Le commencement d’un mythe : chapitre 1 - parti 1
Je me souviens du regard des autres. Leur regard sur moi… et sur ma mère. Il était empli de mépris.
Illégitime : c’est ainsi qu’on me qualifiait. Une manière plus polie de me traiter de bâtard…
Ma mère, elle !
Fut traitée de putain, ou de bien pire encore.
Mais cela ne l’a jamais empêchée de continuer à me sourire…
Quand le froid de l’hiver me gelait, elle était là pour m’empêcher de mourir de froid.
Quand mon estomac criait famine, elle était là pour se priver de nourriture pour moi.
Quand je pleurais pour tout un tas de raisons…
Elle était là, pour me prendre dans ses bras.
Pour me dire que nos lendemains seraient meilleurs.
Que tout irait bien tant qu’on était ensemble.
Elle me disait tout ça… toujours avec son sourire…
Je grandis.
Et je devins plus fort.
Pour enfin subvenir à nos besoins.
Pour enfin répondre… et faire taire tous ces maudits serpents.
Pour qu’elle puisse continuer à sourire, et à me voir grandir.
Mais…
Je n’étais pas comme les autres.
Ma force était plus grande que la normale.
Comme mon endurance. Mon agilité. Mes réflexes.
Et bien d’autres choses encore…
Les regards de mépris disparurent.
Pour laisser place à de la peur… et de la méfiance.
Ces regards-là étaient bien plus difficiles à supporter.
Je n’avais plus l’impression d’être une erreur…
Mais un monstre.
Et pourtant…
Ma mère… était toujours là.
Et elle me souriait.
Encore.
Puis… un jour, il apparut.
Comme dans les légendes…
Comme lorsqu’il enleva le printemps à l’humanité.
Hadès.
Le seigneur des Enfers.
Hadès — Tu viens avec moi… mon fils…
Dit-il, de sa voix sortie d’outre-tombe.
La terreur s’empara de mon corps…
Et me fit fuir devant cette incarnation du cauchemar !
« Hadès ! »
« Le souverain des morts ! »
« Mon père ? »
« Non !!! »
Tout bascula dans mon esprit alors que je courais.
Elle me vit, au loin, fuir comme si ma vie en dépendait.
Ma respiration était aussi froide que la peur qui m’habitait.
Si elle avait su qu’à ce moment-là… elle était la seule dans mes pensées…
La crainte de la perdre était plus grande que l’envie de sauver ma propre vie.
Mais malheureusement…
De ses chaînes ardentes, il réussit à m’attraper.
Et à me tirer vers lui.
Lui…
Et les Enfers.
Je n’eus pas l’occasion de crier à l’aide, malgré la détresse dans mon regard qui lui était adressé.
Mais ce qui me hanta le plus…
Ce fut son regard, mêlé de tristesse, de peur, et de désespoir.
Car ce jour-là…
Ma mère perdit son sourire pour la première fois.