Acte 1, scène 1 : Le Jugement
Acte 1 : Le Jugement
Dans la grande cité-temple d’Ellohin, dans la partie haute de la cité, au sein du grand tribunal, dans la salle de la grande justice ecclésiastique, se tenait le jugement d’Aleanor Demillieu. Attachée au centre de la pièce, contre une majestueuse colonne taillée dans de l’Aélite noire, elle effleurait maladroitement, du bout des pieds, les nombreux fagots de bois formant son bûcher. C’étaient les moines iudicialis qui l’avaient ligotée méthodiquement, veillant d’abord à débarrasser les lieux des cendres et des restes du précédent condamné. Ce sont également eux qui, comme le veut le droit canon, lui tranchèrent la langue.
Rouée de coups, la coupable portait sur tout le corps des ecchymoses violacées et des plaies profondes, exposant sa chair à vif. Les traces de coups de poing, de pied et de masses cloutées témoignaient de la brutalité du supplice. Elle luttait pour respirer, ses paupières étaient lourdes et son corps lui faisait mal. Elle ne pouvait clairement plus tenir debout. À voir son état, il était évident qu’elle ne s’était pas laissé faire. Il avait fallu s’y mettre à plusieurs pour la traîner jusqu’à la potence. C’est pourquoi les moines l’avaient attachée au sommet de la colonne, une corde tressée entravant son corps meurtri. De plus, en l’emmenant ici, les moines l’avaient déshabillée de tout vêtement pour révéler sa nature lubrique. Ne prenant aucun risque, ils lui avaient aussi brisé les pieds, pour éviter tout problème, empêchant toute tentative d’évasion.
Mais, malgré tout cela, malgré la douleur lancinante qui dévorait son corps, malgré la honte et le mépris qui l’accablaient, exposant son corps à nu et brisé, malgré l’effort désespéré de ne pas sombrer dans l’inconscience. Elle ne se concentrait que sur une seule chose : son fils.
Joseph Demillieu observait avec horreur les atrocités infligées à sa mère. Âgé de six ans selon le calendrier impérial, le petit garçon aux cheveux châtains, aux yeux noisette et à la peau claire fixait sa mère avec une intensité troublante. Il ne comprenait rien à ce qui se déroulait sous ses yeux, ni pourquoi on lui faisait subir un tel supplice. On avait beau lui répéter que sa mère avait fait quelque chose de mal, qu’elle avait batifolé avec Ael, l’enfant ne comprenait rien aux affaires des grandes personnes. Il savait seulement que tout cela était grave.
Soudain, un homme surgit, vêtu d’une toge blanc et vert, coiffé d’un étrange chapeau orné de symboles que l’enfant ne comprenait pas. Puis, il prit la parole :
- Aleanor Demillieu ! Vous êtes accusée d’avoir pratiqué l’art occulte de la médecine et, ce faisant, d’avoir pactisé avec le roi Démon, tueur de Dieu : Ael. Pour tenir votre procès, et d’après le droit canon, vous serez jugée par les trois juges du Saint Tribunal. L’homme marqua une pause tandis que les juges prenaient place sur leurs trônes de marbre blanc, ornés de ciselures et d’emblèmes gravés dans la pierre, d’emblèmes que l’enfant ne comprenait toujours pas. Puis, il reprit la parole.
- Les annonciateurs de sentence seront, par ordre d’importance du Saint Tribunal : Minos Lesage, de la maison Lesage, grand juge. Un vieil homme, à la barbe grisonnante et vêtu d’une toge brodée d’insignes verts, au style bien trop sophistiqué. Monsieur Eaque de Léaume, cousin du roi de Léaume, de la royauté de Léaume, du duché de Léaume, de la maison et dynastie Léaume, et juge du Saint Tribunal. Jeune jouvenceau aux yeux bleus, sublimés par des boucles ambrées, aux habits distingués, riches en couleurs. Ainsi, pour finir, Rhadamanthe Lesjuge, premier de sa maison, juge du Saint Tribunal. À son appellation, Rhadamanthe tira une effroyable mine à l’évocation du nom de sa maison. Joseph remarqua que les trois juges n’étaient pas assis à la même hauteur sur leur trône. Conçu en trois niveaux distincts, cela reflétait leur importance hiérarchique. Minos siégeait au sommet, Eaque à sa gauche, légèrement plus bas, et tout en bas, à droite, se trouvait Rhadamanthe. Ensuite, le plus âgé et celui qui, selon l’enfant, paraissait le plus sévère, donc Minos, prit alors la parole.
- Aleanor Demillieu, pour vos méfaits contre l’Empire et le dieu martyr, votre peine sera exécutée sans procès. Vous serez purifiée par le feu de la Sainte Justice, comme le mérite toute catin d’Ael.
À ces mots, deux moines déversèrent sur Aleanor un liquide jaune opaque, épais comme de l’huile, mais en plus lourd. Elle se débattit violemment, tirant sur la corde qui l’entravait, luttant désespérément pour s’échapper. Son acharnement lui coûta cher : son épaule se déboîta dans un craquement sourd, sa main se tordit sous la douleur. Rassemblant le peu de force qu’il lui restait, elle tenta de s’arracher le poignet avec les dents, mais sans succès.
L’un des moines sortit un petit cristal rouge d’une sacoche en cuir attachée à sa ceinture. Il n’était pas plus grand que le petit doigt de l’enfant. En l’apercevant, Joseph se rappela aussitôt les mises en garde de sa mère : il lui était interdit de s’en approcher. Aleanor, quant à elle, avait cessé de lutter. Abandonnant tout espoir de fuite, elle posa un regard intense sur son fils. Ce n’était ni de la compassion ni de la peur, mais une expression sombre, emplie de colère et de détermination. Un regard que Joseph ne comprendrait pas, mais qu’il n’oublierait jamais.
Sans en comprendre plus, le moine jeta la pierre au pied de la sacrifiée, cette pierre se brisant à son contact. À la première fissure, le joyau prit instantanément feu sans aucune explication, laissant Joseph horrifié. Des torrents de flammes étaient alors apparus de là où se trouvait sa mère. Joseph ne pouvait plus qu’entrevoir un amas de chair informe, fondue par la chaleur des flammes, beuglant à la mort tel un animal. La créature se débattait dans une danse macabre, rythmée par le craquement des os et le vrombissement du feu. Une odeur âcre de chair brûlée envahit les narines de Joseph, donnant envie à son petit estomac de partir s’allonger au sol. Il finit par comprendre que sa mère se faisait brûler vive. En larmes, Joseph détourna les yeux, incapable de supporter ce spectacle d’horreur. Cependant, une main, forte et brutale, lui maintenait la tête, faisant mal à son petit crâne. Cette main, c’était celle de son père, qui le forçait à regarder.
Gustave Demillieu, un homme d’une trentaine d’années impériales, chauve, à la barbe noire, habillé en tenue de haut gradé des inquisiteurs de l’empire, taché de sang, du sien et d’autres. La peau de ses mains était en lambeaux, il avait frappé fort et longtemps. Pourtant, il restait debout, maintenant le regard de son fils vers la potence, avant de lui dire, d’une voix ferme :
- Ne détourne pas les yeux, mon fils, observe et retiens. Regarde cette femme, celle qui s’est opposée à ma volonté. Celle qui a défié Dieu, et par la faute de laquelle nous avons tout perdu.
Joseph devait apprendre, s’endurcir pour supporter la suite, car Gustave savait ce qui les attendait. Ce qui allait lui être proposé. Ce qu’il adviendrait d’eux. Il devait protéger son fils, coûte que coûte.
Les cris s’étaient tus. Le cristal d’Aélite, le bois et l’huile n’avaient laissé qu’un monticule de cendres encore fumantes, là où, quelques instants plus tôt, se dressait ce qui autrefois avait été sa femme. Celle qui autrefois l’avait aimé. Celle qui autrefois l’avait sauvé.
Mais ce n’était plus elle. Ce n’était plus qu’une pute. Une folle. Une traîtresse qui, par ses choix, avait détruit sa famille. Cela faisait enrager Gustave, tout était de sa faute, et uniquement de sa faute. Elle les avait abandonnés pour finir stupidement dans ce tas de cendres.
Son fils, dernier vestige de son existence, continuait de pleurer en regardant les restes de sa mère. Des sanglots incontrôlables, des hoquets douloureux. Il pleurait à s’en étouffer.
- Tais-toi, ordonna Gustave à son fils, qui essaya d’écouter son père, mais en vain. Les moines s’affairèrent à nettoyer le bûcher de la même manière qu’ils avaient fait avec le dernier condamné. Sans un mot, sans une pause, comme si ce qu’ils venaient d’accomplir n’était qu’une routine bien rodée.
Puis, le juge Rhadamanthe se tourna vers Gustave.
- Gustave Démillieu, Centori Inquisitio… déchu.
À ce mot, les juges et les moines regardèrent Gustave d’un dégoût explicite. ” De la deuxième division de l’ordre du feu sanglant, du compte fait de l’acte d’hérésie de votre femme, votre peine serait normalement la mort. » Le ton des paroles du juge devint tout à coup plus léger et plus familier. « Cependant, Gustave, tes exploits en tant que chef inquisiteur, au nom du Dieu martyr, ne sont pas passés inaperçus. Un homme comme toi, héros de l’Inquisition, finir ainsi… À cause d’une sale catin… Ça me répugne. Alors, nous allons te donner le choix, purifier tes péchés par le feu purificateur, ou bien abandonner ton statut de citoyenneté, ton titre ainsi que ton nom, pour partir en exil en Bahyek. »
- Ce sera l’exil, monsieur, déclara Gustave sans une once d’hésitation. L’assemblée paraissait d’accord avec son choix, Rhadamanthe rétorqua en reprenant son ton habituel :
- Bien, Gustave Démillieu et Joseph Démillieu, je vous condamne à l’exil. De par ce fait, vous perdez votre nom, votre droit à la citoyenneté et vos titres. Il raya alors leur nom du registre des citoyens du Saint-Empire, comme le veut la loi à chaque exil, puis reprit. Ainsi, vous purgerez vos péchés par le dur labeur en Bahyek. L’incident est clos, vous pouvez disposer. Que Dieu puisse vous pardonner.
Un silence s’installa où seuls les pleurs de Joseph retentissaient dans la salle.
Gustave, dépité, empli d’une rage sourde et d’une tristesse insondable, sortit du tribunal avec son fils, encadré par un groupe de gardes lourdement armés. Ils passèrent dans les dédales d’escaliers en colimaçon, de couloirs tortueux, ainsi que d’intersections impraticables, progressant dans le labyrinthe architectural du Saint Tribunal de la capitale. Une structure ancestrale, vestige de l’âge du Soleil, aux courbes inimaginables et aux lignes indéchiffrables, conférant au lieu une étrangeté oppressante. Arpentés par des statues d’Aélite noire, représentant les saints et chevaliers d’antan, figés dans de sévères postures. Leurs regards accusateurs, évoquant le poids du jugement, scrutaient les condamnés avec un mépris muet.
Gustave sentait la honte peser sur lui, portée par les moqueries et les insultes crachées par les passants. Cependant, Joseph, lui, n’éprouvait rien de tout cela. Il ressentait seulement de la peur et de l’incompréhension, un frisson d’angoisse le parcourait tandis que son esprit peinait à saisir la brutalité des événements. Paniqué, il se mit à questionner son père :
- On… on ne rentre pas à la maison, père ?
- Non fils. Nous n’avons plus de maison, ils vont nous emmener loin d’ici, très loin.
- On pourra revenir ?
- Non. Tais-toi et arrête de parler.
Joseph se tut aussitôt, de peur d’énerver encore plus son père. Même s’il ne comprenait toujours pas pourquoi ils devaient partir, et si vite.
Au détour d’un couloir, ils débouchèrent sur le vaste hall du tribunal. Devant eux, se dressait la porte monumentale, un chef-d’œuvre d’Aélite noire, sculptée d’anges divins terrassant les démons d’Ael. A la lumière des torches, un homme attend. Florence Delacroix. L’un des seuls amis de Gustave, enfin de ce que l’on peut appeler amis. Secondi inquisiteur de la deuxième division du feu sanglant. Homme au physique svelte, à la peau hâlée par le soleil, aux cheveux bruns coiffés en bataille et au regard acéré. Rusé, stratège, à la personnalité sournoise, il excelle sur le plan tactique, comparé au combat de corps à corps. Pourtant, cela ne l’empêche pas d’être un robuste guerrier. C’est pour cela que Gustave l’avait choisi comme bras droit, un bras droit qui bientôt prendra sa place.
Joseph voulut saluer Florence, mais il fut aussitôt coupé par l’action de son père, avant même que les gardes ne puissent faire quoi que ce soit. Gustave frappa son « ami » en le projetant violemment au sol. Les gardes réagirent aussitôt et plaquèrent Gustave à terre, le maintenant avec brutalité.
- C’est bon, laissez-le, répliqua Florence, ordonnant aux gardes de lâcher Gustave. Putain, je vois que ça te fait plaisir de me voir, continua-t-il en massant sa mâchoire. Il s’approcha ensuite de Joseph et lui dit :
- Salut toi, comment tu vas ?
- Ne t’approche pas de mon fils ! rétorqua agressivement Gustave, les gardes se remirent à le maintenir.
- Bon, il faut qu’on parle, nous deux, et en privé. Soldats, laissez-nous quelques instants.
- Secondi, êtes-vous sûr de vouloir rester seul avec ce criminel ? Il faut qu’on l’emmène sur la place des Convois des Bannies.
- Il ne s’enfuira pas sous ma garde, et vous garderez le petit. Et puis, c’est un ordre.
À ces mots, les gardes prirent Joseph par le bras et l’emmenèrent plus loin dans la salle. Florence et Gustave marchèrent quelques pas, se retirant, cependant toujours visibles par les gardes, dans un coin où personne ne pourrait les entendre. Gustave, rempli d’une colère sombre, lâcha alors :
- Que me veux-tu ?
- Écoute, je suis désolé pour ce qui est arrivé à ta femme, mais je n’avais pas le choix !
- Si ! Tu l’avais le choix. Si tu nous avais aidés, on n’en serait pas là ! On se serait taillés depuis longtemps et je pourrais encore échanger avec ma femme !
- Ah oui, incroyable, ton plan de fuir loin, et tu serais allé où ? De toute façon, tu aurais continué à fuir toute ta vie avec un gosse et une femme recherchés dans tout l’empire. Alors, tu serais allé où ?
- Loin, très loin, au Shram ou chez les hommes du Sud, Florence éclata de rire avant de s’arrêter net quand il vit que Gustave était sérieux.
- Un trajet de plusieurs mois à travers une terre infestée de sauvage, ou traverser la grande mer vers l’inconnue, incroyable plan, j’aurais adoré risquer ma vie pour ce genre de projet. Et même si ton plan avait marché, j’aurais surement fini comme toi maintenant, à attendre mon heure pour aller en Bahyek.
- Tu n’es qu’un lâche.
- Et toi, t’es vraiment trop con. Mais, je ne suis pas venu ici pour remémorer nos erreurs passées, je suis là pour ton fils, où vas-tu donc l’envoyer ?
- Mon fils ne me quitte pas, il vient avec moi !
- Quoi ? Tu l’emmènes au Bahyek avec toi ? Tu veux qu’il se fasse tuer ? Tu veux qu’il finisse sa vie en drogué ou comme gigolo ? Vendu comme esclave au Shram, ou pire encore dévoré ? Non, sois raisonnable, laisse-moi le petit. J’ai des relations, je le ferai entrer au monastère des Enfants du Sang. Je te promets de veiller sur lui, ainsi il aura une vraie éducation. Il deviendra moine ou ce qu’il veut dans la religion, mais il sera en sécurité.
- Tu sais parfaitement ce qui se passe avec les enfants au monastère ! Il n’est pas question que je laisse mon fils y aller !
- C’est mieux que de vivre sa vie au Bahyek !
Gustave, furieux, le coupe et devient très menaçant.
- Mon fils ne me quitte pas. Mon fils reste avec moi. Et si tu veux le prendre pour qu’il devienne une de ces tapettes d’enfant-eunuque bouffeur de couilles de pape ! J’éclate ton putain de crâne contre le sol !
Florence, offensé, recule et sort son épée.
- Tu sais très bien qu’Aleanor n’aurait jamais voulu ça pour son fils. Sur un ton plus provocateur, il continue. Elle m’a parlé de ce qui s’est passé avec sa mère, de ce que tu as fait. Alors, tu vas m’écouter maintenant, je prends le petit. Il ira au monastère. Je retrouverai ensuite sa grand-mère pour qu’il ait au moins une famille. Il vivra dans la honte… mais il vivra.
- Je n’ai jamais aimé ta proximité avec ma femme.
Avant que Florence ne puisse répondre, Gustave se jeta sur lui et lui asséna un violent coup de poing en plein visage. Sous le choc, Florence tenta de riposter, mais il se fit aussitôt contrer par Gustave. Malgré le fait qu’il ne soit pas armé et déjà bien amoché, Gustave est, en connaissance de sa propre force et de ses années d’expérience en combat, un excellent bretteur. Il continua ainsi de lui asséner une série de coups rapides et précis au même endroit. En sang et sans pouvoir porter le moindre coup avec son épée, Florence perdit connaissance et s’effondra au sol. Alertés par le bruit, les gardes se précipitèrent sur Gustave pour le matraquer à coups de masse. Une fois Gustave maîtrisé, il fut traîné hors du Saint Tribunal avec son fils pour être emmené sur la place des Grands Convois.
Jetés dans un chariot transformé en cellule roulante, avec pour seul bagage ce qu’ils portaient sur eux, Gustave et Joseph faisaient partie d’un convoi d’environ une centaine de carrioles en direction du Bahyek. Chaque chariot contenait au moins une vingtaine de prisonniers, entassés les uns sur les autres comme du bétail. Le blason de la maison Demichaines ornait chaque chariot et parait chaque chevalier qui composait le convoi, des chevaliers également armés de fusils à Aélite, extrêmement coûteux, dangereux et létaux. Rendant toute tentative de fuite illusoire.
- Putain, s’exclama finalement Gustave, en voyant la sainte cité d’Ellohin s’éloigner peu à peu.
Joseph posa soudainement une question à son père :
- Père, puis-je vous poser une question ?
- Qu’y a-t-il, fils ?
- Qu’est-ce que le Bahyek ? Maman et vous, ne m’en avez jamais parlé…
Un silence purgatoire s’installa, le jeune Joseph hésita même à reprendre la parole, il constata que son père semblait peiné par la question posée.
- Bahyek c’est une prison. C’est là que vont les gens comme nous, les indésirables, les déchets humains. Ceux qui n’ont plus le droit de vivre, ceux qui n’ont plus le droit d’être humains, les non-citoyens.
Le silence se fit à nouveau, pesant, jusqu’au moment où Joseph, hésitant, déclara :
- Je… je n’ai pas compris, père.
- Retiens juste cela, fils, Bahyek, c’est l’enfer.