Avant Gustave [MxM] 3

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Summary

[MxM] Gustave part dans le sud pour retrouver Yukino, un homme étrange qui le trouble... ou plutôt, qui trouble son cœur. Il veut des réponses. Au fur et à mesure qu'il en apprend sur lui, il découvre aussi la fragilité du jeune homme. Yukino vit en France depuis l'âge de neuf ans, mais conserve difficilement les habitudes rigides de son éducation japonaise par son père. Toutes démonstrations affectueuses étaient à bannir, alors quand il rencontre Gustave, tout vacille. Il veut se relancer dans une histoire d'amour, mais le vouloir ne suffit pas.

Genre
Romance
Author
Themys_E
Status
Complete
Chapters
25
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue vendredi – Choix

Cette histoire suit le tome 1 et tome 2 (sur mon profil) :

(Je voulais le relire en profondeur, mais je n'en ai pas vraiment eu le temps... cela dit, ça reste un premier jet)

Bonne lecture,

Pensez à laisser un commentaire, un avis, merci.


Gustave franchit le portail qu’il referma derrière lui, puis se dirigea vers le jardin. L’endroit vibrait de vie, de cris et de rire. Il croisa immédiatement le regard de Liam, suivi de près par Damien qui vint à sa rencontre.

— Nounours ! T’es venu !

— Juste de passage… bonjour, petit bouchon, chuchota-t-il, la voix grave en balayant ses cheveux blonds.

— Tu pars où ? demanda Liam en attrapant au vol les clés du garage que Gustave lui lança.

Gustave haussa les épaules, mais il plongea la main dans sa veste en cuir, l’air distrait, et ses doigts frôlèrent un petit carton rigide coincé dans une poche intérieure. Il ne le sortit pas, mais son regard devint plus sérieux.

— Je pars demain matin. J’ai… quelqu’un à voir.

Liam n’insista pas et hocha simplement la tête, comme s’il avait compris. Ces derniers temps, Gustave était sur les nerfs. Au début, il avait pensé que le boulot avait pris le pas sur sa vie et qu’il ne s’en sortait pas. En réalité, c’était tout autre chose : l’absence d’un client, et pas n’importe lequel.

Manque de pot, le jour où Yukino était venu donner les paquets cadeaux pour les garçons, Gustave les avait aperçus de loin en allant au garage. Du coup, il avait dû dire la vérité sur lui. Gustave n’était pas un homme à qui on pouvait mentir sans en subir les conséquences.

— Ok, répondit Liam qui d’un geste du menton désigna Léa.

Diana intervint en proposant des glaces aux enfants qui s'éloignèrent d’eux et la femme d’Aurélien s’approcha, ses cheveux blonds volant au grè de la brise et les mains lissant sa robe fleurie. Gustave avait entendu parler de la famille de Nicolas, mais ne l’avait jamais rencontré.

— Bonjour, salua-t-il, presque sur un ton bourru, alors qu’il voulait essayer d’y mettre un peu de douceur.

— Bonjour, je suis Léa.

— Oui, je, bafouilla-t-il, les joues empourprées, Liam m’en a parlé, mais vous étiez déjà parti à ce moment-là.

— C’est vrai. Trois jours, c’était court, répondit-elle.

Il sentit le regard de Léa glisser autour d’eux, comme si elle s’assurait qu’on ne les écoutait, avant de le fixer droit dans les yeux.

— Il paraît que mon frère est passé plusieurs fois dans votre garage, ajouta-t-elle.

Gustave compta jusqu’à trois. Son truc à lui, pour éviter de dire des conneries, surtout à une femme et qui plus est, était la sœur de l’homme en question. Par ailleurs, la présence de Liam à ses côtés ne rendait pas les choses faciles.

— Oui.

— Et ? insista Léa après quelques secondes de silence.

Elle semblait en savoir plus que ce qu’il aurait cru. Autant, il aurait envoyé paître Liam, autant là, devant ce petit bout de femme, c’était contre ses principes.

— Je vais à sa rencontre.

— Uh… murmura-t-elle en acquiesçant. Est-il au courant ?

— Non.

— Uh… recommença-t-elle, cette fois-ci en grimaçant. Bon courage, alors.

Elle partit rejoindre Diana et les enfants, le laissant là, avec ses mots.

— Qu’est-ce qu’elle a voulu dire ? grogna-t-il en se tournant vers Liam.

Son ami leva les mains en l’air et marmonna :

— Bah, tu sais, moi, je ne le connais pas vraiment. Léa dit que c’est une espèce rare, alors… je vais faire comme elle, bon courage.

Gustave glissa une main dans sa chevelure brune tout en fronçant les sourcils. Liam venait de détaler comme un lapin jusqu’à Nicolas.

— Lâcheur, grommela-t-il pour lui-même.

Il ne resta pas longtemps, salua tout le monde d’un geste de la main puis monta dans sa voiture. Demain matin, il partirait à l’aube, le trajet jusqu’à la ville d’Aubagne était long. Il avait fait le choix d'y aller pendant ces vacances et il ne voulait pas reculer.

.

Le soleil chauffait les tuiles et faisait miroiter la carrosserie de la voiture de Gustave. Il resta un moment assis derrière le volant, moteur éteint, à observer la porte du salon de tatouage. Yukino lui avait laissé une carte de visite, sans savoir ce qu’il attendait de lui. Il fallait dire que l’homme n’avait pas été bavard, hormis le prendre pour un idiot.

Il était arrivé peu après midi, avait seulement déposé ses valises à l’hôtel et était venu se garer devant la boutique en question. Il guettait l’apparition de Yukino. Il voulait comprendre pourquoi celui-ci n’avait cessé de venir au garage alors que la moto était en bon état.

Au bout d’une heure, il ne tenait plus dans sa voiture. Il sortit, secoua son T-shirt afin de ventiler sa peau brulante. Ensuite, il prit son porte-monnaie et alla se chercher quelque chose à manger et à boire, sinon il allait finir vidé, sec à l’intérieur comme à l’extérieur. Le temps était horriblement lourd et il regrettait presque d’avoir choisi cette saison pour venir dans le sud. L’air du mistral avait disparu, je ne sais où, et il avait hâte qu’il décide de se lever, plus violent.

En entrant dans une boulangerie, il commanda un sandwich et une boisson fraîche. Lorsqu’il en sortit, il percuta un corps en mouvement et lâcha son repas qui atterrit sous les fesses de l’inconnu. Sa première réaction avait été de hurler au gaspillage, mais quand il croisa les yeux en amandes de Yukino, sa voix s’était éteinte.

L’homme se releva, ramassa ce qui restait du sandwich et le lui tendit sans le regarder :

— Pardon, chuchota Yukino. Je vais vous en payer un autre et…

Yukino se figea en découvrant le visage du client, ne sachant pas ce qu’il devait faire à cette seconde.

— Gustave ? De Gustave, mécanicien. Fait tout sauf miracle ?

Gustave qui jusque-là s’était immobilisé sentit son cœur battre à vive allure en se demandant encore si Yukino ne se foutait pas de sa gueule.

— Ah Ah ! Très marrant ! s’emporta-t-il en lui arrachant des mains, le reste de son repas.

Pourquoi répétait-il l’énoncé de son badge ? En plus, Yukino le disait avec un tel sérieux que Gustave ne savait pas s’il se moquait vraiment de lui. Devant son silence, il ajouta d’une voix rauque :

— Tu me dois un sandwich.

Yukino, qui tapotait ses fesses pour enlever les miettes de pain écrasées, leva les yeux vers lui, surpris.

— Je vais vous en racheter un.

— Et un dîner.

Gustave n’aimait pas son silence. C’était comme si Yukino ne l’avait pas écouté ou qui ne le voyait pas. Cela commençait sérieusement à l’agacer quand, enfin, Yukino chuchota :

— D’accord.

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