Prologue
~ Ash ~
Elle était lumière. J’étais l’ombre. De son éclat, j’ai appris à briller. Et en me portant, c’est elle qui s’est éteinte.
Je l’ai aimée. Pas comme on aime à seize ans, pas comme un jeu ou un feu de paille. Non. Je l’ai aimée au point d’oublier de respirer. Au point de me perdre dans ses silences, ses regards qui criaient sans bruit. Je l’ai aimée au bord de l’obsession. Et peut-être que c’est ça le problème.
On croit que l’amour sauve.
Mais parfois, il détruit doucement, sans le dire, juste en s’accrochant trop fort. Elle était lumière. Et moi, j’étais tout ce qu’elle n’aurait jamais dû toucher. Mais elle l’a fait. Et je l’ai laissée faire. Parce que je suis égoïste. Parce que quand ses yeux se posaient sur moi, j’avais l’impression d’exister pour de vrai. Même si je savais que ça finirait mal. Que ça finirait tout court.
Je ne suis pas un héros. Pas même un bon garçon. Je suis celui qui aime trop mal, trop fort. Et aujourd’hui, je dois faire ce que je n’ai jamais su faire : lâcher prise. La laisser s’envoler. La regarder recoller ses ailes, loin de moi.
Parce que parfois, aimer, ce n’est pas beau. Ce n’est pas des fleurs, des rires, des films à deux. Parfois, aimer, c’est salement laid. C’est aimer avec les dents, avec les tripes, avec la rage de quelqu’un qui n’a jamais appris comment faire.
Et moi, j’ai aimé comme ça. Je l’ai aimée comme ça. Salement. Laidement. Égoïstement. Comme un putain de naufragé. Je me suis accroché à elle parce qu’elle était la seule chose qui ressemblait à de l’air. Elle m’a tendu la main. Elle m’a regardé comme si j’étais quelqu’un. Et j’y ai cru.
J’ai cru que je pouvais être ce mec-là, pour elle. Mais j’étais trop lourd. J’étais foutu de l’intérieur, et elle... elle a tout pris. Mes silences, mes colères, mes foutus démons. Et c’est moi qui lui ai tout laissé. Pas parce qu’elle était faible. Mais parce que j’étais incapable de les porter moi-même. Parce que quand t’as l’âme cabossée, tu cabosses ce qui brille autour.
Alors ouais, je l’aime. Je l’aime comme je n’ai jamais aimé personne. Mais parfois l’amour ne suffit pas à sauver ce qu’on a déjà brisé.