l'Alchimie des sentiments

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Summary

Vickie, jeune prof d’histoire pétillante et désabusée par l’amour, a décidé que sa vie sentimentale serait aussi paisible qu’un manuel scolaire : sans rebondissement, ni passion. Mais c’était sans compter sur Lorenzo, le prof de sport charismatique et grand enfant devant l’éternel. Entre eux, les vannes fusent, la complicité est à son comble… et tout le collège parie en secret sur leur avenir : « Ces deux-là, c’est pas possible, y a anguille sous roche ! » Entre joutes verbales, confidences de salle des profs et défis de foot improvisés, leur complicité se tisse sur le fil, oscillant entre une amitié franche et une attirance à peine dissimulée. Autour d’eux, les collègues alimentent la rumeur : « Vickie et Lorenzo ? Non… si ? » Eux-mêmes n’osent plus se regarder sans sourire. Mais quand les sentiments s’en mêlent, les certitudes s’effritent. Jusqu’où iront-ils, ces deux-là, sans jamais prononcer le mot « amour » ? La frontière entre l’amitié et la passion est parfois bien plus mince qu’on ne l’imagine…

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1.Le collège st germain

1- Le collège st germain

POV : Victoria

Je gare ma voiture devant le collège, comme chaque matin. Le collège privé Saint Germain, dans lequel j’enseigne l’histoire et le français depuis bientôt deux ans, n’a pas encore ouvert ses portes. Il est 7h30. Une matinée de mi-février, le soleil timide se lève dans un azur sans nuage, mais l’air est glacial. Je resserre les pans de mon manteau contre mon corps frissonnant et sors de la voiture, un sac de toile contenant le petit-déjeuner dans une main, ma vieille sacoche en cuir dans l’autre.

J’entre dans l’établissement et me dirige vers la salle des professeurs. Ce matin, c’est mon tour d’apporter le petit-déjeuner et j’ai préparé un plat de cookies pour régaler les estomacs de mes collègues et amis.

À cette heure matinale, la porte de la salle de pause des professeurs n’est pas fermée, comme plus tard dans la journée. L’odeur alléchante du café qui coule vient chatouiller mes narines avides de caféine.

—Salut, tout le monde ! Dis-je en entrant.

—Salut Vickie ! Me répondent mes collègues en retour.

Carla, la prof de maths, une blonde un peu boulotte, se lève pour venir me faire la bise.

—Hou Lala ! J’en connais une qui n’a pas beaucoup dormi cette nuit s’exclame-t-elle un brin moqueur.

—Humm… Humm ! Acquiescé-je dans un grognement. J’avais un contrôle à préparer pour la 5e B.

Mes yeux se posent sur une montagne de muscles, et un sourire éclatant qui illumine mes journées dans ce collège depuis 2 ans.

Lorenzo Torrès, prof de sport de 27 ans cheveux noirs de jais, yeux azur, 1M95, il est le beau gosse du lycée, vénéré par les adolescentes, faisant se pâmer les mères d’élèves, il est également la convoitise secrète de ses collègues féminines, même celles qui sont mariées !

Ce gars sexy, viril et charmeur au possible, est le genre d’homme qui n’a jamais la même femme à son bras plus d’un ou deux mois consécutifs. Il n’a même pas besoin de draguer… Les filles tombent comme des mouches devant lui ! C’est pathétique.

Mais ce gars-là, c’est mon ami. Depuis un an et demi.

Il s’approche, pose une main sur mon épaule et dépose un baiser sur mon front.

—Salut Vickie.

Je lui mets dans les mains le plat de cookie enveloppé du sac. Il le déballe et le pose dans le centre de la table. Tandis que je salue mes collègues et que je me sers un café.

—Ah, Vickie, toujours là pour sauver nos estomacs affamés, dit-il en prenant une grande inspiration pour humer l’odeur des biscuits fraîchement cuits. Je vais devoir faire un double entraînement aujourd’hui pour brûler tout ça ! Mais ça en vaut la peine.

Carla lève un sourcil d’un air taquin.

—Tu vas te retrouver à faire des pompes jusqu’à l’aube pour compenser, Lorenzo, attention !

—Tu parles, il peut manger tout ce qu’il veut, il ne prend jamais un gramme de gras ! Reprends Peter le prof de géographie en venant se servir dans les cookies

Lorenzo esquisse un sourire taquin, ses yeux pétillants de malice.

—Mais bon, les pompes font partie intégrante de ma routine matinale de toute façon. Ça maintient ce corps de rêve en forme, répond-il avec un clin d’œil et un air de frimeur surjoué.

Je roule des yeux avant d’éclater de rire

—Ce n’est pas la modestie qui t’étouffe « Goliath » dis-je taquine.

—Pendant le match de rugby amical d’hier, il a encore fait une victime, figure-toi. Une mère d’élève est venue lui demander des cours de remise en forme se marre Patrick le second prof de sport du collège.

Lorenzo lève un sourcil d’un air faussement offensé.

—Hé, je suis juste en train d’inspirer les autres à atteindre leurs objectifs de fitness, déclare-t-il d’un ton théâtral. Je devrais peut-être penser à ouvrir mon propre centre de remise en forme.

Je ris en secouant la tête.

—Oh oui, “Lorenzo’s Fitness Paradies”, j’en suis sûr, ça ferait fureur, dis-je en prenant une gorgée de café.

Carla sourit en coin.

—Tu pourrais même offrir des cours particuliers, spécialement pour les mamans célibataires du quartier, à toi les grandes blondes platine… Suggère-t-elle avec un clin d’œil complice.

Lorenzo lève les mains en signe de défense feinte.

Je lance un regard en coin à Carla et dit

—Grandes blondes platine ? Maman célibataire ? Heu Carla, tu comptes t’inscrire ? Me moqué-je dans un murmure.

Elle me fait un clin d’œil discret.

—Hé, les filles, gardez vos idées farfelues pour vous. Je ne voudrais pas semer le chaos parmi les mères de famille du quartier, plaisante-t-il.

—Et avoir à régler des comptes avec leurs maris furieux… Ajouté-je en pouffant de rire.

Carla rit avec moi et les yeux océan de Lorenzo brillent en se posant dans les miens.

—De toute façon… Je préfère les petites brunes célibataires lâche-t-il dans un sourire éclatant. Tandis que ses yeux glissent sur moi et qu’un sourire ourle ses lèvres sensuelles.

Nos collègues se mettent à rire et je manque de m’étouffer avec ma gorgée de café. Cela fait rire mon gentil géant aux yeux bleus. Mais il est déjà huit heures et les couloirs se remplissent d’une joyeuse cacophonie de voix et de rires.

Les collégiens remplissent l’établissement et la sonnerie annonce le début d’une nouvelle journée de cours, tous les profs se lèvent presque dans un même élan. Et en un rien de temps la salle des professeurs se vide.

Moi je reste encore un peu pour mettre les tasses dans l’évier et ranger le reste des cookies dans un film plastique.

Mais je reste pensif en songeant à Lorenzo… Il n’est pas rare qu’ils me lancent de petite boutade taquine comme il vient de le faire… Et chaque fois cela me laisse perplexe.

La majorité du temps, il se comporte en collègue et ami, sans la moindre tentative de séduction vaseuse. Cependant mes collègues féminines me taquinent souvent à son propos, ne croyant pas trop que notre relation est réellement platonique, et pourtant si ! Elle l’est.

Je repousse cette pensée bien loin de mon imagination débordante. Pour l’instant le plus important est ma classe de 5eB et le contrôle que j’ai préparé une partie de la nuit.

Je rejoins ma classe ou mes élèves sont déjà installés. Une cacophonie et une agitation sans nom agitent la salle, alors que j’entre dans la classe. Mais tout le monde fait l’effort de s’asseoir et lentement les conversations se calment.

Je sors de mon sac les polycopiés du contrôle et les donnes, à l’élève le plus près de mon bureau afin qu’il les distribue à toute la classe.

—Vous avez une heure pour répondre à ces vingt questions. Si vous avez bien appris vos dates et la leçon que je vous avais donnée pour aujourd’hui, vous ne pouvez qu’avoir une bonne note.

—Madame ce n’est pas juste, on a un contrôle de math ce matin, moi je n’ai pas pu tout réviser.

—Il faut apprendre à gérer ton temps Emma ! Dis-je à la petite rousse qui proteste. Je t’ai donné la leçon, il y a huit jours…

Je m’assois à ma place et mes élèves plongent dans leur copie…

Emma rouspète un peu, mais fini par se mettre au travail.

Je suis en train de corriger et noté une pile de rédactions, quand mon téléphone se met à vibrer dans ma poche.

" Qu’est-ce que tu fais après les cours, ce soir ? ”

C’est un SMS de Lorenzo

« Rien de prévue pourquoi ! »

« Match de volley de l’équipe féminine de 3e au stade ! Ça te dit de venir ? Il y a quelques-unes de tes élèves ! Et elles ont besoin de supporters »

« Quelle heure ? »

« 18h30, et après le match, on ira manger chez Tony ? »

« Tony » c’est notre restaurant italien préféré on y sert des pâtes et des pizzas et tout un tas de spécialités italiennes, plus délicieuses les unes que les autres.

« Tu n’as pas de rencard avec Séréna ? »

« Non ! Pourquoi ? »

« C’est la Saint valentin aujourd’hui ! Le jour des amoureux ! »

« Ben en fait, c’est fini entre nous, on s’est quittés ce week-end. »

« Ho ! Désolée, Lorenzo !

« Ce n’est rien ! Alors ? Tu viens ? »

À son insistance, je me dis qu’il n’a pas envie d’être seul, étant donné qu’il vient de rompre. Même s’il ne montre jamais quand il est amoureux d’une fille, cette Séréna avec ses longs cheveux châtains, semblait bien lui plaire.

Mais il semble que Lorenzo soit victime de l’effet qu’il fait aux femmes… Comme elles tombent toutes dans ses bras, et qu’il est un amoureux de l’amour, si je puis dire ! Il butine comme un bourdon de fleur en fleur… Sans être capable de se poser avec une seule.

Cette Séréna n’a tenu que quelques semaines ! Le record était deux mois ! La grande majorité des filles ne dépasse pas la semaine.

Et au milieu de toute cette cohorte de prétendantes, il y a moi ! Victoria Martinez. 26 ans, sa collègue depuis deux ans et son amie depuis presque autant ! Quand on s’est rencontrés, j’étais en couple et lui passais déjà de filles en filles, à un rythme plus ou moins régulier.

Entre moi et Lorenzo, il y a eu ce petit déclic presque instantané, une connivence, une complicité... Cela n’a pas empêché qu’il soit devenu copain avec mon ex-petit ami, de l’époque « Léandre ».

Il y a 11 mois, Léandre a mis fin à la relation. Au fil des mois, la relation s’effilochait, l’amour et la complicité avaient disparu, et la jalousie grandissait chez Léandre, qui prétendait que je développais des sentiments pour Lorenzo.

J’ai toujours nié, autant vis-à-vis de Léandre, que vis-à-vis de nos collègues, de mes parents, ma frangine tout ce petit monde qui connaît Lorenzo et semble s’amuser de notre amitié. Même si je dois l’avouer, je passe souvent sur « le grill » dans le but de me faire avouer mes sentiments.

Mais je m’en défends toujours ! Lorenzo n’est pas un homme pour moi ! On se ressemble comme frère et sœur, on a à peine un an d’écart d’âge mais je suis aussi sentimentale qu’il est volage…

Je finis par accepter sa proposition et je lui réponds :

“ OK, j’y serai. À tout à l’heure ! ”

La matinée passe relativement vite ponctuer par les cours et les discussions avec les élèves. À midi je retrouve mes collègues à la cantine du collège. Ce midi Monsieur Berthelot le proviseur se joint à nous c’est un homme de la soixantaine qui sera en retraite à la fin de l’année.

Il est à la tête de cet établissement depuis plus de 15 ans, et il veille à maintenir la cohésion de l’équipe éducative. Il est apprécié pour sa fiabilité, sa bonté et sa justice, les enseignants l’adorent ! La plupart des élèves le respectent, et personnellement, j’appréhende un peu l’année prochaine, lorsque nous aurons un nouveau proviseur. Rien n’indique qu’il sera aussi compétent que notre cher Monsieur Berthelot.

Je m’assieds à côté Carla qui m’a gardé une place. En face de moi, Lorenzo me sourit et me fait un clin d’œil complice. Je lui souris en retour.

— Je voulais vous parler du projet de classe verte, qui est prévue avec les 6e pour le mois de mars. Je pensais aux professeurs principaux de ses classes mais il semble que pour des raisons familiales, ils ne peuvent pas prendre en charge le voyage. Il manque donc deux professeurs pour accompagner Madame Dumoulin et Monsieur Pérez. Cela m’a semblé évident qu’avoir un professeur de sport en montagne ne serait pas une mauvaise idée !

Sur ces mots il regarde Lorenzo qui sourit

—Je suis partant, je vais leur faire pratiquer l’escalade, le ski de fond ! Dit Lorenzo avec un large sourire.

—Carla est ce que tu pourrais être la dernière accompagnante ?

—Ah non ! Monsieur Berthelot je suis désolée, je suis moi aussi chargée de famille comme vous le savez et faire garder ma petite toute une semaine cela va être compliqué...

—Denis ! Reprends Lorenzo à l’adresse du proviseur. Je suis sûr que notre chère professeure d’histoire se ferait une joie d’être de l’aventure ! En plus, elle fera la guide touristique cela va être instructif ! Dit-il en m’indiquant d’un signe de menton.

—Mademoiselle Martinez ?

—Je suis partante Denis !

—Alors c’est réglé ! Vous ferez une belle équipe de quatre, bien complémentaire, ce ne sera pas de trop pour deux classes.

Sur ses mots les dames de cantines nous apportent l’entrée et le repas se déroule dans une ambiance joyeuse et conviviale. Puis, le repas terminer, nous retournons dans la salle des professeurs pour une nouvelle pause-café.

La salle des professeurs est toujours le théâtre de discussions animées et de rires contagieux, surtout lorsque Lorenzo est dans les parages.

Après le déjeuner, nous nous retrouvons tous pour une pause-café bien méritée. L’ambiance est détendue, les conversations vont bon train, et je sens le regard insistant de Lorenzo sur moi, comme à son habitude.

Je me surprends à rougir légèrement sous son regard appuyer, mais je me reprends vite en m’immergeant dans une discussion avec Carla. Pourtant, même si je fais semblant de ne pas le remarquer, je sens bien l’attention particulière que Lorenzo me porte.

—Je te dis qu’il en pince pour toi, Vickie ! Me souffle Carla à l’oreille en voyant nos jeux de regard.

—N’importe quoi, arrête un peu avec ça ! Voilà deux ans qu’on se connaît, on est potes c’est tout !

—Hé bien si un homme me regardait comme il te regarde, pote ou pas pote, moi je ne me poserais pas autant de questions... Je lui sauterais dessus !

Je ris nerveusement et lui dis un peu moqueuse :

—Ma petite Carla, tu es en manque... ! Il serait temps de penser à ta vie de femme au lieu de chercher à caser les collègues.

Elle me colle un coup de coudes et me murmure en pinçant les lèvres

—Vilaine !

Pendant que je me sers une tasse de café, Lorenzo s’approche de moi, un sourire charmeur aux lèvres.

—Alors, Vickie, prête pour l’aventure de la classe verte ? Me demande-t-il, son regard pétillant d’excitation.

Je lui réponds avec un sourire complice, sachant pertinemment qu’il est à l’origine de ma nomination pour accompagner les élèves en montagne.

—Oh oui, je suis sûre qu’on va passer un séjour mémorable avec nos petits aventuriers en herbe, dis-je en lui lançant un clin d’œil.

Lorenzo rit doucement, son regard ne quittant pas le mien.

—Je n’en doute pas une seconde, surtout avec toi comme guide touristique, me taquine-t-il avec un sourire en coin.

Je lui lance un regard complice.

—Oh, tu sais parfaitement que je vais te faire découvrir des endroits que tu n’aurais jamais imaginés, répliqué-je d’un ton joueur.

Carla, qui a tout entendu de notre échange, nous regarde avec amusement.

—Oh Là là, les tourtereaux, on dirait un couple de jeunes mariés qui part en lune de miel, plaisante-t-elle.

Lorenzo et moi échangeons un regard amusé, mais je sens une chaleur monter doucement à mes joues. Nous sommes interrompus par l’arrivée bruyante de Patrick, le prof de géographie, qui vient nous rejoindre avec le reste des cookies à la main.

—Hé, hé, j’ai entendu parler de l’aventure en montagne ! S’exclame-t-il en nous tendant un cookie chacun. Ça me rappelle mes jours de scoutisme, c’était le bon temps !

Nous rigolons tous ensemble, tandis qu’il nous raconte ses souvenirs. Je me perds dans l’océan des yeux de Lorenzo, dans l’éclat de son sourire.

Peut-être que mes collègues ont raison, peut-être qu’il y a quelque chose de plus entre nous. Mais pour l’instant, je préfère profiter de cette complicité amicale sans me prendre la tête avec des suppositions amoureuses.

Après tout, c’est la Saint-Valentin, et je suis célibataire depuis près d’un an, et rien de mieux que de passer du bon temps avec mes amis, même si l’un d’eux est un séducteur invétéré aux yeux d’azur.

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