Campus The Volley Devils T1- The stray dog

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Summary

Alba Martinez, capitaine de l’équipe féminine de volley de Tampa, n’a pas de place pour les erreurs, ni pour les sentiments. Entre les entraînements intensifs, la pression du coach, et une équipe en déséquilibre, elle tient bon. Jusqu’à l’arrivée de Matthew Scott. Ancienne star déchue de Miami, devenu assistant discret mais troublant, Matthew cache un passé dont personne ne parle. Leur rencontre est électrique. Leur collaboration forcée. Et leur attirance… impossible à ignorer. Alors que les secrets refont surface et que les enjeux montent, Alba devra choisir entre la prudence et le feu, entre ses ambitions et son cœur. Car parfois, aimer, c’est aussi apprendre à tomber. Et à se relever plus forte.

Genre
Romance
Author
Lyra 3008
Status
Complete
Chapters
32
Rating
5.0 5 reviews
Age Rating
18+

Chapter 1- Une simple histoire de scooter

ALBA

Les qualités indispensables pour devenir une excellente volleyeuse :

• La force

• L'esprit d'équipe

• La ténacité

et

• La vitesse

De la ténacité, Amanda en a à revendre. Je dois l'admettre. Voilà presque trois heures qu'elle bidouille le moteur de son Vespa dans l'espoir de le faire redémarrer, tandis que je l'observe alterner entre des coups de clé à molette et des gestes hésitants avec un tournevis. La nuit va bientôt tomber et nous sommes à deux doigts d’être en retard à l'entraînement.

— Tu ne crois pas qu'il est temps de te trouver un autre moyen de transport, ma chérie ? Il serait peut-être judicieux de te débarrasser de cette antiquité.

Amanda relève les yeux, ses sourcils froncés formant une ligne déterminée au-dessus de son regard sombre.— Jamais de la vie !

Elle caresse le métal du vieux scooter comme s’il s’agissait d’un chat blessé, me lançant un regard noir.— N’écoute pas Alba, mon petit cœur. C’est une vilaine fille jalouse et pessimiste. Tu vas voir, je vais te remettre à neuf en un rien de temps.

Je lève les yeux au ciel, prête à répliquer, quand le Vespa émet un bruit poussif, toussote... puis redémarre.

— AAH BRAVO MON BÉBÉ ! s'exclame Amanda en tapant dans ses mains. Je savais que tu en étais capable !

— Tu es cinglée, Am... je marmonne en la regardant caresser précieusement son scooter comme s’il s’agissait d’un trésor national.

Elle se redresse, triomphante, et enfourche son engin avec un sourire de défi.

— Sois pas jalouse, chica. Je t'avais dit que j'y arriverai !

Elle m’adresse un clin d’œil insolent avant de reprendre :

— Bon, et si on allait rejoindre les autres maintenant ? Ben va nous tuer si on arrive en retard.

J’acquiesce en rejoignant ma petite voiture noire, une citadine modeste mais fidèle.

— Je reste derrière toi, au cas où ton "bébé" déciderait de rendre l’âme sur le trajet, dis-je en riant.

— Ta gueule ! grogne-t-elle, le majeur levé, tout en s'engageant dans la circulation.

Je ris franchement, un rire sincère qui me réchauffe un peu, alors que je repense à la première fois où nous nous sommes rencontrées. Nous en avons fait du chemin depuis ce jour de rentrée universitaire.

Amanda avait déboulé dans ma vie comme une tornade tropicale. Chargée de ses valises et cartons, elle avait investi la chambre que nous allions partager avec fracas. Elle avait jeté ses fringues en vrac dans son placard, s’était écroulée sur son lit avec un soupir sonore, puis s’était lancée dans un récit improbable à propos des difficultés à faire venir un Vespa jusqu’en Floride.

Je l’avais immédiatement trouvée bruyante, désorganisée, et envahissante. Bref, insupportable. Mais aujourd’hui, je l’aimais avec une intensité égale à celle avec laquelle elle m’avait d’abord agacée.

Entre nous, rien n’avait été simple. Pourtant, nous étions venues ici pour la même chose : intégrer l’équipe de volley-ball universitaire, une des plus renommées du pays, voire jusqu’en Europe. Nos tempéraments opposés rendaient nos interactions électriques, sur le terrain comme en dehors. Amanda attaquait, je défendais. Ben Harper, notre entraîneur, m’avait confié le rôle de capitaine, misant sur mon calme, mon expérience et ma capacité à apaiser les conflits. Amanda, elle, fonçait sans réfléchir, guidée par ses émotions.

Et pourtant, avec le temps, j'avais découvert ce qu'elle cachait sous cette carapace d’insolence : un passé difficile, des blessures à vif, une force forgée dans la douleur. Notre relation s’était adoucie, rééquilibrée. Nous étions devenues complémentaires. Elle me faisait rire, je la rassurais. Elle m’entraînait dans ses délires, je la ramenais sur terre. Ensemble, nous formions une équipe, sur le terrain comme dans la vie.

Perdue dans mes pensées, je ne remarque pas tout de suite la fumée dense qui commence à s’échapper du pot d’échappement du Vespa, quelques mètres devant moi. Amanda ralentit, se gare sur le bas-côté avec une grimace agacée, descend et me fait de grands signes, exaspérée.

— C’est le moteur qui chauffe ! m’explique-t-elle, au bord de la crise de nerfs. Va me chercher une bouteille d’eau chez Julie. Je t’attends ici !

— Am… soupiré-je. Et si tu laissais ton scooter ici ? On s’en occupera après l'entraînement. Le coach va nous hurler dessus si on est encore en retard.

Outrée, elle croise les bras, plante ses mains sur ses hanches et relève le menton avec une indignation théâtrale.

— Tu veux que je laisse mon bébé ici, tout seul, au bord de la route ? Tu es folle ou quoi ? Hors de question. Va me chercher cette bouteille d’eau, Alba. J’attends !

Résignée, je claque la portière de ma voiture et me dirige vers le dinner "Chez Julie", situé à quelques pas. Hors de question que Ben nous tombe dessus pour un nouveau retard, surtout à cause de ce satané tas de ferraille.

En passant devant un vieux pick-up qui tire une caravane rouillée, garé juste en face du dinner, je jette un coup d'œil distrait au véhicule avant de pénétrer dans le repaire préféré des étudiants du campus. "Chez Julie" est un lieu à part : on y trouve des étudiants en pleine pause, des sportifs fêtant une victoire, des professeurs corrigeant des copies dans un coin tranquille. C’est un véritable microcosme universitaire.

Le café est bondé. Il est plus de dix-sept heures, et la moiteur de la fin d’après-midi à Tampa pousse les gens à chercher un peu de fraîcheur et de réconfort autour d’un soda ou d’un milkshake.

Derrière le comptoir, Julie, la patronne, une femme chaleureuse d'une quarantaine d'années aux cheveux blonds attachés en un chignon flou, m'accueille avec un sourire familier.

— Bonsoir ma puce. Qu’est-ce que tu fais là à cette heure ? Tu n’es pas censée être à l'entraînement ?

— Amanda est encore en rade avec son Vespa. Elle m’a envoyée chercher une bouteille d’eau… dis-je en grimaçant.

Julie lève les yeux au ciel, compatissante.

— Cette petite finira par se tuer avec ce truc-là. Je t’apporte ça, ma bichette.

— Tu peux me servir un soda à la cerise aussi, s’il te plaît ? Je meurs de soif.

Elle hoche la tête et s’active derrière le comptoir. En moins de deux minutes, je récupère la fameuse bouteille d’eau et mon soda favori. Je porte aussitôt le gobelet à mes lèvres, paupières mi-closes, et fais un pas vers la sortie… sans voir la montagne humaine qui s’est glissée dans mon dos.

Je le percute de plein fouet.

La boisson jaillit de mon gobelet et s’écrase sur mon t-shirt blanc, collant le tissu à ma poitrine de manière indécente.

— Putain de merde !

Je pousse un cri de surprise mêlé de rage, observant avec horreur l’étendue du carnage. Mon regard se lève, furieux, vers l’homme que j’ai percuté.

— Vous ne pouvez pas faire attention ?! je crie, dévisageant le colosse à la carrure d’athlète.

Il reste un instant figé, les yeux rivés… sur mon t-shirt trempé. Je vois clairement qu’il ne fait pas l’effort de détourner le regard. Mon sang ne fait qu’un tour.

— Eh oh ! Vous m’avez entendue ? Vous pourriez au moins vous excuser !

L’homme secoue la tête comme pour reprendre ses esprits. Il a les cheveux bruns coupés très court, une mâchoire carrée, des yeux sombres, presque noirs, et un sourire à tomber.

— J’aurais plutôt dit que c’était à vous de vous excuser, mademoiselle. Vous ne regardiez pas où vous alliez.

— Quoi ? Non mais… quel toupet !

Je suis à deux doigts de lui jeter la bouteille d’eau au visage quand une voix familière me coupe dans mon élan.

— Bon sang, Alba, qu’est-ce que tu fous ?

Amanda vient d’arriver, haletante. Elle remarque mon haut trempé et écarquille les yeux.

— Mais…

— Laisse tomber, Am. Viens, on s’en va. Ben va vraiment nous tuer.

Profitant de sa surprise, je file vers la sortie en l’attrapant par la main. Une fois dehors, je lui tends la bouteille d’eau avec mauvaise humeur.

— Ton Vespa a intérêt à redémarrer. Ou je te jure que je l’emmène moi-même à la casse.

Devant le scooter, je croise les bras et les doigts pendant qu’Amanda arrose doucement le moteur pour le refroidir.

— Allez, bébé. Démarre. murmure-t-elle en tournant la clé.

Le moteur pousse un soupir rauque et reprend vie dans un sursaut.

Amanda applaudit, ravie, et grimpe aussitôt sur son engin.

— Allez, grouille-toi, Alba ! On est en retard, et toi, tu vas devoir prendre une douche avant de poser un pied sur le terrain !

Super. Et tout ça pour une histoire de Vespa.

Je grimpe dans ma voiture avec un soupir. En route vers l'entraînement, mon esprit reste accroché à l’étrange sourire du géant au soda renversé. Qui était ce type ? Et pourquoi ai-je l’impression que ce n’est pas la dernière fois que je le croise ?