Marcelo de la Cruz

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Summary

Mémoires de Marcelo de la Cruz Dans un Nîmes ravagé de 2077, Marcelo de la Cruz, alcoolique brisé, hurle sa douleur dans un carnet crasseux, prisonnier d’un hôpital psychiatrique où la puanteur de javel ronge la gorge. Hanté par Nour, une môme aux yeux bleus – ou verts, bordel, il capte plus –, il gratte ses souvenirs d’un monde niqué : 2055, le Califat islamiste étrangle la ville, les drapeaux verts claquent, les bombes grondent, et les flammes bouffent tout. Marcelo, animal sur deux pattes, bave sa rage et son amour perdu, entre flashbacks d’une résistance poétique (caves, Rimbaud, nénuphars crevés) et interrogatoires d’une psy aux yeux scalpel. Est-il un survivant, un fou, ou un tueur ? Le carnet s’effrite, les mémoires s’emmêlent, et un couteau, glisse dans l’ombre.

Status
Ongoing
Chapters
12
Rating
n/a
Age Rating
18+

Mémoires de Marcelo de la Cruz, 2077

Cicatrice qui rend dingue – Un monde niqué, une rose qui s’accroche

Moi, Marcelo, cogne, cherche Nour. Ferraillé d’Alcatraz, ferraille d’un monde crevé… Confusion, Nîmes, 2055, un temps bouffé par l’feu, odeur âcre… soufre, sang flottaient sur la flaque. Obus pètent, portes claquent, jambes ici, tronc là. Nour, ses yeux fixent la boue rouge, vides, froids. Milices, barbus, treillis d’Isfahan. Corps contre corps, du bleu dans la nuit morbide, combats, une noirceur, une dernière vie. Amour, Christ, Occident, liquidés, oubliés de demain. Une gloria, un évangile : « Curé, ton Dieu, y est où ? » Monde niqué. L’apocalypse. Kyrie eleison. La bête rampe, sourde. Les drapeaux verts claquent… ciel rouge. Un prêche hurle, « Malheur ! » Les étoiles dégringolent, c’est l’bordel. Un néon grésille, là, au-dessus, dans c’te hosto. J’fous quoi avec c’te toubib, regard froid, qui caresse ses cheveux blonds comme Nour, derrière son bureau ? « Bonjour Marcelo, vos troubles de mémoire, ça va ? » Monde oublié, j’vais tout dégueuler. J’vous raconte, moi. L’amour pourri me bouffe. Ma vie, couvre-feu, dans c’te merde d’hosto. Odeur de vomi, de bourbon, ça cogne. Brûlure acide, plantée dans l’foie. Pas m’endormir, pas l’oublier, Nour, dans c’te cauchemar rouge. J’l’ai paumée, ou pas ? Mon carnet tremble, sur mon cœur, écho de Nour. Mes anti-mémoires, la bête, Nour, gribouillés dans c’te folie. Faut qu’ça claque, qu’ça cogne vos tronches. Psy, file-moi des pilules bleues, j’veux de la couleur dans l’abîme. Écoute, et dis-moi si t’entends Nour rire. Cette môme, cette foutue lumière rouge, elle riait, nom de Dieu, ses yeux bleus qui cognent, palpitent mon bide. « Garde-la, Marcelo, pour pas qu’on m’efface », qu’elle m’a dit. Nour, ma dette. J’l’aime toujours. Une larme de la Vierge, sur mon cœur. J’chiale, comme la Vierge devant sa croix. Sauve-toi, Nour ! … Ma mioche. Celle que j’ai pas su garder. Des lustres, j’la cherche, j’cris « Nour ! »… j’panique, ici, après tant de piges. Faut m’casser de ces oubliettes d’hosto. J’file le carnet à la psy, témoignage de l’Apocalypse.

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