Au rythme du violon ( bxb )

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Summary

L'un vit pour la musique, l'autre pour la danse. Mais tous deux ont vu leur passion devenir une blessure. Maxence, violoniste prodige, n'entend plus son instrument sans frissonner de peur depuis un drame qui a bouleversé sa vie. Takumi, danseur de ballet au talent rare, pousse son corps à l'extrême, jusqu'à l'épuisement, incapable de ralentir sans perdre pied. Quand leurs chemins se croisent, d'abord par hasard, puis par choix, c'est tout un équilibre fragile qui se met en jeu. Entre silences, regards et gestes suspendus, ils apprennent à se reconstruire. Ensemble, ils découvrent qu'il faut parfois une autre mélodie pour réapprendre à danser et quelqu'un prêt à l'écouter pour oser rejouer. Commencé le: 12 février 2024 Terminé le: 1 mai 2025

Genre
Romance
Author
Elliot
Status
Complete
Chapters
2
Rating
n/a
Age Rating
18+

Prologue

Dimanche 30 juin 2024

Maxence

La chaleur insupportable me réveille, m'arrachant d'un sommeil sans rêve. Les yeux encore clos, un poids étrange pèse sur mon torse, m'empêchant de bouger. Je passe ma main libre sur mon visage avant d'ouvrir les yeux. Mon regard tombe instantanément sur le jeune homme qui dort à mes côtés, son bras et sa jambe enlaçant mon corps.

Encore dans les vapes, je fronce les sourcils. Qui est cet homme? Qu'est-ce qui se passe?

Lâchant l'inconnu des yeux, je regarde autour de moi, cherchant dans ma mémoire les souvenirs d'hier soir. Au même moment, je me rassure en voyant que je suis dans la chambre de mon appartement.

Ça me prend un court moment avant d'avoir de vagues souvenirs de ce qui s'est passé la veille, après avoir passé la soirée au bar, à boire.

Je me souviens être au bar, celui où je travaille presque tous les soirs. La scène m'apparaît floue, mais j'y suis, entouré de visages familiers, d'inconnus et d'alcool. Ces gens parlent, s'embrassent, crient et chantent, mais je n'ai pas souvenir d'y avoir participé.

J'observe plus attentivement l'homme que j'ai ramené hier soir, mais sa tête blotti contre mon épaule et mon oreiller, m'empêche de bien voir son visage. Je sens sa douce respiration venir caresser ma peau.

Fixant les gens autour de moi, mon regard à rencontrer l'homme que je souhaiterais ramener chez moi pour les heures à venir. Je l'ai rejoint au comptoir du bar, attiré par son physique mince et musclé. Et sans mentir, c'est surtout dû à ses fesses bien moulées dans son habit noir qui le rend terriblement sexy.

Je me lève, dégageant mon bras de son emprise en tentant de ne pas réveiller l'inconnu endormi. Pour l'instant, je vais commencer par me débarrasser de la mauvaise odeur qui me colle à la peau. Un mélange d'alcool, de sexe et de sueur. Une fois debout, je m'aperçois qu'il n'y a que mon caleçon qui couvre mon corps, le reste de mes vêtements traînant quelque part dans les pièces de mon appartement. Je me réfugie dans la salle de bain, juste à côté de ma chambre.

Dans le taxi, le jeune homme dont je ne connais pas le prénom, m'embrasse à pleine bouche, ses mains sur mon torse, froissant ma chemise. Mes mains se trouvent au niveau de sa nuque et sur le bas de son dos, trop près de ses fesses qui m'attirent.

En me lavant les mains, je saisis un élastique pour attacher mes cheveux bruns mi-longs en un chignon désordonné. Ma nuque dégagée, mon regard glisse malgré moi vers le miroir. Là, sur la peau de mon cou, de longues marques apparaissent, fines et sinueuses, comme un rappel silencieux d'une nuit trouble.

Nous sommes montés dans la tour d'appartement où j'habite, plaqué contre le mur de l'ascenseur, s'embrassant à pleine bouche.

Son corps contre le mien, c'est étrange. Il est là, mais je ne me sens pas proche de lui. Je devrais ressentir quelque chose, non? Mais il n'y a rien. Juste une faim insatiable, une envie de remplir ce vide, de fuir le manque... Je veux qu'il parte, qu'il disparaisse aussi vite qu'il est venu, mais une autre partie de moi ne peut s'empêcher de le retenir, même un peu. Mais dès que la porte de l'ascenseur s'ouvre, j'attire l'homme dans mon salon où nous nous sommes rapidement retrouvés nus.

Je touche ma peau griffée de la main.

- C'était... intense. Plus que ce que j'avais imaginé.

Dans le salon, nous avons fait les préliminaires, qui n'ont pas duré longtemps, car le jeune homme était aussi pressé que moi de passer à la suite. Plaqué contre la vitre de mon appartement, où il pouvait admirer la vue nocturne de la ville pendant que j'entrais en lui. Dans la cuisine, je l'ai pris sur la table et contre le comptoir.

Je regarde la douche.

Dans la salle de bain, même si le principal but était de se laver, je n'ai pu résister à la vue où l'eau ruisselait sur son corps. Appuyé contre le mur de la douche, il tirait mes cheveux alors que je le tenais au niveau de ses hanches. Et ça a continué jusqu'à finir dans le lit...

Dans le lit où nous avons fini par s'endormir de fatigue... Trop épuisé pour le mettre à la porte.

J'entre dans la douche. L'eau chaude détend mes muscles engourdis par l'effort de la soirée. Je frotte mon corps, enlevant l'odeur qui traine sur moi.

Serviette autour de la taille, je vais dans ma chambre me chercher des vêtements. Un coup d'œil vers le lit suffit à me confirmer que l'homme que j'ai ramené après le bar, n'est plus là, à dormir. J'enfile rapidement un sous-vêtement et un pantalon avant de chercher l'inconnu qui doit être quelque part dans mon appartement. À moins qu'il ait quitté sans dire un mot.

En quelques pas, j'atteins mon salon en voyant ma cuisine et ma salle à manger, vident. Je vois l'homme de dos, à moitié nu. Sur sa nuque, plusieurs suçons y reposent et sur ses omoplates se trouvent quelques morsures. Il se retourne vers moi en sursaut avec son chandail encore entre les mains. Derrière lui, j'aperçois ce qu'il fixait avec autant d'attention. Mon violon accroché sur le mur de mon salon...

Je serre les dents en le voyant fixer mon violon. Cette chose... qui représente tout et rien à la fois. C'est lui, la raison de mon chaos, l'objet qui a marqué un avant et un après dans ma vie. Un simple instrument, pourtant tout en lui, m'évoque ce que je suis devenu. C'est pathétique. Je détourne le regard, mais l'image de ses mains qui caressent le bois me hante déjà.

- Tu joues du violon, ou c'est juste de la déco? me demande le jeune homme.

Maintenant face à face, je peux constater que l'inconnu est asiatique.

- Ça ne te regarde pas! Fini de t'habiller et sors de chez moi!

Dans son regard brun, je vois son incompréhension avant qu'il ne s'active à mettre son chandail noir qui cache notre danse endiablée d'hier soir. Ses courts cheveux noirs sont en bataille et je comprends pourquoi j'ai mis cet homme dans mon lit. Son visage androgyne, son corps fin, mais musclé et bien formé. Sa douce voix et ses gémissements envoûtants.

- ... Mon téléphone?

- Quoi?

Je me rends compte que je ne l'ai pas lâché des yeux, perdu dans mes pensées.

- Tu as vu mon téléphone?

- Non.

Il se met à faire le tour de mon salon en me jetant des petits regards. Je soupire et je me mets à chercher avec lui pour qu'il sorte rapidement de chez moi. Je finis par le trouver sous le canapé. Je lui donne et je le pousse presque hors de chez moi. Je claque la porte et verrouille celle-ci après son départ.

- Ha....

C'est exactement pour éviter que ces mecs mettent leur nez dans mes affaires que je les expulse une fois qu'on a fini nos activités nocturnes.

Mon regard est attiré par mon violon. Je porte mes mains sur mon visage avant de me laisser glisser le long de la porte. Accroupi, je ferme les yeux.

Le violon. Cet objet. J'aurais pu le briser, le réduire en morceaux, mais je sais qu'aucune violence physique ne suffira à couper ce lien. Le voir briser en plein de tout petits morceaux, dans un bruit désagréable de cordes qui brisent et de bois qui craquent. Le son de ses cordes, la douleur qu'il évoque, il est plus qu'un instrument pour moi. Il est mon prisonnier, mon bourreau et mon réconfort tout à la fois.

Je me lève, je m'approche de celui-ci, le cauchemar de mes nuits. Je tends la main pour le prendre et je n'arrive même pas à le toucher, ma main reste en suspens, tout près de l'instrument.

Le violon, là, sur le mur. Il me fixe comme un souvenir douloureux. Une cicatrice sur la peau de ma vie. Ce bois lisse, ces cordes tendues... Tout dans cet instrument m'évoque la douleur, la perte, l'absence de ce que j'ai cru posséder un jour. Un souvenir de ce que j'ai été avant que la musique ne disparaisse de ma vie, avant que le monde ne devienne un brouillard.

Ma main reste suspendue dans l'air, à quelques centimètres du violon. C'est une fraction de seconde, mais une fraction d'éternité. Je devrais le saisir, le prendre, me débarrasser de ce poids qu'il représente. Mais je ne peux pas. Mes doigts tremblent, comme si l'instrument allait se briser entre mes mains. Comme si, en le touchant, je briserais tout ce que j'ai cherché à fuir. Je ne suis plus celui que j'étais quand je jouais. Alors je laisse ma main retomber, sans force, contre mon torse.