Chapitre 1 : L’anniversaire
Je m’appelle Morgan, et je suis une jeune louve. Pas juste une louve ordinaire, je suis la fille d’Arold Sanssa, l’Alpha redouté et respecté du clan de la Lune. Depuis que je suis en âge de comprendre ce que cela implique, je porte ce nom comme une promesse, mais aussi comme un fardeau. Être la fille d’un Alpha, c’est vivre avec le regard de tous sur moi, attendre que je sois forte, loyale, digne… parfaite. Mais moi, je ne suis pas certaine d’avoir envie d’être parfaite.
Mon petit ami s’appelle Julien. C’est le fils de Steven, l’Alpha du clan des chasseurs.
Ce n’est qu’à l’âge de 21 ans que les loups découvrent enfin l’identité de leur véritable compagnon, leurs âme sœur. Ce lien sacré, inscrit dans leur chair et leur âme, ne peut être dévié ni rompu. À l’instant précis où leurs regards se croisent pour la première fois en tant qu’adultes, une vérité s’impose à eux avec la force d’une évidence ancestrale : ils sont faits l’un pour l’autre. Ce n’est pas une simple attirance ou un amour ordinaire, mais une connexion profonde, instinctive, inébranlable.
Dès lors, le loup développe envers son compagnon un attachement absolu, une fidélité que rien ne peut altérer. Il ressent ses émotions comme si elles étaient les siennes, partage ses douleurs, protège avec une dévotion presque sauvage. C’est un lien d’âme à âme, qui transcende le temps, les blessures et les conflits. Peu importe les obstacles ou les doutes, le lien du compagnon est éternel — indéfectible, comme gravé dans leur destin.
Ma mère est morte en me donnant la vie. Depuis ce jour, quelque chose en moi est resté silencieux. Là où les autres loups sentent leur bête intérieure vibrer, gronder, les guider… la mienne, elle, dort. Comme si elle s’était figée dans le temps, retenue dans un sommeil profond dont rien ne semble pouvoir la tirer.
On dit que chaque loup naît avec un instinct puissant, une présence intérieure qui l’accompagne dès les premiers battements de cœur. Chez moi, cet instinct est voilé, presque absent. Je vis sans cette voix familière que les autres entendent si naturellement. Je ne ressens ni les frissons de l’appel de la meute, ni les pulsations sauvages qui les traversent à l’approche d’un danger ou d’un compagnon.
Je suis l’exception. Le loup sans instinct. L’enfant né du sang et du silence.
Peut-être est-ce le chagrin de ma naissance, ou l’absence de celle qui aurait dû m’apprendre à écouter cette voix intérieure, qui a tout brisé. Ou peut-être que mon loup attend encore. Quelque chose. Quelqu’un. Un déclencheur. Un feu assez puissant pour le réveiller.
Il existe une multitude de meutes dispersées à travers les territoires, chacune avec ses traditions, ses lois, ses alliances. Mais parmi elles, seules trois dominent véritablement. Trois lignées ancestrales, puissantes et respectées, qui règnent sur les autres meutes avec une autorité indiscutable. On les appelle les Grandes Familles.
Leur nom suffit à faire taire les querelles, à plier les genoux des plus téméraires. Elles détiennent le pouvoir, les terres les plus vastes, et surtout, l’héritage d’une magie ancienne que nul autre n’a su maîtriser.
Ces trois familles ne règnent pas seules par la force. Elles règnent parce qu’elles le doivent. Parce que sans elles, le fragile équilibre entre les meutes s’effondrerait. Et moi, l’enfant née sans instinct, je suis sur le point de me retrouver au cœur de leurs jeux de pouvoir — sans en connaître les règles, et encore moins ma place.
-Ça y est. Nous y sommes. Vingt ans. Ce soir, c’est mon anniversaire.
Dans un an, je serai majeure. Vingt-et-un ans. L’âge où les loups découvrent enfin leur compagnon. L’âge où l’instinct s’éveille pleinement… du moins, chez les autres.
Et moi ? Moi, je ne ressens rien. Mon loup intérieur est toujours endormi, comme s’il refusait de se lever, de rugir, de me guider. Depuis toujours, je fais semblant. Je souris quand il faut, j’obéis à l’entraînement, je joue mon rôle. Mais à l’intérieur, un vide hurle en silence.
Dans un an, je n’aurai plus le choix. Je devrai assumer mon rôle. Celui qu’on m’a imposé à la naissance. Fille d’alpha. Héritière d’une lignée puissante, respectée — redoutée même. Une des trois grandes familles qui règnent sur toutes les autres. Les attentes sont énormes. Le poids de mon nom, écrasant.
On me regarde comme une future dirigeante. Une femme forte. Un modèle. Mais personne ne voit que je suis incomplète. Que je me bats chaque jour pour ressentir ce que tous trouvent naturel.
Je ne peux plus me cacher. L’échéance approche. Mon sang m’appelle, même si mon loup, lui, reste muet. Un jour, il devra se réveiller. Il le faudra.
Parce que quand viendra l’heure de prendre la place de mon père, de me lever devant la meute, je ne veux pas être une coquille vide.
Je veux être digne d’être leur alpha.
Alors que je suis perdue dans mes pensées, un coup frappé à la porte me tire brusquement de ma rêverie.
Je n’ai même pas le temps de répondre que la porte s’ouvre à la volée dans un éclat d’énergie familière.
-JOYEUX ANNIVERSAIRE !!!!
La voix cristalline d’Angélique emplit la pièce comme une bourrasque de lumière. Elle entre en bondissant, les yeux pétillants d’enthousiasme. Ses cheveux dorés s’agitent autour de son visage comme une couronne en désordre et, comme toujours, sa présence chasse l’ombre de mes doutes — ne serait-ce qu’un instant.
-Ce soir, on va fêter ça comme il se doit ! lance-t-elle avec enthousiasme, sa voix pleine de promesses et de défi. Mais en attendant, on est déjà en retard pour l’entraînement. Et on sait très bien qu’Aaron ne va pas DU TOUT apprécier.
Angélique me regarde, un éclat malicieux dans les yeux, et me demande :
-Tu crois qu’il va nous tuer ?
Je souris malgré moi, sentant le mélange d’appréhension et d’excitation monter en moi.
-Oui ! allons-y, réponds-je en me levant, prête à affronter Aaron, quoi qu’il arrive.
On échange un regard complice, puis on s’élance hors de la chambre, déjà conscientes que la soirée ne fait que commencer — entre entraînement rigoureux et festivités à venir.
On arrive avec cinq minutes de retard, ce qui ne plaît absolument pas à Aaron. Dès qu’il nous aperçoit, son visage se ferme. Il s’approche de moi d’un pas lourd, son regard noir comme la nuit.
-SANSSA... Il murmure mon nom entre ses dents, presque comme un juron. Tu te fiches de moi ?
-Oh merde, il ma vue
Aaron est le fils de Valérian, l’Alpha du clan de la nuit. Dans notre monde, ça veut dire beaucoup. Il porte le poids des attentes familiales comme une armure, rigide et imposante. Il est strict, intransigeant, à cheval sur chaque règle, chaque minute, chaque détail. Un véritable bourreau de travail, dont la discipline n’a d’égale que sa réputation redoutable.
Quand Aaron s’énerve, quand son visage se durcit sous la colère, il dégage une intensité magnétique presque hypnotique. Ce mélange de puissance et de passion le rend étrangement… sexy.
Je relève doucement la tête, le regardant droit dans les yeux malgré la sévérité de son expression.
-Excuse-moi, mais pour ma défense, aujourd’hui est un jour spécial pour moi, donc aujourd’hui tu rentres tes petits crocs ! dis-je calmement, sans chercher à provoquer.
Aaron fronce les sourcils, un instant surpris par ma réponse.
-Petits crocs ?
Il reste silencieux un moment, pesant mes mots.
-Très bien, dit-il enfin d’un ton plus posé. Je prends note. Mais demain, tu seras à l’heure, Morgan. C’est une promesse.
Je hoche la tête, soulagée de voir qu’il accepte mon excuse.
-Promis !
Un léger soupir s’échappe de ses lèvres, puis il se redresse et fait un signe aux autres, prêt à commencer l’entraînement.
Nous passons la matinée à nous entraîner sans relâche. Chaque mouvement, chaque exercice est un défi, une épreuve que nous devons surmonter pour être prêts à défendre notre meute. Aaron veille au grain, corrigeant chaque geste, exigeant la perfection. Malgré sa sévérité, je sens que son regard est aussi celui d’un camarade qui veut nous pousser à donner le meilleur de nous-mêmes.
Quand enfin l’entraînement se termine, mes muscles brûlent, mais une satisfaction calme s’installe en moi. Je me sens un peu plus forte, un peu plus prête à affronter ce que l’avenir me réserve.
L’après-midi, je me retire dans ma chambre, où la tranquillité me permet de souffler. Mon téléphone vibre sans cesse — des messages s’accumulent, des vœux, des sourires, des petites attentions.
Je prends le temps de répondre un par un, remerciant mes amis pour leurs mots chaleureux, souriant aux messages des membres de la meute qui n’ont pas oublié mon anniversaire. Chaque message me rappelle que je ne suis pas seule, que je fais partie d’une famille, aussi compliquée soit-elle.
Le poids des responsabilités est toujours là, mais ces petits gestes allègent mon cœur.
Le soleil décline lentement à l’horizon, enveloppant la clairière d’une douce lumière orangée. L’air se rafraîchit peu à peu, et les ombres s’allongent, annonçant l’arrivée de la nuit. La journée d’entraînement et les messages chaleureux derrière moi, il est enfin temps de me préparer pour la soirée.
Je me tiens devant mon armoire, le cœur un peu nerveux. Ce soir, c’est mon anniversaire, mais surtout, je veux faire bonne impression. Julien, mon petit copain, sera là, et je veux lui plaire.
Je passe les doigts sur les tissus soigneusement rangés, cherchant la tenue parfaite — quelque chose à la fois élégante et assez sexy, mais qui reste fidèle à moi-même. Un équilibre délicat.
Après plusieurs hésitations, mon regard s’arrête sur une robe noire en velours, ajustée, légèrement décolletée, qui épouse mes courbes sans en faire trop. Juste ce qu’il faut pour attirer l’attention sans sacrifier mon confort.
Je la prends, la porte à la lumière pour admirer la texture.
-C’est celle-là !
Je pose la robe sur le lit et me dirige vers le miroir de la coiffeuse. Devant moi, une trousse à maquillage et une collection de brosses et d’épingles attendent patiemment.
Je commence par brosser mes cheveux longs, laissant le peigne glisser doucement à travers les mèches sombres. Je décide d’opter pour une coiffure à la fois simple et élégante : des boucles souples qui encadrent délicatement mon visage, avec quelques mèches relevées et fixées derrière la tête pour dégager mes traits.
Avec soin, j’enroule les mèches autour de mon fer à boucler, observant la magie opérer alors que les boucles prennent forme, rebondissantes et naturelles. Une fois toutes les boucles faites, je rassemble les cheveux sur le côté, les fixant avec quelques épingles discrètes, donnant un air un peu romantique à l’ensemble.
Un dernier coup de spray pour maintenir le tout, et je me contemple dans le miroir. Le reflet me plaît — un mélange parfait de douceur et de confiance, prêt à illuminer la soirée.
Je pousse la porte de la boîte de nuit, le battement sourd de la musique résonnant jusqu’au fond de mes os. La lumière tamisée danse avec les éclats colorés des projecteurs, créant une atmosphère électrique et pleine de vie. Je cherche mes amies du regard au milieu de la foule.
-Morgan ! s’écrie Angélique en me faisant signe depuis notre table, son sourire rayonnant.
-Tu ne devineras jamais, continue-t-elle en se penchant vers moi, quelqu’un est déjà là pour t’attendre.
Intriguée, je tourne la tête vers le carré VIP. Là, assis tranquillement, je vois Aaron. Il porte un costume sombre qui souligne sa carrure, et ses yeux sont posés sur moi avec une attention calme, presque douce.
Mon cœur manque un battement. Ce n’était pas prévu. Pas ce soir.
Je croise son regard, hésite une fraction de seconde, puis un léger sourire se dessine sur mes lèvres tandis que je m’avance vers lui.
Aaron et moi, on est proches depuis notre enfance. On a grandi ensemble, partagé des souvenirs, des secrets, des rêves d’avenir. Petite, j’étais secrètement amoureuse de lui — sans jamais oser le dire. Il était comme un frère, mais dans mon cœur, c’était bien plus compliqué.
Puis, la vie a suivi son cours, et j’ai rencontré Julien. Avec lui, c’est différent. Il m’a apporté ce que je cherchais : un équilibre, une tendresse, une présence qui m’apaise. Avec Julien, je me sens aimée et en sécurité.
Alors même si Aaron reste une part importante de mon passé, je sais que Julien est celui qui compte pour moi aujourd’hui. Mais parfois, croiser Aaron ravive des souvenirs que je croyais enfouis.
Je souffle doucement, prête à affronter cette soirée et tout ce qu’elle apportera.
Aaron me regarde avec un sourire en coin, un éclat taquin dans les yeux.
-Salut, petite louve, tu es très jolie ce soir.
Je sens mes joues chauffer un peu, mais au lieu de répondre à son compliment, je le regarde droit dans les yeux et lui demande, sans détour :
-Où est Julien ?
Son sourire s’élargit, presque malicieux.
-Il est là, pas loin.
Je lâche un léger soupir de soulagement, puis me tourne vers le coin où Julien est effectivement présent, discutant avec quelques amis.
Je me sens un peu plus à l’aise, sachant qu’il veille sur moi, même à distance.
Alors que je commence à me détacher d’Aaron, Julien arrive. Il s’approche avec ce sourire chaleureux qui me fait toujours fondre. Sans perdre une seconde, il salue Aaron d’un signe de tête respectueux.
-Salut Aaron, dit-il calmement.
Puis, il pose doucement sa main sur ma taille et m’attire contre lui. Je sens sa chaleur, sa présence rassurante. Il m’embrasse tendrement, comme pour me rappeler que je suis à lui, ici et maintenant.
Je ferme les yeux un instant, savourant ce moment simple et précieux.
Aaron se lève lentement, jetant un dernier regard dans ma direction. Sa voix est calme, presque distante.
-Je vais rentrer, j’ai des affaires à régler dans ma meute.
Je hoche la tête, comprenant que la soirée se termine pour lui plus tôt que pour nous.
Julien serre un peu plus ma taille, me transmettant une sensation de protection.
-On reste un peu, dis-je doucement, et Julien sourit en retour.
Je regarde Aaron disparaître dans la foule.
Vers six heures du matin, la fatigue commence à peser lourdement sur mes paupières. La musique, les rires, la lumière colorée de la boîte semblent s’éloigner dans un brouillard flou. Je me tourne vers Julien, ma voix à peine plus qu’un murmure.
-Je commence à fatiguer… On devrait rentrer.
Il me sourit avec douceur et me serre un peu plus contre lui.
-Je vais chercher la voiture, reste là, je reviens tout de suite.
Je le regarde s’éloigner, un sentiment de calme m’envahit malgré la fatigue. Je ferme les yeux un instant, laissant la chaleur de la soirée et la présence de Julien m’apaiser.
Avant d’arriver devant chez moi, Julien s’arrête sur le côté de la route
-Étonnée je lui demande, Que-ce qui te prend ?
Il me répond avec un sourire mesquin,
-Je ne t’ai pas encore donné ton cadeau d’anniversaire
Julien glisse sa main le long de ma cuisse, il commence à frotter son doigt sur le tissu de ma culotte.
Ok mon grand, j’ai compris le message !
Sans dire le moindre mot, j’écarte mes jambes afin de lui laisser la place nécessaire.
Il décale délicatement ma culotte sur le côté, il enfonce un premier doigt qui me vaut un petit sursaut, il commence quelques vas et viens, puis il enfonce un deuxième doigt, puis un troisième.
Au bout de quelques minutes, j’y suis presque, l’orgasme arrive, je le sens, je suis en extase complet, je sens que je vais exploser dans quelques secondes.
Mais Julien retire sa main avant que je ne puisse finir.
-Tu rigole là ?! Je me tourne vers lui avec le regard noir.
-Doucement princesse, j’en veux aussi, vient sur moi. Il tapote sur ses cuisses
Il recule son siège pour que je puisse monter sur lui, tout en enlevant son pantalon il jure entre ses dents :
-Une voiture c’est vraiment pas le pied !
Je rigole tendrement avant de l’aider à se débarrasser de son pantalon, ainsi je me glisse délicatement sur ses genoux entre son torse et le volant de la voiture.
Une fois bien installée sur lui, il commence ses coup de reins, qui se font de plus en plus intenses.
-Putain Morgan, t’es vraiment trop bandante, tu le sait ça ?
-Humm…
Ce sont les seuls mots qui ont pu sortir de ma bouche avant que je ne pousse un cri de plaisir intense.
Il ne fallut pas longtemps avant que Julien ne pousse un cri de plaisir à son tour.
-Il est temps de rentrer princesse !
J’affirme ses propos en hochant la tête.
Quand on arrive enfin à la maison, le ciel commence à pâlir, annonçant l’aube. Tout est silencieux, paisible. Julien me dépose devant l’entrée et m’embrasse doucement sur le front avant de repartir.
J’ouvre la porte discrètement, ne voulant réveiller personne… mais je le vois, comme toujours. Mon père est assis dans son fauteuil préféré, juste en face de la cheminée. Le feu crépite encore doucement, lançant des ombres dans la pièce.
Il lève les yeux vers moi et esquisse un sourire fatigué mais tendre.
-Tu rentres tard, ma fille.
-Je sais, papa. C’était une belle soirée.
Je m’approche de lui, me penche pour déposer un bisou sur sa joue. Il sent le bois et le feu, une odeur familière qui me rassure depuis toujours.
-Bon anniversaire, murmure-t-il.
-Merci, papa.
Puis je monte les escaliers lentement, mes talons à la main pour ne pas faire de bruit. Une fois dans ma chambre, je me laisse tomber sur le lit sans même me changer, le corps épuisé mais le cœur léger.
Je ferme les yeux, un sourire encore accroché à mes lèvres.