées, tandis que le paysage défilait autour de nous dans un flou de couleurs.

Peu à peu, je sentis que je gagnais du terrain. Le cerf, bien qu’endurant, commençait à montrer des signes de fatigue. Sa course devenait moins fluide, ses sauts moins hauts. Je le savais, et il le savait aussi. C’était le moment décisif. Mes muscles se tendirent une dernière fois alors que je me préparais à porter le coup final.

Soudain, l’herbivore fit un écart brusque, tournant à gauche pour éviter un obstacle que je n’avais pas vu. Je fis un effort pour ajuster ma trajectoire, mais cela me fit perdre une précieuse seconde. L’animal bondit au-dessus d’un fossé que je n’avais pas anticipé, et je m’arrêtai juste à temps au bord de celui-ci. Je le regardai disparaître dans la forêt, ses bois se balançant une dernière fois avant qu’il ne soit avalé par les ombres.

Je me redressai lentement, sentant l’adrénaline se dissiper progressivement de mon corps. Ma frustration était palpable, une brûlure sourde dans ma poitrine. Il avait été rapide, habile, et la forêt elle-même semblait s’être liguée contre moi, dissimulant ce ravin au dernier moment. Je grognai un instant en observant l’orée des sous-bois.

Je finis par tourner les talons, laissant derrière moi mon échec de. Alors que je m’éloignais, je sentais l’air frais de la forêt emplir mes poumons, apaisant l’insatisfaction qui s’était emparée de moi. Le vent dansait à travers les arbres, comme pour me rappeler que ce n’était qu’une bataille dans un combat plus vaste et plus ancien que moi.

Ma course reprit, plus lente cette fois, un simple trot pour me dégourdir les pattes. Les rayons du soleil perçaient encore à travers le feuillage dense, projetant des motifs changeants sur le sol. Chaque souffle de l’air, chaque cri d’oiseau, tout semblait conspirer pour me ramener à l’essentiel : je n’étais qu’une créature parmi tant d’autres, faisant partie d’un cycle éternel de vie et de survie.

Je décidai de rentrer ; j’avais suffisamment passé de temps en dehors du territoire. Il était temps de retrouver les miens.


La quiétude au sein du groupe. La protection de ma luna. La joie dans ma famille. Les rires avec mes amis.


En arrivant à la lisière de la région, je m’arrêtai un instant, observant les alentours. Tout semblait en ordre, les bruits et les odeurs indiquaient que le groupe vaquait à ses occupations quotidiennes. Je franchis la limite invisible du terrain, ressentant aussitôt une vague de confort et de sécurité.

Je croisai les premiers membres de la meute sous forme humaine qui me saluaient avec un sourire. Je le leur rendis en étirant mes babines.


— Lyndra, s’exclama l’un deux en s’approchant de moi, cette chasse alors ?


Je secouai la tête, lui signifiant ainsi mon échec. Il me tapota la tête et je lui grognai dessus de mécontentement. Je détestai ça, et il le savait très bien. Il me laissa tandis que je me dirigeai vers chez moi. Je marchai lentement à travers le jardin, savourant les senteurs familières des fleurs en pleine éclosion et de l’herbe fraîchement coupée. Les parterres de plantes semblaient s’épanouir sous la lumière du soleil couchant, leurs couleurs vibrantes créant un contraste agréable avec la verdure environnante.

La maison était simple, en bois, et comptait deux étages. Je poussai la porte-fenêtre ouverte et pénétrai à l’intérieur. Ma mère était en cuisine, affairée à préparer le repas du soir. Elle se tourna en entendant le bruit de mes griffes sur le parquet.


— Jeune fille, combien de fois t’ai-je dis de ne pas entrer sous ta forme loup ici ? Me gronda-t-elle.


Je lui adressai un sourire désolé. Je fermai les yeux et ralentis ma respiration, ressentant la métamorphose qui picotait le long de mes membres. J’entendis mes os craquer et sentis mon pelage se rétracter sous ma peau, tandis que les contours de mon corps se redessinaient lentement.

Lorsque je rouvris les paupières, je me tenais sur mes jambes dans la cuisine, nue comme un ver. Ma mère, les bras croisés, affichait un mélange de frustration et de soulagement en voyant que j’avais respecté ses instructions à la fin de ma transformation.


— Excuse-moi nomon, j’avais juste hâte de rentrer, lui dis-je en venant embrasser sa tempe.


Elle me lança un regard sévère, mais ses lèvres trahirent un léger sourire.


— Tu sais très bien que je déteste quand tu rentres couverte de terre.

— Je vais aller me changer et me laver, ne t’en fais pas, lui promis-je.


Je quittai la pièce et montai à l’étage en direction de ma chambre. En entrant, je me dirigeai vers la salle de bain attenante. Le miroir reflétait mon image : des cheveux ébouriffés et des taches de boue par-ci par-là, vestiges de ma course effrénée après ce foutu cerf.

L’eau chaude coulait sur ma peau, apaisant les tensions accumulées, tandis que le parfum du savon embaumait l’air de sa douceur. Une fois lavée, je me rhabillai avec des vêtements confortables – c’est à dire un t-shirt et un pantacourt.

En descendant les escaliers, je pris un moment pour observer la scène dans le salon. Ma petite sœur, assise par terre avec son cahier de cours sur les genoux, semblait absorbée dans ses devoirs, une expression boudeuse marquant son visage.

Mon père était installé sur le canapé, plongé dans son journal, les lunettes posées sur le bout du nez. Il levait parfois les yeux pour jeter un coup d’œil sur sa fille, un mélange d’affection et d’inquiétude dans son regard.


— Salut, papa. La journée s’est bien passée pour toi ? Lui demandais-je en m’asseyant à côté de lui.


Il détourna son attention du journal, un sourire chaleureux éclairant son visage.


— Bonsoir ma grande. Tout s’est bien passé, les patrouilles n’ont rien détecté de suspect, alors je suis rentré plus tôt. Ta sœur semble néanmoins en difficulté avec ses devoirs.


C’était toujours rassurant de savoir que tout allait bien de ce côté-là, surtout avec les responsabilités qu’il avait en tant que chef des Gamma. Le fait qu’il soit rentré plus tôt signifiait qu’il pouvait passer un moment avec nous, ce qui était toujours appréciable.

Je me tournai vers ma sœur, qui continuait de se débattre avec ses cahiers d’exercice, un froncement de sourcils marqué sur son visage.


— Besoin d’aide Reyna ?

— Oh oui, s’il te plaîîît, Lyn, geignit-elle avec ses petits yeux de chien battu.


Je m’installai à ses côtés, jetant un coup d’œil sur ses leçons pour comprendre ce sur quoi elle travaillait.


— Ah oui, je vois. Les sciences anatomiques ne sont pas simples. Moi aussi j’avais des difficultés dans ce domaine, la rassurai-je. C’est normal de trouver ça difficile au début, mais avec un peu de patience, ça deviendra plus clair.


Je feuilletai les pages de ses livres, repérant les exercices où elle semblait rencontrer des difficultés.


— Regarde ici, expliquai-je en désignant un schéma du corps humain. Tu vois ces différentes parties ? Il est important de comprendre comment elles sont reliées entre elles pour mieux appréhender les fonctions du corps.


Je pris un stylo et commençai à annoter le squelette, ajoutant des notes et des explications simples pour l’aider à mieux visualiser les concepts. Pendant que je travaillais avec elle, je vis son expression se détendre peu à peu.

Lorsque nous terminâmes, elle semblait beaucoup plus confiante. Elle sourit en rangeant ses cahiers, visiblement soulagée.


— Merci beaucoup, Lyn. Je comprends beaucoup mieux maintenant.


Je jetai un coup d’œil à l’horloge murale et remarquai qu’il était temps de passer à table. J’aidai donc Reyna à ranger ses affaires, puis nous nous dirigeâmes vers la cuisine, où nous retrouvâmes maman et papa. Ils étaient enlacés, et nomon riait doucement, comme une jeune femme amoureuse. Leur complicité, même après toutes ces années, était un véritable modèle pour nous. Je savais qu’ils étaient âme-sœur, et que s’était la plus belle chose qui pouvait arriver à deux loups-garous, mais même en partageant un lien aussi fort, les tensions ne disparaissaient pas pour autant. Alors les voir ainsi...

Ma sœur et moi échangeâmes un regard complice, heureuses, avant de faire semblant de tousser pour annoncer notre présence. Ils se tournèrent vers nous, surpris mais amusés. Leurs visages s’illuminèrent d’un sourire chaleureux.


— Oh, vous voilà, mes chéries ! Dit-elle en ajustant une mèche de cheveux derrière son oreille. Le dîner est presque prêt, vous arrivez juste à temps.


Notre père nous regarda avec un air faussement sévère, mais ses yeux pétillaient de tendresse.


— Vous nous espionniez, c’est ça ? Plaisanta-t-il, avant de nous inviter à prendre place à table.

— On ne ferait jamais ça, papa ! Répondis-je en riant, avant de lancer un regard complice à Reyna.


Nous prîmes place autour de la table, le parfum appétissant des plats préparés par maman remplissant la pièce. C’était un repas simple, mais chaque plat était fait avec soin, et l’amour qu’elle y avait mis était palpable.

Pendant que nous mangions, les conversations allaient bon train. Papa raconta quelques anecdotes amusantes sur ses patrouilles, et notre mère partagea des nouvelles du village, le tout entrecoupé de petits commentaires malicieux de ma petite chipie de sœur qui ajoutaient de la légèreté à la discussion.

Je les observai en silence, mon cœur se gonflant d’amour pour eux. J’étais reconnaissante envers la Déesse de la Lune de m’avoir fait naître dans cette famille.


— Et les amours alors mes filles ? S’intéressa maman, les yeux brillants d’intérêt.


Je tournai mon attention vers Reyna, dont les joues étaient légèrement rougies. Elle avait du mal à cacher son sourire niais et triturait sa serviette pendant quelques secondes.


— Ça se passe bien avec Artigas ? Lui demandai-je, curieuse.

— Oh oui, très bien même, soupira-t-elle avec contentement.


Ils s’étaient rencontrés quelques mois plus tôt, lorsque Reyna avait atteint l’âge minimum de dix-sept ans pour découvrir son partenaire. Le jeune homme l’avait alors courtisée avec une grande délicatesse, et je l’avais accepté sans trop de mal lorsqu’elle m’avait présenté son compagnon.

Ils devaient attendre leur majorité avant de pouvoir se marquer l’un l’autre, mais je ne m’en faisais pas. J’étais simplement un peu déçue de savoir qu’elle serait la première de la fratrie à quitter le nid familial.

Artigas faisait parti du groupe de chasseur, et il était l’un des meilleurs pisteurs de la meute.


— Tant mieux. Mais s’il ose te faire du mal, préviens le de courir le plus loin possible, d’accord ? La taquinai-je en lui donnant un coup de coude.


Elle éclata d’un rire enfantin.


— La joie d’avoir une grande-sœur protectrice, fit-elle remarquer. Mais oui, je le préviendrais, même s’il est... elle souffla avec un sourire, incroyable

— Juste incroyable ? J’aurais pensé que tu dirais “parfait” ou quelque chose du genre.


Elle rit doucement, visiblement embarrassée mais ravie de partager son bonheur avec moi.


— D’accord, tu as raison, il est parfait. Mais surtout, il me comprend. C’est comme si on se connaissait depuis toujours.

— Et toi, Lyndra ? Intervint papa. Toujours personne à l’horizon ?


Je baissai le regard un instant avant de secouer la tête.


— Je ne pense pas que mon partenaire se trouve dans cette meute. Je vais juste devoir patienter encore un peu avant de pouvoir explorer les autres territoires pour voir où il se cache.


J’offris un sourire rassurant à mes parents, bien conscients de leur inquiétude. Je voyais dans leurs yeux qu’ils se faisaient du souci, car je n’avais toujours pas trouvé ma moitié. J’allais bientôt atteindre mes vingt-quatre ans, et il était rare qu’un loup n’ait pas trouvé son âme-sœur avant ses vingt-cinq ans.

Contrairement au reste de ma famille, je ne savais toujours pas ce que je voulais faire de ma vie. J’avais expérimenté plusieurs formations sans me spécialiser dans aucune, cherchant sans cesse à apprendre davantage. J’avais donc décidé de partir en voyage dans les autres meutes pour découvrir leurs coutumes. Peut-être qu’à la fin de ce périple, j’aurais la chance de devenir une émissaire du clan.

J’avais décidé de partir après la cérémonie en l’honneur de notre Déesse, juste après le solstice d’été et avant mon anniversaire. Il me restait donc encore quelques mois au sein des miens pour en profiter pleinement.

Après ce court instant de silence, je repris la conversation comme si de rien était.


— Quand est-ce que Clarke nous rend visite déjà ? Interrogeai-je.

— Ta cousine doit venir manger demain soir avec sa partenaire, m’informa maman.

— Yes !


Clarke était notre unique cousine, Luna de notre meute avec sa partenaire. Elle était également la meilleure guérisseuse que nous avions. Après la mort de notre oncle Jack et peu après celle de tante Abby, elle avait pris la tête du clan. Quelques mois plus tard, lors d’un voyage politique, elle avait rencontré Luna Lexa kom Trikru de l’Est. Leur alliance avait été spectaculaire, et les deux meutes s’étaient alors regroupées pour former la plus grande de la région.


— J’ai hâte de la voir, dis-je avec enthousiasme. Je n’ai pas eu l’occasion de discuter avec elle depuis trop longtemps.

— Trop longtemps comme genre... trois mois ? Ricana ma frangine.


Je lui donnai une petite tape derrière la tête.


— Je suis sûre qu’elle sera heureuse de te retrouver aussi. Elle a beaucoup de choses à partager, surtout après ses récentes missions, sourit maman.


J’acquiesçai avec joie, désormais impatiente. Clarke et moi avions toujours été proche durant notre enfance. Après la mort de ses parents, nous l’avons accueillie chez nous le temps qu’elle prenne ses fonctions de Luna en chef. Depuis son retour avec sa compagne, elle s’était installée dans la maison de la meute qu’elle occupe la moitié de l’année.

Nous continuâmes à parler de leur visite prochaine, et chacun essayait de deviner la raison de leur présence. Le temps passa rapidement alors que nous discutions avec animation, chacun exprimant son enthousiasme à l’idée de retrouver notre cousine et sa partenaire.

Le soir venu, après ma lecture quotidienne, je laissai les rêves s’installer doucement dans mon esprit. Les yeux fermés, je tentai de tracer dans mes pensées un visage approximatif de mon âme-sœur. J’avais eu quelques béguins pour certains camarades de promotion, mais sachant qu’ils ne m’étaient pas destinés, ces sentiments fugaces s’étaient dissipés.

Je me demandais à quoi il ressemblerait. Peut-être un sourire réconfortant, des yeux empreints de sagesse, ou une aura apaisante. Je ne savais pas. Tout ce que je pouvais faire, c’était espérer que lorsque nos chemins se croiseraient enfin, je saurais instinctivement que c’était la personne que j’attendais.

Les rêves commencèrent à envahir mon esprit, me transportant dans des paysages inconnus, des forêts denses et mystérieuses, des villes pleines de vie, et des visages flous que je ne parvenais pas à distinguer. Ils semblaient m’appeler, comme pour m’inviter à les rejoindre. Je me laissai emporter par ces visions oniriques, prête à accueillir ce que l’avenir me réservait.


Des cheveux noirs corbeaux. Des yeux verts prairies tirant sur l’émeraude. Un grain de beauté sur la jugulaire. Des lèvres rosées.


Courir entourée des membres de ma meute est une expérience exaltante, un sentiment de liberté et de puissance pure qui m’envahit à chaque foulée. L’anticipation monte à chaque fois que la Luna nous rend visite, transformant le quotidien de la meute en un moment de célébration et de renforcement des liens. Indra, notre bêta en chef, prend toujours soin d’organiser une chasse grandiose pour marquer l’occasion, une tradition qui remonte à des générations et qui, sous sa direction, a pris une ampleur encore plus impressionnante.

Le territoire de Lexa, s’étendant désormais sur des kilomètres à la ronde, est devenu un royaume où chaque coin de forêt, chaque clairière, porte la marque de son leadership. L’une de ses seconds, en qui la Luna Kom Trikru a une confiance absolue, a été chargée de diriger notre groupe, de veiller à notre sécurité et de maintenir l’ordre dans cette vaste étendue. Son regard acéré et son autorité naturelle font d’elle une figure respectée, presque redoutée.

Elle a pris en main l’entraînement des guerriers de la meute, sculptant nos compétences à travers des années de travail acharné. C’est elle qui a vu en mon père les qualités d’un leader et l’a élevé au rang de gamma en chef, un poste de grande responsabilité. Sous sa tutelle, il a prospéré, devenant un pilier de notre communauté.

D’aussi loin que je me souvienne, notre bêta a toujours été là, imposant sa discipline stricte mais juste. Dès le plus jeune âge, elle nous apprend à nous défendre, à maîtriser nos instincts, et à utiliser la force qui sommeille en nous. Trois fois par semaine, nous nous réunissions pour suivre ses cours de combat, des sessions intenses où le jeu n’avait pas sa place. Pour ceux qui montraient un talent particulier, le rythme augmentait, passant à cinq séances hebdomadaires, où chaque coup, chaque mouvement était affiné jusqu’à la perfection.

Après plusieurs heures de traque intense, l’épuisement commençait à se faire sentir dans nos muscles tendus. Le groupe décida alors de faire une pause bien méritée, se rassemblant dans une clairière baignée par la lumière du soleil déclinant. L’air était rempli d’une énergie palpable, mélange d’adrénaline et de satisfaction, même si la chasse n’était pas encore terminée.

Quelques-uns des chasseurs les plus habiles étaient déjà rentrés, portant sur leurs épaules les fruits de leur travail : des lapins, un jeune cerf, et même un sanglier pour les plus chanceux. Ces proies allaient bientôt nourrir la meute tout entière, un festin en préparation qui symbolisait non seulement notre force collective, mais aussi notre capacité à survivre et à prospérer ensemble.

Octavia, avec son pelage brun distinctif, se coucha gracieusement à mes côtés, une présence toujours rassurante. En tant qu’oméga, elle aurait pu être perçue comme plus faible par d’autres meutes, mais ici, elle était une force redoutable, une combattante exceptionnelle que même les plus aguerris respectaient.

Je sentis sa pensée effleurer la mienne à travers le lien de meute, sa voix résonnant dans mon esprit avec une familiarité réconfortante.


« Comment te sens-tu ? » Demanda-t-elle, sa question empreinte de curiosité et de bienveillance.


Je lui répondis instantanément, incapable de masquer mon enthousiasme.


« Surexcitée. Et impatiente de revoir Clarke. »


Elle émit un léger rire mental, une chaleur familière se dégageant de son esprit.


« Je comprends. Tu as toujours été très proche d’elle. Telle la fidèle bêta que tu es. Cela m’a étonné que tu la laisses partir avec Luna Lexa. »


Un sourire s’étira sur mes babines, même si elle ne pouvait le voir.


« Je l’ai laissée partir uniquement parce que je savais qu’elle serait en sécurité aux côtés de sa compagne, sinon je la suivrais toujours à l’heure actuelle. » Mon rire, léger et mélodieux, s’éleva dans notre connexion mentale, emportant avec lui les bribes de nostalgie et de fierté.

« Tu as toujours eu ce sens du devoir et de la loyauté, Lyn. Clarke a eu beaucoup de chance de t’avoir à ses côtés pendant toutes ces années. »

« C’est moi qui ai eu de la chance. » rétorquai-je. « Elle m’a appris tellement de choses. La servir est un honneur pour moi, et je suis si fière d’elle. Elle est devenue une grande leader, et Lexa l’épaule à merveille. »


Un moment de silence s’installa entre nous, non pas lourd, mais plutôt empreint de compréhension et de respect mutuel. Nous avions partagé tant de moments ensemble, et ce simple échange renforçait encore davantage cette connexion que nous avions bâtie au fil des années.


« Et toi, Octavia ? » repris-je finalement, ma curiosité éveillée. « Comment te sens-tu, toi, à l’approche de l’escorte de nos lunas ? De ce que je sais, ton âme-sœur sera là. Ce n’est pas trop dur d’être éloigner de lui ? » l’interrogeai-je.


Lincoln, l’un des gardes rapprochés de Lexa, était souvent en déplacement à travers la région. Malgré ses absences fréquentes, il revenait dès qu’il le pouvait, et lorsqu’il était là, les deux tourtereaux ne se quittaient plus, au grand dam du frère aîné d’Octavia.


« C’est... compliqué, » finit-elle par admettre, sa voix mentale adoucie par une pointe de mélancolie. « Être loin de lui est un défi, surtout quand je vois d’autres couples heureux autour de moi. Mais nous savons tous les deux que notre devoir envers la meute passe avant tout. »

« Je vous trouve courageux. » admis-je. « Je ne sais pas si je serais capable de rester loin de ma moitié ainsi. Je deviendrais certainement folle ! Tu es tellement forte, O’. »

« Merci, Lyn, » murmura-t-elle, son intonation emplie d’une chaleur sincère.


Nous échangeâmes un regard complice avant que le hurlement d’Indra ne nous interpelle. Nous nous redressâmes sur nos pattes, les oreilles en alerte. Notre bêta, une louve au pelage brun sombre, marchait devant nous, la tête haute. Elle fit un geste, nous signalant de la suivre pour cette dernière heure de traque avant de rentrer à la maison.

Nous nous regroupâmes rapidement, prêts à reprendre la chasse. Les odeurs de la forêt, chargées de la terre humide et des feuilles décomposées, se mêlaient à celles des proies qui nous entouraient. Chaque membre de l’équipe connaissait son rôle par cœur, et la coordination entre nous était presque instinctive.

À mesure que nous avancions, nous nous rapprochions des proies. Le sol crissait sous nos griffes, et le bruissement des feuilles sous l’effet du vent semblait nous encourager. Les brefs échanges de regards et les mouvements coordonnés témoignaient de la complicité qui régnait entre nous, chacun de nous sachant exactement où se positionner pour maximiser nos chances de succès.

Enfin, les premières silhouettes d’animaux apparurent au loin. Nous ralentîmes nos mouvements, chacun prenant position avec précision. Le calme avant l’attaque était presque palpable, une tension excitante flottant dans l’air.

Mon regard se posa sur un cerf majestueux, ses bois imposants se détachant clairement dans la lumière déclinante. Je crus reconnaître l’animal comme étant celui qui m’avait échappé la veille. La perspective de le capturer, ce défi non résolu, raviva un instinct primitif et compétitif en moi.

Lorsque le signal d’Indra retentit, ce fut comme le claquement du fouet qui déclenche la charge. Nous nous élançâmes en parfaite synchronisation, une unité bien huilée dans notre poursuite. À mes côtés, Octavia et moi prenions la tête, notre complicité se manifestant dans chaque mouvement fluide et coordonné. Le terrain changeait sous nos pattes, les branches craquant et les feuilles bruissant au passage. La bête, alerté par notre présence, sprintait à toute allure à travers la forêt, mais cette fois-ci, nous étions prêts.

Je me concentrai sur sa silhouette, mes yeux fixés sur ses mouvements gracieux et rapides. Chaque pas que nous faisions nous rapprochait de notre proie. À mesure que nous nous rapprochions, il intensifia son effort, faisant des détours et des changements brusques de direction pour tenter de nous échapper. Mais nous étions déterminés. Les heures de formation et les entraînements intensifs nous avaient préparés à ce genre de poursuite. Nous ajustions notre rythme en conséquence, maintenant une pression constante sur l’animal tout en anticipant ses mouvements.

Finalement, après une course palpitante à travers la forêt, nous réussîmes à le coincer dans une clairière où ses options de fuite étaient limitées. En un mouvement fluide et précis, nous le capturâmes, exploitant chaque chance et chaque opportunité pour le maîtriser. La prise fut rapide, le cerf n’ayant pas le temps de réagir à notre attaque bien coordonnée.

Avec fierté, nous ramenâmes le cerf à la meute, chacun de nous s’armant de détermination pour porter notre lourd butin. Son poids, combiné à l’effort de la course et à la fatigue accumulée, rendait la tâche plus difficile, mais nous étions motivés par le sentiment de réussite et par l’anticipation du repas qui nous attendait.

Chaque pas nous rapprochait du village, la lumière de la lune nous guidant et illuminant notre chemin à travers les feuillages. Notre arrivée fut accueillie par des regards admiratifs et des murmures de reconnaissance qui nous attendaient.

Nous déposâmes notre proie près de la tente de cuisine, où nos meilleurs cuisiniers s’affairaient à préparer les festivités. Indra, sous forme humaine, nous rejoignit bientôt, un sourire de satisfaction sur les lèvres en voyant notre prise.


— Excellent travail, vous deux, déclara-t-elle avec un regard plein de fierté.


Nous la saluâmes, puis nous nous dirigeâmes vers notre campement pour nous changer et reprendre notre forme humaine. Le processus de transformation, bien qu’un peu douloureuse, était désormais une routine pour nous. Les muscles se détendaient et les sens se recoupaient, nous ramenant à notre forme originelle.

Après avoir pris une douche rapide pour éliminer la poussière et autres résidus sur nos corps, nous nous habillâmes en hâte. Octavia, encore avec les cheveux en bataille mais illuminée par un sourire d’excitation, m’attendait à la sortie. Ensemble, nous nous dirigeâmes vers le cœur du village, où l’effervescence des préparatifs de la fête était palpable.

Les membres de la meute, vêtus de leurs plus beaux habits, s’affairaient autour des grandes tables, dressant les plats et organisant les décorations. L’odeur des mets en préparation, mélangée à celle du bois du feu de camp, flottait dans l’air, promettant un festin mémorable.

Je retrouvai ma famille qui m’accueillit avec une chaleur réconfortante. Mon père, ma mère, et Reyna se précipitèrent vers moi pour me féliciter pour notre succès de la journée.

Soudain, la foule commença à s’agiter, les murmures se transformant en exclamations enthousiastes de bienvenue. Je me retournai pour voir ce qui se passait et aperçus l’escorte de ma cousine. Clarke, entourée de ses gardes et de Lexa, avançait avec une grâce qui attirait tous les regards. Selon la tradition, les membres de la meute s’inclinèrent en signe de respect à l’approche de nos Lunas.

Indra, marquant la distinction de notre rang, se positionna à notre droite. Elle était, après tout, la cheffe de notre groupe et avait toujours été un pilier de la meute, et même si nous étions la famille, la conformité de la hiérarchie était toujours observé.

Majestueuses, charismatiques, ma cousine, avec sa stature imposante et son aura de leader, attirait tous les regards, tandis que sa partenaire, à ses côtés, incarnait la force et la sagesse. Leur présence combinée renforçait le sentiment d’unité et de puissance au sein de la meute.

Lincoln, reconnaissable parmi tous grâce à sa grande taille et à son uniforme de garde, se tenait en retrait, observant attentivement l’arrivée de nos dirigeantes. Lorsque Octavia se dirigea vers lui, ses yeux brillaient d’une émotion sincère. Ils se retrouvèrent au milieu de la foule, leurs regards se rencontrant avec une intensité palpable. Leurs étreintes furent pleines de tendresse et de soulagement, une démonstration silencieuse de leur connexion profonde malgré la distance qui les avait séparés.

Je m’approchai ensuite devant mes Lunas, mes pas mesurés et révérencieux. Lorsque j’arrivai à leur hauteur, je m’inclinai légèrement, adoptant la posture traditionnelle des bêtas en second. Mon bras gauche levé devant ma poitrine marquait le signe de courtoisie et de déférence, un geste que j’avais pris l’habitude d’utiliser lors de leurs visites, même si je n’étais techniquement plus obligée de la prendre.

Ma chère cousine, n’en n’ayant que faire de ces protocoles, m’enlaça avec force, un sourire éclatant illuminant son visage.


— Lyndra, c’est tellement bon de te revoir ! S’exclama-t-elle en me tenant fermement dans ses bras. Je suis si heureuse d’être enfin ici avec toi.


Je lui rendis son étreinte avec autant de chaleur, mon cœur se gonflant de joie en la retrouvant après tout ce temps.


— Clarke, tu n’as pas changé, toujours aussi radieuse ! Répondis-je avec une sincérité pleine de bonheur.


Elle recula légèrement pour me permettre de saluer son âme-sœur. J’inclinai la tête avec humilité, un geste qui exprimait à la fois mon admiration pour elle en tant que Luna et ma reconnaissance pour sa présence parmi nous. Lexa, fidèle à sa nature digne et posée, me rendit cette marque d’estime avec une légère inclinaison de la tête.


— C’est un plaisir de vous revoir, déclarai-je, la voix empreinte de sincérité.

— Le plaisir est partagé, Lyndra, répondit-elle, ses yeux reflétant une bienveillance calme.


Ma cousine passa son bras autour de celui de sa compagne, toujours souriante.


— J’ai hâte que tu nous rejoignes ce soir, au dîner, Lyndra. Nous avons tant à raconter, m’informa-t-elle.

— Je ne manquerais ça pour rien au monde, lui fis-je avec un clin d’œil.

— Nous avons également des nouvelles importantes à partager, prévint Lexa.


Le murmure d’excitation qui parcourut la foule suite à ses paroles était presque palpable. Les membres de la meute se regardaient, échangeant des sourires curieux et des conjectures silencieuses. Il était rare que nos Lunas annoncent des nouvelles importantes de manière aussi énigmatique, et cela ne faisait qu’ajouter à l’anticipation générale.

Je sentis mon propre intérêt se piquer davantage.


— J’ai l’impression que tu vas encore nous surprendre, Clarky, murmurai-je pour nous.

— Peut-être bien, répondit-elle avec un sourire malicieux, ses yeux brillants de ce secret qu’elle n’était pas encore prête à révéler.

— Tout sera dévoilé en temps voulu, ajouta Lexa.


Alors que les deux femmes s’éloignaient pour poursuivre leurs salutations et préparer la soirée à venir, je restai un moment à observer la scène. Ma famille, tout comme le reste de la meute, se lançait déjà dans des spéculations sur ce qu’elles pourraient bien nous annoncer.

La préparation du repas continuait à un rythme effervescent. Les senteurs appétissantes des plats en préparation se mêlaient à l’air frais du soir. Des groupes se formaient autour des tables, discutant de tout et de rien, l’excitation circulant entre tous.

Le cerf que nous avions chassé grillait sur le feu de camp central, son arôme alléchante se répandant dans toute la zone. Les cuisiniers, concentrés mais souriants, ajoutaient les derniers touches aux plats, veillant à ce que chaque détail soit parfait pour cette soirée spéciale. Les lumières des torches se reflétaient dans les yeux des convives, ajoutant une lueur festive à l’ensemble du tableau.

Je profitai de cette opportunité pour saluer quelques amis que je m’étais fait pendant mes courts séjours à la capitale. Les retrouvailles étaient conviviales et nos conversations allaient de bon train sur divers sujets allant des rumeurs locales aux récits de chasse.

Lorsque tout le monde fut installé, nos Lunas prirent place à la table principale, entourés de deux conseillers et d’Indra. Clarke me fit un signe de tête pour m’inviter à me rapprocher, et ma bêta m’offrit un sourire discret pour m’encourager à m’asseoir à ses côtés. Je m’exécutai après un regard vers mes compagnons, qui m’incitaient à y aller.

Avant que les plats ne soient servis par les serveurs bénévoles, ma cousine et sa partenaire se relèvent, attirant immédiatement l’attention sur elles.


— Mes chers amis, chers membres de la meute, je suis profondément heureuse d’être ici ce soir avec vous, déclara la blonde avec clarté. Ce soir, nous allons célébrer deux grandes nouvelles.


Le silence s’installa, l’anticipation grandissant dans l’air alors que Clarke prenait un moment pour observer les visages familiers de la meute. Ses yeux brillaient d’une émotion sincère, et son sourire chaleureux mit tout le monde à l’aise.


— La première nouvelle concerne la prochaine cérémonie en l’honneur de notre Déesse, annonça Lexa, sa voix empreinte de gravité et de fierté.


Un frisson traversa l’ensemble des loups attablés. C’était la cérémonie la plus populaire et la plus célébré. Tout les cinq ans, une meute était choisie par notre divinité pour organiser le sacrement. La dernière cérémonie s’était déroulée à merveille, jusqu’à ce que les conflits internes entre clans éclatent. C’est à cette époque que nous avons perdu Alpha Jack et Luna Abby.


— Cette année, reprit la luna brune après un bref silence, c’est notre meute qui a été choisie pour organiser la cérémonie, un honneur qui nous est conféré après tant d’années de paix et de reconstruction.

— Nous savons tous combien cette cérémonie est cruciale, non seulement pour honorer notre Déesse, mais aussi pour renforcer les liens entre les différentes meutes, ajouta Clarke, sa voix douce mais assurée. Nous allons travailler ensemble, comme une seule et même famille, pour faire de cet événement un succès mémorable.


Les murmures d’approbation se firent entendre, mais une tension sous-jacente demeurait. L’organisation allait représenter un défi colossal. Cette célébration regroupait après tout toutes les meutes du continent, et il pouvait y avoir quelques représentants d’autres pays extérieur.


— Elle se déroulera à Polis dans trois mois. Nous nous assurerons que chaque détail soit pris en charge, et que chacun est son rôle à jouer, continua ma cousine. Ensemble, nous montrerons à toutes les meutes que nous sommes dignes de cet honneur.

— Nous comptons sur vous tous, finit sa compagne, sa voix forte et pleine d’assurance, pour que cette cérémonie soit un hommage véritable à notre Déesse et à ceux que nous avons perdus.


Les exclamations de ferveur montèrent dans les rangs, réaffirmant la loyauté des membres envers leurs Lunas et leur dévouement à la tâche à venir. Tous étaient conscients des défis qui les attendaient, mais l’idée de célébrer cette événement à Polis, après tant d’années, inspirait autant de fierté que de dévouement.

Je ressentis l’excitation monter en moi également. Je croisai le regard de mes compagnons, qui partageaient la même détermination. Nous savions tous que les mois à venir allaient être marqués par un travail acharné, mais aussi par une coopération et une solidarité sans précédent.

Luna Lexa leva sa main, interrompant net nos cris de joie. Son regard perçant balaya sur chacun de nos visages.


— Nous avons également une autre nouvelle, dit-elle, sa voix prenant une tonalité plus intime. Elle est bien plus personnelle cependant.


L’attention de la foule fut immédiatement captée par ses mots, et un silence tendu s’installa, mêlé à une curiosité palpable. Nous cherchâmes tous à deviner la nature de cette annonce personnelle qui semblait si importante.

Elle prit une respiration profonde avant de continuer, sa voix résonnant avec une gravité douce mais assurée.


— Clarke et moi sommes heureuses de vous annoncer que... nous attendons un enfant.


L’annonce fit l’effet d’une onde de choc douce, une vague d’émotion qui traversa la foule. Les cris de joie, les éclats de rire et les exclamations d’émerveillement se mêlèrent dans une symphonie de bonheur partagé. L’importance de cette proclamation ne pouvait être sous-estimée : la promesse d’un enfant, fruit de l’union des deux Lunas, représentait non seulement la continuité de leur lignée mais aussi la stabilité et la prospérité future de toute la meute.

Les relations homosexuelles, bien que bénies par la Déesse, n’étaient pas courantes dans notre monde. Les naissances de telles unions étaient rares, ce qui conférait à cet événement une signification encore plus profonde. La promesse d’un héritier apportait un sentiment de renouveau et de stabilité, et chacun ressentait l’importance de cet instant.

Le festin fut servi peu après, les tables se remplissant de plats variés et somptueux, allant des viandes grillées aux légumes rôtis, en passant par des mets plus raffinés préparés avec soin par nos meilleurs cuisiniers. L’odeur des plats savoureux se mêlait à celle des braises du feu de camp, créant une atmosphère enivrante qui éveillait les sens.

Le ciel nocturne se teinta de couleurs plus sombres, mais les lumières des torches et des lanternes continuaient de briller, créant une ambiance chaleureuse et festive. Les chants et la musique traditionnels commencèrent à résonner, ajoutant à la magie de la soirée.

Je pris le temps de savourer chaque instant, consciente de l’importance de cette nuit. Les sourires, les étreintes, les rires, et les promesses d’avenir se mêlaient pour former un tableau vivant de joie et d’espoir. Les détails de ces moments resteraient gravés dans les mémoires comme un symbole de la force, de la cohésion et de l’espoir renouvelé de notre meute.


Des préparatifs colossales. Des chasses extraordinaires. Le commerce florissant. Les meutes se rassemblant. Des cultures en tout genre, unies au même endroit.

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