Une Oasis à Rome (Tome 2)

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Summary

Elle croyait avoir trouvé l’amour. Il pensait pouvoir la protéger de tout… même de lui-même. Dans ce nouveau Tome, Nadia et Lucca affrontent non plus la distance, mais l’épreuve des âmes blessées… et celle des silences qui rongent. Leur histoire continue. Mais rien ne sera plus jamais comme avant — surtout lorsque les médias s’en mêlent. Qu’adviendra-t-il de leur amour ? À vous de le découvrir dans le Tome 2 d’Une Oasis à Rome.

Status
Ongoing
Chapters
5
Rating
n/a
Age Rating
18+

1 - Acte 1- (Entre deux départs) - Chez les Clifford (I)


✦ Acte 1 – Entre deux départs ✦

Les chemins se séparent, mais les cœurs restent liés.

Dans le calme avant la tempête, les promesses flottent, silencieuses, entre deux continents.

C’est souvent dans ces instants de répit que le destin tisse ses fils les plus serrés…


Résidence des Clifford, Yorkshire – Grande-Bretagne

Vendredi – 10h15

— 09h50 – Nadia : “Je suis réveillée et je me porte mieux. Merci beaucoup pour la nuit passée. Je m’excuse de t’avoir gardé à mon chevet.”

— 10h01 – Nadia : “Et tu me manques. Je t’embrasse !”

Lucca lisait les messages de Nadia tandis que la voiture s’engageait dans l’allée principale du domaine des Clifford. Plus tôt, il avait contacté Martha pour s’assurer de l’état de santé de la jeune femme. Rassuré, il avait décidé de vider son esprit. Il ne comptait pas la recontacter, du moins pas avant d’avoir terminé sa réunion avec James. Il préférait se concentrer sur sa mission. Trop penser à Nadia le perturbait ; la sentir loin de lui l’irritait ; savoir qu’elle ne serait même pas là à son retour l’agaçait. Pourtant, il ne pouvait laisser ses messages sans réponse.

10h05 – Lucca : “Je viens d’arriver chez les Clifford. Ravi que tu te sentes mieux, Nadia.”

Son message était fade, ses mots tièdes. Il le savait… et pourtant, il ne fit aucun effort pour l’améliorer.

— Monsieur !

La voix du chauffeur, suivie du ralentissement de la voiture, annonça leur arrivée. Lucca leva la tête, découvrant James à l’entrée du château, accompagné d’une dame élégante d’un certain âge. Il descendit dès que le véhicule s’immobilisa pour rejoindre ses hôtes.

James était d’une stature imposante, grand sans dépasser Lucca, avec cette allure droite et assurée des héritiers britanniques. Sa chevelure blonde, parfaitement disciplinée, encadrait un visage aux traits nets et à la froide élégance. Son regard acier semblait distant, presque impénétrable, mais un détail le trahissait : ce léger sourire qui adoucissait ses traits, révélant une sincérité tranquille et une bonté qu’il ne cherchait pas à mettre en avant.

Et c’est avec ce sourire qu’il s’avança vers son invité et lui tendit une main franche :

— Monsieur Dimópoulos, ravi de vous rencontrer en chair et en os ! lança-t-il, le ton aussi britannique que son costume trois pièces.

— Monsieur Clifford, répondit Lucca en saisissant sa main. Le plaisir est partagé, et je vous remercie pour cette invitation.

Ils s’évaluèrent mutuellement en se saluant.

— Permettez-moi de vous présenter ma tante Amanda, proposa James en se tournant vers la dame, qui les observait d’un œil affûté.

Lucca s’inclina et serra poliment la main de la veuve.

— Enchanté, Madame.

— Bienvenue chez nous, Monsieur Dimópoulos.

— Je vous remercie de me recevoir. Et bien qu’en retard, je tiens à vous présenter mes sincères condoléances pour la perte de votre époux. Mon père le connaissait personnellement.

— Merci à vous, répondit-elle simplement.

Mais Lucca nota le regard scrutateur qu’elle posait sur lui, un regard franc, presque expert. Il fut surpris d’une telle ouverture.

— Elle a bon goût, notre Nadia, conclut Amanda avec un sourire aussi radieux que désarmant.

Interloqué par une telle déclaration, Lucca se contenta de sourire. Il se demandait, non sans amusement, où était passée la fameuse réserve anglaise ! Amanda arborait bien les traits d’une dame de la haute société britannique, mais elle était loin de cette politesse froide qu’on leur attribuait souvent.

— Tante Amanda ! s’indigna James en lançant un regard de réprimande à sa parente.

— Quoi ? Il n’y a pas de mal à dire ce que je pense ! Puis, fixant Lucca d’un œil complice : vous ai-je offensé par ma remarque ?

— Du tout, Madame, répondit-il, amusé.

Amanda lança une œillade malicieuse à son neveu.

— Tu vois ! Bon, allons à l’intérieur, il faut accueillir notre invité comme il se doit.

Sans prévenir, elle s’accrocha au bras de Lucca, l’invitant à pénétrer la grande demeure. L’Italien se laissa guider, sentant déjà qu’il allait bien l’aimer, cette Amanda.

Après les premières civilités, Amanda se retira pour laisser les deux hommes discuter affaires. Avant de les quitter, elle leur rappela l’heure du déjeuner.

Lucca et James s’accordèrent immédiatement. Chacun reconnaissait chez l’autre des valeurs qu’il appréciait. Ils passèrent deux heures à débattre autour du projet Emiret Ns.

James confia à Lucca qu’après le fameux scandale chez les Émiratis, le PDG de l’entreprise revenait fréquemment vers lui pour solliciter son avis, surtout sur les projets stratégiques.

Lucca ne manqua pas l’occasion d’entrer dans la confidence. Il lui parla de ses doutes concernant sa première soumission, quelques années plus tôt. James l’écouta avec sérieux et le rassura, promettant d’appuyer l’offre de C.P.L si elle se révélait avantageuse pour les Émiratis.

Vint ensuite l’heure du déjeuner, et les deux hommes rejoignirent Amanda dans la salle à manger. Durant le repas, la relation passée entre Christopher et Alexandre fut évoquée. Lucca répondit avec aisance à toutes les questions de la veuve, visiblement peu au fait de certains détails.

Finalement, Amanda ne put s’empêcher de demander des nouvelles de Nadia, sans dissimuler son affection pour elle.

— James m’a dit que vous repartez en Italie aujourd’hui même, lui demanda-t-elle à la fin du repas.

— En effet, mais je ne rentre pas directement en Italie. Je dois d’abord passer par Barcelone pour voir mon associé, répondit Lucca.

— Pourquoi ne pas rester ce week-end chez nous ? proposa Amanda avec spontanéité.

Lucca ne s’attendait pas à une telle invitation. Alors qu’il réfléchissait à une manière élégante de décliner, James renchérit :

— Nous serions très heureux si vous acceptiez.

— Vous êtes venu avec votre jet personnel ? demanda Amanda.

— Oui, répondit-il, intrigué.

— Parfait, donc pas de billet à annuler. Et je suis certaine que vous avez une valise avec quelques affaires personnelles. Vous n’avez aucune excuse valable pour refuser, conclut-elle avec un sourire triomphant.

Mais ce fut surtout cette lueur dans le regard d’Amanda — une supplique silencieuse, douce, presque maternelle — qui attendrit Lucca. Elle aurait pu avoir l’âge d’Apolline, sa mère disparue, et quelque chose dans ses yeux éveilla en lui un respect profond, teinté de mélancolie.

Ce détail suffit à fissurer ses résistances.

Il gratifia alors ses hôtes d’un sourire éclatant, avant de s’incliner :

— Je suis honoré. Je peux rester jusqu’à demain, mais je devrai repartir dans l’après-midi au plus tard, pour ne pas retarder mon rendez-vous.

Amanda s’illumina aussitôt, visiblement ravie. Elle ne laissa rien paraître d’exagéré, mais le léger soupir de satisfaction qui franchit ses lèvres, et l’éclat fugace dans ses yeux, trahissaient la sincère joie qu’elle éprouvait.

Et Lucca, attentif, soupçonna que cette joie ne venait pas seulement de la perspective d’un invité agréable... mais aussi, plus discrètement, cette affection tissée à travers Nadia, qu'Amenda semblait chérir.

Après le dessert, Amanda proposa de lui faire visiter leur somptueux jardin.

— Tante Amanda, il faut le laisser se reposer, intervint James. Puis, s’adressant à Lucca : vous aimez les chevaux ?

— Beaucoup.

Cette fois-ci, ce fut Amanda qui intervint, le ton à la fois piquant et joueur :

Et tu parles de le laisser se reposer !

Sa remarque, lâchée avec une fausse indignation et une vraie tendresse, arracha à Lucca un sourire amusé. James, quant à lui, accueillit la pique avec une neutralité toute britannique, se contentant de poursuivre comme si de rien n’était :

— Je serais ravi de vous faire visiter le domaine à cheval, vers dix-sept heures.

— Je serai heureux de vous accompagner, répondit Lucca avec sincérité, touché par la sollicitude discrète de son hôte.

Malgré la retenue élégante de James, son calme maîtrisé, mais il ne manquait pas d'attention silencieuse ou discrète qui témoignait d’un sens profond de l’hospitalité. Lucca le nota intérieurement, et cette attitude ne manqua pas de renforcer l’estime qu’il commençait à lui porter.

Amanda renonça aussitôt à sa proposition initiale, et annonça en se levant :

— Dans ce cas, laissez-moi au moins vous montrer votre chambre pour que vous puissiez vous reposer un peu.

Les deux hommes se mirent debout à leur tour. Et Lucca adressa son plus beau sourire son hôtesse :

— D’accord… mais après la visite du jardin. S’il est aussi beau que vous le dites, je devine que c’est un chef-d’œuvre.

Le visage d’Amanda s’illumina. Elle soutint le regard de Lucca, visiblement touchée. Lui avait bien deviné que la dame souhaitait, au fond, simplement passer un moment avec lui, peut-être pour assouvir une curiosité bienveillante. Et il n’y voyait aucune objection.

A suivre...