Emprise : Black River tome 2

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Summary

Été 1982. Josh rainer, dix-sept ans, est depuis ses quatre ans sous l'emprise d'une entité qu'il nomme le "C". L'influence exercée par la créature est de plus en plus puissante et les forces de l'adolescent s'amenuisent chaque jour. Lorsqu'il croise la route d'Alicia, victime comme lui du Croque-Mitaine, Josh reprend espoir. À deux, ils seront plus forts. Mais le temps presse, leur ennemi leur a prédit un funeste destin. Ils n'ont que peu de temps pour résoudre le mystère qui entoure leur tourmenteur et se soustraire à son influence. Comme si cela ne suffisait pas, Black River est en émoi depuis la disparition de quatre adolescents partis explorer Cracker Hall, la maison maudite. Josh et Alicia sont alors témoins de phénomènes surnaturels liès à ce drame. Entre leur combat contre le "C" et les visions des disparus, la situation va vite se compliquer...

Status
Complete
Chapters
31
Rating
5.0 1 review
Age Rating
18+

1. Nouveau départ, nouveau cauchemar



Tout est bruit pour qui a peur.”

Sophocle




Il était une fois une charmante famille qui vivait dans l’immensité de la Ville. On y trouvait de tout : des magasins pour satisfaire ses envies les plus folles, des écoles pour s’instruire, des hôpitaux pour se soigner, des parcs d’attractions pour s’amuser… Tout ce que l’on pouvait souhaiter pour couler des jours heureux, la Ville y pourvoyait. Avec le soleil qui se réfléchissait dans les vitres des buildings, elle rayonnait de mille éclats. On la surnommait la « Ville de Lumière ».

Séduite par sa beauté et son confort moderne, notre famille profita des occasions offertes : le Papa fut embauché dans une ébénisterie, où son savoir‑faire fut reconnu à sa juste valeur. La Maman, quant à elle, veillait au bien‑être de son petit garçon et de son tendre époux. Ainsi, la vie fut douce au sein de la Ville qui prenait soin de ses habitants.

Puis, insidieusement, cette vie dorée commença à se ternir. Sous le vernis des apparences se cachait une vérité plus sombre : l’éclat bienveillant du soleil était obstrué par la fumée qui s’échappait des cheminées des usines. Les gens, en apparence heureux, semblaient tristes lorsqu’on les regardait avec attention. Drapés dans leurs mensonges, ils renvoyaient une image faussement enjouée de la réalité : « Voyez comme nous sommes heureux ! Voyez comme nous prospérons ! Voyez ma belle voiture, ma belle maison ! Ne fait‑il pas bon vivre dans notre Ville ? » Piégés dans leur routine, ils étaient devenus captifs du monde moderne, des mouches piégées dans une toile d’araignée. La Ville les rendait dépendants, après avoir été trompés par de belles promesses. Mais ce que la Ville donne, la Ville peut le reprendre. Le Papa en fit la cruelle expérience...

Tout alla bien jusqu’à la perte de son emploi à la fabrique de meubles. De membre éminent de la communauté, il devint un paria, un improductif. La vie, jusqu’ici facile et agréable, devint étouffante. L’attitude des gens à son égard changea. Aux regards accusateurs des voisins s’ajoutèrent les paroles assassines, les rumeurs perfides et les coups de poignard dans le dos. Le Papa et sa famille n’étaient plus les bienvenus dans la « Ville de Lumière ».

Toutes les tentatives du Papa pour retrouver du travail restèrent vaines. Jour après jour, il bravait les intempéries, toquait aux portes des usines en quête d’un moyen pour sauver sa famille. Les longues marches usèrent sa dernière paire de chaussures ; à travers le cuir troué, on apercevait le blanc de ses chaussettes.

Hélas ! La Ville demeurait insensible à la détresse de la famille. Cruelle, impitoyable, elle ne lui accorda aucune clémence.

L’avenir semblait des plus sombres pour le Papa, la Maman et le petit garçon, quand la providence frappa à leur porte sous la forme d’une simple lettre recommandée. Après la découverte de son contenu, l’espoir renaquit : ils avaient hérité d’une maison, léguée par un lointain parent décédé dont ils ne soupçonnaient pas l’existence.

Sans un regard en arrière, la famille quitta la Ville dans la vieille Cadillac emplie de leurs maigres possessions.

La joie se lisait sur les visages du Papa et de la Maman, alors que la voiture les menait vers leur nouveau foyer : Black River, une bourgade du Maine. Après un long trajet ponctué de nombreux arrêts, le Village leur apparut dans toute sa simplicité.

La Maison perchée sur la colline fut la première à leur souhaiter la bienvenue. Sentinelle silencieuse, elle veillait sur le Village par‑delà les hauteurs.

Tout dans le Bourg inspirait le bien‑être et la sécurité. Des visages souriants des passants, aux rires des enfants dans les jardins ; du soleil d’été dans le bleu azuré, à l’air chargé des senteurs florales : un parfum de bonheur flottait dans les rues.

Lorsque leur voiture se gara devant leur nouveau domicile, une coquette maison beige au large porche de bois, la famille sut que sa vie allait changer. Tout était si merveilleux, ici. Si pur. Si loin de la Ville, de sa négativité et sa pollution.

Papa remercia mentalement ce parent éloigné, qui en s’éteignant les avait libérés de l’emprise de la « Ville de Lumière ».

Après tant de souffrances, ils allaient profiter de leur première soirée de quiétude, au sein de leur nouvelle demeure. Alors que la nuit recouvrait le ciel de son manteau étoilé, le Papa et la Maman s’endormirent d’un sommeil paisible.

Tout irait bien désormais, ils en étaient convaincus.

Mais c’était sans compter sur une force de l’ombre, qui, à la faveur de l’obscurité, convoitait l’innocence du petit garçon. Proie de choix pour le Croque‑Mitaine avide de pureté, il était comdamné à subir mille tourments, soir après soir, année après année, sans espoir de libération.

Cette première nuit dans sa nouvelle chambre marqua le début de son calvaire.

Quand le mal s’attache, c’est une union « à la vie, à la mort ». Une relation intime et indéfectible qui ne peut être rompue par quelque moyen que ce soit...

Je m’appelle Josh Rainer et cette histoire est la mienne. Depuis l’âge de quatre ans, je vis un cauchemar sans fin. Mon arrivée à Black River, il y a treize ans, a marqué mon entrée dans la folie et le désespoir. Les épreuves terrifiantes auxquelles je dois faire face m’affaiblissent chaque jour un peu plus.

Pour comprendre ma situation, il faut revenir au moment où tout a débuté...